La Gazette de GREENWOOD
n°51 (Mai 2003)

Tome 2:
 
Tome 1
  • les sources de "Et la France Découvrit le Blues" enfin dévoilées!
    Kurt Mohr : interview du 31 janvier 1997
  • Snooky Pryor & Johnny Shines Back to the Country
  • Blind Lemon Jefferson : The Complete 94 classic sides fully remastered
  • E-Interview, Mauro Serri : le fait seulement de repiquer les morceaux sur les disques, c'est déjà apprendre avec un prof
  • Double Stone Washed: Don't Stop Washing
  • Nothin' But De Blues: Still Alive
  • Jesus Volt, pour les fans de rock, point allergiques au blues, et vice versa
  • Bouillon de Bluesiculture:
    • Talkin' That Talk, Le langage du blues et du jazz
    • Rire pour ne pas pleurer : le noir dans l'Amérique blanche
  • la Rubriqu'à Blues: Lil' Buck Sinegal, Junior Watson, Indigo Swing, Howlin' Wolf





Tom Cat
Numéro Spécial Lea Gilmore:
Talent, humour et générosité comme s'il en pleuvait
(une émission très spéciale d'America, RTBF)

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Un piano made in Louisiane qui chante le blues
Henry Gray et Lil Buck Sinegal aux Nuits du blues de Talant
(19-20 Mars 2003)

date: 28 mars 2003
de: Philippe Pretet <Philpretet@aol.com> (photos de l'auteur, ©2003)

Après une tournée du Chicago Blues Festival 2002 qui a fait date à Talant, située dans l'agglomération dijonnaise (voir LGDG N° 48), l'association JAGOBLUES a relevé un nouveau défi : proposer pour ses "Nuits du blues 2003", outre le meilleur groupe de Jump Blues européen - en l'occurrence les Allemands B.B. § The Blueshacks -, deux affiches inédites en Bourgogne : Anson Funderburgh § The Rockets et le géant Sam Myers d'une part et Henry Gray § The Cats accompagnés par le guitariste louisianais Lil' Buck Sinegal, d'autre part.
Gérard Doidy, Président de JAGOBLUES, devait tirer un bilan positif de cette initiative au vu des nombreuses réactions de satisfaction d'un public bourguignon ravi de pouvoir apprécier successivement le jump blues typique de la West Coast, la fluidité du Texas Blues et un subtil mélange de Chicago Blues mâtiné de la voluptueuse indolence de la Louisiane. La Gazette de Greenwood s'est attachée à relater plus particulièrement la deuxième soirée animée par Henry Gray and the Cats accompagnés par le guitariste louisianais Lil' Buck Sinegal.

Line-up :

Henry Gray (photo Philippe Pretet) Henry Gray, véritable "trésor de la musique afro-américaine", selon David Whiteis de la revue Living Blues, est un septuagénaire alerte, à l'œil pétillant et au sourire plein de malice, qui n'a pas son pareil pour insuffler l'esprit du blues à son auditoire. Cela, il sait le faire depuis sa plus tendre enfance. A l'âge de 8 ans précisément, où il dut pratiquer le piano à l'église à l'insu de son père, alors qu'il était interdit à l'époque de jouer du blues dans les maisons… Autre époque, autres mœurs… Pour mémoire, Henry Gray dont le principal inspirateur fut, dit-on, Big Maceo Merriwether, a été le pianiste attitré du grand Howlin' Wolf entre 1956 et 1968 et a notamment enregistré pour le label Chess. C'est un pianiste recherché qui a accompagné depuis plus de soixante ans les plus grands, dont, après-guerre, Muddy Waters, Billy Boy Arnold, Jimmy Reed, Jimmy Rogers, James Cotton, Buddy Guy, Taj Mahal et l'inusable BB King.

Depuis 1968, Henry Gray a rejoint sa famille à Alsen, en Louisiane, sa terre natale ou il a fréquenté assidûment Slim Harpo, Whisperin' Smith et les autres gloires du blues louisianais avant de former son groupe The Cats avec le bassiste Andy Cornett, producteur du label de Lafayette (LA), Lucky Cats, l'harmoniciste Brian "BB" Bruce et le batteur Earl Christopher.

Earl Christopher (photo Philippe Pretet) Ce sont ces musiciens accompagnés par l'excellent guitariste louisianais Lil'Buck Sinegal - dont le premier album 33 tours solo est particulièrement convaincant (voir rubriqu'àblues LGDG N°48) - qui ont œuvré pour les Nuits du Blues sur la scène du complexe M-T Eyquem à Talant.

A tout seigneur, tout honneur : Henry Gray est un pianiste atypique qui sait concocter un amalgame surprenant entre le style dur et sombre de Chicago et le blues quelque peu apathique et paresseux de la Louisiane.

