La Gazette de GREENWOOD
n°22 (Août 2000 )

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Blues en Retz (Pornic):
Un Festival est né
(c'est le Gentleman qui me l'a dit)

Malted Milk & Mississippi Mud (Pornic 8 Juillet 2000)
Malted Milk & Mississippi Mud (Pornic, 8 Juillet 2000)

Date: 12 juillet 2000
De: Oncle Oli <latailla@club-internet.fr>

Blues Qui Roule

Jean-Pierre "lbop" Bourgeois vous l'a dit : "Un Festival est né"... En effet, les 7 et 8 juillet 2000 s'est déroulé pour la première fois "Blues en Retz", festival de Blues organisé par l'association Blues Qui Roule, soutenue par la Municipalité et le Casino de Pornic. Cette jeune association (dont on a déjà parlé dans La Gazette de Greenwood n°18, http://www.gazettegreenwood.net) continue ainsi sa mission (puisqu'elle l'a accepté) de promouvoir la musique bleue.

Quelle réussite ! Voir et entendre des joueurs de blues avec en toile de fond un chalutier breton qui s'en va pour une marée ou bien deux voiles multicolores de Hobby-cat qui régatent entre les quais du port... c'est une image assez forte ! Pendant deux jours, de 18 heures à Minuit (voire plus si affinités), la petite ville bretonne a donc vécu au rythme des champs de coton (musicalement !) grâce à une scène montée sur les quais du port.

  la Sale Company(Pornic Juillet 2000)
Sale Company
Je n'ai pas pu assister au premier soir... et je le regrette très fortement car il y avait entre autres sur scène la Sale Company, groupe de blues rock sans frontière ni tabou qui, de source sûre, a littéralement enflammé le public. Je veux bien le croire ! Tant le professionnalisme de ce groupe n'a d'égal que la fougue et le fun qu'ils transmettent.

Blues Hangout(Pornic Juillet 2000)
Blues Hangout
Le samedi soir, le premier groupe à réchauffer l'atmosphère fut Blues Hangout, formation nantaise qui, si elle n'a pas de disque enregistré n'en a pas moins un répertoire bien rôdé. Déjà, j'ai remarqué que quelque chose se passait... sur scène bien sûr, mais aussi dans le public. Comment ? Que font tous ces gens à s'arrêter, s'asseoir ? Ils aiment le blues ? Courage amis : Nous ne sommes pas les seuls ! Public de tous âges (1 ans à 99 ans), autochtones ou vacanciers, probablement que beaucoup d'entre eux ne sont pas venus à Pornic exprès pour écouter du blues... mais ils sont là, ils écoutent et apprécient.

Puis ce fut Scratch My Back, groupe au blues teinté de jazz que je n'ai malheureusement pas vu pour cause de sustentation arrosée de gros plant.

  Mississippi Mud (Pornic Juillet 2000)
Mississippi Mud
Les suivants sur scène furent Mississippi Mud, groupe de blues acoustique : guitare, harmonica, basse et batterie. On aurait pu croire que le public allait alors s'éclaircir (du genre "le blues acoustique, c'est pour les puristes"), eh ! bien non, ce fut tout le contraire : Les quatre compères assis sur leurs chaises ont littéralement conquis l'assemblée en interprétant des blues d'avant-guerre ! Magie ! L'écho de Robert Johnson, Big Bill Broonzy, Sonny Terry j'en passe et des aussi bons, a résonné dans Pornic ! A la fin du set, la joie du public n'avait d'égale que la joie des musiciens qui avaient bien compris qu'un courant spécial était passé d'un côté à l'autre de la scène.

Michel Catel (Malted Milk, juillet 2000)
Michel Catel (Malted Milk)
A la nuit tombante, le groupe Malted Milk entreprit de nous transporter sans transition dans le Chicago Blues. Splatch la claque ! Arnaud Fradin au chant et à la guitare s'impose comme un leader de génie pour ce groupe qui a déjà un CD à son actif (voir LGDG n°18), mais ça ne suffirait pas s'il n'était impeccablement soutenu par l'harmonica d'Emmanuel Frangeul, la basse de Jean-François Vincendeau et la batterie débordante d'énergie de Michel Catel. Bref, ce fut l'apothéose et la place sur laquelle se tenait la scène devint noire de monde, d'un public hypnotisé qui sut manifester bruyamment son enthousiasme !

Harmo 1er (à l'harmo)
Boeuf final, Alain Leclerc à l'harmonica
"Tu aurais dû venir vendredi, le Gentleman était là" m'avait dit Alain Leclerc (aka "Harmo" pour les Greenwoodiens, et par ailleurs Président de l'association Blues Qui Roule), de la façon mystérieuse d'un vieux bluesman du Mississippi qui ne veut pas prononcer le nom du diable, celui qui fait vibrer le blues... Eh bien, Harmo, je profite de cette chronique pour te dire que le Gentleman était là aussi samedi, je l'ai entendu!

Le festival s'est terminé par un boeuf-hoochie-coochie-man ou (presque) tous les participants de ces deux journées purent donner libre cours à leur bonheur. Oui, un festival est né... Rendez-vous l'année prochaine !



Afin d'écrire un article bien méchant, La Gazette de Greenwood n'a pas hésité à envoyer à Pornic son reporter le plus teigneux (et vlan !) en la personne de Jean-Pierre "lbop" Bourgeois. Peine perdue, même lui n'a rien trouvé à dire de méchant... quitte à perdre sa réputation.

Date: 11 juillet 2000
De : lbop
lbop@jpbourgeois.org

Jean-François
Vincendeau (Malted Milk, juillet 2000)
Jean-François Vincendeau
(Malted Milk)

Déception bluesicale : ce sale type d'Harmo aligne un quarteron de six formations bleusidiennes qui passent leur temps à vous coller des baffes dans la tronche sans vous laisser respirer. Toujours aussi simulateurs, ils ont remplacé notre musique préférée par un machin qui a l'odeur du blues, la couleur du blues et, comble de la mesquinerie : C'EST DU BLUES ET DU MEILLEUR.
Autant dire, j'ai rien à dire... tant le niveau moyen est élevé. Un aparté pour l'escroc en chef : quand on a un invité venu tout exprès pour vous descendre, on lui laisse un nonoss' à ronger : une tit' faute de goût, une mauvaise mise en place, une arrivée dans le désordre, une blue note farcie au gros plant. Chais pas, moi, j'y connais rien, fais un effort Harmo. Que dalle lbop... le blues, rien que le blues, du beau, du vrai, avec panache en plus. Salop d'Harmo, t'as pas honte ? .Donc, faute de mauvais ou de médiocre parmi les trois étoiles BQRiennes, je vais vous désigner, comme le guide Michelin, ceux qui VALENT LE DETOUR, en prenant le risque inévitable d'en oublier quelques-uns. Ils ne m'en voudront pas, car, sans exception, ils sont bons musicos, sympas et solidaires. Comme j'ai été reconnu comme Nantais BQRien d'honneur (et donneur), j'en suis persuadé.

