n°50
(avril 2003)
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Tome 1:
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Tome
2
Tome 3
MEMORIES: numéro spécial John Mayall:
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date: 1er mars 2003
De: Patrice Champarou <pmchamp@club-internet.fr>
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Warning : Chaque semaine apportant son lot de surprises depuis que j'ai découvert le premier CD d'Andy Cohen "Oh Glory, How Happy I Am" consacré aux chants de Gary Davis, cette chronique sera _forcément_ incomplète... |
Ce fut tout d'abord la confirmation de ce que je subodorais, à savoir qu'Andy est un maître reconnu des styles ragtime de la côte Est qui n'en est pas à son coup d'essai. Puis les articles publiés sur divers sites web qui évoquent sa notoriété en tant que musicien Folk, spécialiste de blues acoustique, organisateur de festivals ou président d'associations telles la Beale Street Blues Society... et enfin la correspondance même d'Andy, qui révèle au hasard des discussions la richesse de son expérience, l'intensité de sa passion musicale et la diversité de ses compétences.
Quel intérêt de faire connaître en Europe un disque autoproduit comportant dix-huit reprises de Gary Davis ? Ce n'est même pas un nouveauté, l'enregistrement remontant à cinq ans, et je n'aurais pas la malhonnêteté de proclamer qu'il s'agit d'un album incontournable. Ce qui est absolument fascinant, en revanche, c'est de constater qu'une des composantes essentielles du blues, celle qui dérive des musiques populaires profanes et sacrées du début du siècle, est encore bien vivante aux Etats-Unis.
Il faut une petite dose d'inconscience - et donc s'appeler Andy Cohen - pour risquer de voir ses interprétations comparées à celles de l'un des "maîtres" les plus influents, qui a formé quasiment une génération de guitaristes dans les années soixante. Si Andy s'en était tenu à une performance instrumentale, la diffusion de son disque n'en aurait probablement pas souffert outre mesure, car son jeu de guitare est suffisamment brillant pour retenir l'attention. Moins incisif mais tout aussi puissant, avec des effets de glissando qui n'appartiennent qu'à lui et une virtuosité évidente.
Mais le respect des oeuvres originales imposait que ces pièces fussent chantées, et il faut avouer sans détour qu'Andy Cohen n'a pas la voix de Gary Davis : plus à l'aise dans le médium que dans l'aigu, sans le timbre rauque du Révérend, il s'acquitte de cette tâche avec une remarquable conviction, en prenant de sérieux risques lorsque la tessiture l'oblige à forcer sa voix.
Car Monsieur Cohen ne recherche pas la facilité, comme en témoigne un autre album dont la sortie officielle est imminente : Dolceola Favorites. Sans m'étendre sur ce disque qui ne relève pas à proprement parler du blues, je ne peux le passer totalement sous silence. Le dolceola ( ou dulceola ) n'est pas le dulcimer des Appalaches, instrument proche de l'épinette des Vosges, mais une sorte de cithare sur laquelle Andy a transcrit des pièces instrumentales empruntées à des musiciens aussi divers que Skip James, John Hurt, Scott Joplin ou... Memphis Slim !
Une collection de vingt titres délicieusement désuets, que j'adore sans réserve !
C'est enfin le tout récent "Mississippi Heavy Water Blues" qui m'a décidé à dédier à Andy Cohen une page web (http://patrice.champarou.free.fr/andycohen) tout en réservant à la Gazette l'aspect "critique" de cette présentation. Là encore, je trouve le chant inégal et sans doute suis-je un peu sévère : nul ne peut égaler Bukka White ou Barbecue Bob à la fois sur le plan vocal et instrumental, et comme dirait notre ami Jean-Michel Borello à propos d'une toute autre personne, Larkin Cohen n'est pas Memphis Minnie. Il y a pourtant dans ce disque à l'ambiance quasi-familiale quelques très belles réussites : les deux instrumentaux composés par Andy lui-même, la plupart des accompagnements, et des morceaux comme Talkin' Casey dont j'ose affirmer qu'il égale et dépasse certaines versions de Mississippi John Hurt.
Trois albums dont la diffusion demeurera probablement confidentielle, mais qui sont porteurs d'une certaine idée du blues... à découvrir, si ce n'est déjà fait.
Contacts : info@riverlarkmusic.com
Les Reapers, bien connus désormais des habitants du village en ligne qu'est Greenwood, ont attaqué l'année 2003 avec la sortie d'un nouvel album, Blues Memories. Souvenirs de Blues.
Jean-Michel Borello, désormais officiellement leader de la formation depuis le départ de l'harmoniciste Mo Al Jaz (le groupe s'appelait Mo & The Reapers avant la séparation), a écrit les 12 titres du CD comme une balade à travers son passé musical, ses influences, ses coups de coeur décisifs au cours des ans. Est-ce l'effet de l'âge qui pousse ce grand garçon à poser son regard sur le passé, ou bien les bouleversements récents dans sa vie tant privée que professionnelle et artistique qui l'amènent à faire un bilan?
Toujours est-il que le résultat est là, et bien là, puisqu'une fois de plus, c'est une belle réussite propre à convaincre le fan de la première heure comme le néophyte amateur de bonne musique que nous proposent "Bo" et ses acolytes.
Aussi, s'il semblerait naturel de faire la chronique de l'album comme pour toute nouvelle galette susceptible d'intéresser le Greenwoodien moyen au même titre que tout internaute qui tomberait sur ce site unique en son genre en surfant sur la toile, le concept même de ce CD incite votre serviteur à un retour sur la production discographique complète des Reapers, dans la mesure du possible.
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Alors qu'en est-il de ce Old Time Hokum Blues? Péché de jeunesse dont les Reapers ne seraient plus très fiers aujourd'hui? Ou plus simplement un album épuisé qu'il serait trop coûteux de faire fabriquer à nouveau d'autant qu'il risque de ne plus refléter ce qu'est le groupe en 2003?
