La Gazette de GREENWOOD
n°53 (Août 2003)

Tome 1:
 
Tome 2
  • Marco Fiume Blues passions
  • Interview: Lynwood Slim nous parle de Marco Fiume
  • Presqu'île In Blues : le Blues s'installe dans la presqu'île guérandaise
  • Festival de Tullins : Bernard Allison et Rosebud Blue Sauce
  • Paul Orta, Hook Herrera, Lynwood Slim : le concert du siècle au Spirit of 66
  • The Duo et Ken Emerson à l'Espace Blues
  • Fête de la Musique à Auriol
  • Jesus Volt au House of Live (Paris)
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Tome 3
  • Cahors, cinq jour de Bluessssssssssss
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Interview de John HENRY
la musique est juste le rythme d'un peuple et la mélodie est son histoire

date: 24 juin 2003
de: Philippe Espeil <philnet@free.fr>
(photos de l'auteur)

Bonjour John, pouvez-vous vous présenter pour les visiteurs de l'Agenda Du Blues et de la Gazette de Greenwood?
Mon vrai nom est John Henry Mc MULLEN III. Je suis né le 4 septembre 1968 à Tuskegee, en Alabama. A cette époque, mes parents étaient étudiants au Tuskegee Institute. Mon père, originaire de Pennsylvanie, était venu à Tuskegee pour entrer dans le Mouvement Pour Les Droits Civils que le Dr Martin Luther KING Jr dirigeait. Il a alors participé à la célèbre marche de Selma à Montgomery.
 
Pourquoi avez-vous choisi de vivre en Italie ?
En 1994, j'étais soldat en Italie, en tant que fantassin. Quand j'ai terminé mon service militaire, j'aimais beaucoup le mode de vie des Européens et j'ai décidé de rester plus longtemps.
 
Vous avez toujours été musicien ?
J'ai commencé par jouer de la batterie quand j'avais onze ans. Je n'ai attrapé une guitare que vers l'âge de seize ans. La musique a toujours pris une grande place dans ma vie mais j'étais persuadé que je suivrai un autre chemin dans la vie. Finalement, j'ai toujours été musicien et impliqué dans le milieu de la musique.
 
John HENRY Je vous ai entendu au festival de Salaise/Sanne, cette année, et vous semblez très influencé par Robert CRAY. Quelles sont vos influences musicales ?
Robert CRAY est assurément une influence. Bien que je ne joue qu'une de ses chansons, on m'a dit, et je suis d'accord sur ce fait, que mon style est similaire au sien. Mes influences sont multiples et variées. D'un point de vu stylistique, mes influences vont du gospel au jazz, en passant par le blues, avec toutes leurs variantes.
 
Quand et comment êtes-vous tombé amoureux du blues, avez-vous toujours joué du blues ?
J'ai tout le temps écouté du blues mais, avant, je n'y pensais pas beaucoup parce que c'était simplement la musique que mes parents et mes grands-parents écoutaient. En d'autres mots, je n'ai su que plus tard ce qu'était le blues. Avant, c'était juste de la musique. C'est lorsque j'ai commencé à jouer de la guitare que j'ai compris la différence. Avec la guitare, j'ai appris à écouter la musique différemment et ça m'a permis de mieux apprécier le blues.
 
Votre prestation à Salaise était votre premier concert en France ?
Oui et j'aimerais vraiment remercier les organisateurs, Nelly CHANAUX de Travail Et Culture et Alain MICHEL de P-Box Concerts. Ils ont fait un boulot fantastique !
 
Vos prochains concerts en France auront lieu au Creusot (le 27 juin) puis à Omblèze (le 11 juillet au Moulin De La Pipe(26) ). Est-ce que vous attendez quelque chose de particulier de ces concerts ?
Si Dieu le veut, un peu plus que le précédent concert !
 
En 2002, vous avez sorti "Here I Am", est-ce votre premier album ?
Oui. J'ai beaucoup appris avec cet album et je travaille au prochain.
 
Andy J. FOREST est très apprécié en France et il a joué sur cet album. Comment l'avez-vous rencontré et comment s'est passé cette collaboration ?
Andy, quel gars talentueux ! Il sait chanter, jouer de l'harmonica et de la guitare, peindre, écrire des nouvelles.
Je ne me rappelle pas précisément comment nous nous sommes rencontrés. Il est de ces personnes que vous rencontrez et avec lesquelles vous vous sentez comme si vous les aviez toujours connues. Il est d'une grande sincérité, il ne triche pas.
Quand j'enregistrais mon album, j'ai appris qu'Andy tournait en Italie. Je l'ai appelé et lui ai demandé si ça lui disait de jouer sur quelques morceaux. Ce soir-là, il avait un concert dans le sud de l'Italie et il a pris le train après le concert pour enregistrer avec moi le lendemain. Il ne pouvait rester avec moi seulement que quelques heures parce qu'il avait un autre concert en Suisse ou ailleurs. Malheureusement, par manque de sommeil, il n'a pas pris le bon train à Bologne et est parti vers la France (Je crois qu'il aime bien la France). Il a pu s'arranger et est quand même venu au studio ; nous n'avions qu'une heure environ avant qu'il ne prenne le train suivant. Il était complètement crevé ! Il n'avait pas dormi la nuit précédente, il avait cinq heures de décalage horaire, les yeux rougis, et la seule chose qui le tenait éveillé étaient les cafés italiens qu'il descendait. Malgré ça, il a fait de très chouettes parties d'harmonica.
Here I Am C'est ce que je veux dire lorsque je dis qu'il est très sincère et n'est pas prétentieux. Il aurait très bien pu me dire qu'il ne pouvait pas le faire. Il aurait eu de bonnes raisons. Au lieu de cela, il a fait un détour pour venir m'aider et jouer superbement, en dépit des difficultés.
 
Sur scène, je vous ai vu avec le pianiste Pietro TAUCHER (je crois qu'il a également son propre groupe). Comment cela se passe-t-il avec ce musicien et sera-t-il sur votre prochain album ?
Pietro est un grand organiste ; en fait, il a été élu un des meilleurs organistes d'Italie en 2002. Il est un des premiers musiciens que j'ai rencontré en Italie mais nous n'avons travaillé ensemble qu'à partir de l'année dernière.
J'aimerais beaucoup l'avoir sur mon prochain CD.
Il tourne aussi avec Sharrie WILLIAMS et peut-être qu'il enregistrera avec elle dans un futur proche.
 
Que pouvez-vous me dire sur Barry ROBINSON ? Je crois qu'il est un de vos amis depuis longtemps, n'est-ce pas ?
Oh oui, Barry et moi sommes de bons amis depuis à peu près huit ans. Il est de New Jersey et jouait de la basse alors que je n'étais pas encore né ! Il maîtrise vraiment tous les styles de musiques américaines. Que ce soit le gospel, le blues, la country, le rock... Quoique ce soit, si c'est de la musique américaine, il l'a déjà joué.
Dans ses jeunes années, Barry a fait deux tournées dans les camps militaires au Vietnam. Il m'a raconté une anecdote de cette période où il jouait de la basse au Vietnam. Quand il était là-bas, il ne pouvait se procurer de nouvelles cordes. En raison de la chaleur extrême et de l'humidité, il ne lui resta qu'une corde sur sa basse. Au lieu d'abandonner, il s'est empressé d'apprendre plusieurs hits de Motown et Stax sur une seule corde !
 
