n°54 (Octobre 2003)
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Tome 2:
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Tome 1
Tome 3
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Feu d'artifice à Chédigny
Oh la belle Bleue!
Date : 25 août 2003
De : Sylvain Bréjeon <sylvain.brejeon@worldonline.fr>
(photos Pierrot Mercier)
Quel festival ! C'est la première fois que je fais le déplacement. Et bien, je n'ai pas été déçu et pour cause : j'ai trouvé là les éléments qui font de ce genre d'événement musical un petit coin de paradis, à savoir le cadre idéal, une programmation alléchante, une organisation infaillible et une ambiance familiale, légère, propice à la décontraction, au bon temps et aux rencontres.
Voilà une introduction bien dithyrambique ? Mais bon, c'est vrai quoi, venez juger par vous-même !
[Avant cela, je vous invite à consulter le compte-rendu de l'édition précédente réalisé par Pierrot qui n'a pas manqué de revenir cette année. Et oui, l'effet "Cognac" s'applique aussi à Chédigny. Qu'est-ce que l'effet "Cognac" ? Vous ne connaissez pas ? Non, non ! Rien à voir avec le plaisir de s'enivrer de cet excellent breuvage (attention, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé). C'est qu'une fois qu'on goûte au festival "Blues Passion", on est pris au piège de son aura magique et on ne peut s'empêcher de se dire qu'il faut absolument y retourner l'année suivante!]
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Cette nouvelle édition de Blues In Chédigny avait donc lieu les 14, 15 et 16 août. Pour ma part, je n'y suis allé que les 2 derniers jours. Le premier soir, la fatigue (lever à 4h du mat' pour mon job d'été) m'a fait renoncer aux 2 heures de route pour m'y rendre en partant d'Angers. Ah oui, parlons-en de la route, j'ai eu un peu de mal : je n'avais pas de carte avec moi, seulement un itinéraire brouillon pris sur Internet avec les numéros des départementales à partir de Tours que j'ai tant bien que mal suivies le plus longtemps possible, jusqu'à réussir à me perdre tout près du but. Finalement, j'y suis arrivé à l'heure, par un tout petit chemin de campagne. Et je ne vous parle pas du retour de nuit par ce même chemin, à 3h du mat’. Heureusement, mon sens de l'orientation est phénoménal :) et m'a sauvé la mise! J'ai repéré les noms des villages et la géographie du lieu que je connais bien désormais. Je n'ai pas été très heureux sur le moment mais aujourd'hui, ça me fait sourire et en fait, Chédigny est facile d'accès. Je n'ai pas visité mais je crois en avoir vu le principal, rien que sur le site du festival. Adorable comme endroit, village fleuri aux maisons de pierres parfaitement aménagé pour recevoir le public qui vient nombreux se garer dans les parkings champêtres. Les scènes sont très bien placées : la grande est attenante au flanc de l'église, la scène découverte est sur le perron de la salle des fêtes et le cabaret, très bien nommé, est justement dans la salle précédente. Toutes ces scènes contiguës forment bloc autour du point névralgique ( :) vous l'avez deviné, la buvette ! Outre les sempiternelles sandwiches, j'ai eu la bonne surprise de constater la vente de crêpes et de cidre! Voilà, il y a de quoi se remplir le ventre de bonnes choses, bon mais ce n'est pas tout ça, on y vient avant tout pour s'emplir les oreilles de musique bleue. Alors, parlons un peu de la programmation : Le jeudi, Bernard Allison était initialement prévu mais, ayant annulé sa tournée (pas bien grave pour moi puisque j'ai déjà pu apprécier son show à Bagnols/Cèze et à Cahors cette année), il a été remplacé par Melvin Edmondson. Je ne connais pas du tout et ne pourrait donc rien en dire ici.C'est The Bone's Project qui lui chauffait la place. Son leader, le trompettiste Boney Fields, est bien connu en France pour avoir accompagné le géantissime Luther Allison. Au cabaret, c'est Dave Kelly, de Grande-Bretagne, qui clôturait cette première soirée.
