La Gazette de GREENWOOD
n°49 (Février 2003)

Tome 2:
 
Tome 1
  • interview: Otis Taylor , Acoustic Nu Bluz ?
  • Tony Coleman, le King des Batteurs de Blues
  • Damien Lopez:
    • au Bolegason (Castres)
    • au House of Live (Paris)
  • MegaHerzhaft Special, conférence Blues de Gérard Herzhaft
  • Tomasz Dziano, Abaji et Kelly Joe Phelps en concert au Radiant
  • >Papa Gombo à l'Espace Blues
  • Jimi à la Villette

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Brass Bands
le Retour!

date: 24 janvier 2003
de: Zyde Phil < PSauret@aol.com>

Big Chief Boudreaux & Anders Osborne Amateurs de la Nouvelle Orléans, réjouissez-vous ! Dans cette ville, la création musicale est permanente et se manifeste dans bien des styles : blues, rhythm and blues, funk, cajun, zydeco gospel… Récemment, deux disques ont attiré l'attention. Anders Osborne & Big Chief Boudreaux avec Bury The Hatchet (Shanachie) met en valeur la richesse de la musique pratiquée par les indiens du mardi gras. Leader incontesté des Golden Eagles, Big Chief Boudreaux y est particulièrement brillant.

Dirty Et puis, il y a le disque du Dirty Dozen Brass Band qui avec Medicated Magic fête ses 25 ans d'existence. C'est l'occasion de parler un peu des nouveaux brass bands qui défilent dans les rues de la Big Easy. Le sujet a-t-il sa place dans la Gazette de Greenwood? Ne devrait-il pas plutôt figurer dans une rubrique jazz? Sans doute. Mais il semble que le style soit si typé, si particulier, si local aussi, qu'il n'intéresse que très peu les chroniqueurs de jazz. Donc, raison de plus d'en parler ici puisque personne ne le fait ailleurs (et toc).

Et d'abord, un peu d'histoire. Les fanfares locales ont toujours été très populaires à la Nouvelle Orléans, rythmant les carnavals, les funérailles, les marches d'indiens… C'est en leur sein que de nombreux musiciens y ont fait leur apprentissage : Sidney Bechet, King Oliver, Buddy Bolden, Louis Armstrong… Pourtant, à partir des années 60, le genre semble s'essouffler et ne plus intéresser les jeunes artistes. Bien sûr, il existe encore de nombreux brass bands dans la ville. Mais les musiciens sont de plus en plus âgés et le répertoire s'enlise dans une suite de morceaux convenus et archi-rabâchés (Wolverine Blues, When The Saints, Down By The Riverside… ). Bref, le genre semble moribond.

Danny Barker Heureusement, un homme arrive à point nommé pour sauver la situation. Cet homme, c'est Danny Barker. Né à la Nouvelle Orléans, il a fait l'essentiel de sa carrière à New York, jouant de sa guitare et de son banjo avec tous les plus grands noms du jazz, de Louis Armstrong à Cab Calloway, de Charlie Parker à Sidney Bechet, de Dexter Gordon à Dizzie Gillespie et bien d'autres. Les amateurs de rhythm & blues le connaissent surtout comme le mari de la chanteuse Blue Lu Baker. De retour dans sa ville natale en 1965, il se rend bien compte du désastre et décide de réagir. C'est ainsi qu'après plusieurs expériences musicales, notamment au sein du Onward Brass Band, il fonde la Fairview Baptist Church School for Brass Band, chargée de former les jeunes musiciens de demain. L'expérience réussit pleinement. L'école ramène de nouveaux artistes très jeunes dans les brass bands et c'est grâce à eux que le genre se renouvelle. Fin des années 70, ces petits jeunes mélangent le style traditionnel des marching bands à d'autres ingrédients : un zeste de musique de crooner (Sinatra, Dean Martin), un doigt de soul (Staple Singers, Marvin Gaye, Bill Withers… ), une bonne dose de musique locale (Professor Longhair, Eddie Bo, Allen Toussaint… ), plus qu'une trace de be bop, et surtout beaucoup de funk (George Clinton, James Brown et surtout les Meters). Deux formations vont se distinguer fin des années 70, début des années 80 :

Dirty Dozen Brass Band Le Dirty Dozen Brass Band (DDBB) cité plus haut et emmené par les saxophonistes Roger Lewis et Kevin Harris est une fanfare à la discographie impressionnante du fait de ses 25 ans d'existence. C'est aussi la première à avoir montré la voie en renouvelant le genre par son mélange de jazz traditionnel second line, de funk et de be bop. Le propre des grands musiciens est de savoir rebondir lorsqu'une carrière semble marquer le pas. C'est le cas pour le DDBB. On les disait en perte de vitesse encore récemment. Leur dernier album, Medicated Magic sur le label Ropeadope Records, vient à point nommé pour remettre les pendules à l'heure. Leur musique groove et explose de joie sur ce disque dans lequel des invités prestigieux, tels Olu Dara, Doctor John ou la délicieuse Norah Jones, sont particulièrement bien mis en valeur.

Rebirth Brass Band Suivant l'exemple du DDBB le Rebirth Brass Band est l'autre fanfare novatrice qui a donné un coup de jeune au répertoire des brass bands. Emmenée à l'origine par le trompettiste Kermit Ruffin et les frères Frazier, Philip au tuba et Keith à la grosse caisse, cette formation déménage ferme et reste toujours aujourd'hui une des préférées du public. Dans leur discographie abondante, préférer leurs enregistrements live : Kickin' It Live (Rounder) et surtout The Main Even : Live At Maple Leaf (Louisiana Red Hot) qui capte bien cette énergie brute que le Rebirth sait donner. Seulement, ne soyez pas cardiaques !

A partir des années 80 donc, le genre connaît une nouvelle jeunesse. Et jusqu'à aujourd'hui, de nouvelles fanfares continuent d'apparaître et de briller dans les rues de la Crescent City. Certaines veillent à perpétuer la vieille tradition des marchin' bands, réfractaires aux nouvelles tendances musicales. C'est le cas du Treme Brass Band qui a pour leader le joueur de grosse caisse Lionel Batiste. Issu lui aussi de la Fairview Baptist Church School for Brass Band de Danny Baker, le TBB a pu enregistrer au milieu des années 90 deux disques intéressants, Gimme My Money Back (Sound of New Orleans) et I Got A Big Fat Woman (Arhoolie). De même pour l'Algiers Brass Band, un jeune groupe qui a pu enregistrer en 2000 pour le label Sound of New Orleans (Lord, Lord, Lord).

Cependant, il faut l'avouer, la majorité des jeunes brass bands aujourd'hui suivent les traces du DDBB et du Rebirth. Et impossible ici de ne pas faire le rapprochement avec le nouveau zydeco. Même si la musique est différente, la démarche reste la même: s'appuyer sur la tradition la plus ancienne et faire évoluer la musique en y incorporant les sons les plus contemporains, le but final étant de prendre du bon temps et de faire danser les gens. Certains noms de fanfares restent obscurs et nous en reparlerons dès que nous aurons pu nous procurer certains de leurs disques. Ainsi, le Young Blood Brass Band, le Mahogany Brass Band, le Mama Digdown's Brass Band ou le Forgotten Souls Brass Band, ce dernier étant responsable de plusieurs enregistrements comprenant l'indien Big Chief Boudreaux. D'autres formations nous semblent plus familières comme les Lil Rascals avec le sousaphoniste Kirk Joseph. Leur premier disque reste difficilement trouvable (Buck It Like A Horse sur Tipitina's Records) mais ils apparaissent très en forme avec Rockin' Dopsie Jr sur Feet Don't Fail Me Now (AIM). Les Soul Rebels sont des musiciens extraordinaires qui ont enregistré deux très bons disques : Let Your Mind Be Free en 1994 (Mardi Gras) et surtout l'explosif No More Parades en 1998 (USA), mélange de second line, de funk, de reggae et de rap dont les paroles décrivent bien la vie dans le ghetto. Et puis, il faut mettre à part Coolbone, une formation dirigée par Steven "Coolbone" Johnson, qui a la particularité de jouer dans différents styles ainsi définis par les musiciens : big band / swing style, marchin' brass band style, jazz combo style et brass hop style. Il convient donc, pour l'auditeur, de bien choisir le disque dans le style désiré. Ainsi, si vous êtes traditionalistes, vous choisirez plutôt Mardi Gras In New Orleans (Sound Of New Orleans). Si, en revanche, tout comme moi, vous préférez les sons plus contemporains, c'est à dire le brass hop style, mélange de brass band et de hip hop, deux albums s'offrent à vous : Ole School Flava (Coolbone), reprises réussies de grands succès des Staple Singers, de Marvin Gaye ou de Bill Withers à la sauce hip hop, et Brass Vibes (Jenjaz), peut-être leur effort le plus abouti. Enfin, j'ai gardé une curiosité pour la bonne bouche : le Pinettes Brass Band est une formation composée exclusivement de filles. Leur premier disque, Who You Gonna Call (AGB), sorti il y a peu semble prometteur.

