LA GAZETTE DE GREENWOOD
     n° 8

 SOMMAIRE  :

1 - Blues made in Normandie

2 - une journée à Utrecht (festival 98):  Big Lucky Carter, et les autres!

3 - du nouveau à Clarksdale: "Blues Alley"

4 -  Clinton Blues

5 - Dans le cochon tout est bon:  Marvelous PigNoise

6 - Echo du Bayou: Patrick Verbeke prépare quelquechose...

7 - Robert Lockwood Jr : "I Got to Find Me A Woman"

8 - Roy Gaines: à la manière de T-bone...
 



Blues made in Normandie
 

 Date:  Fri, 7 May 1999
De:   "Docteur Blues" <jtravers@europost.org>
 

 albums du terroir :

Thierry Anquetil Blues Band:  Get out of the background
TA 961009
le Cd se compose de 9 compos originales du guitariste/chanteur normand, dont trois en acoustique. l'album de la maturité pour Thierry Anquetil, où, selon le magazine Blues etc, le talent apparaît comme une évidence surtout quand il interprète "Stay alone" un blues lent très sympa. Un seul regret : l'album est trop court, il ne dure que 30 minutes.
 
Thierry Anquetil with Jano Eynard: The Stumble
(Je n'ai pas la réf du disque, seulement une cassette qu'un mien ami normand m'a enregistrée)
On retrouve les deux compères pour un petit album de 8 reprises. De toute évidence ils se sont fait plaisir, façon un-plugged, en rendant hommage à leurs principales influences.
On peut écouter : Start it up, Its Hurts me too, Polk salad Annie, Jesus is on the main line, Georgia on my mind, Call me the breeze, Hand it over de Keb'Mo et Pride + joy.

A+
le Doc  (Proud to be a normand)
 


une journée à Utrecht (festival 98):  Big Lucky Carter, et les autres!
 

Date:Samedi  15 Mai 1999
 De: "jocelyn richez" <jrichez@hotmail.com>
 
 

Après m’être un peu perdu dans le centre d’Utrecht, me voilà arrivé sur le  lieu du festival, le centre commercial de Vredenburg avec un peu de retard  mais fin prêt pour ce marathon du blues (12h). Le premier set de Roscoe Chenier est déjà terminé. dommage ! Mais j’aurai l’occasion de me rattraper  plus tard.
Pour commencer ce Blues Estafette 1998, j’ai assisté dans la petite salle au set de Big Lucky Carter que j’étais impatient d’écouter suite à l’article paru dans le dernier numéro de soul bag. J’ai découvert un authentique bluesman, bon chanteur, certes guitariste limité et qui semblait ravi de sa  soudaine notoriété à l’âge de 78 ans.  Partageant le chant avec son batteur  Cedric Griggs, il ne m’a cependant pas totalement enthousiasmé. Mais, suite à la critique flatteuse dont il avait fait l’objet, j’attendais sans doute trop de sa part.

Big Lucky Carter
Big Lucky Carter (festival d'Utrecht 98, photo de Jocelyn Richez)

Vint ensuite le chanteur de Nashville Al Garner tout de jaune vêtu. Grand gabarit, crâne rasé, j’avais l’impression de voir Mickael Jordan chanter le  blues. Sa prestation fut très honnête. Bien entouré, en particulier par le guitariste blanc Gary Bohannon, il nous a présenté un show dynamique.

Direction la grande salle pour la reformation d’une association qui a fait  vibrer les amateurs de blues de Détroit en 1955 : Joe Weaver et Johnnie  Bassett. Si Johnnie Bassett au sommet de sa forme m’a une nouvelle fois impressionné, ce n’est pas le cas de Joe Weaver, chanteur et pianiste quelconque. Par contre, j’ai beaucoup aimé le style du pianiste Bill Heid que j’avais déjà apprécié sur le CD « Bassett Hound » et dont le look  costume / cravate très «jeune cadre dynamique» contrastait avec les papys qui l’entouraient.

Retour dans la petite salle pour le rappel d’Al Garrett, chanteur guitariste de delta blues électrique dans la lignée de « Booba » Barnes et Robert « Bilbo » Walker. Mais c’est trop court pour se faire réellement une opinion. Avec le swamp blues de Lazy Lester, là, je dois dire que j’ai vraiment pris mon pied ! Si au premier coup d’œil, il semble avoir pris un sérieux coup de vieux avec ses cheveux désormais tout blancs, l’impression est trompeuse car  il a fait preuve d’une forme éclatante et d’un feeling rare. Après être entré seul en scène avec sa guitare acoustique, il a été rejoint par son nouveau groupe après un bon quart d’heure pour nous ensorceler avec son  harmonica. Finissant avec quelques standards (« sugar coated love », « jambalaya »), il a obtenu un triomphe mérité.