L'alchimie produit un blues brut à la musicalité explosive et saisissante comme dans Watch Yourself, titre éponyme du dernier album du pianiste qui entame le concert. S'ensuit un vibrant hommage au Loup Hurlant, Howlin' Wolf, avec une version intense et superbe de Red Rooster où les accents wolfiens transpercent la peau et font frissonner.

Le répertoire est vaste et de valeur égale. Boogie-woogie, rock'n'roll, blues lents ou rapides. Tous les morceaux s'enchaînent naturellement. Henry Gray est à l'aise, quel que soit le morceau, le tempo, le rythme. Sa technique est sûre et fluide malgré ses 78 ans. Sa voix, au timbre toujours clair, est remarquablement mise en valeur lorsqu'il chante les compositions d'Elmore James comme dans Dust My Broom. Signalons que le bassiste Andy Cornett et Earl Christopher aux fûts sont en phase avec leur leader, alors que l'harmoniciste Brian Bruce, a paru moins convaincant, peu aidé il est vrai par une sonorisation approximative.

Lil Buck Sinegal (photo Philippe Pretet) En plat de résistance, le guitariste, sideman de circonstance, concentré et studieux jusque là, devait assurer un set qui a effectivement justifié sa flatteuse réputation. Paul Alton Sinegal, aka Lil' Buck Sinegal, est né en 1944 à Lafayette, de parents d'origine créole, dans l'ambiance unique des bayous d'où émanent les effluves délicieuses des barbecues et du crawfish… Notre homme compte à son actif quelque trois cents enregistrements depuis la fin des fifties et d'innombrables tournées dans le monde entier, notamment avec Clifton Chenier, Buckwheat Zydeco, Rockin' Dopsie Sr § Jr, Fernest Arcerneaux, Katie Webster, Lazy Lester, Henry Gray, Jumpin' Johnny et Wallace Johnson. Entre-temps, on le retrouve en 1958 à la tête du groupe Top Cat à l'apogée du R§B de Joe tex et de la soul d'Otis Redding. Sa carrière personnelle a véritablement débuté lorsqu'il fut repéré par Allen Toussaint, propriétaire du label Nyno, à l'occasion d'une pige pour le chanteur Wallace Johnson. L'album devait rester plusieurs semaines dans les charts du Top 20 de Living Blues en 1998. Depuis The Buck Starts Here sur Nyno, le label d'Allen Toussaint, Paul Sinegal attendait une opportunité. C'est le label de Lafayette, Lucky Cats, qui la lui procure aujourd'hui. Rappelons que les influences de Paul qui se faisait appeler the "Buckaroo" par C. Chenier sont plutôt flatteuses : Jimmy Reed, Albert King ou Collins, à Lightnin' Hopkins et Chuck Berry pour finir avec l'incontournable BB King!

Avec son premier album 33 tours solo, Bad Situation, la classe de Paul Sinegal qualifié de "Gentle Guitar" par Allen Toussaint est à son zenith.

C'est pourquoi, lorsque Paul Sinegal interpréta en intro devant le public dijonnais Bad situation, titre éponyme, des sonorités venues d'ailleurs clouèrent littéralement au fauteuil le public médusé.

Le jeu saturé et incisif de sa "Stratos" (1954) fut vif et précis. L'amplification donna un grain mat superbe. Les phrases furent longues, expressives et étincelantes, rappelant le meilleur d'Albert King… comme sur I'll Play The Blues For You. Retenez bien ce nom : Lil' Buck Sinegal, un guitariste à écoute absolument !

En conclusion, force est de constater que, grâce à l'association JAGOBLUES, d'année en année, le blues joué aux portes de Dijon remporte un succès grandissant et mérité. Vivement l'édition 2004 !

Discographie sélective Henry Gray § The Cats : Blues Won't Let Me Take My Rest Lucky Cats 1001
Henry Gray § The Cats : Watch Yourself Lucky Cats 1002
Henry Gray : Plays Chicago Blues Hightone Records HCD8131
Lil' Buck Sinegal : Bad Situation Lucky Cats 1003
Plus d'infos : www.henrygray.com et

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Voyage dans l'Espace Blues

Suite à l'arrêt des activités de feu "Le Cristal", depuis la fin de l'année dernière, Christian Legras a lancé une nouvelle programmation blues régulière dans la bonne vieille capitale de France. Ce nouveau temple s'appelle L'Espace B, B comme Blues. Et du Blues, l'ami Christian en programme tous les vendredis soirs vers 21h30-22h, en règle général pour la modique somme de 6 euros.
En passant dans l'austère rue Barbanègre (75019 - Métro Corentin Cariou), on ne peut se douter que dans l'arrière salle de ce bar-restaurant peuvent s'écrire quelques unes des belles pages du blues parisiens. Et pourtant... du beau monde, il y en a eu, du beau monde il y en aura encore...
Ce mois-ci, en attendant les prochaines, ce sont trois chroniques de concerts que nous vous proposons , dont un concert véritablement d'anthologie... Au programme Mathis and The Mathematiks, Xavier Pillac et The Hoodoomen.