Et maintenant? Quel avenir pour les brass bands? Il semble que le genre reste toujours aussi populaire. Mieux, il a trouvé dans les classes de musique des collèges de la Big Easy un débouché naturel qui lui permet aujourd'hui d'assurer son avenir. Danny Baker, décédé en 1994, du haut de son nuage, peut être fier et reposer en paix. Les fanfares ont encore de beaux jours devant elles. Et il ne n'est pas besoin d'être devin pour prédire la naissance de nouvelles formations dans les années à venir. Zyde Phil

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Big Lucky Carter
Le Blues du Survivant

date: 31 janvier 2003
de: Uncle Lee <stagolee@club-internet.fr>
(photos Jocelyn Richez)

Big Lucky Carter (photo Jocelyn Richez) En sous-titrant son documentaire "Le Blues du Survivant", Marc Oriol a trouvé les mots justes pour décrire l'importance qu'a eue la découverte par le grand public (c'est à dire nous) de Big Lucky Carter. "Découverte" est toujours un mot gênant, quand on parle d'un bluesman qui joue sur sa guitare et chante depuis plus de 50 ans, mais il a fallu tout le talent et l'opiniâtreté de David Evans pour qu'enfin, en 1998, Big Lucky Carter enregistre le disque Lucky 13 consacré par la critique et par le public. Donc, oui, en 1999, Big Lucky Carter était bien le survivant d'une époque, continuant à perpétuer le blues qui n'a jamais cessé de résonner aux Etats-Unis. Big Lucky Carter nous a quittés ce 24 décembre 2002, nous laissant quelques chansons, et ce film que tout amateur de blues devrait voir. [saluons donc l'initiative de la chaîne Mezzo de l'avoir diffusé ce 12 janvier 2003, et Chris de me l'avoir enregistré!]

Le film "Big Lucky Carter : Le Blues du Survivant" a été tourné en 1999, aux USA et en France, pendant et après sa tournée en France. Etre filmé, tout comme avoir reçu le Pied de Soulbag, le prix Big Bill Broonzy de l'Académie du Jazz ou un Award de Living Blues, devait sembler surréaliste au bluesman, mais il semble heureux de cette reconnaissance tardive qui ne changea pas sa vie mais qu'il reçut avec une certaine fierté toute pudique et une bonne dose d'humour (il aurait préféré que Soulbag lui donne un genou neuf plutôt qu'un pied !).

Il en parle dans ce film où il évoque les nombreuses déceptions qui émaillèrent sa vie de bluesman: quand le succès semblait s'annoncer, un grain de sable venait enrayer la mécanique et rien ne marchait… Big Lucky Carter se disait que ce film était une chance pour lui, mais qu'à 79 ans il était peut-être un peu tard pour bénéficier de cette soudaine notoriété. Il avait raison, la vie ne lui accorda que 3 ans sur les 20 années supplémentaires qu'il aurait souhaité… (Et encore, son disque Lucky 13, distribué en Europe, ne le fut pas aux USA…)

Le documentaire est composé de scènes tournées à Memphis (Tennessee), au Mississippi (French Camp, Como) et en France (Vannes, Cognac, Marciac, Paris), découpées et présentées de façon non chronologiques, dans un enchaînement qui évite toute longueur ou lassitude mais au contraire donne un rythme composé de contrastes saisissants.

Big Lucky Carter (photo Jocelyn Richez) Sa vie, Big Lucky Carter nous la raconte avec pudeur. Son nom, Carter, il le doit à son grand-père, ancien esclave qui reçut le nom de son propriétaire lors de son émancipation. "Le propriétaire a tenu sa promesse", insiste Big Lucky, en donnant à son grand-père une mule, 2 vaches, 2 cochons et 16 hectares à French Camp. Cette terre appartient toujours aux quatre Carter survivants qui l'entretiennent fièrement, même si on sait que la vie des Carter n'y a pas forcément été facile... Mais c'est là, en 1920 qu'est né Levester Carter, celui qui devait devenir Big Lucky Carter.

Il évoque son enfance dans le Sud, la ségrégation et ce qu'il nomme l' "instinct de conservation" qui lui indiquait ce qu'il pouvait faire ou ne pas faire. Il se souvient de l'école et du vieux professeur qui lui apprit que "si tu n'as pas ce que tu veux, prends ce que tu as et fais-en ce que tu veux". Il voit encore la maison de sa grand-mère où il y avait un piano sur lequel, jeune enfant, il ne pouvait s'empêcher d'aller jouer au lieu d'aller chercher de l'eau au puits. En riant, il se remémore sa mère déboulant du haut de la colline en brandissant un martinet, furieuse de ne pas voir revenir le porteur d'eau ! Il se rappelle aussi les 8 dollars qu'il a dû donner pour une fenêtre qu'il n'avait pas cassée, refusant de dénoncer le coupable. "Il y a à gagner et à perdre quand on ne dit pas la vérité", philosophait le vieux bluesman.

Après son service militaire, Big Lucky Carter revint en 1946 et acheta une nouvelle carriole et des mules à son père, avant de partir au bout de quelques mois, attiré par la ville : Memphis. A cette époque, pas de perspective d'avenir, mais juste des rêves qui ne se réaliseraient jamais, même en travaillant très dur. Alors, Big Lucky Carter préfèra se consacrer au blues, à la musique.

Dans le studio d'une radio de Memphis, FM 90, il évoque, avec David Evans, son premier enregistrement pour Sun en 54 ou 55, puis écoute Silly Willy, le titre enregistré avec Prince Gab & The Rhythmaires (Savoy, 1965), promis à un grand succès qu'il ne rencontra pas suite à des problèmes de distribution. C'était l'époque où Big Lucky jouait toutes les nuits jusqu'à 4 heures du matin, avant d'aller travailler! Dans les clubs blancs où il jouait parfois, il se rappelle qu'il devait prendre sa pause dans la cuisine ou à l'extérieur.

David Evans passe aussi sur la platine Stop Arguing Over Me, chanson écrite par Big Lucky Carter après s'être fait remonter les bretelles par sa femme, et dont le 45 tours eut un succès méritoire en 1969.

Big Lucky Carter (photo Jocelyn Richez) Le film est constamment entrecoupé, pour notre plus grand plaisir, de scènes de concerts, aussi bien sur les plus grandes scènes (Cognac, Vannes, Marciac, le New Morning) que dans le club restaurant Wild Bill's (Memphis) où Big Lucky Carter jouait depuis des années tous les vendredis et samedis soirs: "Le blues authentique ! Même les gens de Beale Street viennent ici, jamais de disco, que du vrai blues!", s'exclame une inconditionnelle des lieux. Pendant que Big Lucky Carter joue, une femme sexy vient lui porter quelques billets verts que le bluesman empoche en la remerciant. La femme entame une danse suggestive avant de se faire rappeler à l'ordre par un homme plus âgé. Mari jaloux? Tenancier du bar qui tient à ce que son établissement soit irréprochable devant la caméra?

Ailleurs, on voit Big Lucky Carter accompagné par Otis Grant pour un My Name Is On The Doorbell de toute beauté où les 2 guitaristes s'en donnent à cœur joie.

