LA GAZETTE DE GREENWOOD
     n° 4

 SOMMAIRE  :

TERRAPLANE BLUES
Le Disque des HONEYMEN:    "Nothing But The Devil "
 Les tombes de Robert Johnson
 Quand Ben Harper a découvert Robert Johnson
Big Joe Williams:  courte biographie



TERRAPLANE BLUES
 
de Uncle Lee <greenwoo@caramail.com> Mercredi, 2 Déc 1998
 
"Who been drivin' my Terraplane  for you since I been gone?" demandait Robert Johnson en 1936...
 photo de la Terraplane 1938 Sedan
(photo de la Terraplane 1938 sedan de 1938,
Photograph courtesy the Hudson-Essex-Terraplane Club, Inc.)
 

Un peu d'histoire "mécanique":

La "Terraplane" est une voiture qui fut fabriquée par Hudson Motor Company de 1933 à 1938. Les caractéristiques qui lui valurent un grand succés étaient: un faible prix, une grande solidité, un moteur  6 cylindres et 70 chevaux. Elle roulait en pointe à 88 miles par heure (soit environ 130 km/h).

La Hudson Motor Car Company de Detroit, Michigan, a produit des véhicules pendant 45 ans de 1909 à 1954, puis ce fut American Motors Corporation qui produisit les voitures Hudson de 1955 à 1957.

La Terraplane a marqué toute une époque, et il existe aujourd'hui un club regroupant les passionnés de cette voiture:

logo club Terraplane

sources:
http://www.cars-on-line.com/37hudsonconvt1262.html
http://thebluehighway.com/terra38.html
 

Terraplane Blues

"Terraplane Blues" est  le 7ème titre de la première séance d'enregistrement qu'a effectuée Robert Johnson à San Antonio (23 Novembre 1936).
Ce blues fut un des morceaux qui apporta le plus de succés à RJ de son vivant. Il fut vendu 5000 exemplaires de ce disque (dans le circuit des "race records" réservé à la communauté noire), ce qui est un nombre non négligeable en cette époque de récession.
"Robert n'avait pas de Terraplane", raconta plus tard son compère Johnny Shines, "mais c'était à l'époque une voiture infernale, très rapide!"
 
 

Robert Johnson: mysogine ou non??

Dans "Terraplane Blues", Robert Johnson compare sa femme et son corps à une voiture relativement bon marché (mais sportive!)...  Par cette comparaison, et en employant des expressions tels que "soulever le capot" et "vérifier le niveau d'huile", il montre assez peu de respect et une attitude condescendante envers les femmes.
Mais cette mysoginie ainsi exposée dans "Terraplane Blues" est contredite dans "When You Got a Good Friend" (enregistré le même jour!) où Johnson se montre hautement respectueux pour la femme dont il parle, en respectant son jugement et en quémandant sa clémence...

Cette contradiction, qu'on retrouve dans d'autres titres de Robert Johnson, a alimenté bien des débats d'intellectuels américains.
Mais on peut aussi simplement penser que dans un cas il s'agit d'une chanson "pour rire", et dans l'autre cas d'une chanson plus sérieuse.

(pour en savoir plus, lisez les articles "Woman as Sexual Object or Healer in Terraplane Blues and Come on in My Kitchen" de Maggie Gordon et "mysoginy and Love"de Anne Lemon,
source: http://xroads.virginia.edu/~MUSIC/blues/rjhome3.html)
Lemon, Anne. "Misogyny and Respect in Robert Johnson Songs." The Robert Johnson Notebooks.
Danforth, Courtney and Adriana Rissetto, eds. 1997.
<http://xroads.virginia.edu/~HYPER/blues/rjhome.html> (7 July, 1997).
 

Quelques reprises:

"Terraplane Blues" fut repris, entre autres, par:
Captain Beefheart, Rory Block, Canned Heat, Peter Green, Howlin' Wolf, Keri Leigh & the Blue Devils, Robert Jr Lockwood, Tony McPhee, Roy Rogers, Johnny Shines, Shakey Vick, Roomful of Blues, Big Brazos .
 

Le texte de Robert Johnson:
                                   Terraplane Blues



 


Le Disque des HONEYMEN:    "Nothing But The Devil "

de Uncle Lee <greenwoo@caramail.com> Mardi,82 Déc 1998
 

Chers amis Greenwoodiens,

on avait eu l'info récemment par Docteur Blues, et j'ai aussitôt commandé le disque en question (sur le Web, promis en 4 jours
il a mis 2 semaines à arriver... ) : le groupe Honeymen a sorti son 1er CD! C'est une pure merveille.
Ceux qui ont visité mon site ont peut-être vu le nom de ce groupe dans la page consacrée au groupe "Doo The Doo",
En effet, j'avais déjà vu les 2 frères du groupe jouer seuls sous ce nom....
Doo The Doo est un groupe de Blues qui "monte", en France et ailleurs (un article leur est consacré dans la revue canadienne
"Les Amis du Blues"), et avec ce disque des Honeymen (très "delta Blues"), les frères Jazz deviennent membres d'honneur de
La Gazette de Greenwood!!!
 
ci-dessous, le paragraphe que j'ai écrit sur mon site à propos du CD des Honeymen.