Non, je n'ai pas planté ma tente ou réservé une piaule. Oui, j'ai eu le courage de me taper 2 fois le trajet, on est fou furieux de cette musique ou on ne l'est pas! Rebelote pour le samedi et dernier jour.
Voilà encore un festival qui s'achève... ça file le blues ça ! J'ai tourné pas mal cet été: Avoine, Bagnols/Cèze, Cahors, Cognac. Je place Chédigny sur le podium, derrière Cognac et Cahors, c'est vous dire la qualité de cet événement pour l'ambiance et la programmation : 100% blues. | |||||||||||||||||||||||||||
Et bien! Et moi qui croyais avoir tout entendu cet été, qui pensais que le meilleur était passé ! En fait, je n'avais encore rien vu !
J'exagère mais je ne suis pas loin de la vérité. Ma tournée estivale s'achève à Pornic dans le bonheur. Au pays de la BQRie, le blues, ça roule (facile!). L'association Blues Qui Roule qui fait la programmation porte bien son nom. Ayant pour but de promouvoir le blues français, on n'était pas surpris de voir 80% d'artistes de chez nous. A noter que ce festival était placé dans le cadre de la commémoration du centenaire du Blues (BQR est peut-être le seul en France à l'avoir célébré). Et comme le répète son président, Alain Leclerc : "Le blues n'est pas mort et la jeunesse française fait bel et bien partie de la relève pour garder cette musique vivante." On peut s'en rendre compte dans d'autres festivals depuis un moment mais ici, la particularité est que la preuve en est faite devant un public a priori qui ne s'y connaît pas du tout. Quoique les éditions précédentes ont dû faire parler d'elles, cette quatrième édition amène son lot de fidèles présents aussi ailleurs cet été.
Et comment attirer une telle foule de près de 6000 personnes en 2 jours ? Et bien, BQR a trouvé la combinaison gagnante : l'événement est gratuit grâce au partenariat de la ville et du Casino de Pornic et il se situe dans le vieux port, lieu de passage des touristes encore nombreux en cette fin d'août. Et le soleil rayonnant invite à poser ses fesses sur les bancs ou à partager une mousse autour d'une table. Mais la combinaison ne serait pas parfaite sans cet autre atout de poids qui retient le badaud néophyte sentant là le gros dossier, la grosse affaire, à savoir la très grande qualité des musiciens. Qualification qui a fait l'unanimité cette année au vu de l'enchantement de l'audience et de la réaction des jeunes fans ou vieux briscards du blues. Comme j'ai pu le lire sur la liste [NDLR: LGDG@yahoogroupes.fr], ce sera un véritable challenge que de réaliser une 5ème édition au moins aussi bonne. L'association et ses bénévoles avec ses petits moyens ne manquera pas de le relever avec brio. Mais ce n'est pas le moment de conclure. Intéressons nous au déroulement de ce week-end du 23 et 24 août.
Avec un peu de retard, ce qui a son importance puisque à 1h tapante, le retour au calme doit être respecté, les festivités commencent.
C'est aux Bluetones que revient l'honneur de montrer aux autres le chemin vers le succès. La formation normande menée de main de maître par le très grimaçant Christophe Becker (guitare, vocal) assisté de Thomas Troussier (harmo), Luc Mulot (basse) et Patrice Robert (batterie), ne dément pas son excellente réputation bien assise maintenant. Le temps qui leur est attribué est compté. C'est donc un show remanié qu'ils offrent par rapport à ce que j'ai déjà pu en voir : d'habitude, ils font d'entrée la seule reprise de leur répertoire live, celle de T-Bone Walker puis enchaîne avec des compos. La reprise passe à la trappe et le célèbre titre chanté en "yoghourt" aussi. On assiste à une belle démonstration de blues jump, swing des 40's/50's, première facette de cette musique dévoilée avec réussite. Les Bluetones ne s'attardent pas sur place, ils donnent un concert au Luxembourg le lendemain. Ils sont très demandés.