Emmanuel Franguel (Malted Milk, juillet 2000)
Emmanuel Franguel (Malted Milk)
Les grands musicos :
De Sale Compagny, Stéphane LE TROIDEC guitare, chant, incendiaire redoutable qu'Oli n'a malheureusement pas pu écouter.
[Ouais, mais j'ai leur disque : Voir LGDG n°17]
De Scratch My Back : Kévin "en retard" DOUBLE, harmonica, chant, qui se dédouble en d'autres groupes. Olivier SUEUR batterie, le batteur fou du Muppets Show, sourire et énergie.
De Malted Milk : Emmanuel FRANGUEL harmonica, qui mêle si bien ses sonorités à celles d'Arnaud FRADIN. Jean-François VINCENDEAU basse, contrebasse, Michel CATEL batterie.

Perles fines :
De Mississippi Mud : Morgan LEBEC Guitare, chant, impressionnant de pertinence musicale.. Juste à un quart de poil de c.. du diamant. Contrairement à Kévin "en retard", est arrivé ponctuellement, en stop, depuis la Suisse.
Diamant brut :
Arnaud Fradin (Malted Milk, juillet 2000)
Arnaud Fradin (Malted Milk)
De Malted Milk : Arnaud FRADIN guitare, chant. Aussi à l'aise en acoustique qu'en version électrique ou lap stell. Il n'est pas musicien, il "est musique", sympathique, intelligent, fin, authentique, naturel. Colle le frisson dans la colonne vertébrale à tout auditeur, de 4 à 77 ans. LA BETE MUSICALE, .... petit, mais costaud. Sur scène, grand et incendiaire "en chef".
J'ai honte d'en oublier, faute d'apprentissage des noms, comme l'efficace et omniprésent harmoniciste ami de JJ Milteau, le sympathique bassiste "marcheur" [Yann Renoul] qui fait ses 10 km par blues et que je me surprends à imiter dès que "ça" chauffe.

 

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Joe Guitar Hughes à Compiègne
(festival « les notes bleues »)

Date: Dimanche 25 Juin 2000
De: Jocelyn Richez <jrichez@hotmail.com>

Joe Guitar HugHes (Compiègne 2000) La première édition du festival de Compiègne « les notes bleues » présentait une affiche particulièrement alléchante avec 3 soirées dont les vedettes étaient Miguel M. & BBB, Joe «Guitar» Hughes et J.J Malone. Le site du festival, le cloître Saint Corneille est un endroit magnifique situé en plein centre de Compiègne.

La première soirée avec Miguel M. & BBB le jour de la fête de la musique s’est d’après les échos que j’ai pu entendre remarquablement bien passée. J’ai personnellement assisté à la 2ème soirée : Le groupe français Mê Sages qui assurait la première partie ne m’a pas fait grosse impression, de plus, ils ont eu le tort de rester trop longtemps sur la scène si bien que le groupe de Joe «Guitar» Hughes n’est arrivé sur scène que vers 23h30 ! Et encore, le texan n’est apparu qu’un quart d’heure plus tard. Evidemment, à cette heure là avec une scène en plein air, il commençait à faire frais pour ne pas dire froid.

Ses accompagnateurs étaient français avec en leader Fred Brousse (guitare, harmonica, chant). Apparemment, ils n’ont dû avoir eu beaucoup de temps pour répéter. Originaire de Houston, Texas, Joe « Guitar » Hughes est l’un des représentants majeurs du Gulf Coast blues. Il est apparu fatigué, ayant même parfois du mal à reprendre son souffle. Il a chanté vendredi un répertoire fait essentiellement de reprises de standards avec notamment des medleys. Je regrette qu’il ne chante pas plus ses propres morceaux qui ne manquent pourtant pas d’intérêt (voir le CD «Texas guitar slinger»).
J’ai donc été un peu déçu par la prestation courte (une bonne heure) et en demi-teinte de Joe «Guitar» Hughes, confirmant déjà l’impression que j’avais eu au mois de novembre à Utrecht. Malgré cela, et ça rejoint ce que l’on avait pu dire récemment au sujet de John Lee Hooker, je suis quand même content de l’avoir vu à Compiègne sachant que les occasions de l’entendre en France seront sans aucun doute rares.

Pour la 3ème et dernière journée du festival, c’est le californien J.J Malone qui devait passer en vedette avec notamment Chris Millar à la batterie et Paris Slim à la guitare. J’ai eu l’occasion de discuter avec lui avant le concert de JGH, et il était extrêmement détendu et souriant (ce qui semble être toujours le cas, en plus cette fois, sa femme avait fait le déplacement), apparemment en pleine forme ce qui laissait augurer d’un très bon concert pour la clôture de ce festival.

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BB and the Blues Shacks
( Dijon, le 19 mai 2000)

Date: 2 Juillet 2000
De: Didier Taberlet <Didier.Taberlet@u-bourgogne.fr>

Le groupe allemand BB and the Blues Shacks étaient à Dijon en ce printemps 2000. Il s'agit de 4 musiciens installés à Hanovre, 2 frères au chant/harmonica et guitare (Andreas et Michael Arlt), d'une contrebasse et d'une batterie. Le répertoire est tout droit extrait des meilleurs morceaux jump blues et texas swing des années 40/50, de T-Bone Walker en passant par le Chicago de Little Walter.
Du fait de la composition du groupe et du répertoire, la comparaison avec nos Doo the Doo est facile, d'autant plus que la qualité du quatuor est aussi au rendez-vous.
Andreas le guitariste est un fantastique musicien très subtil, possédant un jeu à la fois fin et sachant se faire aussi très énergique, créant des atmoshpères tantôt intimistes, puis subitement survoltées, le reste du groupe suivant comme d'un seul homme.
Michael est très bon harmoniciste et excellent chanteur, contrebasse et batterie étant quant à eux irréprochables.
La prestation scénique respire la joie et le plaisir de jouer, l'humour n' est pas en reste. On ressort de leur concert réveillé et transcandé par un spectacle de qualité qui prouve une fois de plus que le blues européen se porte plutôt bien.
Les 4 disques à leur actif sur le label Stumble sont à découvrir de toute urgence.

http://www.bluesshacks.com

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John Lee Hooker: "The Healer"

Date: 6 juillet 2000
De: Pierrot "Mississippi" Mercier

J'ai profité de la vague de promotion à l'occasion de la venue (annoncée mais finalement annulée) de John Lee Hooker en Europe pour me procurer enfin cet album de John Lee Hooker :"The Healer" (PointBlank VPBCD53 LC03098, 1989).
Il s'agit du premier d'une série (Mr Lucky, Boom Boom, Chill Out) batie sur le même principe : quelques pointures viennent prêter main-fort au titulaire et, communication et hyper-médiatisation aidants, le succés (commercial) est assuré.
A ce titre, la participation de Santana et autres a, sans doute, contribué largement, non seulement à faire revenir John Lee Hooker sur le devant de la scène Blues mais aussi à le faire enfin connaitre du public pop/rock mondial.
Car, après un début de carrière fracassant à la fin des années 40' et jusqu'aux 60', même s'il avait profité au passage du succés de Canned Heat début 70 (avec leur album commun "Hooker'n'Heat" déjà chroniqué ici) pour obtenir un début de reconnaissance hors du cercle trop restreint des seuls amateurs de blues, il était retombé dans un oubli relatif, surtout par rapport aux étoiles du moment (anciens comme BB King, Buddy Guy, Muddy Waters ou plus jeunes, tels Stevie Ray, par exemple).
Même si le principe de l'album est un peu artificiel, un certain nombres de surprises agréables le parsément. Tout le monde a en tête le titre principal avec Carlos Santana mais les échanges avec les autres participants valent le détour, les duos avec Bonnie Raitt et George Thorogood comme les plages où Johnny Lee est accompagné par Los Lobos, Charlie Musselwhite et les survivants de Canned Heat (Larry Taylor , voilà un grand bassiste, tiens !).
En prime, un morceau de John seul à la National Steel et un autre à la douze cordes.
A conseiller donc, en attendant de ré-écouter les suivants.