Uncle lee
 
la page "Doo The Doo":
http://perso.club-internet.fr/latailla/DooDoo/DooTheDoo.html

 
 

Un album des frères JAZZ: The HONEYMEN

    Elmore et Jimmy Jazz : les frères Blues!

Les Honeymen (ce nom est un clin d'oeil au chanteur-harmoniciste Slim Harpo) ne font pas du miel mais du blues pur et dur!
Ce n'est pas Doo The Doo , l'ambiance et le répertoire sont plutôt à aller chercher du côté de Robert Johnson, Lightnin'
Hopkins, Muddy Waters... Pourtant, c'est la moitié de Doo The Doo, puisque le groupe est constitué des 2 frères JAZZ !

Le son et l'esprit de ce disque sont donc différents de Doo The Doo: les Honeymen nous font voyager dans un juke-joint du
Delta du Mississippi, ou dans une rue de Chicago.

Pas d'effets spéciaux: la guitare électro-acoustique de Jimmy Jazz est directement branchée dans l'ampli, l'harmonica d'Elmore
Jazz est enregistré en acoustique. Les invités présents sur quelques titres sont discrets et efficaces: Philippe "Sad" Carnot
(batterie), Vincent Talpaërt (basse), Sébastien "Zeb" Heintz (dobro, Lap Steel).

Cet album est principalement constitué de reprises, à part 2 morceaux: "Get Through Today" (du Bresto-Anglais Pickey Butler)
et "Low Trick" (version "roots" du titre de Doo The Doo, écrit par Jimmy Jazz et non pas Robert Johnson comme il est écrit
sur la pochette du CD! Uncle 'Lee a failli s'étrangler en lisant la pochette...). Ces 2 titres s'intègrent parfaitement aux 11 autres
morceaux (dont les superbes "32/20 blues", "Steady Rolling Man").

Tout est bon dans ce disque (blues 99%, sel 1%). Le titre de l'album se suffit à lui-même: "Nothing but the devil" ("Rien que le
diable") n'est pas l'hymne d'une secte maléfique, mais bel et bien un hommage aux racines du blues!

 

                         Nothing But The Devil    ( the Honeymen, Octobre 1998 )

                           Get through today
                                                       Pickey Butler
                           You don't love me
                                                       Willy Cobb
                               Lover man
                                                       Omar Dykes
                              32/20 blues
                                                       Robert Johnson
                           Mellow down easy
                                                       Walter Jacobs
                             Boogie disease
                                                       "Dr" Isaiah Ross
                               Low trick
                                                       Jimmy Jazz
                         If you think I lost you
                                                       Leslie Johnson
                          Steady rolling man
                                                       Robert Johnson
                              Going away
                                                       James Lane
                         You don't have to go
                                                       Jimmy Reed
                            Nothing but fine
                                                       Semien Soileau
                        Nothing but the devil..
                                                       J. West
 

CD distribué par NIGHT & DAY sous référence ND 212 - HON 1080
 
 
 



 Les tombes de Robert Johnson

    De:      "jocelyn richez" <jrichez@hotmail.com> Lundi, 4 Janvier 1999
 
J'ai découvert le site dimanche dernier et lisant l'article " Greenwood city " sur le numéro 2 , j'ai décidé de vous envoyer quelques
précisions, ayant effectué le voyage dans le delta de Mississippi et en particulier à Greenwood.

Si la vie de Robert Johnson est parsemée de mystères, d'incertitudes bref de polémiques (qu'a t-il fait lors de la période où il a disparu ?
qu'en est-il du fameux crossroad ?, où se situe t-il ?, a t-il vraiment été assassiné par un mari jaloux ? est-il mort comme le prétend une
hypothèse récente de la syphilis ?).
Eh bien, les polémiques ont continué après sa mort. En effet, il est le seul homme à ma connaissance à être enterré à deux endroits différents :

à Morgan City, à proximité de la Mount Zion Church : il s'agit de l'obélisque cité dans le numéro 2 de la gazette de Greenwood. Je connais
cette photo, inutile de dire que la nationale steel guitare qui y figure a été apportée par le photographe. Quand j'y suis passé, j'ai malheureusement constaté que le médaillon avait disparu, vraisemblablement volé. L'imposant monument fut payé par Columbia
Record. On peut y lire la liste des 29 titres officiellement enregistrés par Robert Johnson ainsi qu'une rapide biographie.