Difficile de suivre pour Tucker & Thomas dont le show très théatral ne m’a pas complètement convaincu.
Retour dans la grande salle pour le set de l’harmoniciste Little Mac (Simmons). Parfaitement accompagné par les guitaristes Junior Kreher et
Rockin’Johnny (déjà en évidence derrière Tail Dragger l’an dernier), il a joué durant trois quarts d’heure du pur chicago blues. Certes rien de très  original, beaucoup de reprises d’Howling Wolf ou Little Walter, mais il faut l’avouer, j’ai passé un grand moment à l’image du reste du public.

Pendant ce temps, j’ai raté Elmo Williams & Hezekiah Early dont le delta blues très roots a semble-t-il fait l’unanimité. J’ai même entendu certains comparer Elmo à Big Joe Williams lui-même à la fois musicalement et physiquement.

Retour au blues de Nashville avec le chanteur Roscoe Shelton dont le style est très proche de celui d’Al Garner. Malgré un bon groupe, en particulier  les deux guitaristes Fred James et Gary Bohannon (encore lui), un bon duo avec son vieux complice Earl Gaines, je ne suis pas complètement emballé par Roscoe Shelton que j’ai trouvé bien amaigri ; serait-il malade ?

Il est déjà 23h et c’est le groupe du saxophoniste Spot Barnett qui monte sur scène avec en particulier le batteur des Fabulous Thunderbirds Fran  Christina. Mais l’attraction de ce groupe est incontestablement «Bowlegged »  Sam Moore, un guitariste chanteur sévèrement handicapé au niveau des jambes. Constamment à la limite du déséquilibre, il a présenté un jeu de guitare rustique à la technique rudimentaire et au son très «brut de fonderie» qui contrastait avec le style plus sophistiqué du reste du groupe dominé par la section de cuivres.

Vint ensuite le chanteur guitariste texan Matthew Robinson pour un set plus cohérent que le précédent mais que la fatigue m’a empêché d’apprécier à sa juste valeur.

J’ai heureusement trouver mon second souffle pour Roscoe Chenier dont le jeu de guitare me rappelle immanquablement BB King. Ce maître du slow blues,  même s’il est limité vocalement nous a fait vivre l’un des meilleurs moments de ce festival. A revoir absolument !

Je me précipite ensuite dans la grande salle pour aller découvrir un autre  Louisianais, celui qui était annoncé comme le petit prodige du zydeco
Chris Ardoin (17 ans). Quelle déception ! J’ai entendu une musique confuse et brouillonne bien loin de l’impression magique laissée par C.J Chenier en  juillet à la Villette.

Pour clôturer le festival, Doug Sahm plus connu comme chanteur de country que comme guitariste de blues n’a pas fait un tabac. Heureusement, il y a eu  le rappel avec Lazy Lester.

Même si le cru fut incontestablement bien bon que l’an dernier et si il y a toujours la frustration liée à la concurrence permanente entre les deux
salles, je garderait cependant un excellent souvenir de ce week-end dans son  ensemble qui m’a permis de découvrir un certain nombre de musiciens (dans  des styles très variés) que l’on n’a pas ou peu l’occasion de voir à Paris.
Enfin, je tire un grand coup de chapeau à l’espace JR Caussimon de Tremblay  pour la parfaite organisation de ce week-end.
Rendez vous au 20/11/1999 pour la prochaine édition qui s’annonce exceptionnelle: 20ème anniversaire oblige !

Jocelyn


du nouveau à Clarksdale: "Blues Alley"

Date: Dimanche  23 Mai 1999

De:  "jocelyn richez" <jrichez@hotmail.com>
 

Incroyable !
Un énorme projet "Blues alley" est en train de se terminer à Clarksdale.
C'est une bonne partie du downtown qui est concerné. L'ancienne gare, celle-là même où Muddy Waters avait pris le train en 1943 en direction de Chicago, qui était à l'abandon a été complètement restaurée. Le célèbre "Delta Blues Museum" qui était localisé à la librairie Carnegie à l'angle de first street et de Delta Avenue déménage dans la gare, où la superficie est impressionnante.
(désolé pour le docteur blues qui va devoir actualiser sa page sur  Clarksdale)
La Yazoo avenue est apparemment rebaptisée John Lee Hooker Lane. La plus haute tour de la ville complètement abandonnée, va être restaurée et nommée John Lee Hooker Tower, un immense portrait de John Lee Hooker étant peint sur la tour.
Une scène toute neuve a été construite à proximité de la gare pour recevoir  notamment le "Sunflower River Blues & Gospel Festival" en août.
Pour plus de détail, voir l'adresse suivante:
http://www.deltabluesmuseum.org/
le site est assez touffu, bien illustré de nombreuses photos, mais toutes les pages html ne sont pas encore terminées. On est là vraiment au coeur de l'actualité !
Evidemment, le but de tous ces investissements est d'attirer des touristes, qui sont déjà de plus en plus nombreux.
Saluons en tout cas cette initiative inespérée tout en espérant qu'ils ne fassent pas de Clarksdale une sorte de Disneyland du blues où les autocars de touristes venus du monde entiers s'arreteront sur les immenses parkings...