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livre:
"LOUISIANE: Musiques Cajun, Zydeco et Blues"

Date: 21 Juillet 2000
De: Aliocha <mineda99@hotmail.com >

Tout est dit dans le titre, je pourrait m'arrêter là sans que vous soyez surpris lors de la lecture de ce livre : il s'agit de la Louisiane et de sa richesse musicale. Dans ce petit ouvrage (de 58 pages pour être précis) accompagné d¹un Cd (15 titres), Sébastien Danchin nous entraîne au coeur de la musique louisianaise et de la Louisiane. Mais attention, de la Louisiane "campagnarde", car il n'est point ici question de La Nouvelle Orléans "dont la musique constitue un art à part" que l¹auteur se refuse de traiter dans un ci-petit nombre de page.
Sébastien Danchin n¹est pas un inconnu pour les amateurs de blues français et internationaux, car il est un collaborateur régulier de Jazzman, Soul Bag mais aussi de Living Blues ; producteur d¹émissions de radio ; et auteur de nombreux ouvrages sur les musiques qui nous intéresse, y compris de la biographie "définitive" de BB King. Gérard Herzhaft le décrit comme étant le "fidèle exégète de Earl Hooker" dans l¹Encyclopédie du Blues ... que de références !
Étant historien de formation (il a d¹ailleurs consacré sa thèse universitaire au ghetto de Chicago, nous apprend sa rapide bio), on retrouve cette rigueur dans la première partie de le l¹ouvrage qui est un historique de la Louisiane dans lequel la musique n¹intervient pas, mais cependant cela est très intéressant car cela nous aide à comprendre la suite. La suite, là on rentre concrètement dans le sujet. Trois parties : Les Musiques Cajuns, Le Zydeco, Le Blues. Les titres ne peuvent êtres plus explicites, et chaque partie est abondamment illustrée ce qui n¹est pas pour déplaire. Chaque style est détaillé de manière chronologique, avec des références précises aux artistes qui ont fait cette musique. Je ne vous raconterais rien de plus, à vous de tout découvrir sur les musiques de Louisiane en vous procurant ce livre.
La seule réserve que j'émettrais concernant ce livre, ne le concerne pas réellement en lui même, mais concerne le Cd d'accompagnement. En fait, j¹aurais aimé que les 15 titres soient détaillés et replacés dans leur contexte, leur style, qu¹on précise l¹année et les musiciens. Ici on a juste les titres, les auteurs, les interprètes. Alors pour un total néophyte, comment faire la différence entre le Cajun et le Zydeco traditionnel, le blues est-il présent ? Mais cela n'est pas réellement gênant, tant la sélection est plaisante et fait vite oublié ce petit défaut.
En conclusion, pour avoir un aperçu rapide mais complet de le musique Louisianaise cette ouvrage est indispensable, pas moins ...

"LOUISIANE: Musiques Cajun, Zydeco et Blues", Sébastien Danchin (58 pages, éditions du Layeur)

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La Phonothèque Robert Johnson

Date: 26 juillet 2000
De: Pierrot Mississippi Mercier

Peter Green : HotFoot Powder

Ça faisait un bout de temps que je tournais autour du dernier Peter Green en me disant qu'il faudrait quand même en faire une chronique sérieuse et tout.

Mais bon, ça ne voulait pas sortir. Non que l'ouvrage ne soit pas intéressant, dame non, je dirais même qu'il est tout à fait aussi indispensable que le Robert Johnson's SongBook, duquel il est d'ailleurs parfaitement complémentaire (comme le prouve d'ailleurs l'égalité suivante : 16 + 13 = 29).

Savoir si le deuxième volume est mieux que le premier, si l'apport de quelques pointures est décisif, tout ça est affaire de goût personnel. Je pense que les amateurs de country-blues préféreront le premier, ceux plus attirés par le blues électrique le second, mais chacun aura son avis.

J'en étais à me dire aussi que, en gros, Peter Green paraissait plus impliqué dans le premier volume et plus en retrait dans le deuxième, sans que cela soit très marqué ; j'en arrivais aussi à la conclusion que la comparaison était inutile...
quand il m'est apparu soudainement que PERSONNE n'avait jamais fait un tel travail, même sur une longue période :

Peter Green est le seul à avoir repris la totalité des œuvres connues de Robert Johnson et à les avoir enregistrées.

Tel un Karajan faisant exécuter (le mot est faible) par le Philharmonique de Berlin l'intégrale des symphonies de Mozart ou un Yves Nat (ou un Claudio Arrau ou qui vous voulez, bref vous m'avez compris) délivrant sa version définitive des sonates pour piano de Beethoven, Peter s'est attelé à cette tâche avec une rigueur peu commune. Il s'est entouré de ses amis du Splinter Group pour un premier essai (couronné quand même par un Handy Award au passage), et a terminé le travail avec l'aide de quelques grands noms, pensant sans doute que, eux aussi, avaient leur mot à dire.

Assez curieusement d'ailleurs, selon mes sources, ni Buddy Guy, ni Otis Rush, ni Hubert Sumlin, ni Doctor John n'avaient jugé bon jusqu'ici d'enregistrer un titre de Robert Johnson même si, évidemment, ils en ont tous joué un jour où l'autre.

Si je me fie à Allmusic.com au total ce sont près de 130 personnes qui ont repris, un jour où l'autre, une chanson de Robert Johnson sur 192 albums différents.

Les statistiques ont ceci de fascinant qu'en reprenant maintenant les titres un par un (et non plus par une recherche globale sur le nom de l'auteur), nous arrivons à un total de 647 interprétations de ses chansons, dont quand même 434 lui sont réellement créditées (clairement, 213 sont sensées être des traditionnels ou sont attribuées à quelqu'un d'autre ou encore leur auteur n'est pas indiqué).

On trouve des gens intéressants en parcourant ces listes l'une après l'autre, certains interprètes semblent avoir des titres fétiches.
Vous ne serez pas surpris d'apprendre, par exemple, que 9 des 29 versions recensées de "Love in Vain" sont attribuées aux Rolling Stones, (qui en ont d'ailleurs froidement signé 3...).

Les *spécialistes*, hormis Peter Green qui est très loin devant, sont John Hammond, Rory Block, Roy Rogers, Bob Brozman, Keb'Mo, Johnny Shines et, évidemment, Robert Lockwood Junior.
On trouve souvent les noms de Muddy Waters, Johnny Winter mais aussi Big Joe Williams et même John Lee Hooker.

Le titre le plus repris est "Walking Blues" avec 138 versions répertoriées chez Allmusic (70 interprètes), Robert Johnson n'étant cité comme auteur que pour 48 d'entre elles.
Derrière, sans surprise, "Sweet Home Chicago" avec 119 références (mais seulement 59 créditées).
Je vous passe le détail des autres titres qui, à part "Come On in my Kitchen", sont beaucoup moins souvent repris.
On notera juste que "If Had Possession Over Judgement Day" n'a été repris par personne (sauf Peter Green, évidemment).