Vous avez joué dans plusieurs pays dans le monde. Selon vous, quelles sont les différentes façons dont on écoute le blues en Angleterre, aux USA, en France, en Italie ?
Je n'ai pas encore eu le plaisir de jouer en Angleterre. Pour les USA, la France, l'Italie, je pense que tout vient de la culture et d'un goût acquis pour la musique. Je pense que j'ai appris plus sur le blues et les variétés de ma propre culture en jouant en Europe qu'en jouant aux Etats-Unis.
Aux Etats-Unis, j'ai abordé beaucoup de choses sans me poser de questions simplement parce qu'il y avait une culture partagée entre les musiciens et le public. Je pense que beaucoup d'Américains sont coupable de ça avec le blues, ils le prennent tel quel. Ca fait tellement partie des piliers de leur culture.
A mon avis, les Européens, en étant hors de la culture américaine, sont plus en phase avec ces différences. Ils ont une référence à partir de laquelle ils acceptent ou rejètent la musique.
Ceci étant dit, la France a une super et solide histoire avec la bonne musique américaine, et en particulier le blues. Par sa continuelle attirance pour le blues, affirmée avec les années, la France a acquis un goût raffiné pour la musique, sans doute plus qu'en Italie.
Mais de toute façon , la musique est juste le rythme d'un peuple et la mélodie est son histoire. Il n'y pas vraiment de différentes races ou nationalités, seulement des cultures différentes.
Mais qui suis-je pour parler ainsi, je n'ai joué en France qu'une fois ! :-)
 
Parmi les groupes qui me viennent à l'esprit et que l'on voit souvent en Italie, il y a Family Style, Egidio Juke INGALA, parfois Andy J. FOREST, il y a eu le regretté Cooper TERRY. Quelle est ton opinion sur la scène blues en Italie ?
L'Italie a une bonne poignée de passionnés de blues. L'infrastructure qui supporte ce milieu se construit lentement. Pour avoir une idée de ce qui se passe en Italie, jetez un œil sur www.bluesandblues.it.
 
Merci beaucoup pour avoir répondu à mes questions et à bientôt.
 
Pour voir d'autres photos de ce concert, consultez mon portfolio.

Propos recueillis par Philippe Espeil à Salaise Sur Sanne (festival de blues de Salaise, 04 April 2003)

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Tomek DZIANO en Pologne


(Propos de Tomek DZIANO recueillis par Ph. ESPEIL)
date: 15 juillet 2003
de: Philippe "Philnet" Espeil <philnet@free.fr>

Noc Bluesowa


 

Tous les ans, en Pologne, la ville de Rawa Mazowiecka fait sa foire. Ces festivités, qui durent une semaine, se terminent par un festival appelé tout simplement "Noc Bluesowa" ("Nuit du blues").
Cette année, ces nuits du blues eurent lieu le 30 et 31 mai.

    Bienvenue en Pologne !

En début de semaine, partant de Lyon, nous avons tassé le matériel et les bagages dans la voiture et avons pris la direction de la Pologne. Nous étions trois : le batteur Stéphane RANALDI, Luc BLACKSTONE le bassiste (Luc est aussi bassiste du groupe Brown Sugar), et moi pour la guitare et le chant. Nous sommes partis quelques jours avant pour pouvoir nous produire dans deux salles de Pologne et retrouver quelques connaissances.
Carte de
Pologne La première étape fut ma ville natale, Lodz. Je ne me rends en Pologne qu'à peu près une semaine par an, aussi j'étais très content de pouvoir passer un peu de temps là-bas. Le mercredi soir, nous donnions un concert à Lodz, dans un club de blues qui s'appelle Jazzga. C'est un club assez connu en Pologne. Il reçoit beaucoup de musiciens de grande notoriété, des Américains, des Français (Hiram BULLOCK, Dean BROWN, K. SCIERANSKI, Jan PTASZYN WROBLEWSKI, ...). Il n'y a pas longtemps, Jean-Jacques MILTEAU a également joué là-bas. Ce n'est pas une très grande salle. Elle est toute en longueur et est agencée en plusieurs parties, elle doit pouvoir recevoir 200 personnes à peu près.
Une fois en Pologne, un quatrième musicien, Jarek LISOWSKI, nous a rejoint. Il faisait partie de mon groupe quand j'étais encore en Pologne et il est venu avec moi jouer de la contrebasse au début où je jouais en France, en 1990-91. C'est un super guitariste, qui a vraiment un style à lui, et qui est certainement, d'après moi, parmi les meilleurs guitaristes de blues en Pologne.
Jarek LISOWSKI est le leader de Coffee Shop et son groupe a réalisé avec brio la première partie de cette soirée.
Ce soir-là, on a joué électrique et acoustique. Le concert a été enregistré par la troisième chaîne de télévision et la chaîne câblée Toya. Je pense qu'on aura une copie du film de ce concert une fois qu'il sera monté, peut-être dans quelques semaines. Cependant, il y avait des petits problèmes techniques pour enregistrer en façade donc je ne suis pas sûr du résultat. Le concert s'est très bien passé. C'était mon premier concert dans ma ville natale depuis 11-12 ans et pour moi, personnellement, c'était un moment très important. Il y avait du monde. Bien que ce fut un mercredi, c'était plein.
Le lendemain, nous avons joué dans une ville pas très loin de Lodz, Pabianice. C'est une grande ville ouvrière à environ une quinzaine de kilomètres de Lodz,. Ce soir-là, nous jouions dans un club de blues qui s'appelle Bullfrog. Cette fois, il n'y avait pas la télévision, mais il y avait encore une fois beaucoup de monde et tout s'est bien déroulé. Le groupe Coffee Shop a à nouveau ouvert la soirée pour nous et celle-ci a duré jusqu'à quatre heures du matin car les musiciens présents dans la salle sont venus jouer sur scène et nous avons beaucoup bœuffé. Pabianice est une petite ville mais il y a beaucoup de groupes de blues. La scène blues y est très dynamique pour une petite ville de peut-être 200 000 habitants seulement, et il y une dizaine de groupes de blues que je juge de niveau professionnel.

