La Gazette de GREENWOOD
n°49 (Février 2003)

Tome 1:
 
Tome 2
  • Brass Bands: le retour!
  • Big Lucky Carter: Le Blues du Survivant
  • Blues in Belgium, Saint Nicolas aime le Blues: Swing Bee, Kind of Both
  • Indigo Swing
  • Démo & Merveille: Stincky Lou & the goon Mat
  • Hot Gang: Devil In Memphis
  • Dawn Tyler Watson: Ten Dollar Dress
  • Rubriqu'à Blues: Mississippi Heat, Charlie Christian, Amor, John Hammond, Chris Michie,
  • Exclusif! les 4ème J.R. Awards !
lire le Tome 2

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interview:

Otis Taylor : Acoustic Nu Bluz ?

date:
de: René Malines <renemalin@aol.com>

Mighty Mo Rodgers a appelé son blues Nu Bluz. On serait tenté d'appeler celui d'Otis Taylor : Acoustic Nu Bluz, tant son style semble une parfaite illustration de l'expression "faire du neuf avec du vieux". En effet, comme les vieux bluesmen du Mississippi, le bonhomme privilégie les titres sur un accord, longue mélopées hypnotiques, avec ce je ne sais quoi de plus moderne, qui charment ...ou qui agacent. Car il faut bien reconnaître que si son CD White African a su faire la quasi unanimité auprès de la presse spécialisée internationale, il a aussi ses détracteurs. La sortie de Respect The Dead,, son nouvel opus après When Negroes Walked The Earth et son second album cité plus haut, était l'occasion rêvée de rencontrer le personnage afin, si possible, de tirer les choses au clair. C'est donc par une pluvieuse soirée d'hiver que la Gazette de Greenwood a dépêché dans la Capitale son envoyé spécial simplement armé d'un magnétophone.
Et voici ce qui s'est dit....

Otis Taylor La Gazette De Greenwood : Sachant que vous avez 54 ans, et que Respect The Dead n'est que votre 3ème album(1), je vous poserai la même question que j'ai posée à Mighty Mo Rodgers ici même : …what took you so long ? (Qu'est-ce qui vous a pris si longtemps ?)

Otis Taylor : Ah oui. Ça, c'est vraiment bizarre, je sais. Quand j'avais 19 ans, j'ai signé avec Blue Horizon. Toutes sortes de rumeurs ont couru sur cette histoire, mais je tiens à ce qu'on sache que ce ne sont que des rumeurs. Disons que nous n'avons pas réussi à nous comprendre. Depuis, je n'ai plus essayé d'enregistrer, jusqu'à ce que Kenny Passarelli, mon producteur et mon bassiste, me dise : "Si tu ne le fais pas maintenant, tu ne le feras jamais". Quand j'étais jeune, j'étais le bluesman "in" dans ma région, mais je n'ai jamais enregistré. Plus tard j'ai abandonné la musique.

LGDG : Votre style était-il déjà le même à l'époque ?

OT : Légèrement différent. La base était la même. Il y a des choses qui ont changé, d'autres pas.

LGDG : Sinon, votre premier instrument était le banjo ? C'était par hasard ou c'est vraiment l'instrument qui vous a attiré ?

OT : Je voulais vraiment jouer du banjo, et j'ai beaucoup travaillé pour m'en payer un. Aujourd'hui, je suis sponsorisé par deux fabricants, OME, qui fait des banjos acoustiques, et Blue Star qui fait toutes sortes d'instruments dont des banjos électriques. Il y a même un banjo "signature" qui porte mon nom.

LGDG : Ce qui est surprenant dans vos disques, c'est qu'alors qu'aujourd'hui on entend des choses qui ont la forme du blues sans en être vraiment, chez vous, il y a vraiment cet esprit du blues en dépit de la forme.

OT : Le blues, c'est une attitude. Certains essaient de l'enfermer là où rien ne pousse. Mais c'est une attitude. Tant de gens restent fermés, pour tout et n'importe quoi.

LGDG : Bon nombre de vos titres ne comportent pas de changement d'accord, mais ils ont un côté hypnotique : ça vous prend, ça vous retient... C'est voulu ?

OT : C'est ce que j'essaie de faire. Bon, j'écris ce que j'écris, avec mes mots, ce sont mes chansons. Mais oui, je veux hypnotiser les gens.

LGDG : En écoutant Respect The Dead, j'ai trouvé un autre parallèle avec Mighty Mo Rodgers, particulièrement en ce qui concerne les sujets des morceaux. Il y est question des difficultés du peuple noir mais aussi de toutes sortes de petites gens qui luttent au quotidien....

Otis Taylor OT : Et ça, c'est pas le blues ? Est-ce que ce n'est pas hilarant d'avoir seulement à le dire ? Pas besoin de tenter de l'atteindre, on y est déjà ! Je trouve ça fascinant, ces musiciens qui "essaient" de jouer le blues. Il faudrait que quelqu'un aille leur dire : "Pourquoi vous ne jouez pas comme Otis Taylor ?" plutôt que le contraire. Tu devrais essayer un jour quand tu interviewes quelqu'un. Il te prendrait sans doute pour un fou. "Mais qu'est-ce que tu racontes ? T'aimes pas ma musique festive ? C'est quoi ton problème ?". Excuse-moi, continue.

LGDG : Dans vos chansons, vous parlez donc surtout de ce qui va mal...

OT : Oui, je suis bon pour ça. Les chansons heureuses, ça ne me vient pas. Que faire ? Cesser d'écrire ?

LGDG : Pourtant vous avez l'air plutôt bien dans votre peau !

OT : Je ne suis pas aussi malheureux que mes textes, non. J'ai l'air malheureux ?

LGDG : Non, pas du tout ! Mais les couvertures de vos albums, très sombres, contribuent à cette impression...

OT : Tu les trouve sombres ? Attends de voir celle du prochain (et il me montre le projet où l'on voit son portrait en gros plan, façon affiche de thriller, du genre à faire fuir Hannibal Lecter lui-même !) On dirait une carte de Noël, tu trouves pas ? La pub devrait en être un peu comme les notices de médicament, tu sais : "Prenez ce médicament en cas de ceci ou de cela. Si vous observez tel ou tel ou tel ou tel effet secondaire : appelez un médecin !". On devrait mettre un sticker sur mes albums, du genre Parental Advisory : "Si vous avez des tendances suicidaires : N'ACHETEZ PAS CE DISQUE !".