Autre ambiance : Big Lucky Carter retrouve Jessie Mae Hemphill chez elle, à Como (MS), et ils écoutent ensemble Miss Lula Mae's Mule, du CD Lucky 13 que leur passe David Evans. Jessie explose de rire en entendant les jeux de mots grivois que chante son vieil ami de toujours. Elle fut une chanteuse de blues renommée, notamment avec le titre Overseas Blues, mais aujourd'hui, elle se consacre au Spirituals : "Le moment approche… il y a un temps pour le blues et un temps pour les chants religieux!".

Autre instant émouvant : la rencontre avec R.Lee Miller, ancien bluesman itinérant que Big Lucky Carter aimait écouter. Devant la caméra, Miller ne résiste pas à l'envie de prendre la guitare acoustique de Carter, mais ses doigts âgés ne lui obéissent plus… Tristement pathétique!

On découvre aussi le bureau de Big Lucky Carter, où il archive toutes ses notes et ses textes qu'il protège jalousement tant qu'il n'a pas déposé de copyright. Son fils William Ray Carter se fait gentiment remettre à sa place quand il commence à parler d'un texte qu'il aime bien : son père n'a pas de copyright dessus et préfère donc qu'on n'en parle pas!

L'inspiration ? Il la trouve dans la vie de tous les jours: il descend dans la rue et, devant tant de jolies femmes, il a envie d'écrire une chanson! Pour lui, la vie de chacun est un poème.

Toujours dans son intimité, il nous fait visiter sa voiture qui se doit d'être le véhicule du parfait bluesman. Il y a stocké tout ce qui peut lui être utile : médicaments, conserves, vêtements, maïs cru, insecticide, parapluie, etc, sans oublier 2 guitares électriques, du whisky, du gin et du champagne !

Le groupe de Big Lucky Carter, celui-là même que nous avons pu voir en France au cours de l'été 1999, est présent dans le film, notamment l'excellent guitariste Lee Roy Martin qu'on voit nous présenter sa magnifique moto avec laquelle il a provoqué une véritable émeute le jour où il l'a chevauchée en descendant Beale Street !

Big Lucky Carter et Jacques Périn (photo Jocelyn Richez) Donald Valentine (batteur), Melvin Lee (bassiste) et Thomas "Blue" Cornes (claviers) sont là aussi, ainsi que l'harmoniciste John Will Perry qui lui n'était pas présent en France et à qui ce film est dédié, étant décédé peu de temps après le tournage.

Ils étaient heureux que leur vieux leader ait reçu le Pied de Soulbag des mains de Jacques Périn à l'occasion de leur concert au New Morning et aujourd'hui, ils doivent se sentir un peu orphelins… Il ne leur reste plus qu'à se rappeler ce que disait Big Lucky Carter dans ce film, après avoir chanté un blues a cappela : "Quand tu chantes une chanson, tu vas mieux ! Le blues est une thérapie".

Big Lucky Carter dans la Gazette de Greenwood:

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Blues in Belgium:

Saint Nicolas aime le Blues
Swing Bee, Kind of Both

date: 17 décembre 2002
de: Didier "Don't Forget To Boogie" <divdbranden@swing.be>

Chez nous [NDLR: en Belgique], le 6 décembre, c'est la fête des enfants. On l'appelle "la Saint Nicolas". A cette occasion, les enfants qui ont été sages durant l'année écoulée, reçoivent des cadeaux du grand Saint.

Swing Bee Faut croire que non seulement je suis toujours un enfant mais qu'en plus, j'ai été bien sage puisqu'en rentrant du boulot, ce 6 décembre, j'ai trouvé dans ma boîte aux lettres (les pantoufles ne sont plus trop tendance) une belle enveloppe avec à l'intérieur, un cd démo 5 titres, plus une courte bio d'un groupe se faisant appeler Swing Bee.

Swing Bee ..., connais pas! En parcourant fébrilement la bio, je remarque le nom de Luke Tornado. Ah oui, celui-là, je le connais!! C'est l'ancien guitariste des D-Regulators qui ont sorti deux cd Consider It Done en '97 et D Day en '99 (ce dernier chroniqué par Uncle Lee dans la Gazette N° 18 du 26 Mars 2000). Et ce sont de bien bonnes choses! Je le sais puisque je les possède, bien rangés sur l'étagère de mon salon!
J'ai d'ailleurs eu la chance de les voir au Grain d'Orge en 2000, avant leur séparation de 2001 (l'extraordinaire chanteur/harmoniciste Serge Roegiest et Winne Penninckx, le bassiste, ont formé Hoboken Slim).

Mais revenons à Swing Bee.
Il s'agit d'un quatuor s'articulant autour du guitariste Luke Tornado et de la chanteuse Jill "Lady Bee" Hilleger a.k.a. Miranda Vera Cruz Delahoya Cardinal avec, à la basse, Bob "Boomer" Gee et à la batterie, Gerry D'Haeyer.

Des p'tits gars avec de l'expérience: jugez plutôt:
Luke Tornado, ex-D-Regulators et ex-The Excello's
Bob "Boomer" Gee, notamment ex-Dirk Blanchart et ex-Catfish
Gerry D'Haeyer, notamment ex-Roland and the Bluesworkshop et ex-Catfish

Si ces noms ne vous disent rien, je peux vous garantir qu'ils sont (étaient pour certains) parmi les groupes Blues les plus appréciés de Flandre et de Wallonie.

Ils disent pratiquer du "West Coast Swing Blues" ainsi que du "retro swing".

Le résultat sont ces 5 titres enregistrés probablement en répèt',. sans mixage ni chipotage de studio, ce qui donne une musique sincère, vivante et bougrement excitante.

La chanteuse, inconnue, de moi du moins, possède une voix de rêve pour ce genre de groupe: chaude, puissante, jazzy, émouvante. Mais où l'ont-ils dénichée?? Elle est soutenue par une rythmique impeccable, j'ai envie de dire "à la flamande"(*) et de l'incomparable Luke Tornado aux guitares avec un son rétro bien à lui, comme je l'aime, des interventions bien calées là où il faut, ... Bref, j'attends la suite en cd ou en live avec BEAUCOUP d'impatience!! Merci Swing Bee et merci Saint-Nicolas!!!!

(*) dans la mesure où les meilleures sections rythmiques du moment dans notre beau pays viennent de Flandre, écoutez celle formée de Willy Maze (batterie) et de René Stock (basse) ex-Electric Kings qui sont de toutes les expériences (Alex Schults, Fred Lanni, Tee, Elmore D band, Last Call, Jake La Botz ...)




Kind Of Both Une autre démo m'est arrivée il y a déjà quelques semaines de cela: Live sans public du groupe bruxellois Kind of Both.

Ils sont 3: Marc Adler à la batterie, Patrice Labbé à la basse et Oldic Zarello à la guitare/chant (la langue choisie est l'anglais). Ils ont opté pour la forme du trio classique et un blues plutôt rock.

Cette démo est constituée de 9 reprises (dommage de ne pas y avoir inclus une petite composition personnelle), de Blind Lemon Jefferson avec Matchbox Blues à Dire Strait avec Six Blade Knife en passant par Screamin' Jay Hawkins et son incontournable I Put a Spell on You (mon coup de cœur pour Sharp Dressed Man qui m'a rappelé Spirit et feu Randy California).

Oldic Zarello à la guitare fait ce qu'il faut: assurer la mélodie et/ou la rythmique et les soli. Ses interventions ne sont ni lassantes ni "m'as-tu vu", ce qui est souvent le piège dans lequel tombent les solistes de ce genre de groupe. On est évidemment loin du son de Luke Tornado, le propos n'est pas le même et heureusement, il sait rester intéressant et inventif.

La batterie de Marc Adler m'a semblé peut-être trop discrète, minimaliste, peu inventive., comme si elle n'osait pas. Manque d'assurance ?

Patrice Labbé, quant à lui, a bien compris son rôle : faire danser. Il invente toujours un petit quelque chose qui rend sa basse joyeuse et sautillante. Bref, toujours bien en place, elle assure. Comme c'est hélas souvent le cas, le vrai problème de Kind Of Both vient du chant. La voix d'Oldic est peu originale et limitée, ce qui l'oblige à déclamer plus qu'à chanter.