Mathis and The Mathematiks
à l'Espace Blues


Mathis & the Mathematiks
Espace Blues, Paris, avril 2003
photo Christophe Godel

Christian Legras avait profité du passage du groupe de Mathis dans la région parisienne (festival de Beauvais (60)) pour les inviter dans son antre fort sympathique de l'Espace Blues, à Paris dans le 19ème.

Date : 22 avril 2003
De: Christophe "Tof" Godel  <christophe.godel@noos.fr>

Programmé à un jour inhabituel (un jeudi), le public ne fut pas véritablement au rendez-vous. C'est dommage... Mathis and The Mathematiks étant un des groupes des plus intéressants de la planète musicale française...

Nous avons tout de même eu droit à deux sets plein d'entrain devant un public clairsemé, mais le groupe fournissant toujours cette même fougue et passion dans leur jeu. Lors de Blues Sur Seine, en novembre dernier, le groupe présentait sa nouvelle formule (voir La Gazette numéro 48). Or, la surprise fut de taille de voir que le groupe n'était plus que de trois compagnons. En effet, Florent Siclet a quitté le groupe pour des raisons personnelles. Ce départ n'est pas neutre parce que ces dernières années le groupe était articulé autour de cette dynamique géniale entre Mathis et Florent.

C'est donc une nouvelle formule bis que Mathis, toujours accompagné des deux frères Capus (Julien à la contrebasse et Denis à la batterie), nous a présenté en ce jeudi soir de mars.

La rythmique impeccable du groupe est maintenant là pour servir exclusivement l'athmosphère musicale et vocale de Mathis. Malgré l'absence d'harmonica (et les tentatives de phrases harmonicales par Mathis), on reste dans l'esprit de leur dernière démo et du concert de Blues Sur Seine, à savoir l'abandon progressif de tournures Blues pour rencontrer un son plus urbain, brut, un rock revisité voire torturé.

Tout comme Jesus Volt, Mathis and the Mathematiks quitte doucement la planète bleue dont ils sont issues sans pour autant la délaisser complètement. Peu peuvent se le permettre, et je pense que ce groupe en est capable. J'en veux pour preuve la version bluesy de Jumpin' Jack Flash, pas rock pour un sou, ou la version rock de Ball of coton à 200 000 lieues de la version blues accoustique et traditionnel que le groupe jouait il y a encore deux ans (écouter leur démo 2+2). Il y a de quoi séduire là un public bien plus large. Personnellement, je trouve que Florent manque au groupe, mais il faut leur laisser le temps de retrouver la bonne carburation.

Quoi qu'il en soit, durant le concert, nous avons eu droit aux compositions originales, aux reprises revisitées avec inventivité et feeling, le tout dans une convivialité et la bonne humeur générale.

Amis du blues ouvert et du rock alternatif, gardez les oreilles ouvertes à Mathis and The Mathematiks :)

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Xavier Pillac
à l'Espace Blues

Xavier Pillac,
Espace Blues, Paris 25-04-2003
Photo Christophe Godel

Accompagné par son bassiste, batteur et saxophoniste, Xavier Pillac passait par la Capitale en ce vendredi d'avril. Trois sets pour confirmer une réputation non surfaite, à savoir un excellent guitariste, un très bon auteur avec ses nombreux textes en français plein d'humour - et l'exercice n'est vraiment pas simple- , et un interprète génial avec cette voix qui sied à merveille au blues.

Date : 25 avril 2003
De: Christophe "Tof" Godel <
christophe.godel@noos.fr>

Xavier Pillac a bien mérité sa victoire au tremplin Blues sur Seine en 2000 ou sa victoire au BottleNet 2001 pour la révélation de l'année. Son blues est riche d'influences, Chicago, funky, delta et la french touch. Tout cela lui permet de présenter un concert frais, varié en sonorités et en rythmes, notamment grâce au jeu de son saxophoniste, François Ragonneau. Le temps passe trop vite avec un concert de Xavier Pillac ! Et, le bonhomme étant plein d'humour, l'ambiance est conviviale !

Il est à noter que Xavier Pillac est un sacré bon guitariste et complet, ce qui est somme toute assez rare sur la scène française ! Guitare électrique sur Strat ou slide sur Dobro, il est à l'aise ! Personnellement, j'ai adoré les titres joués au Dobro, trop rares à mon goût ! (Je chipote !) Mais que ce soit sur une composition personnelle ou sur une reprise, ses Interprétations au Dobro sont intenses ! Et le truc génial, c'est qu'il est tout aussi crédible sur un blues lent, électrique et classique où son jeu peut être intense que sur des titres plus funky, où la rythmique est parfaitement maîtrisée !