Pour vaste qu'elle soit, la compilation fournie par Allmusic est loin d'être parfaite et j'ai idée que nous pourrions faire mieux...

Après tout, Robert Johnson étant, comment dire, un des centres d'intérêt de La Gazette, un de nos *chouchous*, pourquoi ne pas faire, nous-mêmes, ce recensement ?

Et si la Phonothèque de Greenwood comportait une rubrique spéciale "Reprises de Robert Johnson" ?

L'avantage premier est que *nos* références seraient celles de disques édités ou disponibles en France, donc assez facilement accessibles.
De plus, nous saurions retrouver les morceaux mal titrés : par exemple le "Rambling Blues" par John Hammond est évidemment une reprise de "Rambling on My Mind".

Si ça vous dit, je vous propose d'aller consulter une première version de cette compilation en cliquant ici. Vous constaterez que l'ordre des morceaux est celui des "Complete Recordings".

Fouillez dans vos malles et envoyez-moi vos trouvailles, vyniles compris !

Pierrot
pj mercier@yahoo.fr

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Chris Thomas King:
Lui, sa Guitare et le Blues

Date: 17 Juillet 2000
De: Oncle Oli <latailla@club-internet.fr>

Il y a du Robert Johnson dans ce guitariste... En tout cas en ce qui concerne le look : feutre sur la tête, costume trois-pièces impeccable, bottleneck au petit doigt... Seule la guitare diffère, puisqu’il s’agit d’un dobro. D’ailleurs, il reprend le Stones In My Passway de Johnson, et certains autres titres de la composition de Chris Thomas King sont de la pure veine du Delta : le fabuleux Superstitious Blues ou Gambling Woman.
Mais n’allez pas croire que vous avez là un clone musical de Robert Johnson, car Chris Thomas King ne s’en tient pas à ce seul style de blues, certains titres s’en éloignant fortement au risque de déplaire à certains. Ce disque Me, My Guitar And The Blues est pourtant très intéressant, car le plus pur Blues acoustique s’y fond dans plusieurs autres genres musicaux.
Ainsi C.T.King ose le Rap, dans le titre Cain qu’on pourrait qualifier d’ acoustic-blues-rap... Et là : miracle, c’est une vraie réussite dans le genre ! Imaginez un dobro très blues, une voix qui parle Rap, une basse et une batterie discrètes mais fermes, C.T.King s’amuse même à jouer le DJ qui fait scrr-plll-crr (à prononcer très vite) sur une platine.
Il y a aussi du Rythm’&Blues (reprise de Born Under A Bad Sign, seul morceau joué à l’électrique), du Blues style New-Orleans (Bourbon Street), un slow blues (You Are My Heaven), et même de la variété-soul (She’s Just As You Are, titre qu’on n’est pas obligé d’aimer). Quant à la chanson qui donne son nom au CD, Me, My Guitar And The Blues, c’est une très belle ballade jouée à la guitare classique... Il fallait oser !
Voilà en fait un disque étonnant, dans le sens "réussite" du terme. Les amateurs de blues à la Keb Mo ou Eric Bibb vont adorer car, même si Chris Thomas King propose un blues qui ne peut pas être comparé à ces deux musiciens (qui eux-même sont fort différents, vous suivez ?), il ouvre à sa façon de nouveaux horizons à la musique bleue. N’est-ce pas ce qu’ont fait les premiers bluesmen du Delta ? Quant à ceux dont les goûts se sont arrêtés aux enregistrements d’avant-guerre, ils risquent d’être pour le moins décontenancés...
Ne cherchez pas les noms des bassistes et batteurs, c’est Chris Thomas King qui assure également la section rythmique ! Ce disque est très "produit", le son est propre et les morceaux s’enchaînent parfaitement malgré la diversité des genres évoqués plus haut.
Bref, Chris Thomas King est un guitariste de Blues à découvrir si, comme moi, vous ne le connaissiez pas malgré une production de déjà six disques.

références du disque: Chris Thomas King, "Me, My Guitar And The Blues",
Blind Pig Records, 1999, BPCD5064

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festival de Peer 2000

Ayant décidé de faire l’impasse sur la journée de vendredi (il faut se ménager), nous voilà partis samedi matin en direction de Peer, dans le Limbourg où se tient depuis 1985 l’un des plus fameux festivals de blues au niveau européen.
Après environ 4h30 de route (c’est à plus de 400 km de Paris) et comme on le craignait en partant, c’était le déluge ! Bref, n’étant pas très motivés pour monter notre tente sous cette pluie battante, on s’est mis à chercher un hôtel ce qui nous a fait rater les premiers concerts. Car bien sûr, les rares hôtels du coin étaient complet. Il a donc fallu s’éloigner jusque Genk et débourser 4500 FB. Enfin de retour à Peer, nous étions fin prêts à aller patauger dans la muddy water limbourgeoise.

Le groupe Néerlandais Little Louis Blues Band et les belges d’Elmore D étaient déjà passé et c’est le trio Tim Wheeler & the soul Shuffler qui occupait la scène jouant un blues rock énergique. Tim Wheeler est un guitar hero texan post SRV au jeu très démonstratif, un de plus, inspiré par J. Hendrix, B. Gibbons, J. Winter et SRV. Rien de bien original mais ça permet de se mettre tranquillement dans l’ambiance de ce festival où le public est à la fois très nombreux et très coloré façon BD de Margerin, on y côtoie à la fois des rockers, des bikers, des cow boys, des babas cool, des punks, des tatoués etc… Si le temps était particulièrement frais pour un 15 juillet, l’ambiance était déjà chaude (mais conviviale), il faut dire que la bière coulait à flot, que certains étaient déjà torse nu.

Le set suivant était très attendu à juste titre : c’était celui de Magic Slim & the teardrops dont je ne comprend vraiment pas pourquoi il a été programmé aussi tôt dans la journée. S’il ne mérite plus du tout son surnom de Slim depuis bien longtemps, il justifie de plus en plus celui de magic. C’est vraiment l’un des grands maîtres actuels du west side sound. C’était du niveau de son dernier CD « live » sorti sur le label Wolf (44 blues), c’est à dire du très haut niveau. En tant qu’amateur de Chicago blues, j’étais comblé. La complicité entre Mickael Dotson et Magic Slim est de plus en plus évidente; le successeur de John Primer était en grande forme alors que Nick Holt est apparu très décontracté, chantant le morceau d’introduction.

C’est ensuite l’imposante chanteuse Californienne Sista Monica qui montait sur la scène. Elle s’est présenté avec un niveau look, amaigrie (c’est relatif car son physique reste impressionnant) ses cheveux coupés court et surtout décolorés. Si je dois avouer qu’elle m’avait déçu la dernière fois que je l’avais vu (Utrecht 97), sa prestation alternant blues et rhythm & blues était cette fois plus convainquante avec notamment un gros succès pour un long slow blues aux paroles un peu salaces (« Never sing never » si ma mémoire est bonne dans style love with a feeling de Larry Garner). Elle communique beaucoup avec le public et son chant tout en puissance lui a valu un succès mérité.