Si la démo montre qu'il y a encore du boulot, notamment au niveau du chant, elle montre aussi les qualités du groupe : la fraîcheur, la réelle volonté de rendre hommage aux "grands" en s'appropriant les morceaux repris et la valeur des musiciens qui ne feront que progresser, vu le nombre impressionnant de concerts programmés.

Et puis, ils ont la pêche, ça s'entend ! A bientôt en live, avec public!!

le site de Kind of Both: http://ibelgique.ifrance.com/kind-of-both/

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Indigo Swing

de: Pascal "L'Oreille Bleue" <loreillebleue@free.fr>

Comme d'habitude, je ne réagis pas par rapport à l'actualité mais sur des coups de cœur. Voici donc la dernière tartine qui m'a secoué les neurones : Indigo Swing.
Lors de mes recherches sur la biographie de Rusty Zinn, je suis tombé sur cette tartine. En voyant la jaquette, j'ai eu immédiatement envie de l'écouter. J'ai donc couru (façon de parler) sur Amazon et quelques jours plus tard, la galette était là, prête à être dévorée, ce que j'ai fait sans attendre. J'ai bâillonné les enfants, envoyé ma femme chez une amie (ou l'inverse, je ne sais plus). J'ai débranché le téléphone, coupé les fils de la sonnette, me suis installé dans le canapé et ai mis en route le tourne-galette.
A la première note de Pink Cadillac, j'ai fait : "Whaou!" Quand le chant a démarré, j'ai bondi du canapé. Au premier solo de saxo, je dansais devant la cheminée. La contrebasse de Little David et la batterie de Bowen Brown sont incroyablement Swing, peut être plus Jazz que Blues mais qu'est ce qu'ils envoient ! Johnny Boyd, au chant, est tout aussi impressionnant. Je suis sûr que même quand il parle, il "Swingue".
Sur Reet, Petite & Gone, ce sont les changements de tonalité qui m'ont surpris. Depuis, ils m'arrachent un sourire de plaisir à chaque écoute. Comme sur le titre précédent, le saxo de Baron Shul est renversant (promis, je n'exagère rien).
Quand le Blues Swing ralentit et se met à pleurer, c'est Please tell' Em qui m'a remué les tripes. Du coup, je me suis servi un bourbon. Le solo de guitare de Danny Caron n'est pas une démonstration de technique et convient parfaitement au titre. Relayé par le sax juste avant le retour du chant, que du beau.
Mes pieds ont immédiatement repris leurs gigotements frénétiques sur le Boogie Swing I can't stop it. J'ai été obligé de poser mon verre. Cette fois, c'est à William Beatty au piano de se mettre en avant et je me demande si je ne devrais pas réécouter les premiers titres pour prêter un peu plus d'attention aux gesticulations des doigts de cet homme. Le saxo revient encore en solo. Mon dieu ! Ces mecs ne sont pas des êtres humains. Dès les premières notes de My baby don't care for me, les chats en pâte à modeler du clip de Nina Simone sur le même morceau me reviennent en mémoire. Le chant n'a pas grand chose à voir avec celui de la grande dame mais encore une fois, l'ambiance, le jeu de piano, la basse/batterie, tout est parfait.
L'ambiance de I love Paris est posée par la contrebasse et je dois dire que Little David s'y connaît en "pelotage de grands-mères". Je retrouve un peu sur cet instrumental l'ambiance des "Aristochats". Ne vous moquez pas, ce sont mes premiers émois musicaux, ça se respecte.
L'intro de Swing Lover est un poème de Little David. Mon super niveau d'anglais m'a permis de comprendre au moins deux mots. Si quelqu'un peut m'aider sur ce coup-là !!! Sinon, c'est un titre tranquille et superbe, le genre de truc qui donne envie de jouer du Swing.
Le standard du Rock'n'Roll Flip Flop Fly, repris à la sauce Boogie Swing avec un solo, piano seul, où le jeu de main gauche de William Beatty m'a époustouflé. Le solo de guitare de Rusty Zinn est, comme toujours, précis, efficace et inspiré. J'ai fini mon bourbon, mais je danse trop pour pouvoir me resservir.
Pour My baby comes' round at 8, c'est la même ambiance que celle de Pink Cadillac ou de Swing Lover. On en oublie la beauté de l'accompagnement pour n'écouter que la voix. Johnny Boyd semble très heureux que son amie vienne dans le coin à 8 heures. Un couplet très intimiste ou il s'adresse à elle. Du bonheur ! J'en reprends un bourbon, ça va mal finir.
Encore du Boogie piano sur rythmique Swing pour Red Door Blues. Rusty Zinn est de retour. Lui, c'est sûr, c'est un extra-terrestre ou peut-être un terrestre-extra, allez savoir.
Une intro de batterie plutôt Mambo pour Baby baby, avec un jeu amusant entre le chant et les réponses piano. C'est assez étonnant d'entendre comment Baron Shul accompagne la rythmique de son saxo sans être envahissant. Rusty Zinn revient nous faire le coup de la guitare qui tue. Je suis mort.
Encore le piano en avant pour Chou chou ch'boogie. Mais comment font-ils pour être aussi bons ? Je suis hors d'haleine, je n'ai pas arrêté de danser depuis le début (sauf pour me servir).
Enfin, un peu de calme, pour le Cool Swing She dreams of me. J'ai failli aller chercher ma femme pour danser mais elle ne sera pas capable d'écouter sans faire de commentaires : je préfère renoncer.
Un dernier instrumental, Red door Blues, pour boucler la tartine. Comment ai-je pu ne jamais entendre parler d'eux avant ?

Globalement:
Peut être que les puristes du Blues n'y trouveront pas leur compte, mais il n'y a rien a jeter dans cette rondelle que tout amateur de Swing doit absolument avoir. Il y a du Jazz, du Boogie, du Rock'n'Roll, mais c'est le Swing qui règne en maître. Les musiciens sont des monstres. Que dis-je? Des docteurs es-swing. Fourmis dans les pieds garanties. PS: Est-ce que je vous ai dit que c'est du Swing ?






Comme j'ai eu beaucoup de mal à me remettre de l'écoute de la tartine Indigo Swing, j'ai eu envie d'en savoir plus sur la bande. J'ai donc trouvé une autre galette de la même équipe, passé une commande et guetté le facteur. J'ai trouvé le colis dans ma boîte un matin pluvieux de décembre en partant travailler. Je n'ai pas pu résister : j'ai immédiatement glissé le CD dans le tourne-tartine de la voiture. J'avais une heure de route devant moi et 47 minutes étaient annoncées sur la jaquette. Si ça c'est pas de l'organisation ! ! ! J'enclenche la première quand Red Light (1999 Time Bomb Recording 70930-43528-2) démarre. Whaou ! C'est bien parti. C'est avant tout le chant et la basse/batterie qui m'impressionnent. Suivant les titres, ce sera la guitare, le piano ou le saxophone, bref, comme dans le cochon, tout est bon. Quelques personnes que j'ai croisées ont dû se poser des questions en me voyant, tout sourire, sautiller derrière mon volant sur Pop's at the Hop ou zigzaguer à l'écoute de Another Day in LA. J'ai dû faire, ce jour-là, le trajet sur coussin d'air et mon client a rarement dû voir un visiteur aussi souriant. Le retour s'est fait dans les mêmes conditions. Je me suis interdit de réécouter cette galette dans la voiture : trop dangereux pour moi! Je suis encore moins attentif à la route que quand je téléphone. Vous l'aurez compris, si vous aimez le Swing, vous ne pouvez pas plus vous priver de cette rondelle que de la précédente. Il existe une autre tartine de Indigo Swing All Aboard (Time Bomb - 43517) et Johnny Boyd a sorti une galette solo à laquelle participent entre autres Baron Shul et Josh Workman. Last Word In... (Cliffdive 6864). Il est fort possible que nous en reparlions.

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Démo & Merveille:

Stincky Lou & the goon Mat

date: 21 janvier 2003
de: Jocelyn Richez <jrichez@noos.fr>

Bonne surprise, ce soir, en ouvrant ma boîte aux lettres : j'ai découvert, sous une pile de prospectus et de journaux gratuits, une enveloppe à bulles qui a attisé ma curiosité. Je me suis empressé de l'ouvrir pour y trouver - oh joie - la toute nouvelle démo 7 titres de Stincky Lou & the goon Mat. Le cd est encore tout chaud, rendez-vous compte, il a été enregistré le 15 janvier 2003 et il est déjà dans ma boîte aux lettres le 20 !!!