Le J.B.Boogie Band investit la scène ensuite. J.B. pour Julien Brunetaud, le jeune pianiste génial qu'on a pu voir un peu partout cet été et qui, de surcroît, chante remarquablement bien. L'entendre vous procure un immense plaisir mais le voir aussi, avec cette main gauche qui place dans un rythme parfait la ligne de basse et cette main droite qui enchaîne à vitesse grand V les solos aigus, les muscles du bras bandés à mort à la limite de la rupture, le visage tendu presque de douleur. Il vit sa musique à fond.
On retrouve aussi dans le band Jeff Vincendeau à la basse, et le grand (dans tous les sens du terme) guitariste Anthony Stelmaszach. J'ai envie de dire qu'il a atteint la perfection. En tout cas, ses solos étaient énormes et chaque nouvelle note qu'il sortait était celle que j'avais précisément envie d'entendre.
Un invité américain en provenance de Louisiane, Frank Savoy, jouait au saxo, brillant, souriant.
A classer dans mes meilleurs concerts cette année.
Si bien que le groupe qui passait ensuite, je suis au regret de dire qu'il m'a paru un peu fade au début. Il s'agit du Little Big Band (Malek Ben Yedder, vocal/ Mehdi Cherfaoui, batterie/ Yann Colleu, guitare/ Jacques Frézal,sax/ Antoine Pozzo di Borgo,contrebasse/ François Salace, clavier).
Spécialistes des reprises de Louis Jordan, ils ont une tonalité légèrement jazzy mais ils ne dépareillaient pas au milieu des autres groupes.
Très vite, heureusement, ils ont su se hisser à la hauteur des précédentes prestations et s'ils sont moins impressionnants, ils ont tout autant le mérite de s'être livrés sans retenue et dans la bonne humeur. A Paris, ils jouent dans un club devant un public venu pour danser et dans ces conditions, ça doit être hyper sympa, puisque leur rythme est en effet une véritable invitation à la danse.
Pour finir cette journée, c'est madame Dana Gillespie qu'on a fait venir : la seule femme du week-end. Je l'avais vu le week-end juste d'avant à Chédigny. Bien évidemment, c'est la même chose et je ne fais que confirmer que son répertoire est bien, qu'elle a un chant énergique et que son harmoniciste est vraiment excellent (Mike Paice qui a aussi joué avec Jools Holland) . "Petit" plus, Julien Brunetaud (toujours lui !) accompagnait le groupe et faisait ponctuellement le traducteur. On a eu droit à un morceau joué à trois mains au clavier, celles de Dana et la droite de Julien dans les aigus de l'instrument. Avec ses cinq doigts, il a su faire ressortir un feeling exceptionnel. Son autre main, suivant le conseil de Dana, il pouvait la poser où il voulait ! (rires)
Le bœuf n'a pas pu avoir lieu. Tout le monde s'est dispersé, heureux et prêt à revenir le lendemain.
Les Rosebud Blue Sauce (Nicolas Duportal, guitare,chant/ Abdell Bouyousfi, contrebasse/ Fabrice Bony, batterie/ Denis Flaichez, harmonica) ont commencé le dimanche sous l'éclat du soleil et des bancs désertés face à la scène, mais qui se sont vite remplis. Déjà, la balance avait provoqué des applaudissements. Les ayant déjà vu à Angers en début d'année, j'avais beaucoup envie de les retrouver et d'entendre la guitare aux riffs pêchus de Nicolas et l'harmo saturé de Denis. Mais bizarrement, en un peu plus d'une heure de temps, je n'ai pas revécu les mêmes sensations. Il faut dire qu'une chape de plomb m'est tombée dessus à ce moment-là. Un coup de barre phénoménal. Alors, je dirais que c'est plutôt moi qui suis passé à côté de ce concert.