Le groupe suivant est le groupe belge Tee, dont le leader est le chanteur guitariste Marc Thys (ex membre des electric kings) qui revient des USA où il a joué avec des pointures comme Marc Hummel, Johnny Dyer et Lynwood Slim. Le début du set fut superbe à mon goût, dans un style très T Bone Walker à l’image de ce que font d’autres groupes européens comme les allemands de BB & the Blue Shacks ou les hollandais de Blues factory. Malheureusement, ça s’est gâté par la suite avec un répertoire trop éclectique passant de la country au zydeco via le rockabilly, le R&B et le gospel. L’accueil du public fut très mitigé et Marc Thys m’est apparu comme un jeune musicien doué mais prétentieux. Heureusement, ils sont revenu au style T Bone (ce qu’ils font le mieux) pour le dernier quart d’heure histoire de finir en beauté. Le 2ème guitariste Ernesto Zvar m’a impressionné, me rappelant Zeb (une référence !).

La journée se terminait avec Johnny Rivers, un has been qui connut son heure de gloire au milieu des années 60 avec «at whisky a go-go» et le fameux titre «John Lee Hooker» qui semblait justifier sa présence dans ce grand festival de blues. Il joue une sorte de variété bluesy insipide. Bref, une indiscutable erreur de programmation justifiée par le fait qu’il aurait remplacé un artiste défaillant en dernière minute. En plus, le début du set a été perturbé par des problèmes techniques qu’il n’a pas supporté, quittant la scène assez faché ! Une fois le problème réglé, il est revenu, mais nous n’avons pas tardé à partir. On n’a sans doute pas raté grand chose. Il faut aussi préciser que l’ambiance était devenue un peu particulière, la majorité du public étant dans un état d’ébriété plus qu’avancé. Beaucoup ne tenaient plus debout et il y avait plein de types allongés par terre ivres mort dans la boue et les détritus.

Après une bonne nuit à l’hôtel, nous voici de retour pour attaquer notre deuxième journée (en fait la 3ème du festival). Et là, il valait mieux ne pas arriver en retard, car c’est le groupe Bo Weavil qui passait en premier Bo Weavil (Peer 2000) et ils ont fait un show époustouflant 100% pur blues dans leur style si particulier très marqué par les années 50 et leur son saturé bien crasseux. Ils ont enchaîné les morceaux (une vingtaine au total) sans temps mort et sans le moindre moment creux. Il ont commencé avec Vincent Talpaert à la contrebasse, Matthieu Fromont (le leader du groupe) étant au chant à la guitare et à l’harmonica, et Lazy «Stacker» Lou au piano (son apport est très important). Vincent Talpaert est ensuite passé à la batterie. Outre quelques rares reprises (un «sloppy drunk» de Jimmy Rogers de circonstance et une magnifique version du «long distance call» de Muddy Waters à la slide), ils ont joué leurs compos, celles du CD early recordings. Le public clairsemé au départ s’est vite regroupé devant la scène attiré par la puissante sono pour faire un triomphe au groupe français. «We want more, we want more» qu’ils disaient. Et ils ont eu droit à 2 rappels ! Bo Weavil a terminé en beauté avec un instrumental tonitruant à la slide. J’ai entendu un type comparer alors Mathieu Fromont à Hound Dog Taylor, j’ai trouvé le rapprochement assez judicieux. Bref, grosse prestation de Bo Weavil qui fut l’un des grands moments du festival (ce qui ne m’a personnellement pas surpris les ayant déjà vu à plusieurs reprises dans des atmosphères beaucoup plus intimes), et sans doute la révélation de l’édition 2000 pour une bonne partie du public Belge.

Difficile d’enchaîner pour Chris Thomas King (le fils de «rockin’ Tabby Thomas») qui arrivait seul avec sa guitare acoustique. Il s’en est néanmoins plutôt bien tiré avec un blues très traditionnel et notamment pas moins de 5 reprises de Robert Johnson (Rambling on my mind, Walking blues, Come on in my kitchen, if I had possession over judgement day, crossroads). On a pu également apprécier son nouveau look cheveux courts et chapeau blanc. J’ai quand même regretté un certain manque d’énergie et un son trop propre à mon goût. Il s’est ensuite installé au piano où il s’est montré très à l’aise. Il faut dire qu’il a eu un bon professeur en la personne d’Henry Gray ! Malheureusement, il est un peu retombé dans ses vieux travers sur la fin en rappant sur Crossroads. Mais dans l’ensemble, son set fut plutôt bon et l’accueil du public belge très connaisseur fut enthousiaste. Et le meilleur était à venir ! ! !

Candy Kane arrivait avec un groupe complètement renouvelé y compris la fameuse pianiste Sue Palmer qui l’accompagnait depuis ses débuts et s’est lancée dans une carrière solo (son 1er CD est déjà sorti, mais il est mal distribué). D’ailleurs, Candye Kane a évoqué cette séparation durant le concert indiquant que c’était un peu comme un divorce … on a compris. Si le précédent groupe de Candye Kane était excellent, celui ci (the swingin’ armadillos) est vraiment fabuleux. Ce fut le feu d’artifice du 16 juillet, si l’ambiance était jusque là conviviale et festive, là ce fut vraiment de la folie. Elle a un charisme impressionnant, une pêche phénoménale, une sorte de don pour enflammer les foules et pour sortir la petite phrase qui fait mouche.
Elle a joué essentiellement les nouveaux morceaux qui sont vraiment excellents entre swing, jump et boogie. La nouvelle et charmante pianiste Lisa Otey est d’un niveau comparable à Sue Palmer, le guitariste Marco Fiume fut à mon goût le meilleur guitariste du week end alors que le trompettiste Robert Smith fut lui aussi formidable. Ce fut vraiment un GRAND concert qui pouvait justifier à lui seul le déplacement. En ce dimanche, Candye Kane était la reine incontestée de Peer. Ah quel pied ! !

Après cela, difficile de s’enthousiasmer pour les Hillbilly Voodoo Dolls et leur blues métissé de rock et de country. Malgré un excellent pianiste (Paul «Beldonia» Belden), ce groupe m’a paru bien quelconque. Je suis persuadé qu’il y a plein de groupes européens (en particulier français) qui auraient fait mieux. Bref, j’en ai profité pour aller manger.

C’était bientôt l’heure de partir et il restait un set à voir histoire de terminer en beauté : ce fut effectivement le cas grâce à la jeune chanteuse Shemekia Copeland (la fille de Johnny). On voit immédiatement qu’elle est tombée dans la marmite quand elle était toute petite. Elle m’a impressionné par sa voix à la fois puissante et pleine de nuances et cela malgré un style très marqué rhythm & blues qui n’est pourtant pas ce que je préfère. J’ai bien aimé aussi son guitariste Arthur Neilson.

L’heure du départ a sonné, et c’est avec un peu de frustration que l’on s’en va avant le passage de Bill Wyman (ex Rolling stones) et de Lone Star Shootout (Long John Hunter, Lonnie Brooks, Phillip Walker + Wayne Baker Brooks et Mark «Kazz» Kazanoff notamment). C’est parfois difficile d’être raisonnable !

Au final, je suis revenu satisfait de ce week end malgré le temps indigne d’un mois de juillet. Même s'il n'y a pas eu de véritables découvertes, j’ai passé de grands moments grâce à Candye Kane bien sûr, mais aussi à Bo Weavil et Magic Slim et à un niveau moindre à Shemekia Copeland, Sista Monica et Chris Thomas King.

