La Gazette de GREENWOOD
n°50 (avril 2003)

Tome 2:
 
Tome 1
  • Andy Cohen et l'héritage de Gary Davis
  • Bo & The Reapers : Blues Memories
    • Tous les CDs ... et Blues Memories
    • Supplément détachable: la genèse du CD !
    • Supplément auditif: Greenwood Gazette Blues!
  • Marc Loison : 20 ans de radios, 20 ans de passion
  • e-interview: le Loup Blanc
  • Un albums d'inédits de Skip James
  • B.B. King : Blues boys tune (Blues on the bayou)
  • La série Classic Blues de Document Records
  • la Rubriqu'à Blues: Tribute To Fleetwood Mac, Blues Devils, Flyin' Saucers, Jeffrey P. Ross, Hash Brown



Tome 3
MEMORIES: numéro spécial John Mayall:
  • Discographie officielle
  • Discographie pas du tout officielle
  • ALLO... ALLO ? ... JOHN ?

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Dawn Tyler Watson & Mudzilla
à Aubergenville (78)

date: 9 février 2003
de: Marc Loison <marc.loison@wanadoo.fr>
(photos de l'auteur)

Merci à Michel Rolland pour nous avoir permis sa découverte à Cognac en 2002, et merci à Jean Guillermo de nous permettre de la revoir sur scène en 2003!

Dawn Tyler Watson (photo Marc Loison) Dawn Tyler Watson, britannique de naissance et canadienne d'adoption depuis 1987, a su captiver le public plutôt sage du théâtre La Nacelle d'Aubergenville près de Mantes la Jolie (78). DTW est une jeune femme attachante (oserai-je écrire attirante? oui, je l'ai dit!) dont la beauté naturelle n'a d'égale que sa merveilleuse voix et son sens inné de la scène. Avec ses multiples formations (Dawn Tyler Blues Project, Dawn Tyler Quartet, en duo avec le guitariste Corey Diabo...), elle multiplie les concerts en Amérique du Nord... et maintenant en Europe! Elle a rencontré le groupe Mudzilla lors du dernier festival de Cognac et le contact est tout de suite passé. Cette tournée, aboutissement des liens d'amitié entre la chanteuse montréalaise et le groupe bordelais, fit cette halte unique en région parisienne. Situé en fin de tournée, ce concert bénéficia de l'expérience des précédents. Malgré le manque de répétitions, le répertoire semble bien rôdé: Mudzilla a travaillé sur le CD de Dawn et, au sortir de l'avion, une seule mise en place eut lieu avant la première date ... Mais l'expérience et la bonne connaissance du Blues de Mudzilla ont su prendre le pas sur le manque de répétitions, et le public ne put sentir cette faille...

Dawn Tyler Watson (photo Marc Loison) Un accompagnement impeccable de la part de Nicolas Estor, au jeu fin, léger et subtil à la batterie, multipliant les plans au cercle, étouffant ses cymbales à bon escient, groovant en finesse et appuyant les temps forts avec intelligence. Nicolas Domenech fut discret mais efficace à la basse. Retenons également le jeu époustouflant du guitariste Anthony Stelmaszck! Ce jeune surdoué des 6 cordes, Telecaster en main, sut tour à tour nous faire vibrer ou nous émouvoir, tant certains "plans" semblaient à la fois travaillés et improvisés de façon magistrale. Une technique irréprochable au service d'un feeling gros comme ça! Enfin le chanteur-pianiste-organiste Vincent Pollet-Villard nous gratifia de quelques vocaux de chauffe avant d'attaquer les ivoires avec tact et feeling. Un son pur et limpide, des nappes plus que bienvenues, des solos somptueux appuieront encore un peu plus le show de Dawn Tyler Watson, pour qui beaucoup n'avaient pas hésité à venir de Paris... ou de Normandie! Mudzilla: la trentaine jeune mais expérimentée, le sens du Blues et du jeu en groupe, la technique, mais aussi la fraîcheur et le plaisir de jouer!

Dawn Tyler Watson (photo Marc Loison) Puisant largement dans le répertoire de son CD Ten Dollar Dress [voir LGDG n°49], Dawn nous gratifia d'un show généreux, parfois émouvant, souvent humoristique, toujours sympathique tant son sens du public lui colle à la peau, à l'image de son justaucorps pailleté moulant ses formes ravissantes... Shoot The Devil permit à Anthony des envolées de guitare qui firent réclamer un bis à Dawn elle-même! Kansas City, version funk, surprit aussi agréablement que I Feel Good, version... shuffle, avec tout de même tous les breaks! Le poignant You Can't Be True révéla particulièrement les qualités de vocaliste de la belle Québécoise, puisant ses intonations dans le gospel ou le blues le plus pur. Avez-vous déjà entendu Jimi Hendrix traité en jazz? Oooh "...scuse me when I touch the sky"! Are you experienced? Dawn Tyler Watson est une blueswoman d'aujourd'hui et de demain, mais n'en oublie pas pour autant les stars d'hier!... Elle joua même un titre en acoustique, qui dura aussi peu de temps que l'accordage de sa guitare... en toute décontraction! "10 jours de tournée" nous avoue-t-elle, "et 3 jours pour tout dépenser en shopping à Paris après! C'est la première fois que je viens à Paris et j'en suis toute excitée..." Avant un rappel nourri, Take It Outside, tiré de son CD: une bagarre de bar, ça doit se passer dans la rue! Après deux bonnes heures d'un spectacle sans temps mort durant lequel elle se donna à fond, Dawn Tyler Watson et son groupe nous donnèrent rendez-vous au foyer du théâtre pour une séance de dédicaces de leur album (en rupture de stock avant la fin, pour celui de DTW!) et quelques échanges de sourires, d'encouragements et d'adresses e-mail...