Je n'avais pas encore retiré mon manteau que le cd était déjà dans la platine. Première impression, c'est la suite logique de la précédente démo 4 titres, en plus abouti, avec en plus un invité sur 3 titres : Alain Camus à la batterie. On y retrouve 4 reprises (dont Rollin' & Tumblin' - j'en profite pour saluer l'ami Rol...) mais aussi 3 compositions de Mathias Dalle (Boogie Tonight", I don't Care et Tell Me). Voilà une démo qui va ravir tous les amateurs de delta blues bien roots, bien poisseux. Ceux qui ne connaissent Mathias Dalle que par ses enregistrements avec Bluesin' Machine vont être surpris.

Mathias Dalle et Laurent Goosens Ce jeune musicien nous dévoile là une autre facette de son talent, jouant aux doigts ou en slide, dans un style brut et dépouillé, avec un minimum de solos, qui colle bien au style de blues joué. Dans ce registre, l'accompagnement à la contrebassine de Laurent Goosens, alias Stincky Lou, est d'une parfaite pertinence. En écoutant ce disque, pas besoin de beaucoup d'imagination pour se trouver transporté dans un bar crasseux du fin fond du Mississippi, transpirant sous la chaleur moite d'un après-midi d'été, cerné par les champs de coton. Au fond du bar, sur la scène microscopique, deux jeunes blancs becs jouent un blues rustique, connectés à un ampli déglingué devant des blacks qui se mettent à danser. Bon, je délire un peu, mais je pense que ma vision n'est sans doute pas loin de la réalité quand, durant l'été 2002, ils se sont imprégnés de cette musique, jouant dans les juke joints de Bentonia, de Clarksdale ou de Greenville.

Stincky Lou & the goon Mat, c'est pour moi la révélation française de ces dernières semaines, un duo qui réunit deux supers potes à découvrir rapidement en live. Je pense qu'il y a de chaudes soirées en perspective ! Bon, je vais arrêter de discuter pour me repasser le cd...

les titres du CD: Rollin & Tumblin', Bad boy, Boogie tonight (Mathias Dalle), I don't care (Mathias Dalle), Walkin' blues, Rock me baby, Tell me (Mathias Dalle)

Contact: The crazy Blue Stuff, Tel: 33 (0) 6.87.40.72.45, Fax: 33 (0) 3.20.02.24.71, e-mail: thecrazybluesstuff@yahoo.fr

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Hot Gang
Devil In Memphis

date: 31 janvier 2003
de: René Malines <renemalin@aol.com>

Depuis quelques années, les bons groupes de blues semblent pousser comme des champignons en notre bonne terre de France. Et si on excepte un Marseillais et un Toulonnais (Magic Loup & Buck Blanc ou quelque chose comme ça), surtout dans l'Ouest du pays. Et si on excepte les Normands et les Bretons (Doodoomen, Hoo The Doo et quelques autres) surtout dans le Sud-Ouest. Et si...oui, bon, ça va ! Ok, bon, les Hot Gang sont de Périgueux (rien à voir avec le zoo de ce porc Jerzy). Et je ne sais pas s'ils carburent au cassoulet arrosé de vin de Cahors, mais ça n'a certainement pas été le cas avant d'entrer en studio. En effet, ce genre de diététique se prêterait plutôt à la petite sieste peinarde dans un silence complet favorisant le repos réparateur, si ce n'est quelque déplacement gazeux communément appelé vent. Les gars de Hot Gang, eux, en fait de vent, il pètent le feu, oui!

Dès les premières notes, ils vous empoignent par les esgourdes et vas-y : rockabilly furieux, swing béton, batterie de folie (Nicolas Estor, véritable "King Of The Jungle Beat") et des cuivres....ah, Maman, ces cuivres ! Mais d'où ils les sortent, ces petits génies? Pas de l'école des fans, quand même? Pas de Starac'? Mais où apprend-on à jouer comme ça, précis, carré, inventif, solide, mélodique et percutant ? Heureusement qu'il est court, ce CD, vous vous rendez compte, à mon âge? Mais c'est la crise d'apoplexie qui me guette à chaque écoute! Hé les gars, you leave me haaaahhhhhhhhh.....breathless ! [(c) Jerry Lee Lewis]. Heureusement aussi que Johan Gauthier et ses potes ont glissé I Don't Like Sleeping (sans blague? ;) au milieu de l'album, sorte de ballade country slide pour respirer un peu. Non, sérieusement, ce CD, c'est une bombe, un attentat, un acte de terrorisme du FLO (Front de Libération Occitan). Hot Gang, ce sont des Occitans très Excitants ! (30 piges que je l'avais pas placée, celle-là ;).

Oui, bon, d'accord, mais alors, juste pour dire, hein, vraiment histoire de faire la fine bouche: il y a une faute d'orthographe sur le digipack (ben ouais, c'est couillon....mais je vous laisse la trouver, gros malins!). Pour le reste, encore un petit groupe dont on va très vite découvrir que c'est un grand ! Très chaudement recommandé, surtout si on vous a coupé le chauffage. Très très Hot!

Si vous ne le trouvez pas chez votre disquaire habituel, pour se procurer le CD, envoyez 15 € à cette adresse :
LES DISQUES DE LA TOMATE - BP 343 - 85350 ILE D'YEU - FRANCE
en n'oubliant pas de préciser le disque désiré.
Ou bien visitez le site http://lesdisquesdelatomate.free.fr

ref CD: Hot Gang, Devil In Memphis, Les Disques de la Tomate/Mosaic Music - T#002, Référence 360692, 2002, (38 : 23)

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Dawn Tyler Watson
Ten Dollar Dress

date: 31 janvier 2003
de: Xavier "Delta Blues" <deltablues@wanadoo.fr>

Quelle frustration de ne pouvoir assister à un des prochains concerts de Dawn Tyler Watson !! Oui, c'est une véritable déception ......

J'ai reçu Ten Dollar Dress, grâce à Brian Slack du "petit label au grand coeur" comme le définit elle-même Dawn Tyler Watson. Je me suis donc empressé de mettre cet album dans ma platine, mon AKG vissé sur les oreilles, et là ....... surprise... non, ÉNORME surprise ! Cet album est au-delà de ce que j'attendais. Certes, les thèmes abordés tournent presque tous autour de l'éternel problème de l'être humain depuis qu'il a compris qu'il pouvait aimer: L'Amour.

Mais, que c'est beau, que c'est plaisant à écouter, qu'il est bon de fermer les yeux et de se laisser envahir par la voix de la belle Dawn Tyler. Depuis le temps que je n'avais pas eu le corps parcouru de frissons comme je l'ai été ce soir; seul, les yeux fermés, mon rockin' chair en balance. Qu'est-ce qui n'a pas encore été dit à son sujet ? Finalement, pas grand-chose..

Révélation du Festival Blues Passion de Cognac en juillet 2002, [révélation alliant le charme, la beauté et le talent], sa tournée actuelle en France, accompagnée par un des tous meilleurs groupes actuels de la scène Blues française, les Mudzilla, son album plébiscité par la presse Blues Française et Canadienne, sa vie dans l'Ontario alors qu'elle est anglaise, bref, tout a été dit .. Mais, avoir entendu parler de Dawn Tyler Watson sans l'avoir écoutée, c'est un peu comme dire qu'on aime pas le caviar sans l'avoir jamais goûté ..

Quel bel album que ce Ten Dollar Dress. Pour ma part, je me laisserai tenter par une drôle de métaphore. Cet album n'est pas du Blues. Du moins, pas au sens ou nous pourrions l'entendre. Certes, je le reconnais, en écoutant Cigarette, ou encore You Can't Be True ou encore Shoot The Devil, nous sommes en plein dedans, mais d'influences en influences, Dawn Tyler nous emmène dans son univers. Un monde illuminé de teintes Jazzy, Folk et Rhythm & Blues. Paradoxalement, mes préférences se tourneront vers les superbes ballades que sont Hey Hey, Nobody Home et, bien entendu, pour le titre qui selon moi est le plus beau de cet album, Movin On.