Quand même, j'ai pu surmonter cette fatigue passagère pour vivre après ça un moment gigantesque. Du coup, je me demande si ce n'est pas celui-ci qui m'a réveillé en fait. Car cette après-midi-là, les personnes présentes sur la place du Môle on assisté à un concert heu... je ne trouve pas d'adjectifs assez forts en fait. Je ne sais pas si j'étais le seul mais j'étais "sur le cul" comme on dit, la bouche ouverte, la bave dégoulinant au coin des lèvres pendantes, limite chair de poule et larme à l'oeil. Boogie J et Mister K m'ont littéralement transporté au berceau du Blues avec un grand B. Julien Brunetaud (Boogie J) et Kevin Doublé (Mister K, harmo des Scratch My Back), seuls sur scène, ont été impériaux, roots à souhait. Chacun de leur côté, ils sont très forts. Mais ensemble, ils sont transcendants! Tout de suite, j'ai pensé à l'album "Deep in the blues" de James Cotton pour l'harmo et l'ambiance. Si j'avais vu Junior Wells avec Buddy Guy ou Sonny Terry et Brownie McGhee, c'était pareil. Meilleure performance, meilleur concert, meilleur ce que vous voulez de l'année pour moi !
Quoi? comment? C'est déjà fini ? non ne partez pas!
Bon, il faut bien laisser la place aux autres. A quand l'album de Boogie J et Mister K ?
Les autres, ce sont les Flyin' Saucers (Fabio Izquierdo, harmo, vocal/ Cédric LeGoff, clavier,vocal/ A.Stelmaszack, guitare,vocal) qui proposent du blues épicé relevé d'un zeste de Zydeco. Mais cette phrase stéréotypée, c'est juste pour la washboard de Fabio et quelques titres aux rythmes chaloupés puisque en fait, ils s'accordent parfaitement avec ce qu'on a vu jusqu'à maintenant et à classer dans le blues authentique, définitivement. Les Soucoupes Volantes font figure d'extraterrestres parmi les autres formations du week-end car ce sont les seuls à chanter en français : je me disais bien, y'a un truc différent avec les Flyin' : le déclic! Mais oui, ce sont les premiers à sortir des textes légers et humoristiques (à première vue) en français. Ca aura peut-être rendu cette musique encore plus accessible aux vacanciers !
Pour clôturer, on a fait appel à ce Texan immigré en Allemagne, Mémo Gonzalèz qui joue avec The Blues Casters: un allemand (Kai Strauss,guitare), un polonais (Klaus Schnirring,batterie) et un turc (Erkan Özdemir, basse). Une formation très cosmopolite mais soudée qui fait dans le blues tex-mex. Le guitariste brillant en a surpris plus d'un par la qualité de son jeu et ses solos incisifs. Mémo, c'est un gros gabarit, ça lui fait une petite tête posé sur de bonnes épaules et il la bouge de droite à gauche avec véhémence. Il souffle dans son harmonica d'ailleurs aussi avec force sans délicatesse. Un show excellent, rythmé, qui a su garder le public bien éveillé ce dimanche soir. Une nouvelle découverte pour moi. C'est ça aussi le festival "Blues en Retz", des confirmations, des découvertes, et pas de déception jusqu'à présent!
Dans la précipitation, on a organisé un bœuf, chacun cherchant un micro, un ampli. La technique impeccable qui a proposé un son nickel durant ces 2 jours a réagi avec rapidité pour qu'on ait droit à 20 minutes de jam. 2 morceaux, pour un public moins nombreux à cette heure tardive mais heureux et dansant. Ce sont Julien et Kevin qui ont distribué les solos. Génial, ces bœufs, comme toujours.
