La Gazette de GREENWOOD
n°24 (Octobre 2000 )

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Souvenir de vacances :
Slawek à Quiberon

Date: 20 septembre 2000
De: Pierrot Mercier <mississippi@wanadoo.fr>
(photos de l'auteur)

S'il y a bien un endroit ou je désespérais d'entendre du blues, c'est bien Quiberon. Surtout en août quand une faune imbécile s'agglutine sur la route, se vautre sur les plages et transpire dans les discothèques.

Pourtant, l'air du large (car nous sommes déjà loin en mer ne l'oublions pas) a ici quelques effets salutaires : il appelle à l'évasion. De fait, certains préfèrent s'éloigner des hordes homardesques et technoïdes pour rechercher des plaisirs plus sains. Quoi de meilleur en effet, le soir venu, que de se retrouver dans un endroit désuet, mais chaleureux, tel l'étonnante Cambuse de la place Hoche. Bric-à-brac impressionnant, collection frénétique de choses inclassables et d'objets incongrus, ce repère de joyeux drilles ne désemplit pas. Et, ce qui ne gâte rien, le tenancier sait agrémenter ses soirées de quelques prestations musicales bien décoiffantes.

Je m'étonnais donc pas d'y voir programmer un soir un bluesman des plus improbables : polonais de naissance et rennais d'adoption (ouh qu'ille-et-vilain diront les morbihannais), le gars Slawek n'y dépareillerait donc pas.

J'avais, en fidèle lecteur de La Gazette, un a priori favorable : je prie donc ma mie par le bras et nous y allâmes de bon pas.

Ayant évité tous les obstacles et les chausse-trappes nous réussîmes à nous caler d'abord au coin du bar. Après quelques instants de patience, munis des provisions indispensables, nous profitâmes du départ d'un groupe de spectateurs blasés (quoique balnéaires) pour nous faufiler jusqu'à un emplacement stratégique, juste devant l'espace réservé (en théorie) aux interprètes (les anciens du Mineschola de la rue Saint-Jacques ;-/ l'auraient trouvé exigu...). Ce confinement ne sembla pas gêner notre slave et ses acolytes, qui s'y trouvaient même à leur aise, en tout cas, littéralement, au contact du public. Une sonorisation rudimentaire fût donc tout à fait suffisante pour capter l'attention et entraîner les consommateurs.

Même si, certainement, à ce qu'on a écrit dans ces colonnes, une vraie salle de concert permettrait à ce groupe, et, surtout à son leader de s'exprimer pleinement, force est de reconnaître que le bonhomme su mettre l'assistance dans sa poche. Alternant les standards avec ses œuvres beaucoup plus personnelles (avec notamment des extraits de son dernier album "D'Est en Ouest"), prenant le temps de dialoguer avec le public, il a, mine de rien, et toujours dans la bonne humeur, glissé çà et là dans sa prestation de réels moments de grâce. J'hésite à parler de virtuosité car en aucun moment cela n'a donné une impression d'effort ou de prétention. Ces compères n'étaient pas en reste, tant Christian à l'harmonica ou aux percussions (et parfois les deux en même temps) que l'efficace et discret bassiste qui ne m'en voudra pas, j'espère, d'avoir oublié de noter son prénom.

La soirée s'avançait et l'ambiance devenant plus qu'ébouriffée, nous avons laissé les spectateurs reprendre les refrains en français, en anglais ou, sur la fin, en polonais (de mémoire : hé hé héhéhé) et nous sommes sortis respirer l'air du large.

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Beersel Blues Rock Festival

Date: Mercredi 20 Septembre 2000
De: Didier "don't forget to boogie" <dvandenbranden@swing.be>

Samedi 9 Septembre 2000, c'est déroulé le Beersel Blues Rock Festival. Il s'agit de la 2ème ou 3ème édition (c'est la première fois que j'y assistais).

Le décor- dans le parc du château de Beersel, château moyenâgeux, très impressionnant avec ses 3 tours crénelées. Bref, les fantômes du lieu ont dû se poser des questions quant au genre de musique sortant du chapiteau planté à quelques mètres du donjon...

Le programme proposait l'affiche suivante :

  • Re-Love (B)
  • Blues Lee (B)
  • Last Call (B)
  • Howard and the White Boys (USA)
  • RJ Mischo + BB & the Blues Shacks (USA)
  • The Blues Band (UK)

Re-Love

Petit groupe du coin mélangeant le rock, la pop, bien sympa, mais où est le blues dans tout ça??

Blues Lee

Ah!! Comment vous décrire la véritable jubilation avec laquelle ils nous l'ont jouée?? Impossible.

Originaire du Limbourg (Flandre), ils existent depuis'95. Ils ont ouvert, en 97 le festival de Peer (les y as-tu vu Jocelyn??). Swing, jump, R&B, des histoires racontées au milieu de morceaux, des poursuites entre le chanteur et le guitariste parmi le public, un véritable show. Allez jeter un coup d'oeil et d'oreille (rien que l'intro. avec les Spice girls et les coups de fusil valent la visite) sur leur site pour juger du style de ces fous furieux (http://jump.to/blueslee).