L'autre atout de Xavier Pillac est son talent d'écriture pour la musique et bien sûr pour les textes. Je crois que l'on peut dire qu'il est l'un des meilleurs en France, et il y a très, très peu d'élus parce que ce n'est pas simple de faire sonner la langue de Molière sur du blues. Peu osent tenter le diable de la sorte. A ce jeu, je trouve qu'il est proche d'un Benoît Blue Boy. C'est simple, mais jamais simpliste. C'est léger et frais, parfois plus subtil. J'adore, j'adhère ! Il a déjà des titres accrocheurs comme son fameux J'vais au Pressing, Dingue du Mississippi ou le Va Encore Falloir Aller Te Ramener dédié à René Malines [private joke !-].

Nous avons même eu droit à des titres qui feront partie de son prochain album, pour bientôt, apparemment. Qu'on se rassure, il a l'air d'être aussi bien que son génial premier album, Faut Que j'Aille Bosser, acheté au concert et que j'écoute souvent depuis !

Ceux qui ont eu la bonne idée de venir ce vendredi soir-là ont été gâtés ! Les applaudissements n'étaient pas feints ! On a même eu droit à un petit bœuf avec les Mama's Biscuit avec la présence de Véronique, la chanteuse du groupe et Thibaut Chopin, (l'autre globe-trotter du blues français avec Stan Noubard Pacha), à la basse et à l'harmonica (quel harmoniciste !!!).

Alors, si vous avez l'occasion d'aller voir le groupe de Xavier Pillac, ne réfléchissez pas : bon moment assuré !

Site Web: http://perso.wanadoo.fr/xavier.pillac/







Ce soir j'ai vu la lumière
(sur les traces de Sax Gordon)


De : René Malines <renemalin@aol.com>
Date :mardi 29 avril 2003 04:04

18h : j'arrive chez Rabah. Big Dez finit de se mettre en place. 10 minutes plus tard, alors que nous ne sommes qu'une toute petite poignée dans la salle, ils attaquent. J'ai entendu Philippe (Big Dez) glisser à ses musiciens "Doucement pour commencer". Qu'est-ce que ce doit être quand ils mettent le paquet ! Je découvre que Vincent Daune est un excellent batteur et que les séjours aux US de Dez ont considérablement amélioré son chant. Pour ce qui est de son jeu de guitare et des claviers de Bala, je savais à quoi m'attendre. Je n'ai pas été déçu. Ces mecs sont vraiment bons.

2 titres plus tard arrivent, outre un public déjà plus nombreux - y compris des gens qui avaient l'air de simplement passer par là - 3 musiciens : un grand brun bouclé à lunettes avec un étui de sax, un jeune homme à la silhouette "avantageuse" qui colle à merveille à son patronyme (il s'appelle bears, "ours" en anglais) et un jeune type au look de collégien made in usa. On se salue, ils s'attablent, écoutent 2 morceaux. Dez appelle le 1er : "Mr Sax Gordon !". Le Gordon, car c'était lui, souffle 2 notes dans son biniou histoire de voir que tout fonctionne, le morceau démarre et il attaque. La gifle. Monstrueuse, monumentale, phénoménale. A peine le morceau entamé qu'il est déjà dedans et il donne tout. Ce type est une inépuisable source d'inspiration. Tout y passe, au gré des titres abordés : phrasé, honking, feulements, swing, rocking blues, shuffle, blues lent, second line beat, en solo, en accompagnement, je suis ravi, je suis au ciel, pour un peu j'en baverais (je viens de me rendre compte que ça fait un moment que j'ai la bouche grande ouverte en un sourire béat dans le plus pur style idiot du village) !

C'est une jam, les invités se succèdent. Il en a fait, des progrès, depuis les jams Travel, le petit Manu [Millot] à la guitare. Et Stan [Noubard-Pacha], mais comment fait-il pour être toujours aussi bon ? Mais qui est ce trompettiste de petite taille à la longue natte noire vêtu d'un bermuda orange très sale ? Mais c'est qu'il joue, le bonhomme ! Superbes soli, et avec Gordon, ils forment une section de cuivre parfaitement nickel, comme s'ils avaient répété le truc, alors qu'ils se voient pour la 1ère fois. Bruce Bears prend les claviers. On serait presque tenté de le trouver meilleur que Bala. Et le collégien américain, là, n'est autre que le batteur de Sherman Robertson (honte à moi, je ne l'avais pas reconnu). Ouh la la. Mais il est terrible ce mec ! Je l'avais trouvé bon avec Sherman, mais là ! Qu'est-ce qu'il nous met ! Mais elle va entrer dans le livre des records, cette jam ! 3 Bloosers (basse, batterie, harmo) prennent le relais pour une fête qui semble ne pas vouloir se terminer. Tiens ? Un bon musicien de blues parisien que je ne connaissais pas. L'harmo est en effet remplacé par un barbu qui joue aussi très très bien. Malek, du Little Big Band, passe de la batterie à la guitare et au chant pour une version ska endiablée du Saturday Night Fish Fry de Louis Jordan à marquer dans les annales. Et pendant ce temps, Gordon continue d'enchanter son monde, provoquant applaudissements, cris, sifflets enthousiastes à chacune de ses interventions. C'est qu'il est grande forme, notre saxman ! Si bien qu'on a pas vu passer les 3 heures qu'a duré ce bœuf.