LGDG : Non, décidément, vous n'êtes pas un triste.

OT : Non, bien sûr, mais ce sont les choses qui me viennent, que je visualise.

LGDG : Et comment voyez-vous le monde, aujourd'hui ?

OT : Ah, je ne sais pas. Il faudrait couper cet élan. Mais à la base, je crois qu'il faut sourire. Comme les noirs dans les années 50. Sourire. Ne pas commencer à se plaindre. C'est un des pires moments de l'Histoire pour commencer à se plaindre.

LGDG : Laissons de côté vos textes un moment pour parler de l'aspect musical. C'est en quelque sorte nouveau, mais c'est une modernité basée sur le passé. Votre musique vient d'avant le blues même.

OT : Oui, elle vient d'Afrique. Il faut aller à la source. Aller chercher cette attitude à la source et la ramener. D'où crois-tu que Charley Patton ou Son House tenaient leur inspiration ? Ils se tenaient au plus près de la source. Les gens te disent : "J'ai appris le blues en écoutant Stevie Ray Vaughan". Ou les Stones. Ou Elvis. Ou Muddy Waters, ou Charley Patton. J'ai appris le blues en écoutant l'Afrique.

LGDG : Pourtant, dans votre musique, il y a aussi des traces de folklore européen ou de chants indiens ?

OT : J'ai beaucoup pris aux Maures aussi. C'est de là que je viens. Et les Irlandais ont toujours eu des contacts avec les Maures. Quant aux chants indiens, il y en aura plus sur le prochain album. Mais tout ça, ça vient de mon bassiste.

LGDG : Kenny Passarelli ?

OT : Oui, il ne fait pas la tournée avec nous, il joue avec plein de monde. C'est ma fille qui le remplace, et elle est très bien.

LGDG : Elle chante aussi sur l'album, je crois ?

OT : Oui, elle a une très bonne voix.

LGDG : Pour en revenir aux racines...

OT : J'ai commencé par jouer du folk. Ça te donne de meilleures bases en terme de racines.

LGDG : Sans doute, mais pour parler de vos racines à vous, elles viennent donc des Africains, des Européens et des Indiens. Ce sont les trois peuples qui ont fait l'Amérique. On peut donc penser que ce mélange musical est intentionnel ?

OT : Oh, je n'ai rien fait qui soit intentionnel. Quand j'ai fait mon album White African, on m'a dit qu'il fallait y introduire plus de changements d'accords, qu'il fallait que ce soit plus rock.... J'ai dit : "J'en veux pas de vos merdes. Je fais tout sur un accord, ça vous va comme ça ?" C'est comme pour mes textes particulièrement dépressifs. C'est comme ça que j'écris ! Après, on commence à analyser ce que je fais. Mais moi, sur le coup, je ne pense pas à tout ça. Maintenant, je commence à subir toute cette pression, c'est comme une espèce de malédiction. Mais bon, c'est la pression du boulot. Il faut écrire avec son coeur, et là c'est vivant. Tu écris avec ta tête, et ça devient rigide. Il ne faut pas trop penser.

Otis Taylor LGDG : En même temps, pour revenir à vos paroles, elles donnent vraiment à penser.

OT : Tant mieux ! Non, plus sérieusement, j'apprécie le compliment. Tout le monde ne comprend pas ma musique. Je ne vois pas Britney Spears faire la queue pour avoir mon autographe.

LGDG : Certains puristes non plus...

OT : Non, ils chopent plutôt les boules.

LGDG : Les maisons de disques sont aussi responsables, il faut qu'un produit soit calibré.

OT : Y compris certains labels indépendants qui se croient très marginaux mais en fait sont très conservateurs. C'est le dollar qui dicte toute cette merde.

LGDG : Vous pensez au label de Bruce Iglauer, Alligator ?

OT : Il n'a pas voulu de moi. Il m'a écrit : "Je vois que vous avez votre propre vision. Nous n'allons pas pouvoir travailler ensemble". Il aime produire de façon à ce que tout le monde sonne pareil. Il pense que c'est la solution, parce que le marché du blues n'est pas au mieux. On se demande vraiment pourquoi.

LGDG : Désolé de mentionner encore Mighty Mo Rodgers, mais les gens comme vous amenez quelque chose de nouveau tout en puisant dans la tradition...

OT : Mais Mighty Mo et moi ne récoltons pas les Grammies(2).

LGDG : Mais vous avez été récompensé pour White African ?

OT : Oui, j'ai eu un Handy (3). Mais je n'aurai jamais de Grammy.

LGDG : Y a-t-il quelque chose que vous voudriez ajouter ?

OT : Je ne suis pas un leader spirituel, je ne suis pas un leader politique. J'essaie juste de gagner assez d'argent pour me payer une Porsche. Non, en fait, ce que je voudrais, c'est payer à ma femme une machine à laver séchante. Plaquée or.

(1) Son site internet (www.otistaylor.com) nous apprend que c'est en fait son 4ème :
-Blue-Eyed Monster (1995) mais celui-ci ne fut tiré qu'à 1000 exemplaires.
-When Negroes Walked The Earth (1997)
-White African (2001)
-Respect The Dead (2002).

(2) Grammies : sortes de Victoires de la Musique américaines

(3) W.C Handy Awards : récompenses pour le blues. Otis a eu le Handy pour la meilleure révélation de l'année

Contact pour l'Europe:
JFD Productions
Jean Francois Deiber
123 rue Gabriel Peri
Colombes, France 92700
(33) 1 41 19 94 15
(33) 1 41 19 94 16 FAX
jfd.productions@wanadoo.fr

Propos recueillis par René Malines pour la Gazette de Greenwood, le 6 décembre 2002, à l'Holiday Inn de la Place de la République, à Paris. Un grand merci à Yazid Manou qui nous a arrangé ce rendez-vous.

dans la Gazette de Greenwood:
festival Boose Brothers de Wuustwezel: Otis Taylor blues experience it's very great !!! (LGDG n°43)
CD: Respect The Dead - Otis Taylor (LGDG n°43)

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Tony Coleman
le King des Batteurs de Blues

date: 28 décembre 2002
de: Rachel <Tcbluesusa@aol.com>

Tony Coleman Tony Coleman, batteur de renommée mondiale, a fait des tournées tout autour de la planète, jouant avec les plus grands musiciens de R&B et de Blues.