Ben " Lamb " Lambrechts au chant (quel feeling... et une bouche à la Jerry Lee Lewis), Yves " mr Boz " Bosmans (batterie) et Steven " mr White " De Wit (basse et contrebasse) assure une rythmique sans faille (le groove ... ), Jan Catchy " Corthouts (guitare rythmique) lie la sauce Blues Lee et Karel " Helix " Phlix (guitare solo) joue aux questions réponses avec Ben Lamb. Rien qu'un titre des morceaux joués ce samedi: " She wrote a bye bye letter with my name spelled wrong "... qu'en dites-vous??

Last Call

Un mélange de boogie, de New-Orleans, de swing, de zydeco, ajouté à un réel plaisir d'être là, l'impression qu'ils jouaient comme si c'était leur dernière prestation, ... bref, un superbe moment après les délires de Blues Lee.

Je ne sait pas si certains d'entre-vous les connaissent, ils ont déjà " fait " en Belgique le Peer, Handzame, Tamines, en Hollande, Utrecht, Rotterdam, ... et existent, si je ne m'abuse depuis 7 ans. Je ne pense pas qu'ils aient déjà visité le salles de concert ou festivals de France. Ceci étant dit, ils ont été les invités de l'émission " America " sur les ondes de la RTBF et je peux vous dire que, là aussi, leur prestation fut superbe (j'avais envie de dire jubilatoire, mais d'abord je me répète, et ensuite, ça ne concerne que moi) tant leur musique semble spontanée, évidente, et surtout jouée avec un enthousiasme heureux (ça ce dit ça?? En tous les cas ce sont les mots qui me viennent à l'esprit pour essayer de vous décrire le plaisir que j'en ai retiré). A l'instar de Blues Lee, ils sont doués de beaucoup d'humour et Henk qualifié sur le site (http://www.last-call.net/) du groupe de'prima ballerina on speed' (!! C'est vrai qu'il n'arrête pas de faire bouger son corps de façon très gracieuse) raconte souvent de petites anecdotes en guise d'introduction aux morceaux.

Henk Van der Sypt - vocaux/diatonic accordéon/rubboard and harmonica- Luke Alexander - guitare; René Stock- contrebasse et basse électrique, Dynamite " Steve Wouters - batterie.

Howard and the White Boys

Eux sont arrivés peinards, pas pressés. Ils ont commencés leur set doucement pour le terminer sur les chapeaux de roues. Howard McCullum au milieu, Dan Bellini, à sa gauche, Giles Corey à sa droite et Jim Christopulos derrière, le concert n'a réellement décollé qu'au moment où ils ont entamés Hoochie Coochie Man. Ils ont enchaînés ensuite plusieurs compo. de leur dernier cd devant un public un peu plus attentif. A suivi un bel hommage à Buddy Guy et une version étrange du Sex Machine de James Brown au cours desquels Dan Bellini et Giles Corey nous ont tour à tour offert de merveilleux moments de guitare et d'harmonica. Un bon concert, un peu trop professionnel à mon goût. Ceci étant dit, je m'en vais de ce pas écouter leur cd.

RJ Mischo + BB & the Blues Shacks

Jusqu'à ce jour, Pour moi, RJ Mischo et encore plus les BB & the Blues Shacks m'étaient totalement inconnus. Le show a débuté avec les BB & the Blues Shacks et ensuite, à l'américaine, RJ Mischo est venu s'y ajouter. La fatigue ne m'a, sans doute, pas permis d'apprécier le set à sa juste valeur (miam miam et glou glou + petit break sur la pelouse, devant les douves du château, son calme, ses cygnes, ... ). A par ça, la prestation de BB et RJ Mischo à l'harmonica fut vraiment impressionnante (le guitariste n'était pas mal non plus et la rythmique assurait ... ).

The Blues Band

Les papys (par rapport aux petits jeunots des groupes précédent à l'exception de RJ Mischo) sont arrivés sur scènes avec nonchalance, on imaginait un petit concert pépère, ... et vlan!! Ils nous envoient, l'air de rien, toute la sauce avec une version tueuse de " Dust my broom ". Sur le cul... Qui les connaît?? J'ai été sur leur site web (http:/www.thebluesband.co.uk/) où j'ai pu visionner quelques extraits vidéo d'un concert en Pologne avec une foule en délire et tout et tout... Eux sont là sur scène, très calmes, donnant tout ce qu'ils peuvent, mais à la british quoi, self control. Le Paul Jones, est-ce celui du British blues boom??

Pour en revenir à Beersel, ils nous ont joué une magnifique version de Georgia de Ray Charles (P. Jones, quelle voix) et ont terminé avec un émouvant hommage à Curtis Mayfield. De quoi retourner à la maison avec de beaux souvenirs dans les oreilles et une envie folle de les revoir sur scène (ou en cd).

Une superbe édition de ce Blues Rock Beersel Fes. Vivement l'année prochaine.

Didier don't forget to boogie.

 

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Satan & Adam
le Blues de Harlem

C'est Christian Tezenas, harmoniciste de Slawek, qui m'a prêté le disque Harlem Blues en me disant : "tu devrais aimer". Il a acheté ce disque à l'occasion d'un voyage aux USA, sur la bonne gueule de la pochette... et il n'a pas été déçu. Moi non plus ! Le ramage se rapporte largement au plumage!

Date: 23 septembre 2000
De: Uncle Lee <latailla@club-internet.fr>

- Bonjour, je m'appelle Adam...
- Hi Man... Moi, c'est Satan.