Et puis, il y a l'humour. Avec Latex, Dawn Tyler nous rappelle que la multiplication des relations ne peut être consentie que par une bonne protection par "condom"...

Allez, pour finir,cette prose mais également l'album, on se retrouve face à la seule reprise de Ten Dollar Dress : Purple Haze de Jimy Hendrix. Fallait oser!! D'une part, parce qu'elle réalise là une véritable cover, mais surtout, parce que rendre ce bel hommage au gaucher le plus connu de la planète, doit, comme il est dit dans le kit-presse, le faire "taper du pied dans sa tombe"...

Vous l'aurez compris, I'm falling in love with her !! Sa voix, son charme, son Blues, sa beauté, sa douceur quand elle vous chante dans l'oreille.... Oui je crois que je l'aime..

Et malgré tout, je ne pourrai aller la voir en tournée.... Frustration, quand tu nous tiens...

Le site de Dawn Tyler Watson: www.dawntylerwatson.com

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Mudzilla:
Zooziana
(du calme René)

date: 3 février 2003
de: René Malines <renemalin@aol.com>

En rentrant du boulot hier au soir, j'ouvre ma boîte à lettres et ..... comment ? Ah on vous l'a déjà faite celle-là ? Et dans ce même numéro en plus ? Bon, ben j'essaie une autre approche alors....

Oh toi, vaillant postier
Bravant les éléments
Les dangers de la ville
J'aimerais te serrer dans mes bras
Car tu m'as z'apporté
Entre autres documents
Un CD pas débile
Le premier album de Mudzilla !

Ah, bon, ça le fait pas non plus ?
Orgh ! Bontempi...

Ok, alors allons-y carrément : Mudzilla, premier album : Zooziana.

Premier constat : Mig Tocquereau est un putain de chanteur exceptionnel ! Avec Shake on Shake, il était déjà très bien.
Avec DooThe Doo, c'est encore mieux.
Mais alors là ! Non mais quelle maîtrise, quelle diction, quel timbre (non, non, pas la boîte à lettres, la tessiture, andouille !) quelle voix !
Mais attends, attends, qu'est-ce que tu racontes, là ? Mig a rejoint Mudzilla ?
Maaaaais nooooooooon... Enfin, oui, mais pas vraiment, juste le temps de 2 titres, en invité. Et justement, l'un d'eux ouvre l'album. Ça s'appelle Hang Over et c'est un mélange mambo/funk, enfin un truc qui bouge, quoi, mais un régal, ça c'est sûr! Vincent Pollet-Villard nous la joue piano électrique - ça se prête merveilleusement au morceau - et orgue, et que voilà un couple qui va bien ensemble!

Le même Vincent reprend sa place de chanteur sur All For You à l'ambiance "parente" du précédent, si ce n'était le chant, justement, plus soft que celui de Mig, et la rythmique acérée de Florian Royo très en avant, ce qui est assez inhabituel mais finalement, plutôt bienvenu. En fait, on commence à sérieusement se rapprocher de la Louisiane, là, avec son petit riff à l'orgue très swamp.
Mais oh, pas si vite ! Alors comme ça, Florian aurait quitté Mr Tchang & Easy Money ?
Ah non, pas du tout, pourquoi ? Ah, mais c'est que c'est comme ça, la nouvelle génération: les bons, on se les arrache de partout maintenant, qu'est-ce que tu crois? La preuve? L'autre guitariste, qui nous prend quelques soli où la délicatesse du doigté n'a d'égale que sa précision, n'est autre qu' Anthony Stelmaszack, LE Tony des Flyin' Saucers, alors tu vois... Non, ch'teul dis moi, y'a que des pointures sur ce disque! Et l'harmo, c'est qui? Ha ha, surprise! Un coup c'est Vincent, un coup c'est Tony, un coup faut deviner (c'est pas marqué sur la pochette pour Lagniappe Way). Tiens, d'ailleurs revoilà Mig sur ce titre. Non, le chant lead, c'est Vincent, mais si le morceau part comme une compo du Pr Longhair, y'a un super break harmo/batterie second line qui amène des choeurs où Mig prend la tête, c'est génial.
Allez, un peu de rock & roll - y'aurait pas du Florian là-dessous, avec son look très Blue Cap de Gene Vincent? - ça fait jamais de mal.

Quoi, et le blues ? Ah oui, merde, le blues.... Où qu'ils l'ont mis le blues?
Ah ben juste derrière, là, tiens, t'entends? Juste derrière la musique, dans les influences. Dans le feeling. Dans l'esprit. Ah, pas toujours dans la forme, non. Pas au premier degré. Pas vraiment dans le style 3 accords, 12 mesures, non.
Ah ben ouais, mais caisse tu veux, ils font LEUR musique, ces jeunes.
Mais pu.....naise (y'a des gosses ? Non ? Ouf !) qu'elle est chouette leur musique!

C'est sûr, l'année prochaine, je vote pour eux dans la catégorie "best blues influenced music of the year" dès que je la trouve quelque part! BottleNets, Trophées France Blues, Andy J. Forest Awards, m'en fous, Blues Academy (c'Roussos ?) mais je vote!

Mais si t'en veux, du titre lent qui s'étire à n'en plus finir, avec chanteur à lunettes noires noyé dans la fumée de cigarette (j'imagine, là, hein, c'est pas un DVD, c'est un CD audio) que ça te prend par les tripes et que ça te les déroule jusqu'à te laisser exsangue, vaincu, mais comblé, alors écoute 4 a.m, avec sa superbe intro à la contrebasse (Nicolas Domenech), tu m'en diras des nouvelles!

Mais bon, je cause, je cause, et pendant ce temps, le disque tourne, égrenant bijou après merveille, que tu me fais tout rater, toi!
Non, sans déc', ce disque, il me manquait déjà avant de le connaître - ah oui mais je les avais vu "live" avant, quand même ;) - mais alors là,maintenant, je sens qu'il va en faire des tours de manège sur ma platine avant d'aller souffler un peu sur l'étagère (juste entre Musselwhite et Nathan & the Zydeco Cha Cha's, il devrait se sentir bien, là, à sa place ;). Ben oui, l'expression "décrocher le pompon" prend tout son sens, là!

Hein ? Qu'est-ce qu'y dit Oli ? "Et si t'en profitais pour faire une vraie chronique"?
Ah ben oui, tiens. Et si, hein? Bon ben d'accord, alors voilà :

Chronique :
Le disque de Mudzilla "Zooziana", il est vachement bien. Je l'aime boucou.

ça va Oli, j'ai bon, là? [NDLR: c'est concis, clair, net, efficace... c'est tout bon coco!]