Un concert magique, distillé par un groupe vraiment "dedans"... Un rendez-vous avec une femme de grande classe, une vocaliste impressionnante et une show-woman captivante! Si elle vient jouer près de chez vous, boycottez la TV et allez la voir, la déception est impossible!

Chronique du CD de Dawn Tyler Watson: Ten Dollar Dress : LGDG n°49
Visitez le site de Dawn Tyler Watson: http://www.dawntylerwatson.com/
Visitez le site de Mudzilla: mudzilla.free.fr/
Lisez ici le compte-rendu de Mike Lécuyer mystere.lecuyer.free.fr/bfrBSS/DTWATSON030208galerie/index.htm

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Ana Popovic & Connie Lush
au Bolegason (Castres 81)
Le Charme et La Sensualité !!

date: 8 février 2003
de: Xavier Delta Blues <deltablues@wanadoo.fr>

Amis lecteurs de la Gazette de Greenwood, les filles sont à l'honneur, en ce mois de février, dans notre bel Hexagone Blues, et on ne va pas s'en plaindre! Tournées de Dawn Tyler Watson, d'Ana Popovic, et de Connie Lush. Que demander de plus??

Hier soir (7 février 2003), tout le monde du Blues Tarnais s'était donc donné rendez-vous pour applaudir un plateau exceptionnel avec cette soirée "Blues Au Féminin" au Bolegason à Castres, dont j'ai souvent loué ici les qualités acoustiques et l'accueil réservé à chacune de mes visites. Oui, c'est vraiment la salle Tarnaise par excellence. Qu'il me soit permis ici de saluer, comme il se doit, l'hôte des lieux, Marc Tison et toute son équipe, pour les programmations variées et surtout pour toute l'énergie qu'il développe afin de proposer ce qui se fait souvent de mieux sur la scène Rock et Blues depuis qu'il est en poste à Castres.. Merci, Marc !!

Bon, et si on parlait de cette soirée "féminine" ??

18h30 : J'arrive avec mon sac à dos, mon caméscope et ma mallette d'interview, je salue tout le monde et Jean Philippe Kauffman, de Willing Productions, me présente Ana Popovic qui était en train de terminer la balance. J'ai eu juste le temps de découvrir un extrait du prochain album, que malheureusement elle ne jouera pas lors du concert. Bien dommage, entre nous ...

Cerise sur le gâteau, lors du repas, je me retrouve assis juste à coté d'Ana, (youpeee!!), ce qui nous a permis de faire plus ample connaissance et surtout de lui apprendre quelques mots et phrases en français. En vain, puisqu'elle ne s'en servira pas pendant le concert (plus tard, elle m'avouera qu'elle avait oublié comment ça se disait). Elle est bien cette fille ! Drôle, sympa, chaleureuse, mignonne, charmante avec ce petit quelque chose en plus dans son attitude qui la rend sexy.

21h20 : Les lumières sont éteintes, le fond sonore aussi, et la fumée commence à envahir la scène. 5 - 4 - 3 - 2 - 1. Ca y est, ils arrivent!!!
Le Band d'Ana entre sur scène et entame un Blues énergique à l'orgue Hammond pour l'accueillir, et là, d'entrée on se retrouve avec la belle harnachée de sa Fender. Et vas-y que ça envoie, mais juste ce qu'il faut pour ne pas entrer dans les "trucs bruyants et faciles". Tout au long de son concert, elle saura d'ailleurs maîtriser ce juste mixage de finesse et de violence, qui finalement sont les deux ingrédients essentiels d'une bonne soirée de Blues. Ana nous raconte un peu sa vie pendant le concert, notamment lorsque qu'elle parle de deux titres de l'album Hush :
- Hometown, qu'elle confie être le premier morceau qu'elle ait écrit alors qu'elle tournait avec son premier groupe en Yougoslavie, qui se nommait Hush et qui a donné son nom à l'album..
- Love Fever : L'histoire d'une relation avec son "mec", qui tourne en "strong relationship"..

Elle nous parle ensuite d'un de ses groupes favoris en assurant la reprise d'un titre des Fabulous Thunderbirds, puis ce sera au tour de Jimi Hendrix. Ce seront d'ailleurs les seules reprises qu'elle fera, avant d'assurer comme une bête lors du rappel sur un deuxième Jimi Hendrix.

Bon, de toute façon, vous en saurez plus en lisant l'interview qu'elle m'a accordée. [ Voir dans ce numéro]

C'est un excellent show auquel nous a conviés Ana Popovic. J'ai vraiment adoré son charisme sur scène, sa voix, son jeu de guitare et l'équilibre de la rythmique qui l'accompagne. Pendant le show, alors que je pensais qu'elle avait arrêté ce genre de gimmick, elle convie toujours les guitaristes présents dans la salle à "tâter de sa Strat". Et hier soir, c'est Yannick (17 ans), guitariste des Be Yell Blues, qui nous a fait une bien belle démonstration qu'Ana a applaudi longuement.... Tu parles qu'il était aux anges le gamin !