Il est très fier d'être un des rares batteurs, si ce n'est le seul, à pouvoir dire qu'il a joué avec les plus grands noms du blues et de R&B de ce siècle tels que B.B. King, Otis Clay, Bobby Blue Bland, Johnnie Taylor, Albert King, Albert Collins, Etta James, James Cotton, Katie Webster, Z.Z. Hill, O.V. Wright, Buddy Guy et la liste continue encore et encore…

Tony est né le 12 août 1955 à Kissimmee, en Floride, dans la périphérie d'Orlando. Le Blues a toujours fait parti de sa vie et il a toujours su qu'il jouerait de la batterie. Quand il était bébé, sa grand-mère posait à côté de son berceau un poste de radio allumé pour le calmer et il battait la mesure en tapant dessus. Fils du célèbre Carlton "King" Coleman, l'un des plus grand D.J. Black de Floride et plus communément appelé "The Mashed Potato Man", Tony joua de la batterie avec différents groupes locaux de Floride jusqu'à l'obtention de son diplôme.

Le 28 décembre 1973, il rejoint l'armée américaine, quittant sa région natale pour explorer le monde. Après trois ans d'armée, il réalise qu'il est temps pour lui de poursuivre son rêve de devenir un batteur de classe mondiale. Il part donc pour Chicago au printemps 1977, accompagné d'un groupe de musiciens, ex compagnons de l'armée. La plupart du temps, Tony et ses amis jouent dans des garages, voyant leur rêve de devenir les nouveaux Earth, Wind & Fire s'éloigner de plus en plus.

Tony Coleman Les aspirations de Tony sont plus grandes, et il commence alors à jouer avec quelques groupes bien connus de la région. Très vite, la rumeur selon laquelle un nouveau batteur est en ville fait boule de neige et c'est ainsi qu'il rencontre le chanteur "Soul" Otis Clay. Après cette rencontre, il rejoint l'orchestre d'Otis et part en tournée durant deux ans, enregistrant un album "live" à Tokyo.

A force de tourner et d'enregistrer avec Otis Clay, les opportunités de travail avec d'autres grands artistes de R&B et de Blues se font de plus en plus nombreuses. Après une représentation dans un club de Chicago appelé "The Hugh Chaparral", B.B. King vient faire le "bœuf" avec la section rythmique d'Otis (comprenant Tony Coleman et Russell Jackson). Il les apprécie tellement, qu'il leur demande de rejoindre son orchestre. C'est alors que Tony Coleman, Russell Jackson et Leonard Gill deviennent la section rythmique de B.B. King.

Seulement, le destin en ayant décidé autrement, Tony ne reste avec le "King of the Blues" que quelques mois, quittant le groupe au retour de l'ancien batteur de B.B. King. Tony retourne donc à Chicago et rejoint à nouveau l'orchestre d'Otis Clay pour une nouvelle tournée au Japon.

Tony Coleman et BB King En 1980, il part pour Dallas, au Texas, afin de jouer pour Johnnie Taylor avec lequel il fait des tournées durant pratiquement deux ans. Par la suite, on le sollicite dans l'orchestre de Bobby Blue Bland avec lequel il travaillera pendant plusieurs années. Lors d'une tournée commune à B.B. King et à Bobby Blue Bland, B.B. a besoin d'un batteur et Tony finit la tournée en jouant pour les deux artistes, soit deux shows par soirée.

Il rejoint ensuite B.B. King et tourne avec cet orchestre durant plus de dix ans, jouant du Blues dans le monde entier.

En 1999, Tony réalise qu'il est temps pour lui de s'occuper de sa propre carrière et de former son propre "Blues Band".

Maintenant, il fait des tournées, enregistre et écrit des chansons pour de nombreux artistes de blues. Il a écrit également des jingles publicitaires pour la compagnie aérienne Northwest Airline et la société Calloway Golf.

Pour son premier CD, Out in the Open, Tony a convié comme "Special Guest" de grands noms du Blues tels que Lucky Peterson, Kenny Neal et Frankie Lee qui ont contribué, par leurs talents, à l'élaboration de cet album.

Dans son second album, Travelin' Man, sorti aux USA en février 2002, Tony essaie d'exprimer d'une façon un peu différente du blues traditionnel ou du blues-rock, que le blues peut tout aussi bien s'associer, voire s'unir à d'autres styles, comme la musique "latino-américaine". Vous pourrez noter la participation de la section cuivres de Earth Wind & Fire, Lucky Peterson et d'autres grands noms du Blues.

Pour Tony, en tant que batteur, le "Groove" et le rythme sont les pièces majeures de sa musique. Il dit :

"…I want to shift gears with blues music. I don't want to stay in the same place where blues has already been, I want to be blues-based but more into the groove. I've got some shuffles, some funk, some jazz and some rock on here. I want it to be like a box of candy, where you've got an assortment of different flavors. I don't want it to be just one thing. That's why I was happy to use different types of musicians on this record, like Lucky Peterson, members of Earth Wind and Fire, also Jim Pugh from the Robert Cray Band, just to give it different flavors. So I hope you enjoy my music, blues power to you, where ever you are and whom ever you are..."

De toute façon, il vous réserve encore d'autres surprises et prépare déjà avec passion un nouvel album.

Vous trouverez son album Travelin'Man sur www.amazon.com avant qu'il ne soit distribué en France. A ce propos, j'en profite pour lancer un message car Tony cherche toujours un producteur pour la France et pour l'Europe ainsi qu'un distributeur pour son album et ceux à venir. Avis aux amateurs….

le site de Tony Coleman: http://membres.lycos.fr/tonycoleman/

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Damien Lopez au Bolegason (Castres)

date:
de: Xavier Delta Blues
(photos de l'auteur)

Bon, quelle heure est-il ??
3h15...... Une heure raisonnable pour les gens raisonnables qui vont se coucher. A moins qu'ils ne soient déjà.... couchés....
Mais, là, c'est pas possible, je ne peux pas aller dormir avant de vous parler de la magnifique soirée à laquelle j'ai eu le privilège d'assister.

21h20

Cinq gamins perfusés au Rhythm'n'Blues entrent en scène. Et quelle scène!!!
Le Bolegason, à Castres. Magnifique salle de concert, à la sonorisation excellente et au public toujours présent à l'appel lors de soirées Blues.
La totalité du répertoire des Be Yell Blues, constitué pour le moment de covers, chauffe le public. De la Soul, du Rhythm'n'Blues, du Funk avec un medley de James Brown, tout ça pour clôturer avec How Blue Can You Get, de Mister BB King. Ces 5 garçons portés par l'âme du Blues n'en finissent pas de progresser. C'est incroyable les progrès réalisés ces derniers mois par ces gamins dont la moyenne d'âge doit dépasser timidement les 18 ans.... Continuez les gars, c'est excellent ce que vous faites, mais essayez de créer vos propres compos, cela vous permettra de fabriquer votre carte de visite et votre identité....