A+
Jocelyn



Clinton Blues

 Date:Vendredi , 21 Mai 1999

 De:  "jocelyn richez" <jrichez@hotmail.com>
 

Décidément, l’affaire Clinton – Legwinski inspire les bluesmen. Il semble même que nos musiciens favoris défendent le président Clinton (enfin, ils sont au moins deux dans ce cas).
Après l’excellent titre «american people» de Tail Dragger (Delmark) (il en profite pour égratigner les présidents Roosevelt et Kennedy), j’ai lu dans le dernier « soul bag » que  Larry Shannon Hargrove chante aussi les démêlés du président  Clinton dans «Leave Bill Clinton alone» (Bid Bidness records).
Alors, le blues est-il une musique engagée ?
Je me souvient notamment d’un titre de Sunnyland Slim «Be careful how you vote» (1983). J.B. Lenoir avait enregistré un «Eisenhower blues» très controversé en 1954. Il y a sans doute plein d’autres exemples qui ne me viennent pas immédiatement à l’esprit.

Je conseille aux amateurs de Chicago blues d’aller faire un tour à l’adresse suivante :
http://www.centerstage.net/chicago/music/whoswho/styles/BluesArtists.html
On y présente tous les musiciens marquants du Chicago blues d’hier et d’aujourd’hui.

A+
Jocelyn


Dans le cochon tout est bon:  Marvelous PigNoise

Date: Vendredi, 21 Mai 1999

 De:  maxime.edrei@aga.fr
 

J'ai écouté hier soir les Marvelous Pig Noise, à la Mounède à Toulouse.

Les MPN est un groupe original jouant du gospel blues avec deux guitares acoustiques, un harmonica, une contrebassine et un ensemble bizarre de percussions de type washboard mené par un un batteur géant.

Bien que mélant la musique du diable et celle du petit jésus, les MPN arrivent fort bien à mélanger ces deux genres.

Les deux chanteurs se complètent très bien avec des registres vocaux assez différents.

L'ensemble donne un blues traditionnel un peu gospel, très agréable et bien mené.

Vive les Marvelous Pig Noise, dans l'cochon tout est bon.



Echo du Bayou: Patrick Verbeke prépare quelquechose...

Date:Lundi  10 Mai 1999

  De:    "Docteur Blues" <jtravers@europost.org>

A l'occasion du Jazz Fest de la Nouvelle Orléans (29 avril au 2 mai) le Bluesman français Patrick Verbeke, à l'affiche de ce festival, a rencontré le saxophonste Charles Neville au Snug Harbor. Mister Verbeke l'a invité direct (entre deux sets, sur le trottoir) à participer à une session (le lendemain) d'enregistrement pour son prochain disque au célèbre studio Ultrasonic. Le titre provisoire de la chanson enregistrée est I lost my voice on the Bayou, dédiée à Coco Robicheaux... affaire à suivre

source : Claudine Mulard - le Monde
A+
le Doc
 

------------------------------------------------------------
  Date: Jeudi 20 Mai 1999

 De:  "jocelyn richez" <jrichez@hotmail.com>
 

J'en ai discuté hier soir avec Patrick Verbeke, il m'a effectivement  confirmé les infos du Doc. Il m'a précisé qu'il a en fait enregistré 3
morceaux. Les suivants seront enregistrés cet été toujours à la Nouvelle Orléans (et avec son groupe habituel, Mikaelian & Co), le CD doit être pret  pour octobre. Donc, sortie chez nos disquaires d'ici la fin de l'année.

A+
Jocelyn


Robert Lockwood Jr : "I Got to Find Me A Woman"

Date: Dimanche  23 Mai 1999
De: Uncle Lee  <latailla@club-internet.fr>

>  jocelyn richez a écrit:
> La 20éme cérémonie des WC Handy award aura lieu d'ici quelques jours (le 27  mai) à l'orphéum theater de Memphis.
> La liste des nominés se trouve à l'adresse suivante:  http://handyawards.com/1999/nominees/index.html
 

pour ma part, j'aimerais que le bluesman Robert Lockwood Jr soit récompensé dans les 2 catégories où il est nominé:

         Traditional Blues - Male Artist of the Year
          Traditional Blues Album of the Year
Pour le disque "I Got to Find Me A Woman".