Ana, cela faisait longtemps que j'attendais de la voir et de la rencontrer. Par rapport à tout ce que j'ai pu lire sur elle, je confirme que c'est une excellente artiste, faite pour la scène, dotée d'une énergie incroyable, d'un sourire charmeur et de beaucoup d'humour.

Cet été, on la retrouvera d'ailleurs sur 3 festivals importants : Nice pour le festival de Jazz, ensuite ce sera au tour de Cahors de l'accueillir, avant qu'elle ne participe au Blues Passion de Cognac ... Elle en profitera pour assurer la promo du deuxième album qui sortira certainement en Mai-Juin, puisque la semaine prochaine, elle retourne à Memphis peaufiner les derniers éléments de ce second album attendu de pied ferme ... Elle revient également en Europe en Mars prochain. Surveillez ses dates, et notamment lors de son passage dans la Drôme, ou le plateau sera constitué d'Ana Popovic, de Peter Nathanson et de Gwyn Ashton ..... Petite info, elle m'a confié avoir réalisé un ou deux solos de guitare sur le nouvel album de Peter Nathanson, Riviera Rose, qui a fini d'être masterisé jeudi soir !! Mais, on s'égare. Alors, revenons à nos Blues Girls ....

Une heure 1/2 plus tard, après avoir assuré un rappel sans faute en rendant hommage pour la deuxième fois à Jimi Hendrix, elle repartait dans sa loge, nous laissant un énorme sentiment de vide, qui sera bien vite comblé par L'IMMENSE talent de Connie Lush .....

Pause pour le changement de plateau. Une bonne bière, et j'en profite pour saluer la performance d'Ana dans sa loge, et m'installer face à elle pour réaliser l'interview. Ca me faisait tout drôle, car d'habitude je fais mes interviews avant les concerts, et là, la plupart des questions que j'avais préparées n'avaient finalement plus la même saveur, donc viteuf', de nouvelles questions et c'est parti, on enregistre..... 35 minutes plus tard : Merci Ana, mais c'est pas tout, y a Connie Lush sur scène alors faut que j'y aille !!!! See you later ..

Comme je suis quelqu'un de bien élevé, j'attends, avec mon pote Nanard et le fameux Yannick des Be Yell Blues, qui filmaient et mitraillaient de photos l'interview, que Connie Lush ait fini son morceau pour traverser la scène et redescendre dans la fosse aux lions !

"Ne faites pas attention, lance-t-elle au public, ce sont mes fils!!" Tu parles que tout le monde s'est mis à rire, et nous a applaudis comme si on était les clowns du spectacle.. Juste à temps pour qu'elle attaque "Dog", nous gratifiant au passage, d'un message coquin pour nous, les hommes !!

Voila, pour résumer, Connie Lush, c'est ça : de l'humour à revendre, de "vrais" sourires en veux tu en voila, et cette formidable énergie qui fait qu'elle envahit l'espace par sa simple présence et sa voix puissante à la limite de l'explosion..

Quelle fabuleuse artiste que Connie Lush! Whaou! Là, je vous assure qu'on entre dans la cour des Grands, et même des Très Grands! Accompagnée bien entendu par les fabuleux "Blues Shouters", dont le bassiste exceptionnel (Terry Harris) n'est autre que son mari, et surtout par Johnny Lewis, guitariste ô combien talentueux! Ce ne sont pas ses participations antérieures avec Chuck Berry ou encore Albert King qui viendront contredire ce que j'avance ici . Oui, ce guitariste est Excellentissime!

Et Connie Lush !! Vous voulez qu'on en parle?

Je ne sais pas comment résumer ce que j'ai vu et entendu cette nuit! C'était tellement BON & BEAU que je crois que cette simple phrase résume ce que tout le public a ressenti lors de ce concert. Il aura quand même fallu 2 rappels pour calmer l'hystérie collective qui s'était emparée du Bolegason, le deuxième rappel ayant provoqué une des plus belles et prenantes émotions jamais ressentie lors d'un concert : Les Feuilles Mortes chanté quasi a capella, mi-anglais, mi-français, avec juste un fondu de guitare pour l'accompagner .. Les frissons qui parcoururent la salle à cet instant-là étaient palpables et j'ai même vu quelques mouchoirs essuyer des larmes de bonheur et d'émotion sur les joues de quelques nanas totalement sous le charme de cette artiste que je ne saurais trop vous conseiller d'aller applaudir quoique cela puisse vous en coûter.

Juste avant son premier rappel, elle nous gratifia d'un Out Of The Rain de Tony Joe White qui se transforma, en fin de morceau, en un puissant Gospel, le corps rondelet de Connie Lush étant soudainement pris de convulsions comme si ce n'était plus elle qui était sur scène, mais possédée qu'elle était à ce moment-là par une force indestructible !

Tout ce que j'avais pu lire à son sujet n'est rien à côté de ce qu'elle vous procure sur scène. Connie Lush est à ce jour l'artiste féminine (et peut être même masculine, si j'enlève Muddy Waters en 79) qui m'a le plus touché lors d'un concert. Je ne parle même pas de l'interview qu'elle m'a accordée après le show, ponctuée par un Jingle pour Delta Blues qui, précisons-le, est le Jingle le plus original qu'on m'ait jamais fait à ce jour !!