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Street Blues
le fils prodigue

Street Blues: CD Prodigal Son

Date: 24 juillet 2000
De: Oncle Oli <latailla@club-internet.fr>

Street Blues, voilà un groupe qui a su se créer son propre style. Fortement influencé par John Lee Hooker (influence qu’ils revendiquent et qu’ils assument en reprenant des titres du bluesman), ils pratiquent un blues sincère, profond et poignant. Je ne sais pas si c’est du blues polonais (comme c’est écrit sur la pochette du CD), mais c’est du blues, et du bon !
De polonais, il y a bien sûr les deux leaders du groupe : Tomasz Dziano (guitares) et Krzysztof Majchrzak (basse). Il y a aussi les textes de certaines chansons, et il y a cette petite touche musicale surtout sensible dans les phrasés de guitare acoustique. Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit: c’est du blues (et du bon).
Ce qui est le plus frappant à l’écoute du CD "Prodigal Son", c’est l’intensité de la musique, une espèce de tension donnée par le groove incessant de la basse auquel répond la guitare électrique (son clair ou saturé) ou acoustique, parfois slide. La voix de Tomasz Dziano, grave et sourde, ajoute à cette tension. Les deux polonais sont admirablement soutenus par Philippe Garcia Pipon ou Stéphane Ranaldi à la batterie, ainsi que par la présence discrète mais efficace de René Louis Portellano "Kouki" à l’orgue sur certains morceaux.
Il y a deux reines dans ce groupe : la guitare, admirablement maîtrisée, et la basse, mise en avant dans plusieurs soli, et qui est certainement l’instrument qui crée le style Street Blues. Que ce soit dans les morceaux lents ou plus funky, les compositions ou les reprises, l’équilibre est parfait. C’est une musique qui se déguste.

Réf CD : « Prodigal Son », Street Blues, Production Raincheck 2000
Contact : G. Ballas 06 87 26 64 94
En savoir plus : www.multimania.com/streetblues

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Grattes et Rabots, 2ème tas de copeaux:

Jacques Filhol se met au diapason

De: Jacques Filhol (association Blues Qui Roule, fanzine "TAM-TAM" n°2 de mai 2000)

On a plus de plaisir à entendre une guitare bon marché, même chinoise, mais bien réglée et bien accordée, qu’une Byrdland hors de prix sonnant faux comme une promesse électorale. Ce qui prouve que s’acquitter de notes élevées n’empêche pas d’être juste. Bon, trêve de jeux de mots, les gratteux débutants ont toujours eu des problèmes avec l’accord de leur instrument.

Pourquoi ? D’abord parce qu’une oreille, çà s’éduque. Et aussi par la formidable subtilité des sons de la guitare. Voyons ce qu’on doit prendre en compte pour mettre d’accord la pelle et nos feuilles. Les paramètres sont légion et une fréquence donnée peut paraître acceptable au sein d’une certaine tonalité, d’un mode particulier ou d’un style de jeu propre à tel ou tel. Et ne pas convenir à un autre répertoire, alors qu’on a bien produit la même note. Métal, Nylon et boyau ne nous jouent pas vraiment la même chanson. C’est aussi aléatoire que d’essayer de claquer un long fouet en répétant rigoureusement la même note :si tu joues hard, ton attaque surtend la corde un instant et lui donne une surcote passagère avant qu’elle ne reprenne ses esprits. Y a de la loterie dans l’hertz !

Ami qui ferait des complexes, rappelle-toi qu’une guitare a un immense avantage sur un clavier : c’est du son fait-main ! Alors qu’un bête et discipliné piano frappe la corde avec plus ou moins de force mais toujours avec le même marteau, au même endroit et sous le même angle, c’est un gras de doigt, un ongle ou un plectre qui fait sonner la guitare, qui l’attaque sous des angles et des pressions très variés, plus ou moins loin du chevalet, et qui lance la corde dans un tournoiement ondulatoire pimenté de résonances induites par chaque composant de l’instrument, sans parler de sa position par rapport à l’ampli. Ne parlons pas ici de ce que fait l’autre main, ni à quelle distance de la frette. Admettons aussi que le luthier de chez nous ou délocalisé a bien respecté à la construction la formule de frettage [intervalle à la prochaine frette = diapason restant divisé par 17.817], sans qui nous en serions toujours à frapper des tibias ennemis sur des crânes d’aurochs.

Rien de très prévisible quand on y réfléchit : en impro’, ce qui s’impose à l’artiste avec toutes ses résonances, ses harmoniques, ses couleurs, ce qui est influent, important, le chef du son, c’est sa gratte, et il se croit libre, l’imbécile! Cela va sans dire, mais cela ira encore mieux en disant qu’on doit commencer par le réglage des cordes graves, aux prises avec les plus fortes tensions et réactions structurelles, pour finir par les aiguës. Et qu’on répète l’opération autant que nécessaire. On devrait faire l’accordage en jouant toujours à la même distance du chevalet, sans appui d’expression, à vide et dans la position de jeu : si t’es assis pour l’enregistrement, tu t’accordes assis, un point c’est tout, arrête de tout discuter !Est-ce bien utile de te recommander de trucider toute pédale d’effets, tout boost à l’ampli, toute égalisation flatteuse, toute réverbe, surtout à ressorts ?

La meilleure façon de juger et de régler une électrique est unplugged comme on dit en Italie, en l’écoutant au calme, posée sur la cuisse, et pas sur une table qui produit ses propres résonances, avec un accordeur de précision raccordé par un jack très court. Entre 2 et 5 cycles de trop, la note paraît acide, primesautière, mais pas encore fausse, nuance ! De 2 à 5 cycles en moins et la note paraît plate, pâlichonne, à marée basse, t’as envie de lui foutre une baffe. Les esthètes de l’art étouffent les cordes non concernées, car leurs harmoniques désinforment l’accordeur. Y en aurait qui, si on ne les retenait pas, mettraient du feutre autour des ressorts de vibrato, coresponsables en douce d’un certain son Fender. Si t’as pas d’accordeur, décroche ton biniou et t’auras un 440 Hertz standard. " Allô, Lola ? Non, c’est le L!A ! " Méfie-toi des harpistes qui préfèrent se régler sur 442 Hz.

Et aussi des autres instruments qui résonnent alentour... silence, on accorde ! Pour ta gratte, fais comme avec le bon rouge : attend qu’elle soit chambrée ! Surveille les cordes neuves qui relâchent le stress subi en filière pendant leur première heure sous tension.

Ceci est évidemment beaucoup plus vrai pour une basse que pour une mandoline, question de diapason. En parlant de diapason, plus une corde est longue, plus elle peut produire d’harmoniques, surtout si elle est filée avec un métal rond. Cela explique en partie les qualités de la 10 cordes de N. Yepes, et le récent boom des 7 cordes, qui grossies de leur gros SI, s’enrichissent à peu de frais d’un apport de son, comme le pain complet ! (A contrario si on veut arrondir le son en écrêtant les harmoniques, on jouera une corde grave plus haut sur le manche.).