Ce dialogue surréaliste (et fictif) n'est pas extrait du sermon d'un prêcheur baptiste mais retranscrit peut-être les premiers mots échangés un jour dans une rue de Harlem, entre Adam Gussow et un certain Mister Satan. Dialogue entre un jeune blanc féru d'harmonica et un noir-américain, guitariste de rue et philosophe à la dimension shakespearienne.
A priori, pas grand chose ne prédisposait à cette rencontre qui devait aboutir sur une grande amitié entre les deux hommes qui se découvrirent un amour commun pour la même musique : le Blues.

Adam Gussow, le blanc, né en 1958 et diplômé universitaire (NYC) en littérature, journaliste ayant écrit pour Boston Review et Wall Street Journal entre autres, a tout laissé tomber un beau jour (à 27 ans) pour se consacrer au blues, et plus particulièrement à l'harmonica. II suivit alors son maître es-harmonica en la personne de Nat Riddle qui lui fit découvrir le petit monde des harmonicistes New-Yorkais, jusqu'au jour où celui-ci décéda (1985), laissant Adam brusquement sans mentor.

Mister Satan, lui, est né en 1936 au Mississippi sous le nom de Sterling Magee et a grandi en Floride où il apprit à jouer de son premier instrument de musique, le piano, qu'il pratiqua dans les églises baptistes. Dans les années 60 il devient guitariste de studio, et on peut l'entendre sur des enregistrements de vedettes telles que James Brown, King Curtis ou George Benson. Au début des années 80, on le retrouve musicien de rue, et c'est en 1986 qu'eût lieu la première rencontre entre Adam et Satan, non pas à un carrefour du Mississippi mais sur le trottoir de la 125ème rue à Harlem où Mister Satan ("Soapbox Preacher" et "Environmental Philosopher") chantait son blues brut de fonderie en s'accompagnant d'une guitare électrique déglinguée et en assurant lui-même la section rythmique au moyen de cymbales, tambourins et autres maracas en plastique ou planche en bois bricolée.

Mister Satan dût apparaître aux yeux d'Adam comme une sorte de réincarnation de Robert Johnson et Muddy Waters réunis qui auraient décidé de squatter le corps de cet homme pour faire un boeuf (on n'a pas idée non plus de se faire appeler Satan!).
En dépit du gouffre culturel et de la différence d'âge, les deux musiciens devinrent vite amis et formèrent alors le duo "Satan And Adam", musiciens de rue et tenants d'un blues pur et dur. Et on sent bien en les écoutant que ce n'est là un effet de style, mais bel et bien la musique qu'ils ont dans la peau.

Ils ont été découverts par le label Flying Fish Records qui leur a permis d'enregistrer trois disques en 1991, 1993 et 1996. Je n'ai écouté que le premier (Harlem Blues), mais si les deux autres sont de la même veine, je peux vous jurer que nous avons là de véritables génies du blues ! Ce disque vous plonge sans fioritures au plus profond du blues. Il y a le blues des champs (le country-blues), Satan et Adam sont les tenants du blues des rues... Comme il est écrit dans une des rares chroniques trouvée sur le web : " il ne manque plus que le bruit du métro en fond sonore " !
Il y a bien sûr la guitare de Mister Satan, plaquant des accords bien gras où il faut ou prenant des soli qui feront décrocher la mâchoire aux auditeurs les plus sceptiques (Don't Get Around Much Any More, par exemple). Et sa voix... on sent bien que c'est une voix habituée à hurler pour se faire entendre dans la rue ! Rauque, éraillée... ça n'est pas bien d'abuser de l'alcool et du tabac, mais ça vous donne une voix tellement blues ! Côté rythmique, on a peine à croire que c'est le chanteur-guitariste qui assure également cette partie. Cymbales, maracas, planche de bois : comme à Harlem! Il est clair que l'omniprésence de ces instruments marquent le style Satan and Adam.
Quant à Adam, il accompagne l'homme-orchestre à l'harmonica avec une maîtrise impressionnante! Pas besoin d'être un spécialiste de cet instrument pour comprendre qu'il en connaît tous les secrets. Assurément Adam Gussow est à placer aux côtés des plus grands du genre. Un instrumental de sa composition (Sunshine In The Shade) nous montre d'ailleurs de quelle créativité il est capable, et on l'entend également chanter un Sweet Home Chicago (crédité à Roosevelt Sykes) des plus enlevés.