    Le tremplin

Enfin, le vendredi, le festival commença à Rawa Mazowiecka, entre Lodz et Varsovie (60km de Varsovie). Un tremplin était organisé. Onze groupes étaient retenus pour ce tremplin, et je faisais partie du jury constitué de sept personnalités du monde du blues. Le premier jour était donc consacré à l'écoute des groupes amateurs qui participaient au tremplin, le groupe gagnant devant faire la première partie de la soirée du lendemain.
Chaque groupe pouvait jouer seulement 3 morceaux, environ 15 minutes. C'est court, c'est dur, mais il n'y avait pas vraiment d'autres solutions. Pour juger, il faut avoir les idées claires en écoutant les groupes et si on écoute onze groupes une demi-heure chacun, ça devient impossible. On est fatigué et le jugement devient moins objectif. Réaliser le tremplin sur deux jours favoriserait trop ceux qui jouent le deuxième jour. Mais bon, il y a des tremplins où on ne peut jouer que deux morceaux.
Electrique ou acoustique, il n'y avait pas de catégorie particulière. C'était tout de même plutôt électrique mais il y avait quatre groupes sur les onze qui étaient entièrement acoustiques. Les groupes venaient surtout de l'Europe de l'Est (Biélorussie, Tchéquie, Slovaquie, Hongrie) mais aussi d'Allemagne, de France, et bien sûr de Pologne.
Avec 3 morceaux, on arrive quand même à se faire une idée de ce que valent les musiciens, mais c'est vrai également que le tremplin est un exercice difficile. Le temps imparti est court, il y a une forte pression, et on ne joue pas avec son propre matériel (hormis l'instrument). On peut facilement imaginer la pression qu'avait un groupe comme Tia & The Patient Wolves qui venait de France exprès, en avion, et qui a juste trois morceaux pour convaincre. En cela, l'équipe organisatrice était très compréhensive et s'est montrée agréable à tout moment.
 
Encyclo
du blues en Pologne Le jury était composé de 7 personnes dont je connaissais déjà deux-trois d'entre elles. Il y avait l'auteur de l'Encyclopédie Du Blues en Pologne, Marek JAKUBOWSKI dont l'ouvrage correspond à peu près à l'Encyclopédie de Gérard HERZHAFT que nous connaissons. Cependant celle de JAKUBOWSKI est très ciblée sur la Pologne et il n'y a que quelques inserts concernant des artistes américains. Marek JAKUBOWSKI est également associé au magazine "Twoj Blues" dans lequel je devrais avoir un article dans trois mois environ. C'est le Soul Bag polonais mais qui ne parle que de blues (www.delta.art.pl).
Witold FRANKIEWICZ représentait le site web www.blues.pl qui est un site d'information très important. Wieslaw CHMIELEWSKI fait partie de "Twoj Blues" et est animateur sur Radio Fama (www.radiofama.com.pl). Il y avait Jan LITECKY-SVEDA, un musicien de Slovaquie qui, comme nous, devait jouer le lendemain, et un journaliste biélorusse, Dimitri PODBIAREZKI.
Andres BEZR était de République tchèque. Pour ma part, étant d'origine polonaise et vivant en France depuis des années, ce fut un grand honneur d'être invité pour représenter la France et la radio Fréquence Jazz qui émet sur Lyon.
 
Il fallait avoir un niveau assez élevé pour ce tremplin. Il y avait même deux ou trois groupes qui avaient un niveau trop professionnel, comme les JJ Band. C'est un groupe très intéressant et mûr, qui n'a pas gagné de prix parce que, je pense, on a estimé qu'ils étaient présents dans toutes les programmations de Pologne et n'avaient pas forcément leur place dans un tremplin quant à leur statut quasi professionnel. Il valait mieux donner leur chance à d'autres groupes qui avaient plus besoin d'être mis en avant plutôt que toujours donner les prix aux mêmes participants.

    "The winner is..."

Le premier prix a été attribué à Big Val, Sven & Al. C'est un groupe biélorusse acoustique et ils jouaient parfaitement bien. Les musiciens étaient jeunes, l'harmoniciste était intéressant et ça dégageait pas mal. On avait l'impression d'être dans le Mississippi. C'était tellement bien chanté et tellement bien joué qu'on pouvait fermer les yeux et avoir l'impression d'être là-bas. Ils ont bien mérité leur victoire.
 
Le deuxième prix a été attribué à Hoochie Coochie Band de république tchèque. Ils faisaient un blues très rythmé et très énergique. Parmi les membres, il y avait un contrebassiste. Leur style dynamique m'a fait pensé à George THROROGOOD. C'était sympa.
 
Le troisième prix fut décerné à Tia & The Patient Wolves. Ce groupe était, à mon avis, le seul groupe de ce tremplin qui avait une touche personnelle. Ce qu'ils ont fait est très intéressant. Je les connaissais déjà un peu car on avait bœuffé ensemble une fois au Hot Club de Lyon, à la suite d'un concert des Chicagones. En fait, je cherchais un groupe français pour participer à ce tremplin et c'est le bassiste des Chicagones, Olivier, qui m'avait présenté Lætitia GOUTTEBEL. Plus tard, dans la soirée, on a joué un peu ensemble, dans la chambre d'hôtel, et nous avons passé un bon moment ensemble.  
Il y eut également un prix du jury décerné au groupe Patchwork qui a une excellente chanteuse. Vocalement, elle est très influencée par Janis JOPLIN. Elle a chanté plusieurs titres de Led Zeppelin. A mon avis, cette chanteuse a un vrai potentiel. Par contre, c'était plutôt blues-rock mais le public a beaucoup apprécié. Je pense d'ailleurs que le public de cette ville aime particulièrement le blues-rock.  
Parmi les groupes non récompensés, il y avait Waldek BARYLO qui jouait une sorte de blues manouche. C'était bien mais un peu hors-sujet et ça n'a pas eu l'air de toucher beaucoup de monde. René LACKO Band était un groupe de bonne qualité mais c'était une copie conforme de Stevie Ray VAUGHAN et donc ça n'apportait pas grand chose.
 
Après le tremplin, ont eu lieu les concerts de P.L.A.N., un groupe biélorusse, et de Jan LITCKY-SVEDA & Vitasny TRAKTOR, de Slovaquie.

    La soirée de clôture

Tomek DZIANO Le samedi 31 mai, le groupe vainqueur du tremplin de la veille, Big Val, a débuté la soirée. Ensuite ce fut Stan The Man's Bohemian Blues Band & Betty S. La voix particulièrement grave du guitariste-chanteur est une caractéristique fondamentale de ce groupe.
Puis ce fut notre tour avec Jarek LISOWSKI en invité. Notre répertoire en hommage à John Lee Hooker fut essentiellement basé sur des morceaux de lui pour la première partie de notre concert, puis, dans la deuxième partie, nous avons interprété des morceaux de ma composition. Malheureusement, j'ai l'incroyable impression que l'audience ne connaissait pas vraiment les chansons de John Lee HOOKER et il fallut des boogies bien rythmés pour rendre réceptif et arriver à faire réagir le public.
La soirée s'est terminée avec un concert réunissant 4 harmonicistes d'origine différentes : Hongrie, République tchèque, Slovaquie, Pologne. Cette réunion était à l'initiative de S.WIERZCHOLSKI. Ils se sont partagés le temps imparti et ont joué chacun leur tour des standards de blues.

    Pourvu que ça dure !