Enfin, vous l'aurez compris, j'ai passé une de mes plus belles soirées de Blues avec deux artistes féminines qui, chacune dans leur genre, auront apporté une dimension nouvelle à ma culture Bluesistique ..

Dis, c'est quand qu'ça recommence, une soirée comme ça ?????

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Marvelous Pig Noise
au New Morning

Date: 21 février 2003
De: Pascal "L'Oreille Bleue" <loreillebleue@free.fr>

Salut à tous,

Lucky Jean Luc m'a fait découvrir leurs tartines il y a un an, depuis, ils sont passés deux fois prés de chez moi et je les ai raté deux fois. Donc ce coup ci, pas d'erreur, la date est bloquée : je serai au New Morning. J'ai fait la révision de la voiture, bourré les pneus de bombe anti-crevaison, fait le plein et ajouté un jerrycan de 30 litres dans le coffre. J'ai le plan d'accès et le numéro de téléphone de SOS Hélicoptères. A moins qu'un avion ne s'écrase sur l'A13 devant ma voiture, je ne vois pas ce qui va m'empêcher d'y aller. Lucky Jean Luc, Christian et Didier (mon frère) son du voyage, pour rien au monde ils n'auraient voulu rater un trajet avec Europe-Assistance.

Les dieux de la route et du stationnement sont avec nous, nous sommes à l'heure et garés à 15 mètres de l'entrée.

Juste le temps de prendre une bière au café d'en face où nous tombons sur Jérôme Dusfour qui soigne son trac. Il sera rejoint par Marcel Muller, l'air bien plus détendu. Ils nous expliquent qu'ils ont amené dans leurs bagages Siriel pour assurer la première partie et qu'il ne faut pas le rater. Une bière plus tard nous entrons dans la place et croisons quelques têtes connues, faisons connaissances avec d'autres, le temps pour René Malines de présenter la première partie.

Siriel, seul avec son acoustique, entame un répertoire de vielles références que je ne connais pas (tout le monde ne peut pas être cultivé). Son jeu est net et son chant est propre, peut être un peu trop, peut être un peu trop scolaire mais bon faut toujours que j'exagère. La seule chose qui m'a vraiment manqué dans son set c'est l'énergie. Pourtant il avait l'air d'en donner, mais moi je n'ai pas bien reçu. Le set a été un peu dynamisé à l'arrivée de Lionel et de son harmonica. Une bien agréable mise-en-bouche malgré mes persiflages.

Une courte pause, le temps de serrer la main à Benoît Blue Boy et à Patrick Verbeke traînant dans la salle et Monsieur Loyal (René Malines) remonte sur scène pour présenter les Marvelous Pig Noise. Il en profite pour leur remettre leur BottleNet qui apparemment les a beaucoup touché et ils démarrent leur set.

Alors là, les mots me manquent pour décrire la taille de la claque que j'ai pris ! Lucky Jean Luc et Didier m'ont charrié avec des petites phrases du style "ça fait toujours ça la première fois" ou encore "c'est vrai que tu ne les avais jamais vus". Il faut dire qu'il n'y a rien a jeter dans ce groupe, claviers et guitares sont au service de l'ensemble et si Jérôme Dusfour (guitare, banjo), Pierre Cisterne (guitare, Dobro, Slide) et Christian Benard (clavier, Accordéon) prennent des solos, ce n'est jamais superflu et surtout jamais de l'étalage de technique. Une petite note spéciale pour Jérôme Dusfour et l'intelligence de ses rythmiques souvent discrètes et toujours dans la cible. Marcel Muller (basse) mérite la même remarque discrétion, finesse et énergie. La palme de l'inhabituel revient à Jean-Brice Vietri avec sa batterie faite de bricolages divers. Il est absolument incroyable. Le mélange de jeu traditionnel et de percus autour de sa planche à laver déborde d'inventivité. Son jeu avec tous les doigts (gantés) sur le charley m'a laissé sans voix et la poignée de sa valise (grosse caisse) qui gigote en rythme est le détail qui tue. Je finirai avec les voix, car elles sont absolument hallucinantes. En lead, et bien qu'ils aient chacun leurs grandes qualités, c'est Pierre Cisterne qui m'a particulièrement subjugué. Mais c'est en chœur que la claque a été la plus grande. Ils s'accordent parfaitement et jouent avec les harmonies. du bonheur. La soirée marquant la sortie officielle de leur dernière tartine "Louise & Anne" c'est bien sur les titres de cette dernière qui ont été a l'honneur mais ils sont sortis de la copie conforme pour nous fournir des versions live digne d'être enregistrées.

Bilan des courses, je n'ai pas vu la soirée passer, ce qui est plutôt bon signe. J'ai passé une bonne partie du concert bouche-bée, mon blouson porte encore les traces de bave. Je suis ressorti en me posant une question métaphysique : comment ces mecs, de taille apparemment normale, peuvent-ils contenir autant de talents ?