Avec trois disques salués par la critique, la renommée du duo commença sérieusement à grandir aux Etats-Unis, et ils jouèrent de plus en plus dans des clubs ou festivals. Satan quitta Harlem en 1996 pour aller vivre en Virginie, n'hésitant pas à faire toutes les semaines les 470 miles qui le séparaient de New-York pour y jouer. Mais un bien triste jour d'Avril 1998, Miss Macie (la compagne de Satan) téléphona à Adam : Mister Satan ne viendra pas au concert prévu le soir même... Adam avait bien remarqué, lors du précédent gig que son ami ne semblait pas dans son assiette, amaigri et las, oubliant parfois les paroles de ses chansons... "Ne m'appelle plus Mister Satan, mais Sterling" furent les premiers mots de Satan quand Adam réussit à le joindre par téléphone dans l'hôpital psychiatrique où il avait échoué. Douze ans de duo et de complicité s'écroulaient soudainement...
Mais peu après, Satan retourna chez Miss Macie et sembla aller de mieux en mieux, participant même à des gigs locaux et rejouant une fois avec Adam, lui laissant l'espoir d'un retour possible : " I'm back to Mister Satan " lui annonça-t-il.
C'était début 1999 et Adam y crût si fort qu'il trouva des dates à New-York, persuadé que c'était reparti ! Mais au dernier moment, il dût à nouveau tout annuler... Satan était retourné en hôpital, d'où il ne ressortit que deux mois plus tard pour aller vivre chez sa vieille mère à Saint-Petersburg (Floride). "He's back with Jesus now..." annonça la soeur de Sterling à sa sortie de l'hôpital...

Adam Gussow à l'harmonica...
avec Jean-Michel Borello à la guitare!
Aujourd'hui, tout contact semble rompu entre Satan et Adam, qui ne sait même pas où le joindre pour lui faire parvenir les royalties de leurs disques. L'histoire n'est peut-être pas finie, Satan reprendra peut-être un jour sa guitare... Si ça pouvait le décider à rejouer, puisqu'il a changé de philosophie, on pourrait même l'appeler " Reverend Mister Satan!
Adam Gussow a écrit un livre (que je n'ai pas encore lu) sur son apprentissage du blues auprès de Satan, livre qu'il a écrit avant la rupture du duo. J'ai écrit cette chronique à partir d'informations trouvées sur internet et d'un article d'Adam Gussow paru dans "Blues Acces", hiver 1999. Depuis cette date, plus de nouvelles du duo, ce qui semble malheureusement confirmer qu'il ne s'est pas reformé. Affaire à suivre...

Disques:
Harlem Blues, Flying Fish, 1991
Mother Mojo, Flying Fish, 1993
Living On The River, Flying Fish, 1996
Livre:
Mister Satan's Apprentice, 416 p, Adam Gussow

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Thierry Hau & the Hoodoo Men: "blues"

Date: 29 Septembre 2000
De: Docteur Blues <jtravers@europost.org>

Thyerry Hau & The Hoodoomen C'est avec un plaisir non dissimulé, que j'ai l'honneur (régionaliste) de vous présenter le premier CD 4 titres autoproduit des Hoodoo Men. Un groupe originaire de Caen (14), patrie égalemenent de Thierry Anquetil, que je considére comme l'un des guitaristes/chanteurs de Blues les plus racés de l'Hexagone). Cette parenthèse chauvine mise à part, Thierry Hau au chant et à l'harmonica est sans nul doute le petit frère de Kim Wilson... Thierry fait preuve d'une grande maîtrise de l'instrument et arriverai presque à dissimuler son accent frenchy aux vocaux. Après avoir disséqué le style Texan des Fabulous T-Birds, Thierry et l'ensemble du groupe semblent aujourd'hui s'orienter avec bonheur, vers l'harp-jump-blues-school californienne.
Je pense que l'éloignement des reprises (copier/coller) des texans ne peut être que bénéfique pour l'émancipation du groupe. Ainsi, on retrouve sur le Cd, 2 titres de l'harmoniciste Johnny Dyer : "Shake it" et "Big Leg Woman" et 1 titre de James Hartman (?) "Darlin" et le titre du pianiste Willie Love (pianiste de Memphis que l'on peut écouter sur les premiers enregistrements de Little Milton) "Automatic" qui introduit très chaudement l'album.
Que dire également de Pascal Fouquet, le guitariste, pour l'avoir vu et entendu à plusieurs reprises, cet homme est une fine gachette (comme on dit T'che nous aut' ) et a un don évident pour la six cordes, je pense qu'il égale les meilleurs Français du genre... Oui, on se pâme (à raison) devant Frank Ash, mais si Travel in Blues avait la bonne idée d'inviter les Hoodoomen pour un de leurs célèbres Boeufs, je suis sûr que l'on parlerai beaucoup de Pascal Fouquet dans les colones de la Gazette de Greenwood... et de Travel bien sûr ! Pascal et le reste du groupe méritent une reconnaissance nationale. Pour l'instant, ils tournent régulièrement dans le quart Nord-Ouest de la France, ne cherchez pas, c'est là où il pleut souvent sur la carte Météo ! Alors, comment voulez-vous qu'on ne joue pas bien le blues dans cette région ?!!!).
Ce sont les frères Bernard et Francis Marie qui assurent la rythmique et ce sans une faiblesse, sans une faille, une rythmique carrée comme un Caterpillar qui aurait appris à danser le jump. Les deux gars Marie, au vue du dossier de presse, commencent à avoir une solide expérience. Je note au passage que Bernard, le bassiste peut également se transformer en un excellent guitariste acoustique du duo "Cat Fish".
Ah ! j'allais oublier de vous parler de la qualité de l'enregistrement et saluer le travail du studio "La Chaumière" qui a su retranscrire parfaitement la spontanéité du groupe. Le traitement analogique et le choix des micros, ne sont sans doute pas étrangers à l'affaire. Le seul bémol est la pochette du CD qui n'est pas géniale, on aurait peut-être pu préter plus d'attention à l'emballage de cet enregistrement soigné. Oui, aujourd'hui, il faut être bon musicien, bon technicien son, être doué pour les relations publics et par dessus le marché bon graphiste ou bon photographe. (tiens ! ça me fait penser à Swampini tout ça)
Quatre titres, c'est trop court heureusement que nous avons la touche replay sur les platines cd... On attend donc les Hoodoomen sur scène et je l'espère un Cd plus conséquent la prochaine fois qui confirmera ce premier essai prometteur.