La treizième édition de ce festival fut un succès puisqu'il a attiré 5000 personnes sur les 2 jours. Par exemple, pour le troisième concert, il y avait environ 2000 personnes.
Il faut saluer ici l'homme qui organise cela depuis 13 ans, Ryszard KRASNODEBSKI. Il fait un travail remarquable en essayant de mettre en valeur le blues en Pologne. Dans ce festival, il intervient un peu à tous les niveaux, même si la sélection des groupes est faite par la municipalité. Je pense que dans les années qui arrivent, nous auront l'occasion d'y voir programmés des groupes polonais qui ont un très bon niveau, comme Coffee Shop avec Jarek LISOWSKI qui nous a accompagné cette année. Le groupe Witek JAKALSKI, Mr Slide, mériterait également d'y participer.
Je pense aussi à Easy Rider, Tipsy Drivers, et enfin à Bluesmobile dans lequel joue Tadek POCIESZYNSKI.  
Pour conclure, ce festival, d'année en année, ne fait que confirmer sa qualité, grâce entre autre au travail de Ryszard KRASNODEBSKI, et promet encore de belles éditions pour l'avenir.
D'autre part, le festival est soucieux de s'ouvrir de plus en plus aux pays européens et, dans ce cadre, serait particulièrement heureux de pouvoir programmer des groupes Français. Aussi, les groupes intéressés par ce genre de projet peuvent me contacter à partir du mois de mars et je me ferai un plaisir de leur servir d'intermédiaire pour dialoguer avec l'équipe organisatrice. Pour cela, je suis joignable par le mail suivant : t.dziano@free.fr

le site de Street Blues : www.multimania.com/streetblues/
à lire dans la Gazette de Greenwood:

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Jump 4 Joy au Méridien
1er Juillet 2003

date: mercredi 2 juillet 2003
de: Marc Loison" <marc.loison@wanadoo.fr>

Jump 4 Joy, un quartet suédois emmené par un Ulf Sandstrom en pleine forme,
communicant très facilement avec le (trop rare) public dans cet endroit feutré, parfait pour le swing.

Les amateurs du genre ont vraiment loupé une belle soirée mardi 1er juillet 2003 au Méridien ! Et du swing, il y en eut ! Après un premier set assez jazz, à minuit et demi les 4 compères revenaient pour nous asséner encore près de deux heures de Jump et de Swing !

Ulf Sandstrom au piano - à queue, s'il vous plaît ! - est parfait: une main gauche infaillible, des solos très inspirés à la main droite, un chant un peu aigu tout à fait dans l'esprit fifties voulu et cultivé. De nombreux plans furent égrenés au fil du répertoire, et il fit montre de beaucoup d'inventivité. Le roi français du boogie Jean-Pierre Bertrand, présent dans la salle, sut apprécier...

Ulf ne se contente pas d'aligner les titres les uns à la suite des autres: chaque morceau a son histoire, qui tourne bien souvent autour du sexe, quand il n'est pas carrément dans le sujet... Prétextes à rires avec les quelques anglophones complices de la salle, Ulf est encouragé et nous apostrophe gentiment ou nous prend à témoin...

Le saxophoniste (alto ou ténor selon humeur) Bo Gustafsson était en plein feeling en permanence, reluquant souvent son boss pour répondre à la moindre sollicitation. Rigolard ou les yeux fermés par la concentration que nécessite son jeu jazz et fourmillant, il sut distiller de nombreux solos de très grande classe. Le nouveau contrebassiste, la cinquante souriante, nous donna à entendre deux ou trois solos mais sut surtout soutenir le jive de l'ensemble avec beaucoup de maestria.

Le batteur Anders Almberg, avec son look très classe - son faciès pourrait faire penser à des origines Russes? - donna toute sa cohésion à l'ensemble, sans en rajouter inutilement, tout en finesse. Alternant entre balais, baguettes ou tampons, la batterie maison fut mise à contribution à 100%. Relances en roulements, cercle, rim-shot, jeu de cymbales sophistiqué, swing et sérieux se conjuguent avec merveille dans son jeu.

C'était le tout premier concert de Jump 4 Joy en France! Même si certains de leurs membres sont déjà venus chez nous "en touristes", ils ont été heureux de nous proposer pour la première fois leur répertoire original. Assez peu de reprises en effet, et la totalité de leurs 5 CDs fut mise à contribution, dont le dernier Love Patrol (2001 - Last Buzz) avec Castle rock, Love Patrol... mais aussi les précédents pour des swings torrides ou des ballades irrésistibles... Hello Josephine de Fats Domino - Dave Bartholomew, Shimmy de Champion Jack Dupree, mais aussi Cottonfield Joy, Barbeque, Too much whiskey, Keep it up d'Ulf Sandstrom furent proposés aux jambes du public maigre mais motivé pour danser jusqu'à la fin du concert.

C'est à près de 2h30 que je pris congé de ces 4 joyeux du Swing, tous convaincus par l'excellente impression que laissa leur musique, à en juger par les sourires marquant le visage des spectateurs avisés qui avaient su faire le détour au Méridien ce soir-là. Quand je vous disais qu'il fallait venir ! La mini-tournée proposait aussi une seconde date le lendemain au Méridien, puis Marseille et Monségur. La prochaine fois qu'ils viennent de leur Suède natale, ne les manquez pas !...

Site à consulter, achat de CDs en ligne: www.jump4joy.nu

Ulf est un personnage éminemment sympathique, à l'anglais impeccable et au sens du contact incroyablement développé. En contact depuis 2000 avec lui par mails interposés (j'avais eu l'occasion de diffuser à l'antenne leurs 3 derniers albums, tous excellents), c'est avec une joie non dissimulée que je pus lui parler et lui souhaiter la bienvenue. Louis Mitchell, son agent suédois, suit le groupe et s'occupe de tout, épaulé par Bertrand qui l'a fait venir ici et que je remercie.

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Les Greenwoodiens
au Blue Bayou

(Lyon, le 14 juin 2003)
Greenwood All Stars Blues Band Live!

  
date: 17 juin 2003
de: Patrick "Blues" Demathieu <patrickblues@wanadoo.fr>
(photos Patrick Demathieu, Pierrot Mercier, Philippe Pretet)

A mes Amis de L.G.D.G.

Si j'écris aujourd'hui de bon matin, c'est que je suis timide (ne riez pas) et aussi trop sensible.

Pour moi, ce week-end à Lyon a été une expérience fabuleuse. J'avoue que, aujourd'hui encore, je suis toujours là-bas.......

J'ai le sentiment d'avoir vécu une sorte de rêve/réalité.

Tout a commencé à Asnières, le vendredi, vers 10h30. J'avais rendez-vous avec René. Il était là et déjà, sur le trottoir, nous avons commencé à bavarder. Puis, nous sommes partis, par le périph, et l'autoroute A6. Tout le long de la route, nous n'avons pas arrêté de parler, de nous raconter, de nous découvrir. J'avais passé des heures à préparer des compils bien blues pour la route. On n'a même pas eu le temps de les écouter ou si peu.

Un petit arrêt pour se restaurer, et c'est reparti. Nous sommes arrivés devant l'hôtel Helder vers 16h. En sortant de la voiture, la chaleur nous tombe dessus comme la misère sur le pauvre monde. Une bonne douche et, secs en 3 secondes (pas de clim' dans la chambre), nous voilà repartis pour aller chez l'Ami Françis Rateau chez qui nous sommes arrivés en même temps que Xavier qui lui venait de.......Limoges ou quelque chose comme ça.