A moins qu'il ne se soit agit d'une simple démo au son peut-être approximatif seulement destinée à trouver des engagements et pas du tout à être commercialisée ?
La seule chose que l'on peut affirmer au sujet de ce disque mystérieux, c'est qu'il n'en est fait mention dans ces lignes que pour 2 raisons:
1) Susciter une réponse sous forme d'article de la plume (ou plutôt du clavier) de Jean-Michel lui-même pour le prochain numéro de la Gazette de Greenwood.
2) Tenter par un moyen détourné et ô combien hypocrite (il faut bien l'avouer ;) d'en obtenir gratuitement une copie pour ma collection personnelle.
Réponse de Jean-Michel: "c'est vrai qu'il n'apparait plus sur le site de Bo and the Reapers (www.boandthereapers.fr.fm ). En fait,c'est vraiment un cd pirate, enregistré directement sur la console de la sono, et il a tous les défauts de ce genre de truc. Ceux qui ont écouté nos cd savent qu'on est très soigneux côté son et celui là n'est vraiment pas à la hauteur des autres,meme s'il est sympa de par le coté spontané. Donc,exit, le "live at the Chicagofest" Par contre,on le donne à qui nous achète deux cd! Super,hein?" (Jean-Michel)
Mais fi de ces digressions, abordons cette rétrospective avec tout le sérieux qui lui est dû en nous en tenant aux albums disponibles.
Mo & The Reapers
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Quant au reste de ce CD, encore 7 titres quand même, il est à l'image de ce qui précède : une formation en pleine possession de ses moyens dont la rythmique soutient souverainement des solistes tout à fait remarquables desquels se détache malgré tout un harmonica absolument jubilatoire. Blues On Highway 89 est plus qu'un 1er album prometteur, c'est une véritable réussite et la découverte pour les amateurs de blues français d'un groupe avec lequel il faudra compter désormais.
Mo & The Reapers
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On en veut pour preuve que le choix du répertoire, uniquement des compositions de Jean-Michel, qui explore dans les grandes largeurs les divers courants musicaux de la Louisiane, décidément pas un état comme les autres, où se télescopent l'électrique et l'acoustique, les 12 mesures et le cajun, la country et le second beat, le shuffle et le zydeco, le violon et la guitare électrique, l'harmonica et le "ti fer" (triangle), la contrebasse et les congas, le trombone et l'accordéon, le piano et le sax ténor. Dans cet album se confirme aussi une tendance qui sera désormais une marque de fabrique des Reapers: la participation de nombreux invités, non pour étaler sur le livret des noms prestigieux, mais pour partager le plaisir de la musique avec des copains et pour les diverses couleurs que ceux-ci apportent à la formation initiale. Il faut aussi noter les premières apparitions de deux invités de marque qui compteront pour beaucoup dans l'évolution future des Reapers : l'harmoniciste Harp Aïssa qui remplacera bientôt Mo Al Jazz dans le groupe, et le légendaire Blind Joe Castlebridge redécouvert par nos petits frenchies qui incluent ici une piste directement repiquée d'un 78 tours Vocalion des années trente trouvé aux puces de Vicksburg, Mississippi. Un authentique bluesman à la vision prémonitoire puisque le titre du morceau n'est autre que My Computer Ain't Workin' Anymore. On en est d'ailleurs désolé, on aurait bien aimé avoir le vieil homme, toujours en vie, sur la liste LGDG. Mais de toutes façons, il ne doit parler qu'anglais, et encore, à la façon des vieux noirs du Mississpi, autant dire quasi incompréhensible pour les plus fins anglicistes d'entre nous.
Toujours est-il que cet album, unanimement encensé par une critique avisée, sera celui qui fera connaître les Reapers.
Un CD tout de maîtrise et de fraîcheur à posséder absolument pour quiconque s'intéresse aux divers courants du blues au delà des limites géographiques de l'hexagone.
Mo & The Reapers
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Si le CD reste avant tout un album de Mo & The Reapers, les invités font plus qu'apparaitre à l'occasion. Les filles se tailleront même la part du lion. En effet, les vocaux de Sophie Malbec vous font dresser les poils sur les bras dans son interprétation de Hound Dog, et les solos de Laetitia Gouttebel, tout de subtilité et de retenue, iront jusqu'à provoquer une légère polémique, laissant les uns perplexes et enthousiasmant les autres.
Apprécions au passage les belles interventions de Michel Alzounies aux claviers ainsi que le superbe travail de Jeff Tronelle à la contrebasse. Quant à Stephane "Typhon" Leblanc, c'est vraiment un excellent batteur qui soutient, relance et propulse tous les intervenants dans des interprétations propres à ravir l'amateur le plus exigeant.
Les Reapers et leurs invités nous servent là une bonne tranche de blues bien festif dont on se régale copieusement, faisant de cet album un live tout ce qu'il y a de réussi.
Bo & The Reapers
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En attendant, c'est Harp Aïssa qui l'a remplacé au sein des Reapers, désormais renommés Bo & The Reapers.
En ouverture, on retrouve ce bon vieux Blind Joe Castlebridge au milieu de ses poules pour un Reapers Blues joué seul en slide acoustique. Puis ce sont les Reapers qui attaquent un shuffle dans lequel Jean-Michel évoque les bluesmen qui ont forgé sa passion pour cette musique. Les contrechants de l'harmonica, s'ils dévoilent un son et un jeu différents de ceux de Mo, laissent présager qu'on a là aussi affaire à un serieux client. Parmi les quelques privilégiés qui ont pu écouter ce nouvel album avant même sa sortie, Blue Mangueira n'a pas fait l'unanimité. Il faut dire que ce titre n'est pas un blues, ce qui peut surprendre de la part des Reapers. Mais il y a une logique dans sa présence ici. En effet, l'ami Borello a composé tous les titres en fonction du concept même de cet album : ses souvenirs dans lesquels la musique et les expériences de la vie sont étroitements liés. Or le musicien a passé pas mal de temps au Brésil, pays d'origine de la Mangueira. Lui y a trouvé des points communs avec le blues. J'avoue avoir du mal à le suivre dans cette voie, mais peut-être que sur place, dans le contexte ...? Cependant, malgré la difficulté à trouver ne serait-ce qu'une once de blues dans ce titre-là, on aurait tort de le condamner pour ça, le morceau étant par ailleurs pas mal du tout. Bien sûr, si l'on préfère le blues, il est normal d'aimer moins une autre musique. Mais gardons-nous des condamnations hâtives et autres attitudes totalitaires, un certain président d'une grande puissance s'en charge en ce moment même et il semble s'en être octroyé le monopole. Comme nous conseille Mighty Mo Rodgers sur un prochain album : Stay Away From The Bush.