Référence: Thierry Hau & the Hoodoo Men, "BLUES" - R66 autoproduit
Contact : Production d'Activités Musicales, 141, rue Branville, 14000 Caen / tel: 02 31 82 39 58

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Enfin la vérité!
Robert Johnson avait-il 35 doigts à la main gauche?

C'est Jean-Pierre "lbop" Bourgeois, à l'approche toujours très scientifique, qui a soulevé cette hypothèse:
Robert Johnson devait avoir 35 doigts à la main gauche.
Cela a provoqué une mini-tempête dans le milieu blues de Greenwood, jusqu'à ce que Tonio "Crocos" nous apporte un document historique nous donnant l'explication:


Robert Johnson (dessin de Tonio 'Crocos')

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le festival d' Handzame 2000

Date: DImanche 1er Octobre 2000
De: Jocelyn Richez <jrichez@hotmail.com>
(photos de l'auteur)

Enrico Crivellaro et Jocelyn Rochez

L’édition 2000 (Samedi 23 septembre 2000) du festival d’Handzame a tenu toutes ses promesses (ou presque) avec une organisation bien rodée, des horaires respectés, un temps estival (il faisait même franchement chaud sous le chapiteau), une excellente programmation et de gros temps forts (Janiva Magness notamment), des guitaristes exceptionnels (Enrico Crivellaro, Alex Schultz et Otis Grand) et un bœuf final époustouflant histoire de conclure en beauté. Le festival débutait dès 14h00 avec le groupe belge Hideaway mais comme je suis arrivé juste pour les 30 dernières secondes du rappel, il m’est impossible émettre un jugement. Je précise quand même qu’Hideaway constitue depuis une bonne décennie l’un des groupes références du blues belge.

Shawn Pittman

C’est ensuite le Texan Shawn Pittman qui montait sur scène. Pour sa première tournée européenne, le jeune guitar hero au look de cow boy a fait assez bonne impression. Plus inspiré par Anson Funderburgh que par Stevie Ray Vaughan, il a fourni un set carré (peut être trop), bien secondé par Johnny Moeller à la guitare rythmique. Le jeu de guitare de Shawn Pittman est assez classique (son clair), il est apparu plus à son aise dans les blues lents que dans des morceaux plus funky. On lui reprochera un manque de charisme, de communication avec le public. Il est apparu stressé, il est fort probable qu’il n’ait pas l’habitude de jouer dans ce genre de festivals, devant autant de monde.

C’est ensuite un groupe suédois, les Bluebirds qui est programmé. Très inspirés par les années 50, ils affichent un look rock & roll avec cheveux gominés. Le chanteur guitariste Patric Carlsson, petit gabarit tout de noir vêtu avait des faux airs de Franck Ash (en droitier). Les bluebirds ont fait bonne impression avec leur blues sophistiqué très agréable à écouter. A l’image de Shawn Pittman qui les avait précédé, ils ont enchainés les morceaux sans faire de break, sans communiquer avec le public. Mais ce groupe très swinguant démontré que des groupes européens avait bien leur place dans ces gros festivals de blues. Christian Dozzler à Eccaussines et Bo Weavil à Peer avaient déjà ouvert la voie.

Janiva Magness

Allait suivre le point culminant du festival avec le blues West Coast de Janiva Magness, la reine du festival, accompagnée de son mari Jeff Turmes à la basse (que j’avais déjà vu avec James Harman) et un jeune guitariste italien exceptionnel que l’on annonçait comme l’égal d’Alex Schultz ou Rick Holstrom. Autant dire qu’Enrico Crivellaro a non seulement justifié cette réputation mais il est aussi apparu comme le guitariste le plus flamboyant du festival. Enrico Crivellaro Chacun de ses plans fut un véritable régal. Dire que ce type n’a que 25 ans ! Il se place en leader de la nouvelle génération de guitaristes West Coast avec Rusty Zinn et Marco Fiume. A ses côtés, la charmante Janiva Magness est apparue très à l’aise sur scène, une chanteuse brillante dotée d’une belle voix puissante. Jeff Turmes s’est montré impeccable à la basse sans en faire de trop chantant même quelques titres dont une superbe version de "Happy Hour" alors que Janiva Magness assurait les percussions avec son rubboard. Le sommet du concert fut une longue version du "Mojo Boogie" de JB Lenoir absolument irrésistible ! Une heure de bonheur, le pied intégral, le public belge très connaisseur ne s’y est pas trompé, faisant un triomphe au Janiva Magness Band. Indiscutablement, ce fut l’un des 2 meilleurs concerts auxquels j’ai eu la chance d’assister cette année avec le show de Candy Kane & the swinging armadillos (comprenant Marco Fiume et Liza Ottey) à Peer.