Là, tout a commencé. Retrouvailles. Francis, que je n'avais vu qu'une fois et entendu 2 ou 3 fois au téléphone, m'embrasse comme si j'étais de sa famille. En fait, LGDG, c'est ça : une famille !

Ensuite, Cédric est arrivé, puis Dan, puis Philippe et on a parlé. De blues, bien sûr, mais de la vie, de l'amitié et de cette #§"@& de chaleur (le gros mot, je l'ai piqué à Georges :-) ).

Puis, le soir venant, nous partons pour aller voir les Scratch My Back. Francis me dit : "C'est facile, tu me suis!" Il a une voiture grise. René, ne me laissant pas seul, nous le suivons et, en passant dans un endroit plein de verdure, je dis à René : "On va dans la campagne, c'est rafraîchissant!" Puis, la voiture grise s'engage dans une impasse et je dis à René : "On va de plus en plus dans la campagne!" Mais - horreur, malheur - ce n'était pas la voiture grise de Francis, mais celle d'un brave couple qui rentrait à la maison. Nous étions perdus ! Très gentiment, le monsieur nous a expliqué la route de Toussieu, mais je n'avais rien compris et René non plus. Heureusement, le hasard faisant bien les choses (j'ai pas dû être fait par hasard :-) ) Francis nous a retrouvés et tout s'est bien terminé, comme dans le "Petit Chaperon Rouge".

Soirée inoubliable, bon repas. A table, tout le monde se sentait bien, heureux d'être ensemble, de parler Blues et de plein d'autres choses comme de CHAUNIE, par exemple (Je ne peux en dire plus sur Chaunie, c'est un message pour un de nous qui se reconnaîtra), puis nous sommes montés pour voir et entendre les Scratch. Un chanteur harmoniciste, un bassiste et un batteur, c'est tout. Mais quel travail ! Un vrai bonheur qui a duré près de 3 heures. Du bonheur, je vous dis, du bonheur.

Avec René, nous avons regagné Lyon pour une nuit chaude (chacun dans sa chambre eh! oh! qu'alliez-vous penser? ça va pas non?!) Une nuit chaude, ça veut dire se lever 3 ou 4 fois dans la nuit pour prendre une douche et se recoucher tout mouillé.

Enfin, les Scratch m'ont bercé et j'ai pu dormir jusqu'à...7h30.

Vers 11h, nous voilà repartis, direction L'Isle d'Abeau chez Francis où nous avons attendu Malika et son Francis de mari.

Ils sont arrivés et, là encore, cette chaleur, cette amitié. Malika et son Francis (comme elle dit) sont adorables, je ne peux pas dire, encore aujourd'hui, lequel des deux est le plus gentil. Après un bon repas et un peu de repos, nous sommes partis pour le BLUE BAYOU...

Nous arrivons au BLUE BAYOU et, petit à petit, tout le monde est là..

Et tout le monde est heureux de se rencontrer, de se voir ou de se revoir, de pouvoir mettre un visage sur un nom.

C'est la première fois que j'assiste à une réunion de LGDG. J'avoue avoir été quelque peu inquiet avant, de savoir comment ça se passerait, mais immédiatement, c'était une réunion de famille où tout le monde se connaissait et s'embrassait. C'est un moment que je n'oublierai jamais.

Je ne citerai pas les noms, de peur d'en oublier et de vexer quelqu'un. Tout se passe comme dans un rêve, durant un peu plus de 8 heures, pas un mot au-dessus d'un autre, chacun à l'écoute de l'autre. Bien sûr, on a parlé Blues, mais aussi de beaucoup d'autres choses aussi, et surtout l'Amitié était très forte ce soir-là.

Puis, il a eu les musicos qui ont pris leur instrument, qui une guitare, qui un harmonica et ceux qui n'avaient rien frappaient dans les mains.

Que la vie était belle, mais belle !

Malheureusement, j'ai dû quitter la soirée vers minuit et demi, je n'en pouvais plus.

Oui, j'étais fatigué, mais surtout j'étais très ému par tout ce que je venais de vivre. Arrivé dans ma chambre, j'ai pleuré, pleuré comme un homme qui était "trop" heureux. Mes larmes étaient emplies d'émotions, de joie et de vie.

Voilà ce que je voulais vous dire.

Vous m'avez fait vivre un moment inoubliable et je ne sais pas comment vous en remercier les uns et les autres.

Je pense qu'il en a été de même pour chacun d'entre vous.

A quand une autre réunion ? Bientôt j'espère, vous me manquez déjà.

Je vous embrasse très amicalement

Patrick

Les photos de Philippe Pretet | les photos de Pierrot Mercier | les photos de Patrick Demathieu

les extraits MP3

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la Rubriqu' à blues…

Kim Wilson : Looking for trouble

Le Blues vogue un peu comme le Mississippi, tantôt nonchalant, tantôt agité. Il baigne dans les langueurs et regorge de beautés et de meurtrissures. Celles des paysages, celles des villes et celles des gens qui le côtoient. Avec ses douze mesures immuables, il reste intemporel. Ancien ou moderne, sacré ou diabolique, acoustique ou électrique, il parle au c(h)oeur des Hommes. Il nous fait partager les larmes et les joies des uns, la souffrance et la joie des autres. Il est transi de sueur, de cris et de plaintes mais aussi frémissant de lueurs, de force et de partage. C'est la chanson solidaire par excellence qui soulage la douleur et réconcilie avec l'âme. Le blues nous donne la clef d'un monde dépouillé de superflu, d'une terre transcendée par le souffle de la note bleue, cette perfection qui sourd en chacun de nous.
Dans la grande galaxie des rythmes bleus, on découvre parfois le sublime. Il en est ainsi de l’album Looking for trouble de Kim Wilson ex Fabulous Thunderbirds.

Animé d’un son retro à tomber là, d’une pureté diabolique, ce disque a été enregistré dans les conditions du live, en deux jours à l’Electric Cavern de Porsmouth (NH). C’est un véritable hommage à des gars comme Howlin’ Wolf, Muddy Waters ou Eddie Taylor, bien que les reprises y soient limitées. Je note le très be bop et très chantant Hook Line & Sinker de D. Bartholo. King, Down with it de L.C. McKinley et surtout Tried to ruin me de Snooky Pryor, pionnier de l’harmonica électrique. Il faut écouter aussi le sublime Money, marble & chalk de Jimmy Rogers un des inventeurs du blues moderne de Chicago et enfin Sometimes de Don Robey, producteur Texan (Duke). On peut également mettre en évidence la cover de Willie Dixon Love my baby avec une partie de guitare de toute beauté. Les 70% de l’album sont, en fait, des compositions originales "contemporaines" qu’on croirait avoir été écrites durant les années noires, dans un bar perdu, lors d’une soirée enfumée où l’on attendait le diable.