Je suppose qu'on n'était pas mal à bosser au petit matin mais ça valait le coup de rester jusqu'au bout et d'avoir une sale tête au boulot avec les oreilles encore bourdonnantes de belles sonorités.
On est d'accord, tout le monde prend rendez-vous pour l'année prochaine ?
Et puis, dites moi : qui pourrait résister au cocktail plage et blues ?!
Date : 5 septembre 2003
De :Pierrot Mercier <mississippi@wanadoo.fr>
(photos de l'auteur)
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Vous savez que La Gazette (votre webzine préféré - mâtin !) ne rate jamais le rendez-vous de Vannes, et ce, depuis les débuts de la soirée Blues du festival. Cette année je n'étais pas vraiment attiré par l'affiche (première partie totalement inconnue et semblant d'ailleurs assez borderline, Lucky Peterson en vedette, bof...). | ||
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J'ai donc appelé Claire François, la charmante chargée de communication du festival, pour essayer d'en savoir plus. En fait ces tremplins (car il y a également trois tremplins jazz) sont organisés par les Jeunesses Musicales de France et Josette Tuarze, déléguée régionale qui en est responsable, m'a invité bien volontiers à y assister et m'a même proposé de siéger au jury ! |
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C'est donc, avouons-le, avec une certaine fierté que j'arrive dans la cour de l'hôtel de Limur dés 9 heures ce mardi 29 juillet, bien décidé à ne pas perdre un instant de cette journée. L'endroit est très calme. Après un petit crochet par l'accueil du Festival où je récupère mon badge, je m'approche de la scène où le sonorisateur (Hervé) et son assistant (Alex) s'affairent. Ce podium couvert, installé de l'autre côté de l'hôtel par rapport à la grande scène du Festival, donne directement sur la rue Thiers, grande artère du centre de Vannes, et est donc très facilement accessible au public. Les musiciens commencent à arriver tout doucement. Certains viennent en voisins, d'autres se sont levés très tôt pour être à l'heure au rendez-vous. C'est le cas des normands de Spoonful qui posent leurs instruments dans le local réservé (sympa comme endroit avec des fauteuils et des plantes, de quoi se relaxer bien au calme) puis essayent de récupérer un peu, affalés au soleil sur les bancs. |
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Josette Tuarze, petit bout de femme trimballant un cartable qui doit peser autant qu'elle, arrive avec son énergie communicative et son contact chaleureux. On se met en place, les dossiers des candidats sont prêts, les feuilles de défraiement aussi, les horaires des passages sont fixés - et d'ailleurs bouleversés aussitôt car les gars de Soul Stump font dire qu'ils arriveront très tard (finalement d'ailleurs ils ne feront pas de balance du tout). |
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En attendant que la Musique prenne possession des lieux, je feuillette les brochures des JMF et relit le règlement du tremplin. Je connais assez mal les Jeunesses Musicales de France, cette vénérable (mais bien vivante !) institution étant peu présente dans nos banlieues. Le réseau est bâti sur 400 délégations locales qui ont en charge l'organisation de représentation musicales, principalement à destination du public jeune, puisqu'en partenariat avec les établissements scolaires et culturels, dans les villes où elles sont implantées. Globalement, on peut dire que leur action est plus efficace dans les petites villes car, souvent, les agglomérations plus importantes tiennent à faire leur programmation musicale elles-mêmes et directement sans passer par un intermédiaire dont elles ne perçoivent pas l'apport. Ces petites associations locales sont regroupées en fédérations régionales puis constituent, au plan national cette fois, une puissante union (c'est son appellation et elle est reconnue en tant que telle par le Ministère de la Culture, celui de l'Education, la Sacem, l'Adami et la Spedidam). L'arborescence du réseau permet ainsi de collecter chaque année un ensemble de spectacles qui sont ensuite rediffusés sur tout le territoire (avec les avantages évidents sur le plan logistique et financier d'un tel regroupement). On estime que, bon an mal an, 150 à 200 musiciens commencent leur carrière professionnelle grâce aux JMF. |