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la Rubriqu' à blues…

Mississippi Heat: Footprints On The Ceiling

Depuis onze ans que le groupe chicagoan Mississippi Heat existe, il a toujours su s'entourer de musiciens de haut vol. Pour leur quatrième album, "Footprints On The Ceiling", la règle est maintenue et les invités ne sont pas moins que Billy Boy Arnold et Carl Weathersby.
Leur précédent album, "Handyman" (Crosscut [CCD 11064]) avait été un gros succès musical, aussi la sortie de "Footprints" fut une bonne nouvelle et, à l'écoute de cet album, le plaisir ne fut pas gâché.
Tout d'abord, après le départ de Katherine Davis (chanteuse du groupe pendant 4 ans), le leader et harmoniciste Pierre Lacocque s'est adjoint les services d'une nouvelle chanteuse en la personne de Inetta Visor. Elle prête sa superbe voix aux chansons de Pierre, et est convaincante sur chacune d'entre elles. Je dirai même qu'elle est émouvante sur "What Else Can I Do ?" qu'avait écrit Katherine Davis.
Carl Weathersby à la guitare joue sur chacun des titres de l'album. Il donne aussi de la voix sur "Caribbean Sunshine", où il tient un fantastique solo de guitare, et sur "Hobo Blues" ainsi que "Still Havin' A Ball".
En tant que guitariste, on retrouve Michael Thomas et Chris Winters qui se montre excellent, notamment à la slide sur "She's Got Everything".
La rythmique est tenue par Kenny Smith dont le père, Willie Big Eyes Smith, fut batteur pendant une quinzaine d'années pour Muddy Waters. Kenny Smith est très fin dans tout ce qu'il joue, sachant nuancer ses battements pour un résultat que je qualifierais de très élégant. Le bassiste est Stephen HOWARD, accompagné par Roger Weaver aux claviers, lui aussi discret mais sachant toujours apporter un petit plus au bon moment.
L'instrument roi de cet album est l'harmonica bien sûr (l'instrumental "Blues For George Baze" en hommage à l'ancien guitariste de Junior Wells en est un bon exemple), et il ne pourrait en être autrement avec la présence de Billy Boy ARNOLD. En acoustique sur "What Kind Of Man Is That ?", il est très bon.
Un autre morceau instrumental, "Madcat Hop", met en exergue le musicien Peter Madcat RUTH dont le jeu rapide transforme l'échange entre les deux harmonicas en un grand moment de cet album.
Prouvant avec ces compositions que l'on peut faire du neuf avec du vieux (le son de Pierre a un agréable côté vintage), "Footprints On The Ceiling" est cependant la seule reprise et avait été précédemment enregistrée par Ruby Andrews.
A noter également une remarquable réalisation du CD, en digipack, avec de belles photos, une impression de qualité, et un livret de 18 pages principalement rédigé par Michel Lacocque, frère de Pierre et manager du groupe.
Un vrai plaisir je vous dis.
Phil Net

( Crosscut Records [CCD 11071] 2002 )

Tout savoir sur les Mississippi Heat: Mississippi Heat: la Saga (LGDG n°44)
Footprints
On The Ceiling





Charlie Christian: the Genius of the Electric Guitar

Mes chers amis bluesophiles,
Juste un petit mot pour vous recommander chaudement le coffret de l'intégrale de Charlie Christian qui est actuellement dans les bacs (je sais, ça fait belle lurette que les disquaires n'ont plus de bacs. Mais, à mon âge, on a du mal à adopter un nouveau vocabulaire).
Je rappelle que Charlie Christian est le grand maître de la guitare électrique d'avant-guerre. Venu d'Oklahoma pour jouer avec Benny Goodman, il a enregistré ses chefs-d'œuvre sur une période de deux ans (1937/1939, de mémoire), révolutionnant ainsi l'instrument. Je ne suis pas certain qu'on ait fait beaucoup mieux depuis. Et puis, il est mort de tuberculose et d'épuisement à 25 ans.
D'abord, le coffret est magnifique : une copie/maquette de l'ampli Gibson de Christian. Ensuite, le booklet est super, avec plein de photos que je ne connaissais pas et enfin, les quatre cd qui sont bien sûr indispensables, avec un son comme les types derrière les consoles savent bien faire aujourd'hui!
Que ceux qui ne connaissent pas Charlie Christian se dépêchent d'aller acheter ça. Ce n'est pas très cher (autour de 35 euros) et ils comprendront d'ou viennent Duke Robillard, Rusty Zinn, Charlie Batin, BB King et même, en grande partie, T Bone Walker!
Et ceux qui le connaissent, prendront le plus grand plaisir à écouter les moindres nuances du jeu du maître, grâce au repiquage des matrices originales. Quel swing, quelle invention mélodique! Il ne s'exprimait jamais très longtemps dans les disques de Goodman, mais chacune de ses phrases pourrait devenir un standard!
Jean-Michel






AMor - Even After That

(HATMAN 2009)

L'ancien guitariste de The Hoax nous revient avec son nouvel opus, Even After That. Autant son premier album pouvait nous laisser sur notre faim, manquant éventuellement de personnalité, autant celui-ci en a, de la personnalité. Et on comprend tout de suite la direction choisie par Jon Amor et ses deux comparses dès la première écoute du premier titre de l'album, Hard Hat. C'est du blues rock, efficace mais quel est ce son qui sort subitement, inhabituel, dans un disque dit de blues... Mais, mais, mais ça scratche !! Mais, mais, mais, il y a du sample !!
Et oui, voilà le blues rock d'Amor bien teinté de touches électro! Bon, je rassure les plus hermétiques d'entre vous, on n'est pas submergé d'électronique, tout cela est utilisé en général avec parcimonie. C'est assez discret, utilisant des sounds classiques, des extraits de dialogues, voire parfois, je le soupçonne de sampler ses propres phrases guitaristiques et de les replacer comme rythmique ou leitmotiv lancinant comme sur Even After That (sample-t-il en live, je ne saurai le dire).
Les samples sont surtout utilisés en intro, ou en rythme répétitif ou pour caler une ambiance. Ils ne prennent pas le pas sur la musique, à part peut-être sur Bring My Baby Back ou sur Can't Stand Up (tendance Moby-esque).
L'album est bien construit et équilibré, plutôt dansant, donnant envie de hocher la tête ou de taper du pied. L'ambiance musicale est parfois privilégiée (comme souvent dans l'électro) au détriment des soli guitaristiques. Il faut quand même noter que Jon Amor a un bon feeling pour les riffs bien sentis !
L'album est constitué de 10 titres originaux agréables à écouter. Un blues rock peu agressif, malgré quelques facilités ici ou là.
Amor, c'est à la base : guitare, basse, batterie plus un clavier sur l'album. Je suis donc curieux de voir ce que le travail de studio, la mise en place et les effets peuvent donner sur scène ! J'espère pouvoir le dire rapidement. Néanmoins, pour ceux et ceussent qui sont dans la région lyonnaise, il passe à Tullins le 17 janvier.
Sur leur site, www.amor.uk.com, on peut downloader quelques titres live tirés de bootlegs.
Voilà un album à conseiller à ceux qui aiment le blues rock et qui ne sont pas trop allergiques aux sons électroniques, histoire de découvrir la direction que certains cherchent à faire prendre au blues aujourd'hui.
Tof






John Hammond : Ready For Love

( Back Porch Records [?] 2003 )
Ready For Love

John Hammond n'est plus à présenter dans le monde du blues où il est un artiste reconnu, par la qualité de sa musique en acoustique d'abord, qui est à l'origine du succès et de l'intérêt de nombreux de ses albums, mais aussi par la qualité de ses interprétations qui font de la plupart de ses reprises des éléments de référence dans le style root.
Pour son 29ème album (!) dont la sortie est annoncée pour le 17 février 2003, John Hammond persiste dans son choix de ces dernières années où l'électrique est plus présent. On retrouve également une continuité par rapport à son œuvre précédente "Wicked Grin" où John reprenait alors des chansons de Tom Waits et qui fut un succès international. En effet, le son électrique et le ton semblent souvent issus de la même veine et deux reprises de Tom Waits ("Gin Soaked Boy" qui est très blues et "Low Side of the Road" bien dans l'esprit de Waits) viennent compléter cette impression.
Les musiciens Stephen Hodges (des Fabulous Thunderbirds) à la batterie et Augie Meyers aux claviers que l'on retrouve ici sont, eux aussi, issus de l'aventure "Wicked Grin".
"Crown Vic" qui débute l'album et a été écrite par John, est jouée avec un beat à la John Lee Hooker annonçant que le blues root est encore une fois à l'honneur.
Cependant, la country est aussi un élément qui revient régulièrement dans l'album, la violoniste et choriste Soozie Tyrell amenant des touches lancinantes de violons sur les titres "Color Of The Blues", ou "Just One More" qui clôture l'album.
Une reprise de "Can't Remember To Forget", chanson pour crooner, nous renvoie quelques dizaines d'années en arrière. "Comes Love" est par contre dans un style beaucoup plus jazzy.
Par ailleurs, j'imagine bien les titres "Easy Lovin'", très...easy listening avec son violon et son accordéon nonchalant, et "Just One More" tournant dans un paysage du sud des Etats-Unis, à la frontière du Mexique par exemple. Peut-être est-ce dû à l'influence du producteur David Hidalgo (musicien des Los Lobos) qui tient la guitare et la mandoline et signe deux compositions de sa plume ("No Chance" et l'excellent "I Brought The Rain").
Parmi les reprises, on se délectera de "The Spider And The Fly" des Stones qui est superbe, et "Same Thing" de Willie Dixon.
On retrouve Frank Carillo à la guitare et le bassiste de Duke ROBILLARD, Marty Ballou.
Phil Net






Chris Michie: Tough Love, Seven River

( CatchARabbit Records [SB2000] 1998 )

Chris Michie a traversé les années 70 et 80 aux côtés de personnalités reconnues du monde de la musique : Van Morrison, Stevie Wonder, Jerry Garcia, The Pointer Sisters, Maria Muldaur. De même, il a partagé la scène avec des grands noms du blues tels que BB King, Albert King, Big Mama Thornton, Buddy Guy, Taj Mahal, et j'en passe. Autant dire qu'il a un passé ayant trempé dans le blues.
 