Allez, c'est fini, on boit un coup, tout le monde est joyeux, tout le monde parle avec tout le monde, se paie des coups, encore tout excités de ce que nous venons de vivre.

Mais c'est pas tout ça : les Hoodoomen sont à l'Espace Blues. Petit coup de fil : ils vont commencer. Vite : voitures, métro, on y va. Ils sont en train de terminer le 1er set quand nous arrivons. Flûte. Bon, pas grave, y'a encore de la marge. On profite du break pour faire les présentations. Début du second set : Gordon est sur scène avec les Hoodoomen au complet (Fabien Saussaye aux claviers, Zyde Phil au frottoir quand il le faut). Je pensais que ce serait aussi bien que chez Rabah, c'est encore mieux. Boosté par les Hoodoomen qu'il découvre en live, il les entraîne à son tour pour un concert exceptionnel. Gordon sort le grand jeu, s'intègre aux farces et autres jeux complices du groupe, amène la sortie dans le public sur Mojo Working à un niveau jamais atteint après être monté sur les tables. Alors que ce gimmick des Hoodoomen se fait en général avec chacun un instrument de percu, Francis [Marie] à la caisse claire en tête, Gordon, n'ayant rien trouvé sur quoi taper, fait tout au sax. Long solo funky new orleans où tout passe, du french cancan à Salt peanuts de Dizzy Gillespie en passant par des compos à lui, des citations d'œuvres classiques et que sais-je encore. Du grand art, de la folie, que du bonheur. Bruce et Dave (le batteur au look de collégien) se joignent à la fête (ils veulent tous jouer avec Pascal Fouquet) avec Fred Clayton à la basse et au chant, et le concert se finira en apothéose avec le retour des Hoodoomen et Gordon en plein délire. Le saxophoniste, qui a pris soin d'amener quelques CD, en vendra au moins autant que les Normands.

Séance de dédicaces (y compris pour nos Hoodoomen qui veulent leur autographe de Gordon), la salle se vide, restent les musiciens (dont Malek et Stan) et votre serviteur pour partager un dernier verre en se racontant forces anecdotes. C'est qu'après tant de bonheur, on en a, du mal à se quitter.

J'en aurai profité jusqu'au bout en partageant un taxi avec Gordon jusqu'au Champs-Elysées où il est descendu pour aller retrouver un ami Québécois dans une boîte parisienne.

Sans moi. Crevé. Mais ravi. Ce soir, j'ai vu la lumière.

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Un melting pot de Chicago Blues et de Louisiana Blues à
Jazz à Vaulx
Henry Gray § Lil'Buck Sinegal
Lil' Ed § The Imperials

date: 28 mars 2003
de: Philippe Pretet <Philpretet@aol.com> (photos de l'auteur, ©2003)

Pour le meilleur, le blues côtoie le jazz au festival de Vaulx-en-Velin depuis 1987. L'édition 2003 de la Nuit du Blues ne devait pas déroger à la règle en proposant une affiche toujours aussi attractive qui a tenu toutes ses promesses. Sous la houlette du nouveau et charismatique Président du festival, Thierry Serrano, grand amateur devant l'éternel, le blues est bien parti… pour rester en haut de l'affiche pendant de nombreuses saisons encore à Vaulx-en-Velin. Gageons que les nombreux amateurs de musique afro-américaine présents à ce festival purent s'en réjouir.





Henry Gray & The Cats avec Lil'Buck Sinegal (Louisiane)

Line-Up: Henry Gray (photo Philippe Pretet) Henry Gray, véritable trésor de la musique afro-américaine, est un pianiste qui chante merveilleusement le blues toujours et encore à près de… 78 printemps. Cet ancien sideman de Howlin' Wolf, dont il a gardé le charisme et des réminiscences gutturales évidentes, n'a pas son pareil pour convaincre de son authenticité un public de connaisseurs un peu abasourdi de constater que ce septuagénaire est capable d'en remontrer à pas mal de ses contemporains… Voyageant entre le blues dur et parfois oppressant de Chicago et l'indolence de la Louisiane, Henry Gray fait montre d'un talent certain pour délivrer un set dynamique d'où émane une alchimie unique à la musicalité brute et chavirante d'émotions. Son titre éponyme Watch Yourself plonge dans une atmosphère incandescente dont il est difficile de se relever! Ses accents wolfiens scotchent sur place dans le vibrant hommage Red Rooster d'où transpire un feeling impressionnant. Le répertoire est du même tonneau.