S'il est un titre malheureusement plus faible dans ce disque, c'est plutôt le suivant, When Mo Left The Reapers. C'est d'autant plus dommage qu'il s'agit d'un hommage à Mo Al Jazz, harmoniciste emblématique de la formation depuis ses débuts et qui venait de la quitter. Le morceau commence pourtant très bien: un blues lent en acoustique augmenté du violon de François Mijon, déjà présent dans Hot & Spicy, où l'on sent une authentique tristesse dans l'interprétation de Jean-Michel Borello. Mais ce titre a-t-il été écrit trop vite? Bo était-il pressé de l'enregistrer (le studio, ça coûte cher)? Ou bien a-t-il été pris d'une trop grande pudeur au moment de chanter l'histoire d'une relation de musiciens trop proche, trop intime? Là où le bât blesse, ce n'est pas tant dans les paroles, pas plus que dans la musique elle-même, mais dans la musique des mots qui ne se pose pas toujours très bien sur celle des instruments. Chant et musique ne coulent pas toujours très bien ensemble, et c'est d'autant plus regrettable qu'il y a là la genèse d'un très beau titre, un peu triste bien sûr, un peu douloureux, mais où l'on sent l'amorce d'un blues d'une grande beauté qui n'arrive pas à s'exprimer vraiment. Dommage.
Cette impression est vite effacée par le titre suivant, Black Devils Bop, un rockabilly tout ce qu'il y a de plus réjouissant avec contrebasse slappée et batterie sautillante, jouée aux balais s'il vous plaît. Puis c'est le rythme inventé par Billy Boy Arnold et popularisé par Bo Diddley pour I Heard Billy Boy Blow dans lequel Harp Aïssa nous gratifie d'une superbe sonorité. My Jazz Heroes est bien sûr jazzy, au sens le plus classique du terme, et Bo s'y livre à un scat en duo avec Jeff Tronelle plus Dizzy Gillespie qu'Ella Fitzgerald, repris de façon réjouissante par le saxophone de Didier Lamaze.
Après les poules de Blind Joe Castlebridge, c'est le téléphone d'Olivier de Lataillade qui sert d'intro à Greenwood Gazette Blues, un titre qui raconte le quotidien de notre liste de diffusion favorite avec un humour certain. Comment ne pas sourire à l'écoute de "say something wrong and the fish will fly"?
Boojie Woojie à la Roquebroue est l'occasion pour Michel "Automatic Slim" Alzounies de faire la démonstration de son talent au piano avant de laisser chacun dans l'orchestre s'exprimer à son tour. Ce qui fait d'ailleurs regretter que Pascal "Pin's" Pinède ne prennent pas plus de solos tant son jeu est fluide et le son de sa guitare joli. Voeu exhaussé dès l'intro de Between The Compass And The Square pourrait-on croire, mais non, c'est bien Jean-Michel qui joue sur sa Gibson ce magnifique blues lent au parfum parfois jazzy, ravissant à tous les sens du terme. Il est d'ailleurs à noter que le leader des Reapers, après avoir laissé une grande place à de nombreux invités sur les albums précédents, s'est fait plaisir en se réservant tous les solos de guitare dans celui-ci, hormis l'intervention pré-citée de Pin's. Autant dire que les réserves émises sur le tout premier solo du tout premier album ne sont que très lointains souvenirs!
On ne peut s'empêcher de penser à Junior Wells avec Doin It. Normal, le morceau est dédié à James Brown dont Wells était très fan. Ajoutez l'harmonica de Harp Aïssa et la boucle est bouclée.
Lorsque les Reapers terminaient leur dernier chapitre, un sinistre pitre tout court celui-là, et dangereux de surcroît, en entamait un nouveau bien triste de sa lamentable histoire. Il n'en fallait pas plus à notre "Bo" pour écrire et enregistrer un dernier titre : Blues For George Bush. Titre à la fin duquel le père Borello s'est amusé à s'inventer un souvenir futur sous forme de ... mais autant vous laisser la surprise de ce morceau caché résolument tourné vers un certain présent! Et voilà, une fois de plus, les Reapers confirment, avec ce Blues Memories, qu'ils sont un groupe avec lequel il faut compter dans le landerneau du blues hexagonal.
Alors, conclusion ?
Et bien vivement le prochain Bo & The Reapers!
Tous ces CDs sont disponibles sur www.boandthereapers.fr.fm .
Dans son extrême bonté, Jean-Michel Borello (Bo, pour les intimes) a informé en direct-live les abonnés de la liste de diffusion LGDG (LGDG@yahoogroupes.fr) de l'évolution du CD qu'il projetait de faire. Avec ses mails envoyés du 3 Octobre 2002 au 26 mars 2003, retrouvez ci-dessous les envolées lyriques, les états d'âme et les explications de Bo sur la genèse du CD Blues Memories chroniqué ci-dessus!
Exclusif!