Je suis un peu étonné que ce disque figure aux WC Handy award 1999, puisqu'il est sorti en 1997... mais j'espère sincèrement qu'il aura les
2 récompenses, car cet album est un chef d'oeuvre. Et je pèse mes mots... Le jeune Robert Lockwood, pimpant octogénaire qui semble encore chercher une femme (voir le titre du disque!) nous offre là un album qui, l'air de rien, resssemble à la quintescence du blues.
Seul à la guitare (6 ou 12 cordes), ou accompagné de jeunes musiciens prometteurs (un certain BB King, ou Joe Louis Walker), chaque titre est
un délice pour les canaux auditifs.
C'est le blues du Delta qui a muri. On retrouve l'âme de Robert Johnson dans les 2 reprises de celui-ci, mais également dans la plupart des
autres titres. Doit-on rappeler que Robert Lockwood est un des rares musiciens auquel Robert Johnson (himself) a enseigné son art? En tout
cas, la filiation (spirituelle, si j'ose dire en ce qui concerne la musique du diable) est ici évidente.
Mais attention, le disque n'est pas une imitation du style Robert Johnson. Robert Lockwood a depuis bien longtemps développé son propre
style, avec des tendances jazzy ou boogie. Et le résultat est proprement génial, un voyage au plus profond du grand Blues!
Un album historique, dont le clou est le morceau "Bob and B.": montez le son de la chaîne hi-fi, fermez les yeux, serrez entre vos mains le verre
de whisky, détendez-vous et tapez du pied en écoutant "Bob" (Robert Lockwood, guitare électrique 12 cordes) et "B" (B.B. King, guitare
électrique 6 cordes). Pas de chant, pas d'autres instruments... juste les 2 guitares branchées dans un ampli à lampes...
raaaaaaah lovely ;-)

bluesicalement vôtre
Uncle Lee


Roy Gaines: à la manière de T-bone...
 

Date  :Samedi  29 Mai 1999
De:   "jocelyn richez" <jrichez@hotmail.com>
 

Un ami (un abonné discret à la Gazette) m'a fait découvrir jeudi un disque formidable qui devrait combler tous les amateurs de T-Bone Walker.
Il s'agit du CD "I got the T-Bone Walker Blues" (le titre est explicite) par  Roy Gaines (un excellent chanteur guitariste que je ne connaissais pas).
C'est paru sur le petit label californien "Groove Note". C'est un disque un peu dans la lignée du "Duke's blues" de Duke Robillard qui comblera tous les nostalgiques de ce bon T-bone.
En consultant l'encyclopédie du blues de Gérard Herzhaft (la bible de l'amateur de blues), j'ai appris que Roy Gaines était un Texan de 62 ans,
frère du saxophoniste Grady Gaines (avec qui il a enregistré un CD en duo "Full again" pour Black Top). Il aurait semble-t-il déjà enregistré de
nombreux disques (apparamment tous dans le style T-Bone) à New York et Los Angeles, soit sous son propre nom ou derrière Roy Milton, Chuck Willis et plein d'autres. Il a même obtenu un petit rôle dans le film de Spielberg "la couleur pourpre".
D'après les notes de pochette, ce CD n'est pas vraiment une nouveauté puiqu'il date de 1998. Alors, si vous étes passé comme moi à côté de ce
petit joyau, n'hésitez pas à rattraper le coup, même s'il est en import à 150 Francs environ.
 

---------------------------------------------------------------------------------------
 Date: Lundi  31 Mai 1999
De: " Johnny Guitar"  Psguitar@aol.com
 

Pour info Mr Roy GAINES a joué derrière Bobby Blue Bland en 1955 Pour le  label Duke sur le titre It's my life Baby dans lequel il parait que Bobby glousse de plaisir à chaque accord à la T-Bone que joue Gaines

Woh, it's my life Baby
Don't try to change my ways...
Well if you want my loving
Don't make no graveyards plays

Roy Gaines et Clarence Holloman furent les deux guitaristes qui soutinrent  Bobby Blue Bland dans ses enregistrements de 1955 à 1958 pour le label Duke, en jouant dans le style Texan sur fond de cuivres R&B.
Tiré de Nothing but the blues...........

Johnny Guitar from Big Brazos
 
 
 
 
 


N° précédent | Accueil Gazette | N° suivant