Henry Gray est un pianiste accompli, au sourcil marqué et au sourire malicieux, véritable (et l'une des dernières) légende vivante qui est au firmament du blues. Quel que soit le style, boogie-woogie, rock'n'roll, blues lent ou rapide, il maîtrise son art et le communique à son public qui en redemande. Un joyau à l'état brut qui brille de mille éclats malgré le temps qui passe… Lil' Buck Sinegal, est un guitariste introverti qui lâche ses chevaux sur scène et laisse libre cours à son intelligence émotionnelle. Le résultat est à la hauteur des espérances. Lui qui a accompagné les plus grands bluesmen de l'après-guerre, mérite le détour tant sa Fender (Strato 1954) est intuitive et incisive… Bad Situation, titre éponyme de son premier album solo 33 tours, qu'il joue en intro de son set est un long morceau superbe qui rappelle la guitare d'Albert King, au phrasé expressif et étincelant. Andy Cornett le bassiste et producteur du label Lucky Cats à Lafayette (Louisiane), l'harmoniciste Brian " BB " Bruce (plus à l'aise sur disque que sur scène) et le jovial batteur Earl Christopher forment un groupe homogène, The Cats, qui accompagne Henry Gray avec brio.




Lil'Ed & The Blues Imperials

Line-up: Lil Ed (photo Philippe Pretet) Ed Williams, aka Lil' Ed, est un pur produit du West Side, qui a longtemps joué au Big Duke's Blue Flame, club de quartier de Chicago, ville dans laquelle il est né en 1955. Avec son demi-frère, présent à Vaulx-en-Velin, James "Pookie" Young, bassiste de son état, Ed apprend le blues avec son oncle, J.B. Hutto, l'un des meilleurs adeptes de la slide guitar. Souvent comparé à Elmore James ou à Hound Dog Taylor, Lil' Ed n'en possède pas moins une véritable personnalité atypique et extravertie, toujours à l'aise entre boogie fumeux et blues lents.

Parler de lui comme d'un showman est un euphémisme! Alternant voix rauque et soli de guitare ravageurs, à genoux, couché ou monté sur ressorts, l'homme subjugue et envoûte après avoir interpellé par une présence scénique peu ordinaire sur les planches d'un festival de blues! Son jeu est démonstratif, très personnel, capable d'un débordement d'énergie communicative. Ce "derviche tourneur", sorte de Monsieur 100.000 volts, capte l'attention de son auditoire par des mimiques expressives qui prolongent son jeu en slide, techniquement irréprochable. Ce qui n'exclut pas la finesse de l'interprétation de morceaux tels que I Still Love You où l'on remarque son aisance et sa sensibilité à fleur de peau. Le public de Vaulx-en-Velin a pu apprécier, outre des reprises mythiques telles que Stormy Monday, quelques titres de sa discographie datant du début des années 80 et notamment de son dernier album Heads Up, toujours produit par Bruce Iglauer, le boss du label Alligator. A l'entame, outre l'absence du guitariste Paul Bushbarker, on a pu apprécier le retour remarqué à Vaulx-en-Velin de l'excellent pianiste et claviériste Ken Barker au Hammond B3 (lequel avait accompagné Willie Kent sur la scène du centre Charlie Chaplin en 1994) et du guitariste chicagoan Michael Wolancevich, particulièrement en vue, à la voix et à la lead guitar dans une reprise étonnante de The Thing That I Used to Do de Guitar Slim.

En conclusion, un excellent cru 2003 grâce à deux formations convaincantes et particulièrement bien rôdées à ce genre d'exercice. L'organisation, quant à elle, est toujours aussi efficace et disponible. Rendez-vous est donc pris en 2004 pour la 17ème édition de ce festival incontournable pour les amateurs de blues d'ici et d'ailleurs.

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Otis & Cassie
au Banana Peel

date: 25 mars 2003
de: Eddie <ediandco@wanadoo.fr>

Il est 21h10 et la soirée n'est pas encore franchement emballée que voilà déjà la pause! Après un premier set de 40 minutes en demi-teinte du trio Otis Taylor Band auquel il faut ajouter Cassie, 16 ans haut perchés, un minois charmant et un placement de la voix qui ne manque ni de force ni d'énergie dans le feulement où la cantonne d'abord son père en backup vocal. Il la rappellera plusieurs fois, notamment en frontline sur 3 days & 3 nights - Cuckoo - Just live your life ou encore vers la fin du show pour une version de Hey Joe furieusement introduite par un long duo basse/guitare qui alterne l'effet psychédélique et le beat minimaliste.

Autrement, Otis n'a pas quitté sa chaise pour cette première partie, débutant par quatre titres en solo, 500 Roses, Hungry people, Ten million slaves, présentant un ou deux titres de l'album à venir, Truth is not a fiction , annoncé pour juillet... Il passe du banjo électrique à la guitare, rend compte du contexte originel de la chanson, prend à témoin le public, verse dans l'incantation et déclame, secoué par des rires, impliqué et très pro, saluant de la casquette à chaque fois.