Pascal

http://loreillebleue.free.fr

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Amor
au New Morning

date: 6 février 2003
de: Christophe "Tof" Godel <christophe.godel@noos.fr>

Je me faisais une joie d'aller écouter enfin live le groupe anglais Amor, mené par Jon Amor, ancien guitariste du groupe The Hoax, qui avait sévi fin des années 90 en proposant trois albums bien intéressants. Ce concert faisait suite à la sortie voilà quelques mois du second opus du groupe. (voir LGDG n°49 bis ) et LGDG n°36 pour le premier CD).

Il faisait la première partie de l'harmoniciste New Yorkais, Mason Casey. Il y avait bien moins de monde que pour le précédent passage du turbulent Casey au New Morning. Il faut dire que la dernière fois, il ouvrait pour Tommy Castro. Croyant certainement au même déferlement de spectateurs, les tables et les chaises de la fosse avaient disparu. Mais la fosse était plutôt déserte, les gens ayant pris place autour, assis confortablement.

Je me demande toujours ce que ressentent les musiciens dans des cas similaires. Néanmoins, l'ami anglais n'a pas semblé gêné par la timidité du public parisien. Faisant l'effort de s'exprimer le plus possible en français, il a attaqué très fort son set avec un des titres les plus percutant de son dernier album, Hard That.

Pas de surprises, le blues rock de Amor fait bouger les têtes immédiatement ! C'est incisif, efficace, on retrouve le même esprit du second album sur l'ensemble du concert. Il va alterner les morceaux de ses deux CD, ceux du premier ayant été un peu réarrangé sans pour autant y ajouter de sample. En effet, on retrouve les sons électroniques de Even After That, même sur scène.

C'est pratique, cela permet de savoir à quel CD appartiennent les chansons :) Ceci dit, cela est moins intéressant sur scène, d'autant plus que j'ai l'impression que les samples sont lancés depuis la console, au début du titre, et le groupe joue dessus, comme s'il s'agissait d'un play back (mais ils jouent bien live, je vous rassure !). Je ne suis pas certain de ce fait mais c'est ce qui m'a semblé. Personne sur scène pour lancer les sample qui vont bien, et à la console, rien de spécial. Du coup, je pense que le groupe perd peut-être une peu de cette spontanéité ou de l'improvisation possible sur certains morceaux.

En tournée, le groupe s'est adjoint les services d'un second guitariste rythmique, discret mais de bonne tenue. Cela permet à Amor de se faire plaisir sur les morceaux où il n'y a pas de parties électroniques et de proposer des compositions plus blues que rock.

Le concert d'Amor fut vraiment très bien et le public fut plutôt enthousiaste, même s'il n'a pas envahi la fosse :) Je pense donc que, pour ceux qui aiment le blues-rock et qui ne sont pas réfractaire à quelques expériences électroniques (légères) et à des chorus plus courts que la normale (ce qui est plutôt bien parfois en blues-rock), une bonne soirée est assurée. Amor est un bon guitariste au chant plutôt sympathique !

Après la très bonne impression laissée par Amor, je redoutais avec angoisse le passage de Mason Casey. Je m'étais promis de ne pas rester pour l'harmoniciste, tellement son passage avant Tommy Castro m'avait laissé un piètre souvenir. Je décidai, l'âme généreuse, de laisser une seconde chance au New Yorkais. Je ne sais pas ce qui m'a pris... décidément... J'ai tout de même tenu 6 titres mais, dès le second, j'avais envie de quitter les lieux. Ce qui m'a fait rester un peu plus longtemps, c'est le jeu rythmique du bassiste américain et du batteur français (ex ? batteur de Jesus Volt) qui vraiment tiennent la baraque, et qui semblaient à priori trouver du plaisir à jouer ensemble!

Quant à Mason, il a joué toujours aussi faux, avec toujours autant d'erreurs et si peu de feeling. Et pourtant, ça plait... et je comprends pourquoi... D'ailleurs ces demoiselles qui sont descendues danser dans la fosse se sont sûrement bien amusées. Ca fait toujours plaisir à voir des jeunes de 20 piges hocher de la tête sur un shuffle, mais bon... On peut vouloir faire du Trash Blues, il faut quand même un minimum de talent. Je voulais d'ailleurs demander à un autre jeune spectateur, portant un superbe sweat de Panthera, ce qu'il pouvait bien retirer d'un tel concert (Panthera sont de vrais musiciens, eux) [NDLR: no comment...]. Mais je suis parti avant... Mes oreilles, pourtant fort tolérantes, n'en pouvaient plus!

   

Tullins,
entre Texas et Tamise

Date : 18 Janvier 2003 De : Vero <pchelius@club-internet.fr>

Un instant, la scène était noire et puis on a vu Johnny Winter sur scène.. Ah non. Celui-là est roux, il a de jolis yeux bleus et il n'a pas de chapeau. Mais côté physique, je ne sais pas lequel des deux est le plus maigre ! Un grand sourire du haut de ses deux mètres et l'animal attaque sur sa guitare rouge avec des doigts qu'on dirait faits de cartilage tant ils sont minces... pan, une claque dans la gueule. Encore un pas manchot !
Mazette, quelle pêche, quelle énergie, autant dans les doigts que dans la voix. Là, les puristes vont hurler que ce n'est pas du blues. Mais je vous laisse vous battre avec vos définitions. Les quatre (et oui, il y a un second guitariste, maintenant) d'Amor savent ce que le mot rythme veut dire. Pas d'étalage gratuit de virtuosité non plus. Et un Jon Amor ultra sympa, oscillant entre le français et l'anglais. Le show se termina sur une reprise de Madonna. J'ai pas reconnu tout de suite tant ça sonnait "Amor". Ben, elle peut aller remettre sa petite culotte, la miss! Des morceaux lents, y'en n'a eu qu'un, à vous donner des frissons et des envies de pleurer tant le Jon y a mis ses tripes.