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Les tremplins organisés par les différentes fédérations sont un moyen de détection et de promotion des jeunes talents. Vous avez déjà compris que toutes les musiques sont représentées dans le paysage des JMF et le Tremplin National de Jazz, dont c'est la quatorzième édition, est bien la preuve de la vitalité de cette institution. La journée blues est incluse dans ce programme pour la quatrième fois et va donc commencer dans quelques instants. |
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Je ne vais pas m'étendre sur les balances, je vous donnerai mes appréciations plus tard, lors de la véritable épreuve, devant le jury et le public. Cependant, j'ai trouvé intéressant d'observer le déroulement de cette matinée, notamment le comportement des musiciens vis à vis des éventuels problèmes techniques lors de leur mise en place. Globalement, mon impression a été très bonne. Il est vrai que le sonorisateur était un technicien confirmé et, surtout, quelqu'un d'attentif et de disponible. Les musiciens lui ont fait confiance et ils ont eu raison. J'ai pourtant souvent rencontré (ou sonorisé moi-même) des groupes très jeunes dans des occasions similaires (toutes proportions gardées) mais j'ai rarement constaté autant de sérieux et de respect de part et d'autre. |
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Il est possible que les musiciens aient été intimidés par l'importance de l'enjeu (sans parler du prix, il s'agissait quand même de faire la première partie de la soirée Blues de Jazz à Vannes). Je pense surtout que les groupes font preuve, dans l'ensemble, de plus en plus de maturité. Je trouve ça très encourageant |
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Cela dit, le premier contact avec les artistes, pendant cette préparation, est assez révélateur. On peut, dès cet instant, avoir des coups de cœur, qu'on espère sincèrement se confirmer ensuite. Le contexte bien particulier de cette phase de réglage contraint, à tour de rôle, chaque musicien (ou lui permet) d'intervenir seul. Il y en a qui montrent alors, juste en quelques syllabes ou en quelques mesures, leur talent, leur potentiel en tout cas. Plus tard, quand ils seront fondus dans l'ensemble que constitue leur groupe, leur personnalité se révélera - ou, au contraire, sera effacée. Je trouve donc que c'est un privilège rare d'assister à cet exercice, quitte à être parfois, sinon réellement déçu, un peu frustré pendant la vraie prestation. |
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Les groupes défilent donc à tour de rôle sur la scène. Chacun, sans trop le montrer, jauge les autres essaie de se situer. J'imagine que, comme quoi, ils ont noté leurs premières impressions. J'irais bien casser une croûte tout seul quelque part dans le coin, mais Josette, qui elle ne pense absolument pas avoir le temps de manger, me convainc d'aller manger avec toute la troupe. Un peu gêné à l'idée de me mêler aux musiciens, je pars donc pour le Palais des Arts, où est prévue la restauration, en compagnie des sonorisateurs ... pour me retrouver finalement avec eux à la table des Spoonful ! |
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Oulah, 13h20 ! Il est maintenant plus que temps de revenir vers l'hôtel de Limur car les épreuves vont bientôt commencer. Une autre responsable des JMF réunit les jurés dans la salle Internet du Festival. Nous recevons chacun un petit dossier comportant, pour chaque groupe, sa composition, les coordonnées du musicien responsable et la liste des morceaux présentés, le règlement du tremplin ainsi qu'une grille d'évaluation. Ainsi que nous le rappelle Françoise, cette grille est là pour nous aider à apprécier les prestations des concurrents et à les noter dans l'esprit voulu par le concours. Les critères sont successivement : Qualité musicale, Créativité/Originalité/Eclectisme, Communication avec le public, Répertoire, Présence scénique. Ces recommandations faites, le jury se disperse parmi le public et je retrouve mon emplacement stratégique à coté de la sono. |