Difficile d’enchaîner après une telle prestation et c’est le chanteur (et occasionnellement harmoniciste) Tad Robinson accompagné d’Alex Schultz qui se présentait pour relever ce défi. Alex Schultz Quel joie de revoir Alex Schultz (pour moi la 4ème fois en moins d’un an) ! Par contre, quel dommage que ce soit avec Tad Robinson au chant. Non pas que Tad Robinson soit un mauvais chanteur (bien au contraire) mais son répertoire soul ne m’accroche pas du tout, un goût semble t-il partagé avec le public d’Handzame. Malgré ce contexte, Alex Schultz (qui est une grosse vedette en Belgique depuis l’époque Mighty Flyers) a parfaitement tiré son épingle du jeu, chacun de ses solos étant toujours de pures merveilles.

Dommage qu’il n’ait pu s’exprimer dans le style West Coast qu’il maîtrise si bien. J’aurais bien aimé voir un bœuf avec Alex Schultz et Enrico Crivellaro…

Pour le set suivant, le californien Troy Turner, initialement prévu fut remplacé par le guitariste Bobby Parker originaire de Lafayette en Louisiane, dont les tournées européennes sont plutôt rares. Il était donc attendu avec impatience surtout que ces CD sur Black Top sont de bonne qualité, mais autant l’avouer, Bobby Parker fut la déception de ce festival. Il nous a balancé des cascades de notes avec un son de guitare métallique et saturé. Ses solos interminables et mais manquant d’intensité et de feeling se sont rapidement révélés monotones. Sans doute est il plus à l’aise en studio que sur scène. Au niveau du look, il est assez étonnant avec une coupe de cheveux volumineuse et une barbe courte qui lui donnent un côté animal, associé à une tenue de scène voyante entièrement rouge (costume, chemise et chaussures).

Otis Grand

Enfin, la tête d’affiche du festival était l’immense Otis Grand (accompagné du chanteur Brother Roy Oakley) que je voyais pour la 7ème fois et je ne m’en lasse pas. D’entrée, il a promis du "real blues" et il a tenu parole. L’influence de BB King est de plus en plus visible: si elle était déjà évidente au niveau du jeu de guitare, elle est de plus en plus manifeste au niveau des mimiques; son visage est de plus en plus expressif traduisant parfaitement l’intensité de sa musique. Son show est parfaitement réglé avec un numéro spectaculaire et apprécié où il présente des invités virtuels (Buddy Guy, BB King, Albert King, Stevie Ray Vaughan, Robert Cray, T Bone Walker) et à chaque fois, il se lance dans un solo dans le style de l’invité. Ce n’est pas le premier à le faire mais l’effet fut parfaitement réussi.

La soirée s’est terminée par un bœuf époustouflant avec Alex Schultz (un boogie et un blues lent). Je l’avais un peu senti venir en les voyant discuter avant l’entrée sur scène d’Otis Grand. La complicité entre Otis Grand et Alex Schultz fut parfaite et le bonheur évident qu’ils ont pris à boeuffer était réellement communicatif. Bobby Parker rhabillé en tenue de ville est ensuite venu les rejoindre, prenant le chant et jouant en slide, redorant aussi son blason. Il ne manquait plus qu’ Enrico Crivellaro pour compléter cette magnifique brochette de guitaristes. Cette dernière demi-heure valait presque à elle seule le déplacement.

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le weissenborn
de Claude Langlois

Claude Langlois (photo Jocelyn Richez)
Claude Langlois (au Bottleneck, photo Jocelyn Richez)

Question de Tof "Ridin' On" posée sur la liste de diffusion LGDG, après l'explosif boeuf organisé par Travel In Blues à "la Scène" le 26 septembre:

Je me demandais qui était exactement le guitariste qui jouait sur sa guitare comme un lapsteel ? Ce n'est pas lui, Langlois, si ? [ NDLR: si ] Je ne les connaissais pas avant... Sa guitare est homemade ou quoi? parce qu'elle est superbe... les spécialistes m'éclaireront sur ce sujet !

La réponse ne s'est pas faite attendre:

Date: 28 septembre 2000
De: Johnny Guitar <psguitar@club-internet.fr>

Christophe Godel s'est interrogé sur le Weissenborn de Claude Langlois voici quelques info récupérées chez François Charle et George Gruhn et remixées par votre serviteur.

C'est la musique hawaïenne très en vogue au tout début du 20e siècle qui donna naissance à toutes les techniques de slide connues aujourd'hui. Le regain d'intérêt pour cette technique a fait ressortir depuis quelques temps les instruments utilisés et bien sûr la fameuse guitare hawaïenne. On a d' abord découvert les Dobros de la musique country et les guitares National utilisées par les bluesmen. Les premiers modèles National tricônes à manche carré étaient destinés à la musique venue de HawaÏ. C'est aujourd'hui le tour des véritables guitares hawaïennes «en bois» et notamment les fameuses Weissenborn.

C'est certainement le chanteur Ben Harper qui les fit récemment découvrir au grand public. Elles sont utilisées par des artistes comme Ry Cooder , Bob Brozman , Jerry Douglas, Claude Langlois et depuis plus longtemps par David Lindley.