Côté critiques, c'était une chouille trop fort, avec trop de basse et une guitare pas assez en valeur à mon goût. Mais c'est jamais facile à régler, ces bestioles-là. J'étais curieuse d'entendre les fameux usages de samples dont j'avais lu-parler dans la presse. Disons-le tout net, je n'ai pas été convaincue. Ca n'apporte pas grand chose à la musique, à part le côté fun de la chose et puis (mais c'était peut-être une question de réglages), ça fait trop "artificiel", trop "enregistrement". Sur le CD, ça passe peut-être mieux.

On n'a pas attendu plus de cinq minutes avant la séance d'autographes (juste le temps d'acheter le CD :) qui s'est déroulée encore une fois avec le sourire...

Il faisait bien froid, hier soir, devant les portes de la salle des fêtes. Organisateurs (même à la bourre) ou musiciens, tout le monde avait le sourire.

So long Tullins, continuez comme ça...

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Solomon Burke
à Bagnolet 08/03/03

date: 11 mars 2003
de: Ed <edouard.lombard@gazdefrance.com>

Première partie : Dee Nasty.
Dee Nasty est un DJ français de la toute première génération. Je suis généralement trés méfiant quand j'entends "DJ"... Et pourtant il faut bien avouer que ce qu'il nous a proposé était tout à fait à mon goût. Scratchs dans tous les sens, mais sur du James Brown, du Marva Whitney ou du Rufus Thomas. Do the funky chicken!!

Excellente entrée en matière et pas de temps mort, on démonte les platines et le groupe de Solomon Burke attaque!

Attaquer est le mot qui convient. Un batteur, un bassiste, un organiste, entrent tour à tour sur la scène. Jusqu'ici, c'est normal. Puis, arrivent 3 guitaristes, 2 saxophonistes, 1 trompette et un pianiste... On se dit que le Soul Alive Orchestra est au complet, ben non manque une harpiste, blonde, à forte poitrine, et avec une veste rouge flashy... Et encore deux choristes...avant qu'enfin n'arrive King Solomon avec sa cape et son valet (qui est aussi trompettiste).

Il est bien sûr énorme, se déplace difficilement jusqu'à son trône mais c'est la grande classe et ça joue bien et fort. A son entrée, une bousculade éclate entre un photographe et un spectateur énervé. Ce denier est repéré par Solomon Burke qui l'invite immédiatement à monter sur scène avec lui pour le calmer.

Il y restera le temps du long medley If you need me/I almost lost my mind, se faisant caresser la tête et bénir de temps à autre par Solomon. Le groupe cartonne, Solomon est omniprésent par son jeu de scène (gestuelle issue des rites religieux : bénédictions, appels au ciel, etc) mais aussi par sa voix magnifique. Les titres s'enfilent, anciens Cry to me ou récents Don't give up on me, Soul searchin.

L'hommage au "Soul Clan" qu'il formait avec des gens comme Wilson Pickett, Don Covay ou Otis Redding est présent au travers de Fafafa, Stand by me, A change is gonna come ou Dock of the bay.

On n'oublie pas non plus, tout au long du spectacle (c'est plus qu'un concert), la distribution de roses au public féminin..., de T-shirts et de CD.

Les hommes, eux aussi, ont droit a leur distribution de baisers et de roses par l'intermédiaire des choristes (filles ou petites-filles?) de Solomon pendant leur chouette interprétation de I will survive (!) ou I will always love you de Whitney Houston (quand même, s'il vous plaît).

On termine cette superbe soirée par un puissant medley Rock'N'Roll (Tutti Frutti, Long Tong Sally) où il invite une quinzaine de filles à venir danser sur la scène avec lui. Il quitte la scène en adressant une dernière fois au public son message de paix et d'amour (il aura au passage remercié la France pour sa position dans la crise irakienne) et en laissant son micro dans les mains d'une fillette de 8 ans chantant Rock this house...

Solomon nous laisse KO, on en oublierait presque qu'il n'a pas joué Everybody needs somebody... La routine pour King Solomon!

Mea culpa, j'ai oublié mon appareil photo, j'enrage...j'aurais pu vous rapporter une photo de Charles Berling.

Solomon Burke :
Don't give up on me - Fat Possum 2003
Proud Mary - The Bell Sessions - Sundazed 2000
Live at House of the Blues - Black Top 1994
The best of - Rhino 1992

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Rory Gallagher
- Irish Tour - Capo 106 BMG

date: 12 mars 2003
de: Docteur Blues <jerome.travers@free.fr>

Nous sommes en plein hiver 1974, il est environ 5 PM. Dans sa chambre d'hôtel Rory est anxieux, il donne un concert important ce soir. Il ne sait plus vraiment dans quelle ville nous sommes, mais il sait qu'il n'est pas perdu, il est chez lui. Deux semaines que le groupe est en tournée... Dans le Hall, il retrouve les autres. Gerry lui tape sur l'épaule pour le saluer, tout le monde semble tendu. Les pubs vont bientôt ouvrir.