Joignant le geste à la parole, Kim Wilson, Hand to Mouth réussit l’alchimie parfaite entre le souffle de la voix et celui de l’harmonica. Cet album « extraterrestre » rend justice à l’universalisme de la musique américaine comme le jazz, le blues ou le bluegrass. L’appareillage sonore limité à sa plus simple expression (les guitares et les amplis sont déjà de trop, dixit K. Wilson), et les cuivres minimalistes donnent une intensité magnifique à cet opus. Des chansons comme Hand to mouth , Hightime révèlent un veritable “spooky timeless sound”. Ce son de la voix intemporelle est rendu possible par l’utilisation d’un vieux micro rythmique RCA et, à trois ou quatre pas du chanteur, d’un second micro qui capte l’ambiance environnante, d’où l’impression extraordinaire de direct live.

On trouve le titre maître de l’album Lookin’ for trouble sous deux configurations (shuffle et rock and roll) tout à fait craquantes. Cette chanson a été co-écrite par K. Wilson et sa fiancée Amanda Taylor.

Deux batteurs se sont partagés les quinze titres (Steve Ramsey et Richard Innes). Les cuivres sont dirigés par «Sax» Gordon Beadle (ténor), on trouve Doug James au baryton et Scott Aruda à la trompette. C’est Troy Gonyea qui se charge de la guitare, son influense sur le son en général est déterminante (cft Love me baby). Mark Stevens tient les claviers et Jon Ross la basse.

A écouter également le prenant Love attack et le très orchestral Jr.’s Jump qui clôture l’album.

En un mot Looking for Trouble est un grand album de blues revival servi par un artiste sincère et respectueux de la tradition. Avec des gars pareils, la flamme originelle n’est pas prête à perdre ses reflets bleus.
Didier Drix






Steve James : Fast Texas

Steve James nous offre ici un disque d'une densité incroyable. Il nous envoit en pleine figure tout son savoir, sa technique et son feeling pour un country-blues originel revisité par un artiste d'aujourd'hui. Fast Texas est un voyage dans le blues texan du début du 20ème siècle, mêlant adroitement reprises et compositions et laissant l'auditeur médusé d'un bout à l'autre de ce CD.
C'est figé dans une position que certains qualifieraient de ridicule (bouche bée, filet de bave, yeux exhorbités) qu'on découvre ce disque qui commence par le titre éponyme Fast Texas, dans lequel Steve James semble d'emblée nous prévenir que son finger-picking est du genre qui décoiffe. Dès le second titre, James troque sa guitare pour une mandoline, son autre instrument de prédilection, pour un Texas Tommy, repris au "Blues Mandolin Man" Yank Rachell qui a trouvé là un digne repreneur du flambeau.
Puis vient Suckey, instrumental magistralement joué à la 12 cordes, avant que le bottleneck ne vienne caresser une vieille National Steel pour un Jack O Diamonds qui aurait bien plu à Mance Lipscomb.
Ce ne sont que les 4 premiers titres de ce CD, et tout le reste (16 titres en tout) est du même tonneau sans que jamais ne puisse pointer la moindre lassitude, tant les titres proposés sont variés, que ce soit dans l'instrumentation, le style et le rythme. Car en plus des instruments déjà cités, guitare 6 cordes, 12 cordes, mandoline et Steel Guitar, Steve James manie avec autant de brio le banjo! La plupart du temps en solo, il se fait parfois accompagné à la guitare par Del Rey ou Cindy Cashdollar (quel joli nom !) et par les chœurs discrets et enjoués de Ruthie Foster et Cid Cassone.
Compositions et reprises, toutes aussi intemporelles les unes que les autres, alternent avec bonheur. Ballades, blues, Reel, Ragtime, Hawaï, et même Gospel avec le Rain Don't Fell On Me de Blind Willie Johnson présent sur le disque en 2 versions, dont la dernière, qui clôture le disque, vous emmène loin… loin où on est bien !
Steve James n'en est pas à son premier essai et est déjà un un artiste reconnu dans son pays, que ce soit par ses précédents enregistrements, par ses concerts ou par les cours de guitare et mandoline qu'il donne à travers le monde.
Si par hasard vous sentez votre fin approcher, évitez de mourir idiot, découvrez au plus vite Steve James grâce à ce disque. Si vous êtes en pleine santé, profitez-en : ce disque tournera de longues années sur votre platine !
Assurément, Fast Texas de Steve James est un disque à posséder absolument et à classer dans la catégorie "the Country Blues is alive!", aux côtés de ceux de Catfish Keith, Rag Mama Rag, Nathan James, pour n'en citer que quelques-uns.
(Fast Texas, Steve James, 2003, Burnside Records, 3158E, http://www.stevejames.com/ )
Stagg'Oli






Bob Walsh : Blues

Pour fêter comme il se doit ses 25 ans de carrière, Bob WALSH s'offre (et nous offre) un album plein de l'esprit bleu que nous aimons. Le titre de l'album "Blues" ne nécessite pas de commentaire car c'est bien de blues dont il s'agit, mais traité sous des formes diverses et plus ou moins évidentes; blues-rock, soul, slow.
L'album étant limité pour une bonne part à des reprises, Bob WALSH s'est entouré de musiciens de studio tous aussi capables d'apporter un nouveau masque à ces titres que l'on connaît, pour certains, sur le bout des doigts.
Ainsi, on retrouve entre autre "Hit The Road Jack", "Hold On I'm Coming" avec la participation de Steve HILL, "The Thrill Is Gone", "Stormy Monday".
Quelques pointures de la six cordes le rejoignent pour quelques standards. Les plus blues reçoivent la touche de Jeff HEALEY : "Further On Up The Road", et un beau "Stormy Monday Blues". Pour deux morceaux également ("Snow Falling Grey Day", un "Spoonful" très blues appelé ici "Needle And Spoon"), c'est Gilles SIOUI qui s'y colle. Le guitariste Jimmy JAMES a droit a un titre de plus avec "Buzzard Luck", "House Of The Rising Sun", et "Je Voudrais Etre Noir" chanté en Français.
La première partie de "House Of The Rising Sun" (nos "Portes Du Pénitencier" à nous qu'on a) donne toute la profondeur de la voix de Bob WALSH pour ensuite monter en puissance.
Pour les cordes, un quatuor a participé à l'enregistrement, et j'ai trouvé que les violons sur "The Thrill Is Gone" sont très (trop ?) présents.
Il faut noter aussi que l'ajout d'une section de cuivres donne une plus grande dimension sur la plupart de tous ces morceaux.
Le dernier titre, "Turn The Page", est une longue balade folk enveloppée de voiles d'harmonica.
Cette production plaira sans aucun doute à tout amateur de Bob WALSH et à qui souhaite entendre ces titres abordés d'un point de vue contemporain.
( Lion-Soleil Production [5823892] 2003 )
Philnet