Get on the line and start to write,now brother
Get on the line and start to write,now sister
Get on the line and you start to write
Everything you say got to be right,
Now brother,you’re on the Greenwood chat
Say something wrong,and the fish will fly,now brother
Say something wrong,and the fish will fly,now sister
Say something wrong,and the fish will fly
Try to look good, please dont tell no lie
Now brother,you’re on the Greenwood chat
The sheriff is there and he’s lookin at you,now brother
The sheriff is there and he’s lookin at you,now sister
The sheriff is there and he’s lookin at you,
He can tell the mayor everything you do,
Now brother,you’re on the Greenwood chat
Everybody’s crazy on the Greenwood chat,now brother
Everybody’s crazy on the Greenwood chat,now sister
Everybody’s crazy on the Greenwood chat,
But they know the blues ,I tell you that
Now brother,you’re on the Greenwood chat
Everybody’s crazy on the Greenwood chat,now brother
Everybody’s crazy on the Greenwood chat,now sister
Everybody’s crazy on the Greenwood chat,
But they know the blues ,I tell you that
Now brother,/you’re on the Greenwood chat
Le site de Mo & The Reapers : www.moandthereapers.fr.fm/
Le site de Bo & The Reapers : www.boandthereapers.fr.fm/
Le site de Blind Joe Castlebridge : www.blindjoe.fr.fm
Mo & The Reapers dans la Gazette de Greenwood:
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Marc Loison, animateur de Sweet Home Chicago, a fêté ses vingts ans de radio par une émission exceptionnelle sur Radio 666 le 2 mars 2003. Il nous raconte son parcours. Séquence passion. |
En 1978, j'avais entendu passer Albert Collins à la radio. Souvenir fugace d'une guitare acérée et affûtée sur fond de Blues-funk moderne, c'était son premier Alligator... En 1980, Muddy Waters passe à la télé : un fabuleux concert à Antibes, guitare slide et harmo sur fond de shuffle bien souple et redoutablement efficace... Et tout s'enchaîne : je délaisse peu à peu les Santana, Deep Purple, Pink Floyd et Led Zeppelin au profit de Gallagher, Winter, Hendrix, Ten Years After, Mayall... Et très vite je découvre les créateurs et les authentiques : Magic Slim, Hubert Sumlin, T. Bone Walker, Muddy Waters, Buddy Guy, Luther Allison, The Aces... Fort de mes 35 ou 40 vinyles 33 tours, je retourne à Radio Pince-Oreille et déclare au directeur de la station que je VEUX faire une émission de Blues : il me laisse immédiatement un créneau de 2h30 le mercredi après-midi ! Ma rencontre avec Thierry Anquetil lors de son concert en première partie de Screamin' Jay Hawkins en juin 83 m'amène à découvrir les Otis Rush et Fenton Robinson qu'il apporte à la radio : ensemble nous décortiquons le vibrato, la puissance charismatique du chant de Rush, tout en louant les autres musiciens noirs de nous apporter de tels frissons. Vite devenue TSF 98, la radio continue à m'offrir l'antenne pour "Blues Connection" où Thierry, mais aussi Bernard Marie, Eric Gardrat et Dominique Marchand de Radio Adel me rejoignent de temps à autre pour ouvrir de nouveaux champs musicaux. Je découvre le magazine Soul Bag et m'extasie chaque trimestre de tant de noms inconnus, prometteurs de nouvelles et splendides galettes à écouter et réécouter sans cesse... A l'époque, ce n'est pas encore tout à fait le second "Blues Boom", Stevie Ray Vaughan vient à peine de sortir son premier album et le rock truste toutes les playlists. Les rares disques que l'on se procure sont dénichés à nos frais, sans aide d'aucune sorte : ce n'est qu'en 1987 que, furtivement, Antone's ou d'autres obscurs labels américains consentent à lâcher quelques "samplers", contents qu'on parle d'eux, mais conscients aussi du peu d'audience que nous savons drainer...
Sweet Home Chicago, le rendez-vous des bluesmen du web chaque samedi de 13h à 15h ! http://blues.radio666.com
date: 11 février 2003
de:
Alain "Poill's" <apoillot@wanadoo.fr>
LGDG: Les premiers noms qui viennent à l'esprit à l'écoute de Blues Standards , Figerpickin' style sont, dans le désordre, John Lee Hooker, Robert Johnson, Muddy Waters, bien sûr, ainsi que Grateful Dead, Cream, Rolling Stones, Hot Tuna, Swamp Music, John Fogerty, et Nino Ferrer, mais aussi et peut-être surtout J.J. Cale. Ces noms correspondent-ils à ton approche de la musique? Et d'abord pourquoi ce "morceau caché" ? Pourquoi n'apparaît-il pas sur la pochette ?
Roland Malines: Pour répondre à la première question, il est vrai que
les noms cités correspondent sans doute à l'approche que j¹ai de la musique,
mais pas seulement (comme tu peux t'en douter, par exemple : le Fleetwood
Mac avec Peter Green, Chicken Shack, John Mayall, etc... enfin, tout
ce qui concerne le blues anglais ou américain des années 60, et les revivals des
70's, du fait de les avoir écoutés ou simplement entendus.)
Pour ce qui est
du morceau caché, c'est une affaire de droits d'auteur. Nous ne pensions pas
devoir payer de droits pour graver des titres antédiluviens, et Bad moon
risin' étant assez récent, nous l'avions écarté ; mais nous faisions une
erreur, et il a bien fallu payer des droits. Du coup, nous avons ajouté Bad
moon risin' sur le disque. Seulement, la pochette était déjà faite! Bon
plan! Ca fait un morceau surprise.
LGDG: Ta musique est pleine de clins d'œil, directs pour Nino Ferrer dans " Travailler ", ou la bande son de l'Arnaque dans " Nobody Knows ", par exemple, plus " groove " pour J.J. Cale. Mais en fait, et surtout, elle est remarquable par le fait que tu apposes ta patte à des titres dont certains sont usés jusqu'à la corde. Y a-t-il un style " Loup Blanc ", nonchalant et un peu sophistiqué qui transparaîtrait dans tout ce que tu joues et chantes en anglais, ou est-ce simplement pour redonner un coup de jeune à ces morceaux ?