Très copié, c’est feu Leo qui a gagné avec ses 25 pouces et demi, soit 647.7mm. Paul Reed Smith a choisi 25 " (635mm), Gibson 24 "3/4 (628.65), quoique leurs dernières DC et Nighthawks ait rejoint la cour des grandes

avec 25.5 ". Rickenbacker, (qu’on pardonnera de se prénommer Adolph car il a inventé la solid-body électrique en 1931) chipote avec ses 625mm, plus faciles pour les petites pattes comme les miennes. Ayant déjà tâté de 4

diapasons différents, car je ne travaille pas à la six-quatre-deux, la valeur idéale et définitive de la prochaine Filhol fera 642mm ! Après avoir mis au diapason, si et seulement si la hauteur de l’action est satisfaisante, car sinon c’est inutile d’aller plus loin, on vérifie la justesse à l’octave. Soit en faisant une cocotte et en comparant avec la note frettée à la 12 ème, soit directement à l’accordeur.

Ici aussi étouffe les autres cordes, toujours là avec leur grande gueule ! Si ton octave est trop haute, allonge le diapason (éloigne du sillet le chevalet ou fais tourner la vis du pontet). Si elle est trop basse, réduis-le, mais mollo, hein ! C’est sensible, ces bitogneaux. A chaque étape, contrôle et règle la note à vide. Au bout du compte, bien réglé, l’instrument s’auto-amplifie grâce au jeu des harmoniques. Trrrès spectaculairrre surrr une 12 corrrdes !

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Jazz à Vienne:
du Jazz... et du Blues!


@Daniel « Boeïng »
Jazz à Vienne fut géant. en premier James Carter, que je pensais plus "classique" mais qui a assuré un groove extraordinaire, avec des musiciens plus funky que jazz classique. et des solos longs, (10 minutes le premier solo de guitare !), des sons assez zarbis, des gammes proches du free, de la musique contemporaine, mais quel plaisir de jeu, quelle aisance; James Carter est un bruiteur. il jouait de 3 saxos soprano, tenor et alto. Pour vous situer, alors qu'il jouait seul, en imitant tantot une guitare (!! sur le cul !!) tantôt une locomotive, au milieu de gammes sensuelles), au dessus du théatre antique, des oiseaux sont passé en piaillant. James Carter a levé les yeux, a regardé les oiseaux, et les a imité, engageant un dialogue avec eux ! le personnage est sympathique, et se baladait à l'issue du concert au milieux des spectateurs , au club à coté.
Deuxieme partie, moins funky, mais d'un niveau !! Pat Metheny, comme d'hab, pull rayé, et un immense plaisir en jouant, et Michael Brecker, un saxo magnifique, par sa subtilité de jeu. du grand art, accompagnés par Bill Stewart à la batterie, au jeu très jazz pour un jeune homme, mais superbe, un tempo sans faille (le batteur de carter étant plus "rock", avec un jeu hors temps géant mais déconcertant, mais magnifique). il y avait aussi pour les soutenir un clavier à l'orgue hammond. j'ai oublié son nom, mais c'est un tout bon. Pour les guitares, Pat Metheny a joué de son modèle Ibanez, de ses deux guitares synthés, d'une classique et d'une folk (ces deux modèles sont fait par une luthière qui fait aussi office de roadie), plus la fameuse guitare cithare qui est assez étrange. il y a des cordes de partout, réglées de telle sorte que tu peux faire du solo, des accords, ces cordes se croisent et s'entrecroisent, il y a deux manches dont le plus long sert aussi à faire des basses, et beaucoup de cordes s'utilisent à vide. Pat Matheny sait s'en servir, et peut jouer un morceau entier sans l'aide des autres musiciens. On peut l'écouter aussi sur le disque de son groupe "imaginary day"

@ Phil
Hier soir (lundi 3 Juillet 2000), Le festival Jazz a Vienne présentait :
-Michael Hill and the Blues Mob
-Magic Slim and the Teardrops
-Huey Lewis and the News
(cherchez l'erreur)
Mon inculture est suffisament énorme pour devoir avouer que je ne connaissais pas Michael Hill et Magic Slim. C'était une erreur aujourd'hui réparée.
Michael Hill a bien démarre la soirée. Les 3 premiers titres étaient très blues et a tout de suite impose l'ambiance de ce début de soirée. Le son de sa Gibson m'a paru très particulier. Il nous a arrosé de son New-York Style blues. Le personnage a été assez bavard et m'a paru très sympathique. Le bassiste avait l'air de s'éclater, de même que le batteur qui affichait un sempiternel sourire béat qui flairait la bonne humeur.
Le bassiste de Magic Slim, très grand (je me suis trouve a cote de lui après le concert, en ville, et il fait bien ses 2m), a commence le show avec 2 standards de chicago blues [@ Vincent : ça doit être Nick Holt, le frère de Magic Slim (Morris Holt) qui l'accompagne depuis 35 ans.]
Puis est arrive Maaaggiicc SSlimm ! Une grosse personnalité qui, malgré son âge et son attitude fatiguée, a fait vibrer l'audience avec beaucoup d'énergie. Aliocha me corrigera mais je pense qu'il jouait sur une Jazzmaster.
Le jeu de son guitariste, dans la trentaine, sur Telecaster m'a beaucoup plu. On a eu droit a 'As the years go passing by', 'Mama talk to your daughter', 'The blues is alright', 'The sky is crying' pendant lequel il s'est mis à pleuvoir au début du morceau pour s'arrêter a la fin (véridique), ensuite ma mémoire me fait défaut. Je n'ai pas les noms de tous ces musiciens, [@ Aliocha : Nick Holt à la basse (Squier) et Allen Kirk à la batterie pour les Teardrops] Le public a apparemment très apprécié ces 2 sets et n'étaient pas presses d'assister au blues (?) aseptise de Huey Lewis.
Apres le concert, Michael Hill se produisait dans un petit théatre, oui mais un vrai théatre avec les strapontins, les balcons, et tout ça. La petite taille de la salle permettait d'apprécier pleinement les artistes. Michael Hill a encore beaucoup parlé, il a joue des titres bien a lui, toujours avec son NY Style blues et puis d'autres morceaux plus funk.
Le batteur nous a gratifie d'un solo de batterie car les autres musiciens se sont retrouvés sans son pendant quelque minutes (du a un problème technique). Le bassiste de Magic Slim est venu chanter et jouer avec Michael Hill, et une personne que je ne connais pas a remplace Michael Hill à la guitare avec un solo d'enfer.
Je sais, je n'ai pas parle de Heuy Lewis & the News. Non mais soyons sérieux, parlons de blues SVP).

@ Aliocha
Hill a beaucoup joué en slide, sur sa Gibson ... il avait un son très saturé, le gros son, mais quand même blues ... il n'en reste pas moins un excellent guitariste au niveau technique relativement élevé, capable de jouer très vite, adeptes de double-bens et autre trucs ... à mon avis les noms de Roy Buchanan et Danny Gatton ne lui sont pas étranger ...
Magic Slim avait effectivement un Jazzmaster dans un Twin, et son guitariste Michael Doston jouait sur une G&L copie de Telecaster (modèle thinline, 2 simples bobinages pour ceux que ça intéresse) dans un Twin... son jeu m'a beaucoup plu aussi, là où on sent le côté 'campagnard' de Slim, Doston estplus 'urbain' dans la tradition de Chicago ...
Le guitariste qui a remplacé Michael Hill s’appelle Ray Gomez, qui jouait le samedi précédent au Club ... c'est un guitariste "mythique" qui a joué avec Roy Buchanan, Stanley Clark ... qui est revenu sur le devant de la scène depuis quelques années après quelques années de galère ... pour cela il faut remercier Jean Marie Ecay (guitariste avec Nougaro, entre autres ...).
Personnellement j'ai trouvé la basse trop forte pour Hill et Magic ... mais pour ce qui est du jeu du bassiste de Hill, il a trop slappé à mon goût ... mais comme Hill l'a dit au club, ils ont dû faire vite et ont choisi le répertoire en conséquence, du rentre-dedans, et ça a marché parce que faire chanter le public de Vienne n'est pas chose facile, mais le faire au premier morceau tient du miracle ... ce qu'a fait Hill !!! ... donc au Théatre antique j'ai trouvé le bassiste trop "slap", mais au club tout de suite il a été plus discret ... au fait il s'appelle Peter Cummings, le batteur c'est William McClellan Jr, et le clavier Pofessor Sharpe ...