Blues





Joe Callicott : Ain't A Gonna Lie To You

Après une période quelconque, le label Fat Possum semble repartir du bon pied…
Effectivement, en s'inspirant judicieusement de la philosophie du regretté Robert Palmer, qui fut le producteur avisé de ce petit et ô combien dynamique label installé à Clarksdale (Ms), le nouveau boss, Matthew Johnson, produit depuis 2002 quelques petites perles de rééditions qui devraient satisfaire les amateurs de Deep Blues du Delta et de la région entourant Memphis.
Ainsi, Furry Lewis, RL Burnside, Fred Mc Dowell et Johnny Woods sont d'ores et déjà réédités à bon escient, ce qui est suffisamment rare aujourd'hui pour être signalé.
Avec ce nouvel opus consacré au blues singer Joe Callicott (1900-1969) né dans le Mississippi près de Nesbit, l'occasion est donnée de (re)découvrir la musique jouée au sud de Memphis après guerre.
Dans un style qui rappelle quelque peu Frank Stokes, Joe Callicott, joue de la guitare acoustique de manière épurée, sans artifice ni fioriture, au phrasé parfois sinueux mais toujours souple. Un vrai régal !
Sa voix chaude, puissante et sombre à des sursauts déclamatoires, ce qui renforce la connotation dramatique des textes traditionnels et des mélodies voluptueuses qu'il a arrangés.
Adepte de ballades et de blues lents, Joe Callicott a été enregistré par l'historien du blues Georges Mitchell en 1967 pour Arhoolie. ( réédition Mississippi Delta Blues "Blow My Blues Away," Vol. Various Artist CD 402)
Or, seulement cinq de ces superbes morceaux se retrouvent sur cette réédition partielle de Fat Possum! Pourquoi diable ne pas avoir réédité la totalité des titres enregistrés par Georges Mitchell sur cet album? Les voies de la sagesse sont-elles à ce point impénétrables?
Joe Callicott faut-il le rappeler, fut l'un des artistes majeurs du blues du sud de Memphis qui a, certes, peu enregistré, mais, dont l'œuvre remarquable mérite une écoute attentive. Incontournable.
(40:41, 12 titres Fat Possum Epitaph 0360-2)
Phil Catfish






Stincky Lou & The Goon Mat : Original Demo

Original Demo

Bluesin´ Machine, ça vous dit quelque chose ? Stincky Lou & The Goon Mat, ça vous parle ? Et bien à la tête de ces deux groupes (le premier appartient au passé et le second au présent à venir), on retrouve Mathias DALLE. Après le west-coast très en vogue des Bluesin´ Machine (leur démo fut chroniquée pour l´Agenda Du Blues), Mathias se lance dans une nouvelle aventure et précisément dans un blues plus épuré.
Accompagné par Laurent ´Stincky Lou´ GOOSSENS à la bassine, il propose à la guitare et au chant un répertoire basé sur des standards et quelques compostions joués dans un style fifties très soigné qui me fait penser à la démarche d´un autre groupe français, les Bo Weavil. De l´hypnotique "Rollin´ And Tumblin´" à "Rock Me Babe" de BB KING, en passant par "Walkin´ Blues" de Robert JOHNSON ou "Bad Boy" d´Eddie TAYLOR, ce groupe montre que malgré le peu de moyens instrumentaux mis en œuvre, le talent suffit à jouer merveilleusement le blues.
Enregistrée à la mi-janvier 2003, il faut noter que cette démo accueille également Alain CAMUS à la batterie sur "Rock Me Babe" et sur des morceaux écrits par Mathias, à savoir "Boogie Tonight" et "I Don´t Care". Ces créations auxquelles il faut en ajouter une troisième, "Tell Me", me laissent présager d´un prochain album.
Si Stincky Lou & The Goon Mat passent près de chez vous, n´hésitez pas à vous déplacer pour assister à un de leurs concerts, ils seront peut-être accompagnés de Vince TALPAERT (des Bo Weavil) à la batterie ou d´un harmoniciste (Fabian ou Dave du groupe d´Elmore D).
( Autoproduit 2003 )
Philnet

(Cet album a déjà été chroniqué dans la Gazette de Greenwood n°49 bis)

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Patton l'Abyssin
ou
Comment se faire appeler Arthur

  
Arthur Rimbaud
(Pablo Picasso, 1960)
Charlie Patton
(DR)

Les origines de Charlie Patton, un des artistes les plus importants du Delta Blues, un de ses pères fondateurs même, étaient restées obscures pendant trop longtemps. Une publication récente par le Docteur D. sur le Guitar Forum (*) les éclaire d'un jour nouveau.

Ce texte a déjà suscité de nombreux commentaires et controverses au sein de la communauté des musicologues spécialistes de cette période.

L'importante de cette communication nous paraît mériter une large diffusion. C'est pourquoi nous le reproduisons ici, in extenso, et dans sa version originale selon le souhait de l'auteur.

(* site www.guitarseminars.com animé, entre autres, par Bob Brozman)


Patton mistery solved

date: July 06, 2003
de: Dr D.

 

As usual conspiracy theorists were below the mark ; reality is far more extraordinary.

Let' s go back to the early 1880's. French proto-beatnick poet Jean Nicolas Arthur Rimbaud, weary of his no good lover and fellow poet P. Verlaine, of his abusive mother, and of his own tormented soul, heads East. After years of unconclusive business he believes he finally hits the big time when he is given the mission of delivering to Ethiopian dictator Ras Menelik (father of Ras Tafari) a shitload of WMD, caliber .45.

Upon arrival Menelik throws at him a gorgeous abyssinian slave and a fat stock of dope, hoping to make it easier for him to swallow the hard fact that he ain't getting paid nohow. Rimbaud falls instantly in love with the girl and they spend a few blissful weeks, high as Lebanon cedars. Still, when the dope comes to an end he has nothing left to do but return poorer than he came, leaving her behind.

She was actually Menelik's daughter but neither of them knew it, baby girls not counting anyway.

Some weeks later an English gentleman-pimp arrives in princelike attire at Menelik's court, trades the girl for a bunch of valueless Russian treasure bonds, and sails off hours ahead of the Scotland Yard detective after him. After thwenty days of less than idyllic cruise they land at New Orleans, where the Russian bonds at once buy him a tar and feather suit. Stranded on foreign soil, helpless and pregnant, she swallows her race, class, and religion prejudices and hooks up with a dark, big, hard-working, church going sharecropper who takes her in without a frown.

A few years later they head north to that land of opportunities, the Mississippi Delta.

Bill Patton does his best to raise his children as Christians, but young Charlie stands out no matter what. He won't hear of farming, spending his days playing the guitar. He plays with the Chatmons but the complex rythms and harsh vocals of his forebears keep calling him. He sings in English but his gallic origin make him hard to understand (there, another Patton mistery explained). Yet his aura of exotism works for him during his show-business career, inspiring numerous followers, as shown by this now famous line :

"if I can't find my good girl in west Helena
must be in Ethipia somewhere"

References
[c] Calt, Steve "What I knew from the start and you wouldn't listen, morons"
[Me] Menelik, Ras "How I stole an empire and my idiot son screwed it up and became a god"
[Mo] Monfreid, Henry de "Les secrets de la Mer Rouge"
[V] Verlaine, Paul "This bitch Arthur and other things I'd rather forget"

 


Pour les non-anglophones nous remercions notre correspondant au Mexique, Daniel Massart qui a bien voulu en assurer la traduction.