à Quito, à proximité de la Payne Chapel : il s'agit d'une simple pierre posée par terre sur laquelle sont gravées une guitare et une clé de sol.
Quand j'y suis passé, il y avait des fleurs et quelques médiators sans doute déposés par des fans comme moi. Une photo de cette tombe a été
publiée dans l'excellent livre " la route du blues ". Pour la petite histoire, le corps de Robert Johnson y aurait été transféré peu de temps
après l'enterrement à Morgan City par sa sœur. La pierre fut offerte au début des années 90 par le groupe de rock " the tombstones " qui avait
pris connaissance de la polémique en lisant un article du fameux  magazine " living blues ".

 

Jocelyn Richez
 
 à Morgan City :      tombe de RJ: Mount Zion Baptist Church     à Quito :  tombe de RJ à Quito: Payne Chapel

 

autres photos de Jocelyn Richez (août 97):

Site de Morgan City:
1 - l'obélisque devant la Mount Zion Baptist Church
2 - le même monument (autre face): on note l'absence du médaillon
3 - toujours l'obélisque, mais prise quelques années auparavant: le médaillon est encore là. Il s'agit d'une carte postale datant de 1993
(photo de Tom Rankin)
4 - la Mount Zion Baptist Church

Site de Quito:
1- la pierre tombale
2 - la Payne Chapel qui borde le cimetière (point de repère pour ceux qui voudraient se rendre sur le site)
 


Quand Ben Harper a découvert Robert Johnson
 
 

de Uncle Lee <greenwoo@caramail.com> Samedi 9 Janvier 1999

Lu dans GUITAR OKE Hors Série n°10 ("Blues en Noir et Blanc"):

Ben Harper:
"J'ai appris tout seul en écoutant des disques de Robert Johnson. Je devais avoir 16 ans quand j'ai commencé à jouer du blues. J'ai passé la
première année à casser des cordes, parceque Robert Johnson jouait tellement aigu en slide. Il avait une voix tellement haute que je me disais: "merde!" Alors j'utilisais des cordes très fines; et malgré ça je continuais à les caser. Jusqu'au jour où j'ai vu une photo de lui où il avait un capodastre sur sa guitare. Et là je me suis dit: "Ah..."[sur un ton  désespéré]. J'ai passé beaucoup de temps à écouter et réécouter ses disques.
C'est pour ça que je ne joue pas de bottleneck parceque ça sonne trop comme le delta blues; or je ne suis pas originaire du delta. Je ne veux
pas réinterpréter le blues, j'ai déjà mon propre style. J'ai donc commencé à jouer de la guitare sur les genoux, et là, ça m'a vraiment permis de m'exprimer, de jouer ma musique. La Weissenborn possède le meilleur son acoustique joué sur les genoux qui m'ait été donné d'entendre. C'est à cette époque là que je me suis mis à les collectionner, à les rechercher, où que j'aille."
 
 


Big Joe Williams:  courte biographie

à propos d'une question de Uncle Lee sur la guitare "9 cordes" de Big Joe Williams, le Docteur Blues nous livre ici une petite biographie de ce guitariste:

la date:   Mon, 11 Jan 1999
De:  "Docteur Blues" <jtravers@europost.org>
 

Big Joe Williams 1903-1982
Big Joe est un vrai Bluesman du Delta. C'est un bricoleur né puisqu'il construit sa première
guitare à une corde à l'âge de 4 ans et demi. Ensuite il bosse dans des camps de travail.
Un maquereau l'embauche et lui trouve quelques gigs, il échappe à la mort de peu lorsqu'il
chante ses avances à une femme devant son mari qui n'a d'autre solution que de lui tirer dessus!

Depuis le début de sa vie de véritable Hobo, il bricole et fabrique ses guitares en récupérant
de vieux instruments pourris. Après les années 50, il tourne en Europe et au japon (je n'ai pas
de dates précises). Son style reste pur et ne subit aucune influence. Sa dernière guitare
connue était une Harmony Sovereign avec trois mécanique plantées au sommet de la tête pour les
trois cordes supplémentaires et un micro De-Armond collé avec du Scotch et différent morceaux
de fil de fer !!!
Avis aux amateurs bricoleurs...
PS : Big joe Williams est le véritable compositeur de "Baby please don't go".

Le Doc, le retour, A+

Accro à la musique du diable ?
Allez visiter, le site du Docteur Blues :
www.multimania.com/docblues
 

P.S.: Une petite info pour Big joe Williams :
Gérard Herzaft que l'on ne présente plus a écrit un roman basé sur des faits et anecdotes
authentiques. Ce bouquin est en partie dédié à Big Joe et Lightnin' Hopkins. Ce roman très
cool, bien qu' il date un peu, a pour titre "Un long blues en la mineur".
Gallimard (col. Page Blanche)

 

(photo transmise par Zig <littlew@club-internet.fr> )
 

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