22h45

Damien Lopez (photo Xavier Delta Blues) Entrée sur scène de Damien Lopez, assisté par Jean Michel Fabregas aux drums et par Jérôme Krakovski à la basse. Voilà le moment que j'appréhendais le plus.
Damien, j'ai l'habitude de le voir et de l'entendre dans de petites salles, voire des pubs, mais jamais dans une grande salle, ou rappelons-le, se sont produits avant lui, les Yardbirds, le New York City Revue, Gerry Joe Weise et Benoit Blue Boy (entre autres..) Et là, ce soir, comme par magie, ce que je redoutais le plus avait disparu.

Petites salles ou bars sont souvent synonymes de sono médiocre, voire de qualité détestable. Sa voix, bien qu'il l'ait travaillée, a eu souvent maille à partir avec les effets pervers d'une sonorisation moyenne. Mais là, avec la sono du Bolegason, soit sa voix sortait bien, soit on en déduisait qu'il chantait mal! Vous me suivez?
Et ben, ce soir, je peux l'affirmer, il chante BIEN. J'irai même plus loin : c'est un réel plaisir de le découvrir ! Damien à énormément travaillé sa voix. Certes, il reste encore de la besogne, mais c'est en TRES bonne voie.

Damien Lopez (photo Xavier Delta Blues) Musicalement, bien que nous ayant servi plusieurs titres de sa création, le trio a rendu hommage aux influences majeures du groupe. Jimi Hendrix, bien sur, dont Little Wing ou Red House, joués par Damien prennent une nouvelle dimension et m'ont arraché des frissons des pieds à la tête. Une petite remarque qui ne trompe pas, pendant ces deux morceaux, durant lesquels Damien alternait soli vengeurs et doucereux, le public ne décrochait pas une syllabe, pas un mot, pas un souffle. Comme si le temps s'était fixé aux doigts magiques de Damien. Oui, magique est le mot qui convient.

Stevie Ray Vaughan, ou le tribut payé par l'élève au maître. Tiens, à noter ce soir, un bonus que n'auront pas les Parisiens lors de ses concerts des 16, 17 et 18 Décembre, la participation d'un clavier, pour assister Say What et autres perles jouées en quatuor. Concernant les reprises de SRV, Beverly Howell peut être fière de son poulain frenchie... Pour ma part, je prendrais le terme de "reprises" avec parcimonie, car, à mon avis, il s'agit plus d'hommages que de simples reprises.

Damien Lopez (photo Xavier Delta Blues) Troisième influence de Damien a avoir été visitée ce soir : Bob Dylan. C'est la première fois que je l'entends jouer sur scène Like A Rolling Stone. Mamma mia !!! .... Quel bonheur! C'est propre, c'est limpide, bien joué, bien chanté...
D'ailleurs, c'est avec ce titre qu'il terminera sa soirée avant d'être rappelé par le public. Rappel qu'il effectuera avec Thrill Is Gone, de BB King pour clôturer par Voodoo Child et le final sera un grand clin d'oeil à All Along The Watchtower de Dylan. Mais, Damien m'a dit qu'en fait c'était Hey Baby, de Hendrix.... Ben quoi, paraît que ce sont les mêmes!!!
A certains moments, on a vraiment l'impression qu'il communie avec sa guitare, peut être même, lui susurre-t-il des mots tendres, comme s'il voulait échanger un moment d'intimité avec elle? Seul Damien pourrait répondre à cette question.

En attendant, c'est vrai, je l'avoue, je ne peux que féliciter ce garçon des efforts accomplis et des progrès réalisés. Oui, je suis fier de lui, et confiant quant aux concerts qui l'attendent sur Paris cette semaine, comme si la soirée que nous venons de vivre représentait en fait un heureux présage.

Be Yell Blues, Damien Lopez, ce soir, assurément, c'était le ticket gagnant...

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Damien Lopez au House of Live

date: 17 et 18 décembre 2002
de: Jocelyn Richez <jrichez@noos.fr>
(photos de l'auteur)

Damien Lopez (photo Jocelyn Richez) J'étais hier soir au House of live pour le premier des trois concerts de Damien Lopez dans cette salle à l'ambiance typiquement américaine, pourtant située à deux pas des Champs Elysées. La salle n'était pas complètement remplie comme elle l'est généralement le week-end mais il y avait néanmoins une foule relativement importante pour un lundi. Et la prestation de Damien a été très applaudie dans un contexte pas forcément favorable, où les clients de l'établissement viennent avant tout pour boire un coup entre amis plus que pour écouter le groupe qui joue et je dois dire que Damien a réussi l'exploit d'intéresser une bonne partie de l'auditoire.

Damien Lopez (photo Jocelyn Richez) Alors, pour ceux qui ne connaissent pas Damien Lopez, je précise qu'il est très jeune (pas encore 20 ans, je crois), qu'il joue en trio, dans un style résolument texan, très inspiré par Stevie Ray Vaughan qui est de toute évidence sa principale influence. C'est un véritable "guitar hero" et dans ce style, il n'a, à ma connaissance, aucun équivalent en France à l'heure actuelle. Donc, niveau répertoire, il a joué du Stevie Ray Vaughan (Tightrope, Pride &Joy, Say What, etc), deux reprises de Jimi Hendrix (Little Wing et Red House) jouées avec maestria et surtout un énorme feeling. Une reprise de Bob Dylan (Like a Rolling Stone), un instrumental de Kenny Burrell et 7 ou 8 compositions personnelles, toutes d'inspiration texane. Il nous a proposé un concert sans temps mort, avec peu de moments faibles et une bonne alternance entre les morceaux rapides et les morceaux lents. Les morceaux rapides lui permettent de faire étalage de sa technique hors pair, montrant une vélocité exceptionnelle. En plus, il fait le show, à l'image de ce que faisait Stevie Ray Vaughan à l'époque de sa splendeur.