[La récente découverte d'une photo en pied de Charlie Patton a suscité de nombreux commentaires et théories fantaisistes sur la vie et les origines du grand Charlie.]

Comme d'habitude la réalité dépasse la fiction. Reportons-nous à la fin du XIXème siècle. Le fameux Jean Nicolas Arthur Rimbaud, lassé de cette chiffe molle de Verlaine, de sa mère abusive, et de sa propre âme tourmentée, met le cap à l'Est. Après quelques années de vaches maigres, il croit tenir un gros coup : livrer un chargement d'armes de destruction massive, calibre 45, au roi du Choa Ras Menelik (père de Ras Tafari).

Ce dernier n'ayant pas l'intention de bourse délier, l'accueille avec une plaque de haschich mahousse et une splendide esclave abyssine (qu'il avait conçu lui-même avec une concubine mais il ne s'en souvenait plus) en espérant se débarrasser plus facilement du nigaud des Ardennes. Arthur tombe amoureux de la fille au premier regard et ils passent quelques semaines au septième ciel mais une fois la dope finie il ne lui reste plus qu'à repartir plus pauvre qu'avant, et seul.

Quelques semaines plus tard un lord Anglais fait une entrée princière à la cour de Menelik, achète la fille pour un paquet d'emprunts russes, et met les bouts avec quelques heures d'avance sur un mandat d'arrêt pour proxénétisme aggravé.

Après une traversée pas tout à fait idyllique ils arrivent à la Nouvelle Orleans, où on lui échange sur le champs les emprunts russes contre un costume en goudron et plumes.

Seule, enceinte et sans ressources, elle s'assied sur ses préjugés de race, classe et religion et se met en ménage avec un métayer noir, costaud, pieux et travailleur qui ne fronce pas un sourcil devant son état avantageux.

Au bout de quelques années ils partent chercher une vie meilleure dans un pays neuf, le delta du Mississippi. Bill Patton fait de son mieux pour élever ses enfants en bon chrétien, mais le jeune Charlie n'arrête pas de se singulariser. Pas question de travailler aux champs, il passe ses nuits à jouer de la guitare. Il joue avec la famille Chatmon, mais les rythmes complexes et le chant guttural de ses ancêtres le hantent. Il chante en Anglais mais l'accent Belge hérité de son père le rend incompréhensible, comme on s'en convaincra en écoutant ses disques. D'un autre côté son aura d'exotisme attire les filles et fait vendre ses disques, suscitant de nombreux émules-cf cette fameuse fin de chanson :

"if I can't find my good girl in west Helena
must be in Ethiopia somewhere"

[ndlr : Dust my Blues, Robert Johnson]

Références
[c] Calt, Steve "What I knew from the start and you wouldn't listen, morons"
[Me] Menelik, Ras "Comment j'ai usurpé un empire et mon idiot de fils a tout gâché pour devenir un dieu"
[Mo] Monfreid, Henry de "Les secrets de la Mer Rouge"
[V] Verlaine, Paul "Arthur qui ? paye ton coup d'abord..."

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Cataloguer sa collection de Blues avec Catraxx

date: 6 juillet 2003
de: "King" Yan <modz@altern.org>

Peut-être vous êtes vous demandé un jour s'il était possible de connaître le nombre de covers que vous possédiez de Sweet Home Chicago? Ou tout simplement le nombre de CDS que vous aviez? Ou bien encore, avoir un classement par titre ou par bluesman de votre collection?

Et bien, tout ceci est maintenant possible grâce à l'informatique! Avant, il fallait noter tout à la main dans un fichier Excel ou dans une base ACCESS. Et bien maintenant, grâce à des logiciels de catalogage connectables à des bases de données, il est tout à fait possible de stocker tout un tas d'informations dans une base en quelques clics de souris.

Sur le marché, il existe plusieurs logiciels qui se sont spécialisés dans le catalogage de CDs ou de MP3. En voici la liste des meilleurs : Helium2, Collectorz, Music Library, Music Label 2003 et Catraxx.

Je vais vous présenter Catraxx car c'est l'un des plus paramétrables et des plus stables! Chacun des logiciels cités plus haut a ses petits défauts qu'on ne retrouve pas dans Catraxx. Par exemple, avec ces logiciels vous ne pouvez pas cataloguer mp3 et Cds dans la même base ou vous ne pouvez créer vos propres classements, vous êtes tributaires de ce qui est proposé par le logiciel. Il arrive que des logiciels, même payants, plantent et soient instables !

Catraxx est un logiciel qui a été créé par Fredrik, un Norvégien, ce logiciel existe depuis Septembre 1996. Il est construit autour d'une base ACCESS et une interface codée en DELPHI.

Pour le catalogage de vos médias, vous avez trois manières pour vous y prendre. La première consiste à saisir tout manuellement (vinyls, minidisc), la deuxième consiste à scanner un support (DVD, CD, disque dur) à la recherche de MP3, les informations telles que les commentaires, le nom de l'artiste, le titre du morceau seront récupérés. Enfin vous pouvez insérer vos CDs audio et le logiciel se connectera à la base CDDB afin de récupérer les informations de base (titre, nom de l'album, date, note...), informations pas toujours bonnes mais pour la saisie des titres, c'est toujours ça de gagné!

Une fois que vous avez saisi toutes les informations dans la base, vous allez, avec une certaine facilité, les afficher sous différentes manières et c'est là que ce logiciel est intéressant car il est paramétrable à souhait.

Voici quelques options que j'ai réalisées avec ma petite collection :

--> cliquez sur les aperçus

1. Classement de ma collection
par Artistes
(sous classement : Nom d'Album)

2. Classement de ma collection
par Titre des pistes
(sous classement : Interprètes)

3. Classement de ma collection
par Artistes
(sous classement : Titre des pistes)

Après, il est tout à fait possible de faire d'autres croisements, sachant qu'il existe des dizaines de champs paramétrables et que vous pouvez afficher jusqu'à 5 sous-niveaux (artiste -> titre -> format -> date -> emplacement)

Par la suite, vous pourrez exporter votre base au format HTML pour l'envoyer à vos amis ou pour la déposer sur le web. Voici un exemple de ma base sur ce lien : http://www.my-collection.zik.mu Résumé des différentes options intéressantes :

L'on pourra déplorer, par contre, une gestion limitée des TAG pour le format MP3 et la non prise en compte des formats alternatifs tel que ogg ou wma, mais peu de logiciels offrent ces options ou alors avec des options déjà pré formatées.

D’ailleurs une version 6 verra le jour dans quelques mois (preview ici : http://www.fnprg.com/catraxx/v6/) avec entre autre un nouveau design plus sympa qui ressemblera étrangement à Helium2 :)

Concernant la licence du produit, elle vous coûtera 42 euros (37 Euros + Taxes européennes) si vous optez pour l'envoi de la licence par e-mail (utilisable avec la démo téléchargeable en ligne). Je vous invite à télécharger la démo sur le site officiel afin de la tester : http://www.fnprg.com/catraxx/

Amusez-vous bien !

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