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Texaroma, trio vannetais, à la charge de débuter et la fait sans hésitation aucune, révélant tout de suite ses préférences musicales - qui, à l'évidence, sont plus rock que blues. Le bassiste a une bonne gueule (genre David Gilmour -en plus mince ;-), une belle voix grave, je lui reprocherais juste une attitude un peu statique pour un chanteur, son instrument lui imposant sûrement cette rigidité. Le guitariste est évidemment plus expressif mais sans excès, pourtant chacun sait comme les guitaristes de blues-rock peuvent être énervants de ce coté là. D'ailleurs je trouve qu'il est vraiment trop modeste coté volume sonore - à mon avis son ampli n'est pas à la hauteur. Rien à dire sur la batteur qui assure bien - bon tout ça forme un power-trio qui détonne singulièrement par rapport aux autres concurrents et le jury, dans son ensemble, le considérera comme hors-sujet. |
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Se présente ensuite Apostle, autre trio mais différent : 2 guitaristes (Samuel Lequerme et Christophe Petit) assis, et un harmoniciste (Denis Malterre) debout. Si la présentation est très statique, force est de reconnaître que la qualité artistique est bien présente, avec de superbes compositions et de forts jolies harmonies vocales entre Samuel et Christophe. L'émotion passe particulièrement avec le titre |
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Troisième groupe à passer : les caennais de Spoonful, les seuls dont j'ai entendu parlé avant ce tremplin et en termes très flatteurs. Marc Loison, en particulier, ne tarit pas d'éloges sur cette jeune formation dont le guitariste/chanteur Igor Pichon partage quelquefois avec lui le micro de Sweet Home Chicago. J'avais déjà un a priori favorable, après leur prestation de ce matin lors de la balance - et pourtant Hervé a du insister pour qu'ils prolongent leurs essais, ces grands timides semblant se contenter des premiers réglages et hésitant à se lancer - ou alors, voulaient-ils cacher leur jeu ? J'aurais du leur demander même si je les crois un peu jeunes pour un pareil calcul ! Après avoir ensuite partagé leur table je confesse très honnêtement un petit faible pour eux. Et, comme les autres jurés et le public qui commence à grossir, je ne suis pas déçu. |
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Déjà , première constatation : tout le groupe a soigné sa tenue pour la circonstance. Voilà qui est sérieux cependant ils démarrent sans s'annoncer alors que la pluie commence à tomber et que les places deviennent soudainement très chères sous le petit chapiteau autour de la sono. Je suis toujours à mon emplacement stratégique à la table de Josette Tuarze mais je vais devoir quitter cet abri pour prendre quelques photos. |
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Ce n'est qu'après le deuxième morceau que les musiciens se présentent : (Gilles Delagrange à la batterie, Yan Moraux à la basse et aux choeurs, Nicolas Mary aux claviers et au choeurs, Igor Pichon à la guitare et au chant). et repartent de plus belle une fois cette formalité accomplie. J'ai particulièrement apprécié ensuite le très bel enchaînement à la basse entre deux titres pour introduire My Baby Don't Know (je pense que c'est une compo). Ils terminent par un Boogie Man qui pourrait être un standard (mais je ne connais pas vraiment leur style de blues, un peu funky et bigrement énergique). Gros succés en tout cas. |
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Le hasard fait bien les choses puisque ceux qui pouvaient honnêtement rivaliser avec les caennais, les Bad Mules, venus de Nantes, leur succédent sur la scène.