RM: Tu sais, je n'ai pas tellement écouté Nino Ferrer, mais je me
souviens qu'hormis les tubes que tout le monde connaît, il était bon musicien et
bon compositeur. Quant à la bande son de l'Arnaque, je pense avoir vu le
film mais je n'en suis pas sûr. Quoiqu'il en soit, j'ai certainement entendu la
bande son, qui est peut-être le Maple Leaf Rag de Scott Joplin, ou
quelque chose comme ça; tout cela est si loin! Je me souviens par contre avoir
écouté J.J. Cale (j'ai ses premiers disques) et j'aime particulièrement
Troubadour et Naturally.
Oui, bien sûr, il y a un style Loup
Blanc, "nonchalant et un peu sophistiqué" comme tu dis, et si ça donne un coup
de jeune aux chansons, c'est tant mieux, mais ça n'a pas été calculé.
LGDG: Le chant, et plus particulièrement en anglais, justement, était-il un but premier pour toi, ou bien est-ce venu naturellement sur le jeu de guitare? En général, les guitaristes de picking chantent peu, ou plus exactement font passer le chant après la technique. Or, tu t'attaches à chanter vraiment, en articulant, ce qui t'interdit tout "yaourt". Je présume que c'est délibéré?
RM: Le chant n'était pas un but premier pour moi. Il s'est simplement
passé qu'un jour, jouant en duo avec Jeff Navennec, il me demande de
chanter, vu qu'il en avait marre de se taper tous les titres, et que, comme ça,
c'était un peu plus équilibré. Depuis, je chante; alors, le guitariste laisse un
peu la place, et ça se passe pas trop mal vu qu'il est difficile de se disputer
tout seul (!). Surtout que maintenant, le chanteur prend vraiment sa place, et
le guitariste le soutient, souligne, et joue de la guitare à son tour, si je
peux dire! C'est en fait un duo.
Ne pas chanter en yaourt n'est pas un choix
délibéré car je ne sais pas le faire: c'est très difficile, voire impossible
lorsqu'on connaît son texte et qu'on sait ce qu'on raconte.
LGDG: Dans la question précédente, je parlais de morceaux en anglais. Mais tu composes aussi, et en Français, cette fois. Bien sûr, (pour nos lecteurs), tu t'exprimes à la première personne, comme toujours dans le Blues. Je suppose, connaissant pas mal de compositeurs de Bleu en Français, que comme eux, tu t'appropries des récits que tu transmets, auxquels tu mêles des expériences vécues… Je dis cela parce que l'on reproche souvent aux Bluesmen leur égocentrisme, du fait de l'utilisation de ce récit à la première personne. Personnellement, je croirais plutôt volontiers qu'il s'agit, ni plus ni moins, de la continuation de la tradition des griots, ces conteurs itinérants. En va-t-il de même pour toi ? Pour le Blues du n° 12, par exemple, tu vis à Marseille et tu baignes dans l'ambiance O.M. Y a-t-il un rapport étroit avec ton morceau ?
RM: Le "je" du blues (ou d¹autres chansons) est un "je" collectif ; on ne
parle évidemment pas de soi, mais d'un personnage auquel le public peut
s'identifier, par exemple (il en va de même pour les comédiens et les conteurs).
Même si on est inspiré par sa propre vie, on ne peut vraiment parler que de soi,
ne vivant pas la vie des autres, sauf s'il s'agit bel et bien de nos vies à
tous. Et bien sûr qu'il s'agit aussi de la tradition des griots, mais, en ce qui
me concerne, je pense plutôt à ma culture, celle des bardes, trouvères et
troubadours (et leurs successeurs musiciens, chansonniers et baladins), avant
que les pouvoirs de l'époque ne les envoient aux Amériques avec les coureurs des
bois et les repris de justice, se débarrassant de ce fait des contre-pouvoirs et
des indésirables en tous genres.
Pour en finir avec la première question à
multifacettes : le Blues du n°12 n'a aucun rapport avec l'O.M. ; c'est
simplement une tranche de vie de Yannick Lopez, avec lequel le texte fut
écrit. Personnellement, le foot ne me branche pas, sauf un beau match (j'ai dit
"beau", fair-play, le sport, quoi! Mais c'est si rare de nos jours).
LGDG: Nous sommes nés la même année, donc avons vraisemblablement entendu les mêmes musiques, si ce n'est écouté. J'ai le souvenir, fin des années 60, début des années 70, d'un mélange énorme entre les musiques électriques issues du Blues, les tournées marathon de groupes tels que Magma, Gong, mais aussi Champion Jack Dupree, et Roger Mason et Steve Waring. La convivialité des concerts de ces deux derniers t'a-t-elle influencé, dans le choix de la musique que tu joues, comme dans l'apprentissage éventuel de ton instrument ?
RM: Il est possible que la convivialité de ce genre de musique, à la façon dont elle était jouée à l'époque, m'ait influencé. C'est même certain, sauf que je n'ai jamais vu jouer Steve Waring ni Roger Mason (que j'apprécie beaucoup, soit dit en passant) ; et, pour l'apprentissage de l'instrument, c'est bien ce que je voulais faire, mais nous n'avions ici aucune méthode, si ce n'est les tablatures à Dadi dans Rock n' Folk, et je n'y comprenais rien à l'époque ! Ensuite, je me suis retrouvé au Conservatoire Jazz avec Guy Longnon. Je n'ai donc pas appris de façon très traditionnelle. Ce n'est que beaucoup plus tard, par Alain Giroux, que j'ai pu me mettre au picking.
LGDG: Actuellement, tu joues avec une formation plus étoffée. Y a-t-il là un besoin de changer d'orientation musicale, ou bien est-ce simplement une évolution logique pour un éternel insatisfait ?
RM: Oui je joue avec une formation, ce qui est, comme tu le dis, une évolution logique pour un éternel insatisfait ; et surtout, je voulais que le public entende ce que j¹entends dans ma tête lorsque je joue seul : l'orchestre!