Quand Ken Pasarelli entre en scène, il a quitté son superbe maillot jaune et bleu, "à l'italienne" floqué number 7 et l'a troqué pour un T-shirt blanc près du corps avec un houndog profilé sur la poitrine. Eddie Turner est de cuir sombre revêtu, sobre, ses réglages laissent un peu à désirer mais une fois correctement accordé, en synergie rythmique avec le groupe, il aura des riffs incandescents.

Le public, pas trop nombreux après cette entrée en matière, reflue vers le bar et les bacs à CD's, la bière circule, les musiciens discutent et se laissent prendre en photo. Quelques habitués et confrères de fanzines blues parlent de "minimum syndical", pas vraiment convaincus par la prestation première du White African de Denver.. J'avais été moi aussi plus vite pris dans le mouvement et la densité dramatique des histoires narrées comme la tension hookerienne de son jeu l'an dernier.

Quelque chose aurait changé? L'effet de nouveauté s'est-il estompé? La reconnaissance, même relative, peut-elle accentuer chez l'artiste US en tournée européenne une propension à la désinvolture? La dimension pédagogique du propos peut, elle-même, s'avérer lassante : "I don't speak flamish, no french, no spanish, nicht sprachen zie deutch" - ok, ok, pas une raison pour alourdir le propos d'un humour terrien un peu facile en ces temps incertains...Blues!

21h 45, trêve d'impatience! Otis se lève enfin et la magie va opérer encore et pendant plus d'une heure trente cette fois. Lui a-t-on remonté les bretelles? Le pantalon tient en tout cas et le concert va se dérider, l'assistance s'échauffer. Un petit tour dans la salle avec harmonica et emprise festive "texano-bavaroise" sur les spectateurs levant, qui le verre, qui la bouteille ou mieux le poing tout en martelant le sol de "la Grange" ! Pasarelli est tout sourire, bassiste vigoureux et producteur heureux de retrouver son Taylor habité et rayonnant, Turner est un formidable lead guitar, qui se perd parfois dans la réverbération ou la saturation sans relief mais qui donne sa pleine mesure dans l'illustration du thème chanté, se montre précis et sonne avec une grande pureté dans les riffs courts, savamment dosés. La classe, sûrement. Hands on your stomach, Lost my horse, 32nd time, les titres des albums Northernblues se succèdent. Quelques instrumentaux échevelés.

Et même si personne n'entend quitter les lieux,... même si on est lundi,... la "peau de banane" fait de la résistance... "Nobody work in Belgium ?", déclare-t-il rigolard avant un dernier rappel vers 23h30. J'aurais aimé lui demander pourquoi il passait chez Telarc, si mes infos sont bonnes...

Otis Taylor dans la Gazette de Greenwood:
interview: Otis Taylor, Acoustic Nu Bluz ? (LGDG n°49)
festival Boose Brothers de Wuustwezel: Otis Taylor blues experience it's very great !!! (LGDG n°43)
CD: Respect The Dead - Otis Taylor (LGDG n°43)

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Anson Funderburgh, Sam Myers and the Rockets
au New Morning ( 24/03/03)

date: 26 mars 2003
de: Ed <edouard.lombard@gazdefrance.com>
(photos: © Philippe Pretet)

En première partie de soirée a lieu la remise des trophées France Blues par Alain Rivet et René Malines. Deux remarques : une négative, une positive. Ces trophées France Blues, c'est un peu l'auberge espagnole, trop nombreuses catégories, trop de nommés, etc... Et tout ça semble un peu opaque (comme le faisait justement remarquer un Greenwoodien). Mais c'est aussi et surtout l'occasion (comme le faisait justement remarquer un autre Greenwoodien) de promouvoir le Blues français, et de passer un bon début de soirée en compagnie des Hoodoomen, de Thibaut Chopin, de bien d'autres et même d'Henry Gray.

Anson Funderburgh (photo Philippe Pretet) Sur le coup de 22h45, les Rockets se mettent en place et c'est parti mon kiki pour 1h30 de bon vieux Blues de derrière les fagots de chez mémé.. La salle est bien peu remplie pour une pointure du calibre d'Anson Funderburgh.

Sam Myers (photo Philippe Pretet) Notoriété faible en dehors des milieux avertis et le lundi soir expliquent certainement cela. A moins que le phénomène de désertification des salles de concerts ne frappe également la capitale. D'où faible ambiance. Mais ne boudons pas notre plaisir à l'écoute de ce maître de sobriété et de feeling.

Pas mal de titres du dernier album studio (déjà ancien...vivement le prochain) Change in my pocket, 100$ bill... Le fragile et diabétique Sam Myers assure royalement au chant, à l'harmonica, au cul sec de coca light et .... à l'allumage de clopes sur clopes!