D'origine norvégienne Knutsen a quarante ans en 1900 et fabrique des guitares harpes. Il s'est installé sur la côte ouest des Etats-Unis et voit déferler la mode de la musique hawaïenne. La demande pour ces nouvelles guitares qu'on joue à plat est très grande et Knutsen sait y répondre. Il est ensuite, à partir des années 1910, à l'origine de nombreuses guitares comme celles qui portent les marques Hilo et Kona. Ces guitares se caractérisent par leur extrème légèreté. La construction est toujours sobre mais soignée. La caisse, qui est en acajou ou en koa, se prolonge sous le manche augmentant ainsi le volume de celle ci, ce qui a pour effet de privilégier les basses qui sont toujours impressionnantes sur ces guitares. Les guitares Weissenborn se déclinent en quatre style (1,2,3,4) comme les guitares National, ce qui correspond comme toujours à des degrès de finitions différents.

Le père reconnu de la steel guitar est le guitariste Hawaien Joseph Kekuku. C'est lui qui en tous les cas a posé les bases du style hawaien reconnaissable entre mille. La légende (encore une!) , raconte que agé de 11 ans et se promenant le long d'une voie ferrée, il utilsa un clou (ou tire fond) de fixation des rails et le premier fer à guitare était né. Il faut noter que le mot Steel désigne toujours dans le terme "steel guitar ", l'objet en fer qui est glissé sur les cordes ; ne pas faire l'erreur steel guitar = guitare en fer. Un coup d'oeil au catalogue Grossman de 1935 montre une pleine page de ces "fers" de formes diverses et variées. De la simple lime, au bottleneck plus connu en passant par le "Stevens", qui est le fer préféré des joueurs de dobro bluegrass, et dont se sert Claude Langlois habituellement. A l'inverse du bottleneck, ou l'on passe un doigt (en général l'annulaire par commodité pour laisser libre les autres doigts), le Stevens se pose sur les cordes, et est maintenu par les doigts à l'aide de rainures débordantes de chaque coté. Il va s'en dire que la guitare doit être impérativement tenu à plat pour se servir d'un Stevens.
Les joueurs de pedal steel guitar jouent eux de préférence avec un fer dénommé "Bullet" en raison de sa forme rappelant un projectile. Imaginez un gros bottleneck en fer fermé par un bout arrondi.

Pour finir, le Weissenborn s'accorde en général en Open Tuning soit de Sol, ou de Ré, ou de La. Pour sonner très Hawai, essayez l'open de Sol 6: D/G/D/G/B/E

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La phonothèque de Grenwood :
John Mooney "Gone to Hell"

De: Pierrot Mercier <mississippi@wanadoo.fr>

Le piège du mois : le genre de pochette qui fait peur...
Quand Olivier me l'a remis en mains propres (nous allions passer à table), il l'a prudemment accompagné de l'affirmation : " Il y a du slide : ça va te plaire ! "

Un peu, mon neveu (?-) que ça me plaît !

La pochette est évidemment un joyeux canular : pas le moindre soupçon de hardos/craignos ici . J'avais trouvé tout de suite qu'il y avait du Taj Mahal là-dedans et, à la réécoute, je confirme : le quatrième titre "Dry Spell Blues" (de Son House) sonne vraiment comme sur "De Ole Folks at Home" qu'il faudra que je ressorte un jour. Evidemment c'est du (vieux) vinyle et je n'ai pas le temps ce soir de vérifier si mes vaccins sont à jour mais c'est promis, je vous en cause bientôt.

Ce disque pourrait vous faire penser aussi à Ry Cooder, fort logiquement, pour les parties de slide électrique, et, plus généralement pour la décontraction qui en émane.

La visite du site Blind Pig Records est assez édifiante pour ceux qui, comme moi, ne connaissaient pas du tout le bonhomme Mooney. On y découvre un garçon qui, né en 1955 dans le New Jersey, a commencé sa carrière très jeune, a joué dans les cafés à douze ans. A seize ans, alors qu'il vivait encore à NewYork, John est devenu un ami et un partenaire de Son House. Il s'est ensuite installé à la Nouvelle-Orléans. Je ne vais pas vous traduire ici sa biographie complète que je vous conseille vivement d'aller lire.

Attention : la pochette n'est pas entièrement truquée : il y a vraiment de la Stratocaster ici, notamment pour le très hendrixien "Funky Arkansas", composition de John, comme la plupart des titres.

Professor Longhair, autre influence majeure, n'est pas cité explicitement mais la présence au clavier de Dr John renforce l'impression de chaleur toute louisianaise de cet album.

En résumé : un mélange savoureux, bourré de bonne humeur et dont on ne se lasse pas. Je crois bien que je vais me mettre à la recherche de ses autres albums pour ranger avec mes Ry Cooder.