LGDG: A l'écoute des trois titres en français que tu as enregistrés, j'ai comme l'impression que c'est là une voie qui te tente. Je suppose que tu as d'autres titres en français en réserve. A quand un CD complet dans cette langue ?
RM: Dès que possible, j'enregistrerai en français. C'est une question de gros sous, et, si tout va bien, ça devrait enfin se résoudre d'ici quelques temps (j'ai une bonne trentaine de titres à graver).
LGDG: Tu es basé à Marseille, ce qui en soi est une chance, puisque cette grande cité offre pas mal de possibilités de spectacles. Les scènes parisiennes te tentent-elles avec ta nouvelle formation ? Et quid de tournées dans tout l'Hexagone ? Et pourquoi pas dans les DOM-TOM (là, je te préviens tout de suite, c'est plutôt coton - sans mauvais jeu de mots).
RM: Ce n'est pas évident de jouer le blues à Marseille. C'est une scène
méditerranéenne : Flamenco, Chaabi, Afrique, Maghreb, Moyen-Orient, Brésil,
Salsa, Ragga, ReggaeS et, de toute façon, pour le marché blues de France, il
vaut mieux être Américain et, de préférence, Noir ! (Enfin, maintenant, on a "
La Maison du Blues ").
Les scènes parisiennes sont évidemment tentantes, mais
je ne suis pas un poisson qu'on pêche au lamparo, si tu vois ce que je veux
dire. Il y a aussi des scènes ailleurs qu'en France et, comme le dit la formule
consacrée : "j'étudie toute proposition ". Et pour ce qui est du coton, ne t'en
fais pas pour moi : je ne porte que ça !
LGDG: Si tu as un fils (question facultative), son prénom commence(ra)-t-il par R ?
RM: Je n'ai pas d'enfants mais, là aussi, " j'étudie toute proposition " !
Propos recueillis par e-mail par Alain "Poill's" Poillot (février 2003)
Dans la Gazette de Greenwood:
Une jeune louve
rencontre un vieux Loup Blanc et sa Meute : Roland Malines invite Laetitia
Gouttebel à la Maison du Blues, à Marseille (LGDG
n°48)
Roland Malines: une voix, des Textes, un Style (LGDG
n°26)
le Blues du numéro 12 (LGDG n°13)
De: Patrice Champarou <pmchamp@club-internet.fr>
Date: 20 février 2003
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Cet album fraîchement inscrit au catalogue Vanguard comporte dix-neuf titres inédits qui n'auraient probablement jamais quitté le rayon des archives sans l'insistance du groupe pre-war-blues, et l'intervention personnelle de son animatrice Mary Katherine Aldin. |
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A la différence des deux références les plus connues - Skip James Today! et Devil Got My Woman - ce disque ne s'appuie pas sur la légende, mais sur le seul talent de "Skip". Un seul titre, Let Jesus Lead You, est emprunté au répertoire enregistré en 1930, et s'il fallait traduire par deux substantifs l'impression qui se dégage au bout de quelques écoutes, je retiendrais : fraîcheur et diversité. Première surprise, pas moins de sept titres religieux, tous accompagnés à la guitare, sur lesquels le chanteur se montre particulièrement à l'aise. Ce choix, probablement limité lors de la programmation des précédents albums, n'est pas sans rappeler un vœu que Big Bill Broonzy n'a pu réaliser qu'à la fin de sa carrière : sortir du répertoire profane et retrouver la liberté de chanter des thèmes qui font partie intégrante du "fonds commun" dont le blues est issu. L'étonnant Oh Mary Don't You Weep, que James interprète presque sans ornement instrumental, avait également été entonné par un certain Lightnin' Hopkins lors du fameux "Hootenanny" de Pete Seeger... Bien que la plupart des morceaux soient présentés comme traditionnels, on découvre avec plaisir deux reprises de Blind Lemon Jefferson ( One Thin Dime et Jack'O'Diamonds ) récemment évoquées dans Soul Bag. D'autres titres semblent bien familiers ( Lazy Bones, My Own Blues, Bumble Bee ) mais chaque interprétation est totalement personnelle, marquée par les inflexions étranges de cette voix inimitable, une inventivité et une dextérité instrumentale inégalées, et toujours une retenue capable de métamorphoser jusqu'au sirupeux Sporting Life Blues de Bownie McGhee. On peut se montrer plus critique sur les pièces accompagnées au piano, notamment un Backwater Blues hésitant et quelques pièces sentimentales comme Somebody Loves You ou Walking The Sea, heureusement relégué à la fin de l'album. Ce sont là à mon avis les seuls points faibles, largement rachetés par l'originalité et la maîtrise que Skip James démontre sur My Last Boogie ou Omaha Blues. Autoportrait d'un artiste vieillissant qui, malgré la maladie et les années d'inactivité musicale, avait probablement davantage à dire que ce que les tournées et festivals l'invitaient à répéter, ce disque a sa place sur les meilleures étagères, celles qui s'empoussièrent rarement. Références : Skip James - Studio Sessions, Rare And Unissued, Vanguard 79705-2 Une discographie complète de Skip James sera prochainement publiée sur http://www.skipjames.info/ | |
Ami(e) du blues,
J'aime la moutarde, les rousses, et blues boys tune de BiBi King. La moutarde, j'en parle à mon stomato... BiBi K est un gars bien! Un type qui pourrait être mon oncle ou un ami de mon oncle; je dis ça... je ne le connais pas ! Mais bon ! Danièle Gilbert non plus, je ne la connais pas, et pourtant je l'aime "bien", Danièle Gilbert.
Stop ! la comparaison s'arrête là !...Quoiqueu ! Quand ils partent en vrille, on ne sait jamais si c'est du pur génie de l'impro ou le résultat d'un savoir faire "à point" (et dans le cas de Gilbert, je dis: Chapeau!!) . Acquis inné? Annie niquée? Des poètes, merde, quoi!!