Mentions spéciales au batteur sobre et efficace, au clavier aux solos nets de nœuds et créant des ambiances idéales pour chaque chanson. Bref, à tout le groupe. Mais c'est Anson qui se détache, au fil des morceaux. Aucun remplissage, aucune pose de Guitar Hero à deux balles (et en euro ma bonne dame?). Il est presqu'en retrait et ne prend pas systématiquement de solos sur les morceaux. C'est ce qui fait sa force !!! On en apprécie d'autant plus ses interventions opportunes et ses envolées!

Une bonne tranche de real blues 100% pur jus, sans additif ni conservateur. Et comme disait Jerry "Boogie" McCain : " GIVE ME SOME, ANSON! " J'y ajouterais : " SOME MORE !".

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Festival Joueurs de Blues
Mr Tchang & Easy Money, Franck Ash(Lalinde, 24)

5 ans déjà que le blues rend visite à Lalinde grâce à Nicolas Estor, enfant de la région, qui y amène ses colègues musiciens et amis : Greg Slapzynski, Jean Jacques Milteau, Ken Saydack, Patrick Verbecke, Nico Wayne Toussaint, les Marvellous Pig Noise sont passés par ici.

Date : 30 avril 2003
De: Jocelyne Lagarde
<alice_jocelyne@yahoo.fr>

Une petite salle de province dans un joli village entre le Bergeracois et le Sarladais, nous sommes aujourd'hui le 12 avril 2003, c'est la deuxième soirée du 5e festival "Joueurs de Blues".

Les 9, 10, 11 avril la vingtaine de stagiaires a travaillé avec Guirec Loyer au chant, Michel Herblin à l'harmonica, Mr Tchang à la guitare, Nicolas Mirande à la basse, Nicolas Estor à la batterie. Ce soir ils se produisent pour notre plus grand bonheur en première partie du concert. Les gens rentrent doucement, nous sommes déjà une centaine à 21h et 200 autres personnes rentreront pour s'approcher de la scène et des potes. Le papa de Nicolas, à ma demande, me donne très gentiment les titres des chansons interprétées par les stagiaires (choristes, guitaristes, harmonicistes et batteurs). 3 titres en français , 3 en anglais: Il faut que j'appelle mon boulot / Sors / Croire en la vie / Why get up / Hands found the answer ... et le 6eme restera oublié ;-). Il transparaît fortement une entente réellement sympathique entre les stagiaires et leurs professeurs qui vont se produire en deuxième partie. La belle voix de Guirec se fait entendre : Plus besoin de frimer, J'ai besoin d'un passeport pour une vie nouvelle puis Bad, Bad Whisky et d'autres encore. Sam Tchang nous envoie ses magnifiques solos de guitare et au milieu de leur show, Michel Herblin, accompagné du bassiste Nicolas Mirande, nous enchante avec sa composition Voice. Tous les deux par leur magnifique prestation imposent le silence dans cette salle si hétérogène.

Franck Ash,
Lionel Gaget, Didier Gazzo, Roger Thomas
festival Joueurs de Blues, Lalinde, 12 avril 2003
photo Jocelyne Lagarde

En troisième partie, je découvre avec bonheur Frank Ash ce guitariste-chanteur original et inventif que vous connaissez tous, et son équipe réduite ici : Roger Thomas à la guitare basse, Lionel Gaget aux claviers (piano et orgue) Didier Gazzo à la batterie. Le petit Frank Ash tout de noir vêtu, avec sa Fender noire, est grand par son jeu de guitare et sa voix surprenante, si différente de nos voix de bluesmen habituels. Il nous présente son album sorti en février 2003 Beyond the Clouds chez Cristal Records. Sa guitare qui résonne avec ce son un peu caverneux qui accentue la finesse et la pureté de la voix mélodieuse, limpide, haute, bien timbrée,. A sa droite Lionel Gaget fait des prouesses, soit sous forme d'accords magiques qui se posent sur la voix de Frank avec délicatesse, soit en naviguant sur son clavier avec une dextérité qui donne une coloration jazzy sur certains morceaux - excellent pianiste ce Lionel. Ils font tous merveille, sur la fin de certains morceaux, pour dénuder le son , jusqu'à ce qu'il devienne imperceptible, comme pour mieux nous ensorceler dans la moiteur de la salle. Keep on nous emporte. Ma voisine-cousine que je viens de convertir à cette diablerie de blues swingue autant que moi. Frank déchaîne sa guitare, les doigts de Lionel courent sur les blanches et noires, génial....carrément génial..

Le bœuf vient à nous : l'équipe de Frank et les professeurs du festivals mêlés, les professionnels se regardent, nos deux guitaristes Frank et Sam se répondent, Michel Herblin ajoute sa note sucrée, Guirec chante. Un bon moment, mes amis, un bon moment, nous nous quittons vers 1h1/4 du matin, le papa Estor qui m'a expliqué la genèse de leur festival est aux anges, il me gratifie d'un sourire à la sortie... Super moment, vraiment.

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: le fait seulement de repiquer les morceaux sur les disques, c'est déjà apprendre avec un prof

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