Pour ceux qui l'avaient découvert comme moi il y a un an et demi à Cognac, ils ne seront pas surpris par son jeu de guitare qui était déjà, à l'époque, flamboyant et très spectaculaire. Par contre, ils seront sans doute épatés par les progrès énormes que Damien a effectués au chant. Dans ce domaine, il s'est vraiment affirmé, faisant désormais preuve d'une grande assurance. Bref, j'ai assisté hier à une performance de très haut niveau.

2ème jour :

Il y avait beaucoup de Greenwoodiens, hier soir, pour le deuxième concert parisien de Damien Lopez: Jean Marie (bien sûr), Jean, Tof', Ben, Isabelle, Mauro et puis moi, ce qui fait 7. J'ai aussi remarqué quelques plumes connues de magazines de guitare telles que Romain Decoret. D'une manière générale, il y avait plus de monde dans la salle que la veille et surtout un public plus concerné par le concert, ce qui a donné une ambiance plus chaude. Le concert a aussi été plus long (2h30 de concert de 23h30 à 2h du mat') avec un répertoire légèrement différent de celui de la veille, moins axé sur les compos (il en a quand même joué 4 ou 5) et avec quelques gros standards non joués la veille, tels que Voodoo Child et un Thrill is gone arrangés à la sauce Damien Lopez.

Damien fut, hier aussi, plus démonstratif, il a vraiment fait le show et il s'est même complètement lâché en interprétant le Fire de Jimi Hendrix. Du délire !

Il a tout du guitar hero, tous les titres sont prétextes à de longs solos de guitare, toujours flamboyants. Comme la veille, le concert avait un très bon équilibre entre morceaux rapides et morceaux lents. Damien nous laisse le temps de souffler entre ses chevauchées Stevie Ray Vaughanesques, avec des interprétations très abouties de Little wing et de Red House, de Jimi Hendrix, un instrumental jazz de Kenny Burrell et une ballade de sa Composition, The Box, qui n'est pas mal du tout.

Damien Lopez et Van Wilk (photo Jocelyn Richez) Bien sûr, l'un des temps forts de la soirée fut le final, l'occassion pour Damien de bœufer avec quelques musiciens présents dans le public. Ce fut d'abord le cas de Van Wilk, le guitariste texan en fin de tournée européenne, qui est venu passer la soirée au House of Live avant de retourner à Austin. Ils ont joué Hoochie Coochie Man. On a senti beaucoup de respect chez les deux guitaristes, chacun laissant jouer l'autre sans essayer de tirer la couverture. On peut regretter que Van Wilks était blessé aux doigts, ce qui l'a sans doute contraint à restreindre son intervention, surtout qu'il ne jouait pas avec sa propre guitare mais avec une guitare de Damien, montée très gros (encore plus gros que SRV, m'a-t-il dit).

Damien Lopez et Mauro Serri (photo Jocelyn Richez)C'était ensuite au tour de Mauro Serri de monter sur scène aux côtés de Damien. Le premier morceau avec Mauro et Damien fut One Way Out chanté par Mauro. Le morceau a très vite tourné en un duel de guitares furieux et passionnant entre nos deux guitar heros, un vrai duel de générations !!! Et Damien Lopez et Benoit Felten (photo Jocelyn Richez) nous n'étions pas au bout de nos surprises, car c'est ensuite Benoît Felten qui est venu rejoindre les deux furieux avec ses harmonicas pour un final vraiment très, très chaud! Jouer de l'harmonica dans un tel contexte n'était sans doute pas aisé et je dois reconnaître qu'il s'en est tiré brillamment. Bravo Benoît!

On est ensuite resté un bon moment à discuter entre amis et ce fut vraiment une excellente soirée.

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Palmarès 2002 et bilan

date: 2 février 2003
de: Pierrot Mercier < mississippi@wanadoo.fr >

L'édition 2002 des BottleNets a apporté, comme la précédente, son lot de surprises et de confirmations. Pierrot Mercier, secrétaire du comité BottleNet, nous en parle.

Pascal Fouquet, déjà lauréat en 2001 du prix Elmore James du meilleur soliste, retrouve ce titre cette année et partage avec son groupe, les Hoodoomen, pas moins de trois autres distinctions : auteurs du meilleur album, producteurs de la meilleure tournée, les normands sont également reconnus comme les meilleurs compositeurs. Une véritable razzia donc qui ne doit pas faire oublier la reconnaissance des talents de Marvellous Pig Noise (prix Bill Deraime du meilleur blues en français) et Malted Milk (prix Mississippi John Hurt du blues acoustique).

Confirmation toujours pour Stan Noubard-Pacha qui remporte une nouvelle fois le prix Willie Dixon du meilleur accompagnateur (ce ne sont ni Benoît Blue Boy ni Steve Verbeke qui lui contesteront cette appellation !-).

Révélations du coté de la meilleure démo avec Bluesin' Machine (encore que ce groupe commence à être déjà connu) et, plus spécialement, avec l'éruption sur la planète bleue des dynamiques BlueTones. Gageons que cet autre groupe normand ne demande qu'à suivre les traces des Hoodoomen - c'est tout le mal qu'on peut leur souhaiter.

Hormis le prix Luther Allison de la meilleure tournée, remporté donc haut-la-main par les Hoodoomen (avec plus de 30 % des voix ! ) les autres catégories publiques (c'est à dire sans présélection par le jury) ont couronné :

  • le Bourbon Street : le club bordelais remporte le prix John Lee Hooker de la meilleure salle grâce à la qualité et la constance de sa programmation
  • La Gazette De Greenwood : Le webzine du Blues reçoit un nouveau prix spécial du meilleur site Web et s'achemine avec assurance vers son cinquantième numéro.
  • Elmore D crée la surprise en venant de Belgique remporter le prix BB King du meilleur album international pour Saturday Night Rub avec une belle longueur d'avance sur les artistes américains qu'on aurait pu voir plus logiquement en tête de ce classement
  • Enfin, Dawn Tyler Watson vient clore ce palmarès avec le prix Screamin' Jay de la meilleure tournée internationale. Pour la belle canadienne ce prix n'est que le premier d'une longue série (ne revient-elle d'ailleurs en ce début d'année charmer les scènes françaises ?)

Pour le Comité BottleNet, l'heure du bilan est venue.