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Christelle Naggiar, la chanteuse, annonce le groupe et nous propose de commencer tout de suite par un petit shuffle - voilà une idée sympathique ! Et c'est parti ! Même mise-en-place impeccable que Spoonful, même énergie dans un registre un peu différent, avec deux atouts majeurs : la présence incontestable de la chanteuse que je me garderais bien de comparer avec des voix noires célèbres (1- pour ne pas fâcher Georges Lemaire, 2 pour ne pas la faire rougir - mais je pense qu'elle les a bien écoutées et bien regardées !) et l'inspiration du guitariste. Globalement le tempo est moins enlevé que chez Spoonful - c'est d'ailleurs plus à mon goût - et le meilleur moment fut incontestablement le passage lent avec une magnifique complicité entre les 4 membres du groupe (ah oui : Maxime Marchand à la basse, Denis Agenet à la batterie et donc, à retenir particulièrement, Philippe Grohan à la guitare). Dommage le morceau plus rythmé qui suivit ce moment magique nous paru, en comparaison, singulièrement vide de sens et nous laissa un peu sur notre faim. Seul petit bémol pour une prestation d'un sacré niveau (peut-être fallait-il ordonner le set différemment ?). |
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Changement de style radical ensuite avec Grigri Blue. |
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Je ne me précipiterais pas, par contre, pour applaudir Soul Stump, qui existe aussi sous le nom de Heat Wave (et se produisait d'ailleurs en ville pendant le festival) et qui, dans sa formule réduite pour le tremplin nous a asséné ce qui m'énerve le plus dans le rythm'n'blues : du James Brown à haute dose (même homéopatiquement je ne digère pas bien faut dire). En tout cas ça a mis de l'ambiance pour finir l'après-midi et le soleil est revenu pendant leur prestation, alors... Ne vous méprenez pas sur mon jugement : ce sont de bons musiciens, ça tourne, c'est efficace (rappelons nous qu'ils n'ont même pas fait de balance) mais pour un tremplin Blues ça n'a aucun intérêt. Point. |
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Le jury se réunit rapidement et fait preuve d'une belle unanimité (en tout cas je retrouve la plupart de mes impressions dans les jugements émis). Les deux meilleurs sont donc, sans surprise, Spoonful et Bad Mules. Chacun s'accorde à dire que le plateau de cette édition était d'un niveau exceptionnel ce qui donne encore plus de valeur à la victoire de .... SPOONFUL ! (et au deuxième prix de Bad Mules) |
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On se réjouit, on se congratule (j'appelle Marc pour lui annoncer la victoire de son pote et de ses amis), Jean-Philippe Breton, le patron du festival vient remettre le prix. Après les photos, les interviews, alors que les autres groupes repartent chez eux, les Spoonful, eux, se préparent à entrer dans la cour des grands : ils traversent l'hôtel de Limur pour aller reconnaître la grande scène du festival. Désolé pour vous (et pour moi) les badges pour emprunter ce chemin sont distribués au compte-gouttes, donc il me/nous reste plus qu'à attendre ce soir. |
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L'équipe des JMF range ses affaires, Hervé et Alex regroupent le gros de l'équipement au centre de la scène (car leur travail continue demain avec le tremplin Jazz amateurs).
Je profite de ces instants pour faire quelque chose que j'attends depuis deux ans : je montre à Jean-Philippe Breton les photos prises ici en 2001 (cf La Gazette N°35). Je crois que maintenant vous pouvez les voir sans que l'agent de Magic Slim vienne chercher des poux à l'équipe de Jazz à Vannes ! (cliquez sur la photo) |
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Pour le repas du soir, je retrouve dans une pizzeria la joyeuse équipe des JMF, ainsi que Cedric Le Goff (j'ai oublié de vous dire que l'organiste des Old Bluesters, des Flyin Saucers et de Scratch My Back (entre autres), enfant du pays, faisait également partie du jury). |
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L'ambiance est particulièrement chaleureuse et c'est vraiment in extremis que nous quittons le restaurant pour assister à la prestation de Spoonful devant les 1500 spectateurs emmitoufflés des gradins de Limur. Passage très court évidemment, trop court même, mais quelle fierté cela doit être pour ces jeunes ! Une vraie carrière qui commence ? On ne peut que leur souhaiter. Pour ma part je ne souhaite qu'une chose : Pierrot |
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