Après quelques bières et quelques whiskies, le groupe est chaud. Rory a avalé quelques pilules pour dissiper son anxiété et le mélange dans ses veines lui cogne les tempes. Nous ne savons pas très bien comment nous nous retrouvons dans les loges. On nous prévient : le public est là. Rory prépare sa Strat, il se dérouille les doigts. Il va falloir y aller, entrer dans l'arène... Le speaker, comme avant un combat de boxe, scande : " And now, ladies and gentlemen... Rory Gallagher..." Aveuglé par les projecteurs, on attaque par Craddle Rock. Première déferlante, Rory croit se rappeler que le public est celui du Carlton Cinéma de Cork. Ceux qui ont la chance d'être là nagent dans le bonheur. Le combat sera facile ce soir. I Wonder Who, Gerry à la basse le soutient parfaitement, Rory sait qu'il peut compter sur lui. Puis, c'est le morceau préféré de Lou, le pianiste, Tattoo Lady... Peut-être le titre préféré du public également car ils réagissent dès les premières notes de l'intro. Tout va bien. Ce soir, on va pouvoir aller loin... Too Much Alcohol bastonne comme une rixe à la fermeture d'un bar.

Rory enchaîne avec As The Crows Flies, il teste le Dobro, ajuste l'accordage. C'est un titre de Tony Joe White. Les deux musiciens se respectent, ils se sont rencontrés au festival de l'île de White. Rory lui rend hommage en soufflant dans l'harmonica qu'il porte autour du cou.

"As the crow flies baby"
"that's how I'm on my way"
"as the crow flies baby"
"I'm on my way"

Million Miles Away, la référence Gallagher. Le guitariste explose. Aux phrases mineures d'un Freddie King, Rory ajoute des bribes de mélodies irlandaises de son enfance. Les notes majeures pétillent comme des guirlandes. Toute la salle retient son souffle. Nous sommes à des millions de miles mais nous ne sommes pas perdus, nous sommes chez nous.

Rory ne sait plus rien ! Ils diront qu'il était infatigable... Ils n'ont rien compris! Toute cette création "Live" l'éprouve, la douleur endort son corps, son esprit... Le band le soutient et donne le meilleur de son "Fighting Spirit" irlandais. Des doigts magiques, ce sont bientôt les espagnolades du solo de Walk on Hot Coals. Nous l'aidons, nous sommes avec lui. Des générations de Maîtres de guitare envahissent son esprit. Nous ne sommes pas perdus, nous sommes chez nous... Nous enchaînons avec deux titres au bottleneck. Le public n'est toujours pas noyé sous des déferlantes de plus en plus fortes... Ils chantent, oui, le public chante entre les morceaux jusqu'aux dernières notes fantomatiques de Maritime...

La salle se vide doucement, quelques éclats de voix saluent l'artiste. Peut-être, pour la première fois, Gerry est inquiet, il essuie le manche de sa basse dans un coin, le regard perdu. Nous attaquons une bouteille pleine... Demain, une nouvelle escale, un autre port, on nous attend déjà... Dans certains pubs, on parle de nous. Rory Gallagher, premier militant, dernier gladiateur. Ici, on ne fait pas de la musique comme ailleurs, l'Irlande est l'autre berceau... Nous le savons, Rory bientôt nous aura rejoints, d'autres prendront la relève...

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Band of Friends
Hommage à Rory Gallagher
Chez Paulette - 14 mars 2003

date: 26 mars 2003
de: Ed <edouard.lombard@gazdefrance.com>

Composé de Gwyn Ashton, guitariste et clone officiel du regretté Rory, Gerry Mc Avoy, bassiste, accompagnateur de Rory pendant de nombreuses années et maintenant chez Nine Below Zero, Lou Martin, clavier déjanté et fidèle gallagherien, Brendan O'Neil, batteur de Rory maintenant chez Nine Below Zero, Dennis Greaves, guitariste et leader des Nine Below Zero, et enfin l'harmoniciste Mark Feltham des Nine Below Zero.

Les Nine Below Zero sont au complet, mais le concert démarre avec le trio Ashton/Mc Avoy/O'Neil. Tout de suite, on se rend compte de deux choses : le son est énorme (very loud) et Ashton pourrait s'appeler Dolly... Le mimétisme est impressionnant...Au bout de quelques morceaux bien péchus, ils sont rejoints par Lou Martin.

Sorte de pierrot lunaire rigolard et monté sur ressort, il fait souvent vacillé son clavier. Dennis Greaves se pointe lui aussi un peu plus tard et on peut faire la comparaison entre les deux styles de guitare. Ma préférence va nettement à ce dernier qui me semble plus efficace et moins volubile (ou bavard diront les grincheux).

Les voix sont partagées entre Gerry Mc Avoy, Gwyn Ashton et Dennis Greaves. Passage acoustique obligé comme l'affectionnait Rory Gallagher, puis set un peu plus "Blues". Gwyn Ashton s'en va, Mark Feltham arrive. Reprises de morceaux ayant influencés le père Gallagher. Pas de Messin with the kid... dommage.

Après cet interméde reposant pour nos oreilles, on repart avec les mêmes qu'au départ. Craddle Rock ou Bullfrog Blues joués à fond la caisse, j'aime! Tout le monde est sur scène pour les morceaux finaux Tatoo lady bien entendu, et en rappel le bastonnant "Shadow play"! High energy et transpiration garantie pour un concert bien enlevé, respectueux et digne du père Gallagher.