Après le début encourageant du projet en 2001, force est de reconnaître que l'organisation n'a pas vraiment réussi à élargir son audience. Le jury s'est pourtant étoffé cette année. A travers ses 22 membres on peut le considérer comme représentatif de la communauté blues française sans pouvoir être taxé de parisianisme grâce à sa forte présence dans les différentes régions (et même hors des frontières) et la venue en son sein d'un large échantillon de sites, journaux, radios, associations, etc. Nous remercions d'ailleurs les radios blues sur le Net qui ont joué le jeu et, très spécialement, Xavier Boulanger pour les deux émissions qu'il nous a consacrées sur Delta Blues.
Malgré ce soutien, la communication envers le public n'a été suffisante car la fréquentation du site n'a pas progressé.

Dés la publication des résultats l'équipe des 10 organisateurs s'est donc remise au travail et proposera très bientôt un certain nombre de modifications afin de faire enfin de ces trophées une référence reconnue, un label de qualité, et, gràce à cela, un instrument de promotion efficace pour les artistes du Blues en France.

N'hésitez pas à adresser vos suggestions à comite@bottlenet.org.

Le site des Bottlenets : http://www.bottlenet.org
[ndlr : nous vous tiendrons évidemment informés des travaux dans ces colonnes]

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La Gronique au Chroniqueur, aujourd'hui :

MEGAHERZHAFT SPECIAL
conférence Blues de Gérard Herzhaft
(par le bizut Deblouze)

date: 19 janvier 2003
de: Djamel Deblouze <djamel@deblouze.fr.st>
(photo Uncle Lee)

Tu le sais, toi, comme j'y connais rien. Quand Rodia elle m'appelle: "Conférence Blues par Gérard Herzhaft à la bibliothèque d'Aubagne samedi 18 à 17 h", je me dis quoi ? Une... "conférence"... sur le blues ?... à... à Aubagne ? (sing sing, tu vois le truc : un condensé de Greenwood Gazette live au fin fond du cul du wolf howling, mords-moi je rêve ! Et qui c'est ce... Herzhaft ?).

Cinq minutes en retard j'aboule, essoufflé déjà à cause la batterie nazebroque (c'est TOUJOURS la batterie ! Y'a pas d'harmo dans une caisse), mais alors là, couic du souffle dont auquel: coupé! La salle est à son comble de cents messieurs-mesdames 7 à 77! assis dessus leurs popotins à écouter une personne humaine, humaine comme une encyclopédie qu'elle aurait le sourire chaleureux d'une voix douce, et la voix douce elle fait:

" ... les esclaves noirs qu'on mariait de force aux femmes cherokees... [...]... et l'Irish jig... la guitare mexicaine et cubaine... et le Magalango... [...]... mais les types du chemin de fer, ils en avaient marre d'entendre fredonner les exploits de John Henry : " Hey, songster ! chante-nous plutôt ton histoire, la nôtre !... [...] ... et le blues est né ainsi, de l'emploi de la première personne du singulier... [...]... farci de sous-entendus, à cause des religieux, du KKK... [...]... imaginez Lomax, avec sa camionnette bringuebalante sur la nationale 61... etc... etc... !!! ".

Gérard Herzhaft
Gérard Herzhaft (Vannes, 2000)
Toi, bien sûr, tu connais déjà. Mais figure dans ta tête le Djamel comme il éponge! Et qu'il aspire des deux oreilles les samples par Monsieur Herzhaft distillés pour servir d'illustration au sien propos. Un homme tout seul, avec seulement la bouche (qu'anime toutefois une passion non feinte) entraîne un auditoire ému back to the land of le Delta to la sweet home Chicago... Et tu sais combien de temps a duré le voyage ? Près de trois heures!!! Trois heures durant, une société de cents personnes de toutes espèces s'est pris un trip de blues dans la béatitude, et une claque qu'elle a retournée par une salve d'applaudissements! (Du coup, j'y suis été de mon laïus de quoi djamemêle: "Noble parterre, saurais-tu m'expliquer le pourquoi de le Stairway, seul club de blues de la région, il est si souvent vide même quand c'est des pointures qu'y s'y ?")

Mais le mieux : à la fin, Gérard Herzhaft il attrape sa Martine comme d'autres prendraient leur Lucille, et il joue, pas bluesman mais "bluesfan" prévient-il avec la prévenance toute prévenante qui le caractérise. Pas bluesman? N'empêche que tout le monde se ruera sur ses disques à la fin du set. Et tu sais la gentillesse? "Y a-t-il un harmoniciste dans la salle?" questionne le maître et hop! le Djam à genoux (c'est pas une métaphore) se retrouve à bafouiller ses chorus de Sweet Home sous l'indulgente caresse du tempo herzhaftien. Après, longtemps, on papote (à propos de notamment le blues en français langage est-il encore du blues?), et puis on va dîner en ville, et on se dit au revoir à bientôt, oh oui des soirs comme ça j'en veux moult et encore!

Moi, du Monsieur écrivain-compositeur-chanteur, outre une somme de connaissances inoubliables, j'ai acquis : La Grande Encyclopédie du Blues (Fayard), le roman Catfish King (Le Seuil) et le dernier CD de la tribu Herzhaft : Herzhaft Special (Blues n' Trad).
J'ai évidemment pas eu le temps de lire, mais je m'ai jeté sur le disque : ah les salauds sauf leur respect oh combien dû! Le trio familial (papa Gérard, tonton Cisco, fiston PickBoy) élargi en quintet... j'ai... j'ai pas les mots ! (Uncle Lee, in LGDG n°21: "Voilà donc un disque qui n'a pas la prétention de révolutionner le blues, mais au contraire celle de prouver qu'on peut encore aujourd'hui en respecter le plus pur esprit sans rester figé dans le passéisme. Les Herzhaft sont des puristes, alors il ne faut surtout pas se priver d'une bonne rasade d'air pur!").
J'ajoute toutefois un dithyramble'on Hz special pour l'harmo au Pick Boy que tu m'as tué, garçon, eh, PascalM ! écoute-moi My Blues Will et dis-moi s'il y a pas de l'oriental dans l'inventivité virtuose du harpiste! Et des mariages heureux d'everywhere folk blues! Mazel tough, messieurs! Mazel tough!
(On peut trouver toutes les références de Gérard et du Herzhaft Blues sur le site du PickBoy : http://www.harmo.com, en outre plein de beaucoup d'intérêt.)

P.S. : Toi qui a un centre culturel que tu sais plus quoi en faire, il te FAUT une des conférences musicales Herzhaft (en solo, duo, trio voire more).