BiBi, je l'ai vu à Lyon, il y a 25 ans (mazette!) et je l'ai découvert ce matin. Au siècle dernier, j'avais une bonne excuse, j'étais moins vieux . Et surtout je venais de touzer avec S.Blue pour les préliminaires, Taj Mahal comme premier baiser, L.Allison en caresses buccales, et M.Waters pour l'.....Oooooups!!! Pardon! vraiment désolé...Autant dire qu'après 4 heures de stupre en plein air (théâtre romain de Lugdunum) j'avais peu l'âme à la chose.
Comment parler de Blues boys tune (Blues on the bayou) quand on ne maîtrise pas (loin s'en faut!) les lois fondamentales du "bien jouer", ni l'idiome qui les traduisent. Ca commence par une phrase que je suis seul à entendre vu qu'elle est jouée à la "Lucille", et qui dit : "J'vais tout t'expliquer". Et ça parle beaucoup d'amour. Et c'est beau!
On rencontre, pardon! on est traversé, transbahuté, blackboulé, chiquebranlé parfois, par des situations étrangères à nous, à ce jour, mais qui, sans nous pour les vivre, passeraient "ad vitam aeternam" dans le grand cabas du rien et des choses informes.
Il m'a fallut entendre Trenet pendant mon sommeil, une nuit , pour saisir toute la tristesse et la pudeur du "grand Charles", derrière la joie de façade. On pourrait parler d'intuitions, de fulgurances amoureuses, parlons de blues.
Que me dit (ou que me chaut ) BiBi ? : "Ecoute-moi,...fais-moi confiance,...je vais te raconter une histoire,...c'est une très vielle histoire, tu n'étais pas né...moi non plus. Ecoute cette souffrance, tu es triste, je le suis aussi , nous ne sommes plus seuls et ça fait du bien." Et là, je réalise comme jamais encore à quel point la guitare, ici, est un porte-voix, le complément délicat d'un corps gauchi, la petite voix fluette du dedans des entrailles, chaque syllabe est délicatement pincée et les notes forment des phrases, et les phrases une histoire, intelligible avec ça! malgré les notes "bizarres" .
Je crois que ce sont ces fameuses notes "pas attendues" qui ont sorti mon attention de ma poche ou elle ne dort que trop, cette feignasse. Il y a celles qui suivent le fil de l'histoire pour mieux "marchandesabliser" la vigilance, et les belles accidentées qui dérangent la jolie ordonnance pour
happer le badaud béat (Et béat, je suis).
Et les rousses?..
ref CD: BB King "Blues On The Bayou"---MCA 1998
Parmi mes acquisitions bruxelloises figure un cédé - respectons l'orthographe locale - de la série Classic Blues, collection économique lancée par Document.
Il y a actuellement une trentaine d'albums, pour plus de détails : http://www.document-records.com/search/CBL.asp
Chaque volume comporte deux disques, soit environ 36 titres, solution tentante pour qui désire en connaître un peu plus que les morceaux disséminés dans les compilations.
Fabriqués aux USA, ces albums se présentent sous une forme on ne peut plus "cheap" : mince jaquette aux couleurs douteuses, deux pages de commentaires mais absolument aucune référence discographique. Le Buddy Moss que je me suis procuré mentionne uniquement les titres, à charge pour le curieux d'aller rechercher dans une discographie sérieuse le nom des accompagnateurs et les dates d'enregistrement.
Le son est dans l'ensemble très acceptable, avec davantage de relief que sur les Document et un bruit de fond très limité. Il faut dire qu'ils n'ont pas pris de risques en sélectionnant des prises techniquement très propres - à deux exceptions près dans l'album dont je dispose, et là le bât blesse sérieusement : non seulement la remastérisation ( bête filtrage, on trouve plein de logiciels pour faire ça chez soi maintenant ) produit un son artificiel sans effacer les grésillements, mais le transfert a été bâclé au point qu'on entend un ignoble crachement à la fin de ces deux morceaux, phénomène connu de tous ceux qui gravent plus vite que leur ombre, mais que je trouve inadmissible sur un cédé (je vais m'y faire) commercialisé.
L'option semble néanmoins intéressante pour les artistes dont on ne cherche pas nécessairement à posséder l'intégrale - à une réserve près. Lorsqu'il s'agit de chanteurs qui ont enregistré dans une période relativement restreinte un répertoire homogène (Kokomo Arnold, Bo Carter, Big Boy Crudup, Jazz Gillum...) la sélection ne peut pas être mauvaise. En revanche, elle devient plus arbitraire lorsqu'il s'agit de musiciens qui ont connu une longue carrière, et cela peut donner de curieux mélanges pour autant que je puisse en juger en examinant les titres de McTell, Leadbelly ou Tampa Red.
De plus, sur le cédé (finalement, le mot me plaît) que j'ai écouté en boucle dans la voiture, l'ordre des morceaux ne correspond à rien : non seulement ce n'est pas chronologique, mais on trouve des rapprochement accidentels de morceaux joués dans la même tonalité et sur la même structure... pas très malin !
Bref une collection qui justifierait un prix encore plus réduit, le genre de disque qui me donne envie de tout recompiler à ma sauce... j'en achèterai probablement d'autres dans un but purement documentaire, en particulier pour les chanteuses "classiques", si vous voulez savoir ce que je pense des autres sélections concernant les "grands" chanteurs-guitaristes, euh... vous pouvez toujours en acheter un exemplaire et me l'envoyer ;)
Patrice
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Mighty Sam McClain est un artiste prolifique! Depuis son départ d'Audioquest pour Telarc, il n'a cessé d'enregistrer durant toutes les années 90. A présent, son nouvel album est produit par... Mighty Music! Une autoproduction de luxe... dans laquelle sa famille est impliquée à 100%. Le nombre de personnes remerciées sur la pochette pourrait figurer au Guinness des records!