Et mes amis Thierry et Charles m'offrent généreusement une douche à la bière pour terminer la soirée. Sympa les gars.

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Claude Bourbon
en concert à Lyon

date: 9 mars 2003
de: Philippe Espeil <philnet@free.fr>

Claude
BOURBON Claude Bourbon passe rarement dans la région lyonnaise, et pour cause, vivant depuis quelques années en Angleterre, ce n'est qu'à l'occasion de tournées qu'il peut parcourir la France. Ce fut le cas, vendredi 10 janvier, au James Café où il donnait un concert juste avant son départ pour la Hollande.
Le point fort de Claude est la personnalité de ses interprétations. Nourri au classique puis au blues et au rock, son jeu de guitare intègre de multiples courants, de multiples styles, qui se retrouvent de façon plus ou moins importante. Ainsi, même lorsqu'il reprend des standards du blues, il y apporte une touche originale qui en fait tout l'intérêt de ces reprises.
Ces propres compositions, en Français ou en Anglais, montrent un soin certain pour l'écriture des textes, humoristiques et intelligents. Mais, comme le dit Claude, ils ne sont chantés que pour donner au musicien un prétexte pour s'accompagner à la guitare. En effet, le maître mot est "jouer" et Claude Bourbon ne boude pas son plaisir, nous servant de longues parties instrumentales en guise de soli.
Apparemment conscient des limites de sa voix qui est plutôt grave et rauque, il adapte son chant à ses capacités et ne la force jamais ce qui lui permet de passer convenablement tous les morceaux sans heurter son public.
Si son niveau technique et musical n'est pas à remettre en question, ce soir-là le public était cependant bien peu attentif ; Une grande partie des spectateurs étant présents pour un anniversaire, ceux-ci se montraient assez peu réceptifs à la musique ce qui est toujours un peu décevant pour l'artiste qui se produit.
Mais enfin, les personnes venues voir et écouter Claude Bourbon ont pu assister à un bon concert, ce qui est bien l'essentiel pour une de ses rares prestations en région lyonnaise.

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2003, année du Blues


 

"En 1903, sur un quai de gare isolé à Tutwiler dans le Mississippi, le compositeur noir W.C.Handy rencontra un homme jouant "la plus étrange musique [qu'il ait] entendue", une sonorité inédite qui allait bientôt se répandre pour devenir la forme dominante de la musique originelle américaine.

Bien qu'elle se soit propagée de nos jours à toute la planète, en elle-même ou sous les nombreux genres dont elle est la base - y compris le jazz, le rhythm and blues, le rock'n'roll, la musique soul, le hip-hop - elle est encore connue, tout simplement, sous le nom du Blues.

Pour célébrer le 100e anniversaire de cette rencontre et en reconnaissance de l'influence persistante du Blues sur l'histoire musicale et culturelle - en Amérique et dans le Monde, le Congrès des Etats-Unis a proclamé, en date du 5 septembre 2002, l'année 2003 "Année du Blues".

http://www.yearoftheblues.org

Calendar No. 567
107th CONGRESS
2d Session
S. RES. 316
Designating the year beginning February 1, 2003, as the ‘Year of the Blues’.
IN THE SENATE OF THE UNITED STATES

August 1, 2002
Mrs. LINCOLN (for herself, Mr. COCHRAN, Mr. THOMPSON, Mr. FRIST, Ms. CANTWELL, and Mrs. MURRAY) submitted the following resolution; which was referred to the Committee on the Judiciary

September 5, 2002
Reported by Mr. LEAHY, without amendment

RESOLUTION

Designating the year beginning February 1, 2003, as the ‘Year of the Blues’.

Whereas blues music is the most influential form of American roots music, with its impact heard around the world in rock and roll, jazz, rhythm and blues, country, and even classical music;

Whereas the blues is a national historic treasure, which needs to be preserved, studied, and documented for future generations;

Whereas the blues is an important documentation of African-American culture in the twentieth century;

Whereas the various forms of the blues document twentieth-century American history during the Great Depression and in the areas of race relations, pop culture, and the migration of the United States from a rural, agricultural society to an urban, industrialized Nation;

Whereas the blues is the most celebrated form of American roots music, with hundreds of festivals held and millions of new or reissued blues albums released each year in the United States;

Whereas the blues and blues musicians from the United States, whether old or new, male or female, are recognized and revered worldwide as unique and important ambassadors of the United States and its music;

Whereas it is important to educate the young people of the United States to understand that the music that they listen to today has its roots and traditions in the blues;

Whereas there are many living legends of the blues in the United States who need to be recognized and to have their story captured and preserved for future generations; and

Whereas the year 2003 is the centennial anniversary of when W.C. Handy, a classically-trained musician, heard the blues for the first time, in a train station in Mississippi, thus enabling him to compose the first blues music to distribute throughout the United States, which led to him being named ‘Father of the Blues’: Now, therefore, be it

Resolved, That the Senate—

  1. designates the year beginning February 1, 2003, as the ‘Year of the Blues’; and
  2. requests that the President issue a proclamation calling on the people of the United States to observe the ‘Year of the Blues’ with appropriate ceremonies, activities, and educational programs.

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