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La Gueule de Blues du mois:

BB KING



BB King

peinture de Denis Gérablie

"Comme un musicien sur un thème, j'ai composé cette série de portraits, de personnages charismatiques du blues, en improvisant au hasard de mon inspiration. Comme un voyage, les toiles nous transportent tantôt avec Big Bill Broonzy, la nuit dans un quartier louche de Chicago, dans un bar avec Roosevelt Sykes, ou avec Son House chantant seul sur une route de campagne."


Retrouvez les Gueules de Blues sur http://www.argyro.net/amap/gueules.html

contacter Denis Gérablie: 01 42 77 80 51

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Incroyable! Sensationnel! Dernière Minute! Argh!

Un 78 Tours Vocalion inédit retrouvé!

Blind Joe Castlebridge

and his Famous Hokum Boys

Incroyable mais vrai ! A l’heure où nous mettons sous presse (ce qui, d’ailleurs, n’est pas sans poser de problèmes à La Gazette de Greenwood), nous apprenons de source sûre dans les milieux autorisés qu’un vieux 78 Tours Vocalion de Blind Joe Castlebridge a été retrouvé.
L’inventeur (c’est comme ça qu’on appelle le "découvreur" d’un trésor) de ce disque, qui tient à garder l’anonymat par mesure de sécurité (alors nous l’appellerons JM63) n’en n’est pas revenu quand il a lu, sous la poussière qui recouvrait l’étiquette, "Blind Joe Castlebridge and his Famous Hokum Boys".
Qui se souvient de ce bluesman ? En tout cas, le sang de JM63 n’a fait qu’un bond, et c’est à bras raccourcis qu’il a saisi la galette et a proposé à Madame XXX (nous l’appellerons ainsi pour respecter l’anonymat qu’elle a tenu à conserver par mesure bien compréhensible de sécurité) de lui racheter.
Car il faut vous dire que, de source autorisée dans les milieux sûrs, ce 78 tours a été retrouvé dans une ferme auvergnate, ce qui n’a pas fini de faire couler beaucoup d’encres dans les milieux sûrement autorisés. Déjà, JM63 veut faire accroire qu’il a fait cette découverte au marché aux puces de Vicksburg (Mississippi). Balivernes ! En tant qu’organe de presse (ce qui, répétons-le, n’est pas sans poser de problèmes à La Gazette de Greenwood), nous nous devons de rétablir la vérité.
Quand JM63 a demandé à Madame XXX pourquoi elle avait conservé ce disque dans la cabane au fond du jardin, elle lui a simplement répondu :
- ben dame, ce disque était pas terrible pour danser la bourrée... et par contre il était juste au bon diamètre pour boucher le trou.
Sans hésiter, JM63 a été au Castorama le plus proche pour acheter de quoi remplacer avantageusement le Vocalion, et il s’est précipité chez lui pour écouter sa découverte. Incroyable ! Le disque est en parfait état !
On entend distinctement la voix et le jeu de guitare picking du fameux Blind Joe Castlebridge, accompagné d’un fantastique harmoniciste dont on est en droit de se demander si il ne s’agit pas de Sonny Boy Williamson II lui-même !
Et encore plus incroyable, même si tout le monde sait que Castlebridge était un peu visionnaire, on ne peut qu’être interloqué par le texte prémonitoire de ce blues sans doutes enregistré vers la fin des années 30 : My Computer Aint Workin Any More . A n’en pas douter, les contemporains de cet enregistrement n’ont pas dû tout comprendre... A nous de rendre justice à Blind Joe Castlebridge en sachant apprécier la poésie du bluesman.

Ne ratez pas le prochain numéro de La Gazette de Greenwood où nous vous dirons tout sur cette incroyable histoire.

PS : de source autorisée, Steve LaVere serait déjà en train d’essayer de récupérer 50% des droits d’auteur en brandissant un papier signé de la main de Conchita Lopez, cousine par alliance à la mode de Bretagne de Castlebridge. L’affaire est devant le tribunal de Greenwood.

Droit de réponse:

Pour répondre au message de Monsieur Olivier,je tiens à porter à votre connaissance que je suis effectivement "l'inventeur" du 78t Vocalion en question et que je m'élève vigoureusement contre les insinuations malveillantes dudit Olivier selon lesquelles ce disque serait un faux.Il a effectivement été trouvé sur le marché aux puces de Vicksburg (Misissipi) en mai 1999 et non pas dans un village auvergnat (!!!) Le dossier est au demeurant entre les mains de mon avocat et nous envisageons de porter cette affaire devant les tribunaux pour diffamation .
On trouve en fait mention de cet artiste dans le "Blues and Gospel Records 1902-1943" de Dixon et Godrich (Storyville editions,1974).Il y est affirmé comme etant un chanteur guitariste,spécialiste du style Okum (blues à double sens paillard).
Si "my computer aint workin any mo'" n'est effectivement pas cité dans le Dixon et Godrich,on y trouve par contre:

"I wont send you no mo' e-mails" (monday,8 march 1937) Vocalion 14873

"let me put another lil' bit of ram in your main board" (same date) Vocalion 14874

"I wanna play with your mouse" (friday,22 august 1924) Okeh 1342

"Please dont warm too much my processor" (Thursday 25 september 1924) Okeh 1487

Il y est à chaque fois accompagné par les "famous Hockum Boys"(gt,hca,bs,wbd, unknown)

D'ailleurs,Gérard Herzaft écrit dans sa première édition de son "Encyclopédie du Blues":
"L'inspiration obsessionnelle et prémonitoire dont Blind Joe Castel Bridge a fait preuve dans ces enregistrements le place parmi les tous premiers compositeurs du blues urbain .Il est vraiment navrant qu'un artiste de cette stature n'ait pas pu enregistrer plus souvent."
Jacques Perrin a consacré en son temps un article très bien documenté sur Blind Joe dans le numéro d'automne 1977 de Soul Bag.
La découverte d'un nouveau et jusqu'à présent inconnu 78t de Blind Joe Castelbridge est d'une importance capitale pour l'histoire du blues,probablement aussi important que la découverte hypotétique du fameux 30° morceau de Robert Johnson!
Encore une fois,notre tristement connu "esprit persifleur français" a fait ricaner les ignorants comme cet Olivier! Mais nos amis américains ne s'y sont pas trompé,puisque Yazoo m'a déjà proposé une coquette somme pour intégrer ce blues dans leur futur album "The Best of Blind Joe CastleBridge, Blues in my little machine".
Voilà,il fallait que tout ceci soit dit pour que la vérité soit rétablie.

JM 63

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