Mighty Sam McClain rappelle sans conteste Bobby Bland, il n'est pas loin d'en posséder le timbre et le charisme. Son répertoire baigne dans la Soul depuis les origines, et les influences Gospel, en filigrannes dans sa production discographique, sont plus qu'évidentes sur scène, où son message d'amour et de paix n'échappera à personne. Ici, le titre Open up heaven's door est d'ailleurs sans équivoque! Une fois n'est pas coutume - et sont peu nombreux ceux qui osent le faire - on commence par un Blues lent de toute beauté, où la guitare (Chris Tofield) se fait féline et douce, sur fond d'orgue bien tempéré, de basse douce mais percutante (Dave Smith) et de cercle à la caisse claire (Jim Arnold)... pour servir la voix splendide et prenante de Mighty Sam (Why do we have to say goodbye de Joe Hardin). Witness insuffle son rythme à suspense, le clavier (Barry Seelen) joue tout en nuances sur des nappes de toute beauté, on se laisse gagner par le rythme medium de cette pièce originale Soul et cuivrée (Pat Herlehy au sax, Trent Austin à la trompette, Mark Paquin aux trombone et sax). Most of all propose un gimmick de guitare tout simple sur un titre tout en grâce et en beauté... Conchetta Prio assure des choeurs de toute beauté. Au fil de l'album, Mighty Sam va explorer les mondes du Blues, de la Soul, du Funk (Are you ready for love ou One more bridge to cross), avec des intonations lorgnant parfois sur le rock (le son acéré et distordu de Tofield, parfois trop à mon goût sur What's your name ou le blues lent The other man in the band). Les deux solos du saxophoniste Pat Herlehy dans le dernier titre sonnent par ailleurs très jazz. POUR CONCLURE: Une superbe réalisation, se démarquant un peu du registre habituel de Mighty Sam car se voulant davantage ouvert à un public plus large. Si vous êtes amateur de Soul bien balancée avec un vrai chanteur, ou tout simplement inconditionnel de McClain, c'est un album indispensable! (2002 Mighty Music) www.mightysam.com/ Marc SHC |
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Blue Flame
Records a sorti en 2002 un album
en hommage au mythique groupe Fleetwood Mac. Celui-ci est tout
simplement intitulé "Tribute
To Fleetwood Mac" et a pour but de rappeler à nos souvenirs
que ce groupe fut un pilier du
blues en Angleterre. |
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Si je vous parle des Baléares, de Majorque, vous allez sans doute
penser vacances, soleil, plage,
etc. Mais non, il s'agit en fait d'un groupe de blues, les
Blues Devils, qui
sont originaires de cette
île, et plus précisément de Palma. Ce groupe,
créé au milieu des
années 90, s'est aujourd'hui forgé une solide
réputation en Espagne. |
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"Radio Gumbo" est le 3ème album des
Flyin'
Saucers
après "Blues Attack !" et "Bon Ton Rouler".
Ce groupe bordelais est en
train de s'imposer comme un des plus connus du paysage blues français et
cette galette est là
pour confirmer cette tendance. |
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Austin, Texas. Cette ville est une mine d'or pour la musique. C'est une
énorme pépite
sur laquelle je viens de mettre la main : le tout dernier (et premier)
album de Jeffrey P. ROSS. Il est
sorti en 2002 sur le label Doc Blues, année du
décès de Marco FIUME, ce qui
justifie que l'album lui soit dédicacé. |
Plusieurs surprises sur ce nouvel album de Brian "Hash Brown" Calway : la première, c'est qu'il délaisse totalement sa six cordes au profit du chant et de l'harmonica. Mais comme les guitares sont assurées par le jeune Nick Curran et Elliot Sowell, un élève de Calway, sur 7 titres, et par Joe Moeller sur les 6 autres, on survivra à la frustration, et plutôt bien ma foi.
Ensuite, le label : Brown devait beaucoup tenir à ce projet, puisqu'il a créé Browntone Records spécialement pour l'occasion. Et puis il y a aussi les batteurs des 2 sessions dont le disque est composé : pour celle de juin 2000, c'est Mark Wilson qu'on trouve aux fûts. Le CV du monsieur? Anson Funderburgh & The Rockets, Mike Morgan & The Crawl, sans oublier le groupe de studio du regretté label Black Top. Excusez du peu! Plus tard, en 2002, c'est Jay Moeller, le frère de Jon qui marque le tempo. Quand vous saurez que l'ingénieur du son de la 1ère session n'est autre que Bob Sullivan, qui a travaillé avec Elvis, qui a supervisé l'enregistrement de Suzie-Q par Dale Hawkins, qui était aux manettes pour les 2 premiers albums d'Anson Funderburgh et le premier des Fabulous Thunderbirds, vous aurez compris qu'on a affaire à un homme qui a contribué à écrire l'Histoire. Ce qui n'est pas une raison pour oublier de tirer un grand coup de chapeau à Billy Horton, derrière la table de mixage lors de la seconde session, en 2002, car il est quasiment impossible de faire la différence entre les deux. Du beau travail. Enfin, alors qu'il ne joue pas sur l'album, c'est Sam Myers lui-même qui produit avec Hash Brown. Oui, mais, et la musique elle-même? Et bien c'est encore ce qui surprend le moins. Non qu'elle soit quelconque, loin de là. Mais pour qui connaît les précédentes productions de Hash Brown, s'il est une constante chez notre homme, c'est bien la qualité de la musique. Rien de prétentieux pourtant. Non, rien que du blues downhome, avec 5 reprises et 8 originaux, peut-être un peu de jump par ci, un relent de swamp par là, mais on ne sort pas de l'essentiel. On joue pour le plaisir, par amour de cette musique, et c'est justement ce qui est bien avec cet artiste. C'est du bon vieux blues comme on l'aime, sincère, bien joué, authentique. Peut-être pas l'album transcendant qui va révolutionner le genre, mais un petit plaisir qu'on aurait bien tort de bouder. En tous cas un CD propre à satisfaire le plus exigeant des amateurs de blues, ce qui n'est déjà pas si mal. Si Hash Brown était francophone, il aurait pu appeler son disque "Y'a pas d'mal à s'faire du bien"! Browntone Records - BR-3062, 2002 (50 : 07) René |
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