P.P.S. : J'ai oublié de dire un truc que peut-être pour une fois je le sais avant vous: les droits du roman Catfish Blues qu'on est bien d'accord que c'est de la littérature mais bon ça s'inspire tout de même un peu d'un bluesman en eaux troubles, eh bien les droits du roman, ils ont été achetés par une boîte de prod pour en faire un dessin animé sur les télés du monde en commençant par France 3 et Canal J dès cette année de le Blues! avec supervision de la Hz dream team quant à la musique (que même si j'ai bien compris il y aura des compos du David PickBoy)!

Dans la Gazette de Greenwood:
Edition Spéciale Herzhaft: demandez le Dernier Herzhaft Blues! (LGDG n°21)
le blues c'est aussi des mots : " Blues Story 1962 " (interview et Nouvelle complète) (LGDG n°26)
A Chicago, un harmonica sanglote le blues (LGDG n°21)

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Tomasz Dziano, Abaji et
Kelly Joe Phelps

en concert au Radiant

date: 14 décembre 2002
de: Philippe Espeil <philnet@free.fr>
(photos de l'auteur)

La soirée annoncée par Le Radiant, salle de spectacle de Caluire et Cuire, tout proche de Lyon, était consacrée ce mardi 26 novembre au blues. Un blues certes "borderline" puisque la tête d'affiche était Kelly Joe Phelps et, la première partie, Abaji qui est d'origine libanaise.
Tomasz
DZIANO  
Mais tout d'abord, et pour émoustiller les oreilles des spectateurs avant les concerts suscités, en guise de préambule, au bar, c'est Tomasz Dziano qui jouait une partie de son répertoire en hommage à John Lee Hooker. Seul sur scène, tantôt à l'électrique, tantôt à l'acoustique, il nous a interprété quelques morceaux du regretté John Lee, dont les célèbres "One Bourbon,One Scotch, One Beer" et "Boogie Chillen". Mais aussi d'autres morceaux moins connus car, Tomasz y tient, Hooker gagne à être connu et ne s'arrête pas à quelques hits comme "Boom Boom". Il joua aussi certaines de ses compositions comme "You Have No Mercy" tirée de son dernier album en date "Prodigal Son".
Tomasz fut fidèle à son image, captivant le public alors qu'il a une attitude très simple sur scène. Son jeu toujours aussi fin, est impressionnant tant il a su intégrer les tics et gimmicks de John Lee, nous faisant ainsi revivre de nostalgiques minutes de blues profond. Parmi les musiciens que j'ai pu voir en France, il est actuellement le seul qui sache aussi bien interpréter la musique de John Lee Hooker.
Pour un morceau, Fred Brousse, qui passait par là, est venu ajouter une touche d'harmonica.
 
Abaji En quittant le bar pour la grande salle, c'est Abaji qui nous accueillait dans son univers.
Comme je le disais plus haut, le blues libanais d'Abaji est quelque peu exotique vis à vis de la musique afro-américaine que nous avons l'habitude d'entendre. La voix éraillée et pleine d'inflexions se laisse porter par la musique lancinante. Soit à la guitare qui est parfois jouée avec un archer, soit à la guitare-sitar (instrument incroyable à cinq cordes, avec les touches du manche creusées), ce sont de longues parties de musiques orientales, plaintives et vaporeuses, qui nous ont été données. Abaji est généreux sur scène, il parle beaucoup avec le public, raconte son histoire, et on a le sentiment de partager ainsi un peu de son monde.
Je n'ai personnellement pas retrouvé de trace de blues dans sa musique, mis à part l'emploi du bottleneck sur certains titres (bottleneck parfois remplacé par sa flûte en bambou...), mais peu importe ; les sons qu'il manie en artisan donnent un résultat musicalement très intéressant, et offre à l'esprit de s'ouvrir, ce dont nous avons toujours besoin.
 
Kelly Joe
PHELPS Enfin, Kelly Joe Phelps a rejoint ses guitares sur scène. Commençant son concert par "Tailor John", issu de son dernier album "Sky Like A Broken Clock", puis alternant entre jeu au slide et "simple" picking, il nous a joué des morceaux d'une sensibilité particulière. En effet, si Kelly Joe Phelps n'est pas bavard et semble plutôt introverti, sa musique coule de ses guitares avec une aisance et un style étonnants. Le touché de ce musicien est remarquable.
Le chant a un côté narratif et implorant, Kelly nous raconte des histoires. Même si le rythme semble redondant, la voix reste belle et se promène entre murmure et falsetto.
Son style, issu du Mississippi comme du Piedmont, donne un blues à la fois sophistiqué, par la minutie du jeu, et basique, par sa mise en scène. Folk, presque country, toujours un peu blues, ce sont ces ingrédients qui ont séduit le public et qui font la personnalité de Kelly Joe Phelps.
Après trois rappels, il est reparti en nous laissant dans la tête de bien beaux chapelets de notes plaintives.

Pour voir d'autres photos de ce concert, consultez mon portfolio.

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Papa Gombo à l'Espace Blues !

date: 11 janvier 2003
de: Christophe "Tof" Godel <christophe.godel@noos.fr>

Christian Legras avait programmé le groupe nommé Papa Gombo, à l'Espace Blues, ce vendredi 10 Janvier 2003. Après quelques recherches des services secrets de Greenwood, on avait vite compris qui se cachait derrière ce groupe : Vincent Bucher. Encore que pour moi, Vincent Bucher, ce n'était qu'un nom d'artiste français de plus, un harmoniciste, bon paraît-il, mais c'est tout.

J'ai été vite convaincu d'aller le voir par l'ami Ben, qui se déplaçait pour l'occasion et qui m'a dit que c'était l'harmoniciste de la place! Quand Benoît Felten dit ça, ça veut dire qu'il faut écouter.

Et puis, l'ami René Malines de surenchérir par, je cite: "Moi, j'ai une démo de Papa Gombo. C'est du bon Chicago Blues. Le guitariste n'est pas le même sur le CD qu'au concert annoncé, mais je pense que les Parisiens connaissent bien les deux, François Bodin pour le disque, Jeremy Tepper pour le concert. Ce sont tous deux d'excellents musiciens. Le bassiste et le batteur font partie de ces rythmiques qui assurent grave tout en sachant laisser l'espace aux solistes, et je crois qu'on ne présente plus Vincent Bucher. Vincent, c'est l'Harmoniciste avec un H majuscule. Virtuose et chaleureux, feeling et imagination, acrobate pour le fun mais profond jusqu'au vertige. A côté de lui, JJM sonne académique et Sugar Blue simplement bordélique. Si on aime l'harmonica, il faut écouter Vincent Bucher. Si on n'aime PAS l'harmonica...il FAUT écouter Vincent Bucher.
René "

Quand René Malines dit ça, c'est qu'il faut aller écouter aussi !!