Lorsqu'en 1998 il grave l'album "Tough Love", on peut donc s'attendre à ce que ce soit cette facette-là qui soit mise en avant. Et bien, non. Chris Michie a aussi de fortes influences venues du rock et de la pop. C'est donc ce mélange qui sera la recette de "Tough Love".
Le premier morceau "Use Me", qui balance de façon plutôt soul, est suivi par "Shaky House", qui remue encore un peu plus. Ces bons morceaux montrent Chris comme étant un bon guitariste, certes, mais le son de guitare est cependant trop artificiel, trop rock et peu adapté au blues.
"A Bone To Pick", un titre presque jump, s'annonce bien mais il est affaibli par une guitare rock et trop rageuse. Dommage.
Les morceaux suivant, dont "Gimpy", instrumental dans le style Santana mais sans les percussions, s'enchaînent avec peu d'intérêt pour les amateurs de blues qui devront attendre le dixième titre, "The Terminal Dog", pour un titre blues-rock où la présence de la partie rythmique et les cuivres font penser à du Albert Collins.
 
Deux années plus tard, en 2000, Chris enregistre un nouvel album, "Seven Rivers" qui se veut, lui aussi, teinté de blues.
L'album commence effectivement très bien avec "You Got Me By The Heart". Là encore, le solo de guitare est déjà trop rock, mais il faut noter la présence de l'harmoniciste Norton Buffalo qui fait du bon boulot.
Norton Buffalo est toujours aussi brillant sur le deuxième titre, "Eleven Dollars Bills", et les premières notes de guitare semblent sortir d'un album de ZZ TOP. On y est, ça sent bon le blues-rock !
Avec "Club Medication", on reste dans le blues et on souffle un moment avec un rythme un peu plus lent.
C'est à partir du quatrième titre, "Arcadian Blues", où on perd le blues de vue pour retrouver du pop-rock sur tout le reste de la galette.
Seul le "Ease On To Love" revient vers une ambiance plus bleue sous la forme d'un slow blues, mais le reste en est loin. "Your Father" est même franchement disco.
 
Bref, deux CD qui ne seront pas pour enchanter les amateurs de blues et qui ne pourront plaire qu'aux amateurs de guitares. Car il faut reconnaître que le jeu de Michie est très sûr et très pro, peut-être trop. Il se montre polyvalent, outre la guitare joue de la basse ou des percussions, et est certainement un excellent artiste de studio. De plus, le chant est plus que correct. Sur ces deux albums, il a su s'entourer de musiciens de bonne qualité qui donnent un bon ensemble, mais Chris Michie ne joue pas autant le blues qu'il veut bien le faire croire. Peut-être le prochain album ?
Phil Net

( J-Bird Records [6 1746 80352-2] 2000 )

Tough Love

Seven Rivers



... bientôt d'autreschroniques ici!!!!

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Exclusif!!!!!!

les 4ème J.R. Awards !

Pour la 4ème année successive, la Gazette de Greenwood est fière de vous présenter les désormais prestigieux J.R. Awards décernés par Jocelyn Richez qui mériterait de se décerner le J.R. Award du plus grand fan-baroudeur du blues!

date: 4 janvier 2003
de: Jocelyn Richez <jrichez@noos.fr>

Comme les années précédentes, je vous présente un palmarès personnel qui n'engage que moi et dont je suis le seul et unique membre du jury; voilà qui est clair! Il n'y a rien à gagner, c'est juste que ça m'a amusé de faire ce petit palmarès, où on retrouve les différents styles de blues que j'aime et surtout mes coups de coeur de l'année.
Bon, je n'ai pas tout vu ni tout entendu, mais j'ai néanmoins beaucoup voyagé, vu de nombreux concerts, assisté à de nombreux festivals, écouté beaucoup de disques et démos. Je ne fais pas plus de commentaires. Voici une synthèse des moments fort de mon année 2002 en blues:



CD

cd américains

  1. Jody Williams (Return of a legend - Evidence)
  2. Jamie Wood & the roadhouse rockets (Flying high - Bluestime records)
  3. Boo Boo Davis (Can man - Black & Tan)
  4. Tommy Bankhead (Please accept my love - Fedora)
  5. James Cotton (35th anniversary jam - Telarc)
  6. Arthur Williams (Midnight blue - Rooster)
  7. Mississippi Heat (footprints on the ceiling - Crosscut)

ré-éditions / compilations / anthologies

  1. T Bone Walker (master of jazz)
  2. Smokey Smother (sings the back porch blues - Ace)

cd européens

  1. Rosebud Blue Sauce (First jump - outside)
  2. Egidio "juke" Ingala Band (Drivin' & Jivin' - Keyman)
  3. Hoodoomen (Keep on dreaming)
  4. Boogie Brothers (Renaud Patigny & Carl Sonny Leyland)
  5. BB & the Blues Shacks (midnight dinner - Crosscut)

démos

  1. Bluetone
  2. Bluesin'machine (live à Orchies)
  3. Stincky Lou & the goon Mat
  4. Scratch my back
  5. Damien Lopez (live au jam)
  6. Mama's Biscuits
  7. Boogie Disease

REVELATIONS

révélations françaises

  1. Bluetones
  2. Stincky Lou & the goon Mat
  3. Harpsliders
  4. Back to the roots

révélations étrangères

  1. Egidio "juke" Ingala & Alberto "blue eyes" Colombo
  2. Little Aaron & Charles Hunt
  3. Birdlegg
  4. Jamie Wood
  5. Juce Garcia & Johnny Cat
  6. Dawn Tyler Watson
  7. Sharrie Williams & the Wiseguys
  8. Craig Horton

CONCERTS

concerts d'artistes français

  1. Hoodoomen à Saint Denis
  2. Scratch my back à Jacksonville
  3. Rosebud Blue Sauce à Thouars
  4. Bluesin'Machine au biplan à Lille
  5. Little Victor & Sophie Kay à Saint Ouen
  6. Malted Milk à Pornic
  7. Damien Lopez au House of Live à Paris
  8. Bloosers à Meudon
  9. Benoit Blue Boy à Tremblay
  10. Bo Weavil à Paris

concerts d'artistes européens

  1. Egidio "juke" Ingala à Cognac (Blues passions)
  2. Axel Zwingenberger à Paris (nuit du piano jazz & boogie)
  3. BB & the blues Shacks à Rosny (Blues sur Seine)
  4. Renaud Patigny à Paris (nuit du piano jazz & boogie)
  5. Tee à Cognac (Blues passions)
  6. Elmore D à Cognac (Blues passions)

concerts d'artistes américains

  1. Little Aaron & Charles Hunt à Utrecht (Blues estafette)
  2. Phil Guy à Chicago (festival)
  3. Vance Kelly & guests au Checkerboard Lounge à Chicago
  4. Birdlegg à San Francisco (festival)
  5. John Primer / Mathew Skoller / Lester "mad dog" Davenport au BLUES à Chicago
  6. Jody Williams à Utrecht (Blues estafette)
  7. UP Wilson (& Boogie disease) à l'Art Puce Cafe à Saint Ouen
  8. Candy Kane au New Morning à Paris
  9. Roy Gaines au méridien à Paris
  10. West Coast All Stars (Rusty Zinn, Lynwood Slim, Johnny Dyer) à Marcq en Baroeul
  11. Gary Primich à Jacksonville (festival)

Festivals

Cognac

salle de concert

Art Puce Cafe

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