John Mooney "Gone to Hell"
Blind Pig Records BPCD5063 / SOCADISC

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le collector du mois:
Led Zeppelin's Sources

Date: 24 septembre 2000
De: Pierrot Mercier <mississippi@wanadoo.fr>

Led Zep Sources Je n'ai même pas honte de le dire : sans le plus minuscule scrupule, j'ai copié froidement un CD introuvable : "Led Zeppelin's Sources" On avait tendance à l'oublier: Led Zep fût un des premiers groupes de heavy blues sinon le seul. Je profite d'ailleurs de l'occasion pour remercier mon colègue et néanmoins ami Lionel , fan, envers et contre tout, depuis... pas toujours (car il est beaucoup plus jeune que moi) mais presque, qui a dégotté cette rareté et qui a été assez bon pour de me la confier quelque temps.
Or, donc, que je vous présente la chose : cette compilation, réalisée par la Scandinavian Blues Association (Stockholm) et publiée chez Jefferson sous la référence ROSACD 52, présente 20 pièces essentielles d'Howling'Wolf , Willie Dixon, Elmore James, Robert Johnson (?-), Kokomo Arnold, Fred Mc Dowell, Bukka White...
Ces morceaux seraient à l'origine de quelques grands succés du dirigeable de plomb. Le jeu est bien sur d'écouter successivement la source d'inspiration et, tout de suite après, le résultat. Mais on peut parfaitement se contenter des seuls originaux, cela fait une compilation sympa, à déguster à toute heure (je ne me lasse pas de Bukka White et/ou Kokomo Arnold, par exemple, que je connais d'ailleurs seulement par d'autres compîlations)
Le CD est accompagné d'un livret copieux, surement passionnant pour qui comprend le suédois... Je n'ai pas, pour l'instant, usé mon scanner à le reproduire mais si quelqu'un de la liste maitrise l'idiome scandinave ou connait quelqu'un qui...

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La Gueule de Blues du mois:

Memphis Minnie



Memphis Minnie

peinture de Denis Gérablie

"Comme un musicien sur un thème, j'ai composé cette série de portraits, de personnages charismatiques du blues, en improvisant au hasard de mon inspiration. Comme un voyage, les toiles nous transportent tantôt avec Big Bill Broonzy, la nuit dans un quartier louche de Chicago, dans un bar avec Roosevelt Sykes, ou avec Son House chantant seul sur une route de campagne."


Retrouvez les Gueules de Blues sur http://www.argyro.net/amap/gueules.html

contacter Denis Gérablie: 01 42 77 80 51

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Trouver un Open-Tuning...

Question posée sur la liste de diffusion LGDG@egroups.com:
quel open-tunning utilise Gwyn Ashton
dans son album "Wanted Man" ?


La réponse de Bruno Whap Droux Whap <bdroux@wanadoo.fr>> :

Question préalable : utilise-t-il le même open-tuning sur tous les morceaux de l'album ? Même si c'est un album live (je ne connais ni "Wanted man" ni Gwyn Ashton...(gasp)...), on peut facilement changer de guitare entre chaque morceau.
Pour trouver un open-tuning à l'oreille, y a trois choses à chercher:

1) D'abord la tonalité du morceau. Déjà, quand on a un Blues (ou un morceau) en E, on va pas prendre un open-tuning en Eb ou en F. On va prendre un open tuning en E, c'est logique. Si le gars, c'est vraiment un vicelard, l'open-tuning, c'est p'têt celui du deuxième ou troisième accord (ou quatrième accord, mais je rappelle que dans le Blues, y a qu'trois accords ;-)) naan, j'déconne :-) ) Mais là ça s'rait vraiment un vicelard. Y en a très peu.
En gros un open-tuning, c'est un accord, alors on va s'arranger pour que ce soit le plus important (en musicalité, et en temps passé dessus), et ça c'est la définition de la tonalité du morceau.
Si y a d'autres accords dans le morceau, on va bouger l'bitoniau tout dur, et c'est l'principe du jeu...
Ensuite, on va s'arranger pour avoir une tonique dans les graves (1ere ou 2e corde grave) et une dans les aigus (1ere ou 2e corde aigüe), pour avoir un peu de stabilité et de liberté. C'est à croiser avec d'autres indices.

2) Les cordes à vide. Elles ont un son particulier, et elles sont souvent utilisées "par contraste" avec le jeu slide lui-même. c'est là qu'il faut les chopper. Une par une. Calmement. A croiser aussi avec d'autres indices.

3) Enfin, quand plusieurs notes résonnent ensemble dans le jeu (deux notes ou plus). Là, c'est très facile, l'intervalle ou l'accord entendu donne une partie de l'open-tuning, même, et surtout, quand on glisse dessus. En fait ça ne donne pas le nom "absolu" des notes (ex: E, A, C#) parce que ça bouge tout l'temps, ça donne leur nom "relatif" (même ex : 5te J, Tonique, 3ce M), qu'on retrouvera tel quel dans la tonalité de l'open-tuning, et donc généralement du morceau.

Normalement ça devrait suffire, mais si ça suffit pas, il faut chercher (et ensuite croiser avec les autres indices) deux notes qui "se jettent" l'une vers l'autre (ascendant ou descendant), spécialité du jeu en slide.
Ça, ça donne des intervalles "cordes à cordes" (3ce m, 3ce M, 4te J, 5te J), mais attention, des fois on peut sauter une corde (5te J, 6te m, 6te M, 7e m, 8ve,) ou deux (8ve, 9e J, 10e m, 10e M), etc...
Les intervalles donnés ici ne sont pas exhaustifs, mais ce sont les plus courants, tout simplement parce que généralement, l'open-tuning est un accord parfait Majeur (Tonique, 3ce Maj, 5te Juste) ou parfait mineur (Tonique, 3ce min, 5te Juste), avec des notes redondantes à droite à gauche. Mettre une septième ou un triton dans l'open-tuning est très très contraignant. 'Faut êt'e vraiment, vraiment, vraiment vicelard.

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