Ca me permettra de découvrir l'Espace B qui programme donc du Blues tous les vendredis soirs à Paris! Et il y a du beau monde de prévu! Petit bar restaurant avec, au fond, une salle destinée aux concerts. Ce soir-là, il n'y avait pas trop grand monde, peut-être une pointe à une trentaine de personnes.

Tout ce que je peux dire, c'est que les absents ont eu sacrément tort! Quel concert! Mais quel concert! Je n'en suis pas encore revenu!

Mais comment se fait-il qu'on ne parle pas plus de Vincent Bucher? Il faut qu'on m'explique ! :) Dés le premier morceau, je suis resté bouche bée! Je crois que jamais un harmoniciste ne m'avait autant retourné! Quelle maestria dans le jeu, le feeling, la technique. Qui plus est, il a un son, un souffle, un jeu bien à lui! Pendant les deux premiers sets, j'ai été subjugué! Il fait des trucs que je n'avais jamais entendu jusque là! Il faut être clair, Vincent Bucher, c'est un "gros dieu"! Et comme tout "gros dieu" qui se respecte, il est sacrément bien entouré!

Un bassiste (Christophe Garreau) impeccable, Un batteur (Marty Vickers) excellent qui, malgré une batterie minimaliste, possède une richesse dans son jeu! Un guitariste rythmique et soliste (Jeremy Tepper) de très haut niveau, qui n'en fait pas des tonnes mais ce qu'il fait, il le fait tellement bien, très propre, précis, une construction des solos ingénieuse qui peut rappeler Tom Principato, je trouve. Là où il excelle, c'est dans des solos construits à base d'accords, double stop ou corde à vide en bourdon! Il est vraiment très expressif, et il se met même parfois en danger.

Leur registre oscille grandement autour du Chicago Blues et tout ce qu'ils font, ils le font très bien ! Franchement, il n'y avait rien à jeter dans ce concert!

Ce qui m'a le plus bluffé, c'est je crois les deux instrumentaux. Sur ceux-ci, Vincent Bucher laisse éclater tout son talent, et vous met dans sa poche de suite! J'ajouterai à tous les superlatifs que l'on peut trouver à cet artiste, qu'il a une sacrée maîtrise des sonorités de son harmo. Et quelle grâce!

Le troisième set fut un peu plus court et permit au groupe de boeuffer avec cinq harmonicistes différents dont David Chalumeau (Swampini), Ben Felten, un certain Manu, un certain Bruno et un certain Laurent Lepage (très bon d'ailleurs).

Non, décidément je ne me remets pas de ce concert! L'année commence bien et je crois que celui-là va rester longtemps au haut du classement! A quand un album de Papa Gombo? Vite! C'est un des meilleurs Chicago Blues qui m'ait été donné de voir depuis quelques temps.

En tout cas, on peut toujours retrouver Vincent Bucher dans un autre registre, avec Tao Ravao.

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Jimi
à la Villette

date: 22 janvier 2003
de: Pascal M <Lascapnitram@aol.com>

De passage à Cageard (Paris) pour les fêtes païennes, j'ai fait une embardée "stratogique" vers le palace flottant entre la porte de Pantin et celle de la Villette (toujours entre deux portes). La cité de la musique mérite mieux qu'un bord de périph, même (...) parisien. La raison fallacieuse étant de montrer à ma fillote de 7 ans d'âge ce qu'est la culture nom de Dieu! La raison non avouée : me prendre une bonne rasade de pure psyché pour exploser (un peu) ma tronche de foie sauternisée (c'est bon, mais bon !) , me prosterner devant le grand Kaléidoscope Dégoulinant (slurp) et, d'un jet de pisse émeraude, contempler une première et dernière fois le spectacle saisissant (forcément saisissant) des poulpes libidineux. Jimi Hendrix expose, allons-y, ma fille, c'est papa qui arrose!

J'entre , nous entrons dans une pièce qui sert de toute évidence de tampon de chasteté, de vestibule inversé, de sAs entre un extérieur bruissant et chaotique et un intérieur dont on discerne un peu la rumeur familière, comme de petits relents de gai repas après un long voyage (tu vois ce que je veux dire, camarade?) L'entrée du sas est ouverte et le sourire du cerbère fonctionnaire est une invitation franche au parcours (d'ailleurs un cerbère à une tête, on n'a jamais vu ça...mais alors, c'est Saint-Pierre?!...). Au centre de la pièce, une cage carrée enfermant quelques documents sur la gestation de l'artiste et son parcours d'enfance, idem sur les murs autour, bon !

Là , ça y est, nous entrons dans le ventre de la "chose étrange", et, ...comment dire ? Lumières tamisées, musique très présente , mais espace confiné organisé en modules parallélépipédiques (poil au stic) de tailles diverses vers les petites ouvertures desquels il faut se pencher grave quand on est basketteur, ou se chausser talons aiguilles quand on n'a que 7 ans .Et pour quoi voir? Des reliques, des reliques et des reliques ("Des quoi?", "Des reliques !"). Je ne dis pas que ça ne m'a rien fait de voir un bout de "strat" bousillée sur scène par l'idole, éprouvée, photographiée d'époque, mais j'aurais aimé être flatté par l'imaginaire ("Euh … tu peux l'redire?") et retrouver une part de la profusion, de la générosité du goût de l'excès des "expériences" et des couleurs de cette époque, sans mythifier ni piloriser quoi que ce fut .

Que reste-t-il de cette visite ? pas la succession d'objets fétichistes et stériles ni cette série de cubes cloisonnant ( l'esprit carcéral du sas), mais la musique, bordel! Et ce petit cinéma aménagé dans le plus grand des cubes, véritable havre de paix dans ce monde de Busherie, maison (pas encore en ruine) des espérances de "Stalker" (Tarkovski), où l'on pouvait voir et revoir un p'tit bonhomme à genoux sur scène, brûlant sa vie et sa guitare, d'un même élan salvateur (rédempteur?). ("Coupez! ....C'est bon, c'est dans la boîte!...)

Louise, ma fillote , tout à l'heure, en entendant Voodoo Chile Blues , extrait de la compil Jimi Hendrix Blues MCA s'est écriée : "C'est lui qui fait ce bruit? ... Il le fait bien!"

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