La Gazette de GREENWOOD
n°55 (novembre 2003)

Tome 2:
 
Tome 1
  • Buddy Guy :
    • Cd : Blues Singer
    • en Concert à Toulouse
  • Interview: Neal Black (Tournée 2003)
  • Big John Wrencher : Big John's Boogie plus
  • Jon Lord & Hoochie Coochie Men : Live At The Basement
  • Cisco Herzhaft : Ghost Cities
  • Doo The Doo, Re Zo Re: Trop c'est Trop!
  • Boney Fields & The Bone's Project : Red Wolf
  • la Rubriqu'à Blues: Carl Wyatt & Friends, Paul Lamb, Mojo Band, The Renovators, Jump 4 Joy, Slim Paddy & the Wildcats, Robin Sylar, Spoonfull, Tom Rigney, DBT, Wallace Coleman, The Nimmo Brothers
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Big Joe Louis
au Ain't Nothing But The Blues... Bar
(Londres)

date: 30 septembre 2003
de: Christophe "Tof" Godel <christophe.godel@noos.fr>
(photos de l'auteur)

Big Joe Louis (photo Christophe Godel) Big Joe Louis, découvert par bon nombre d'amateurs lors du festival de Cognac 2002, est un artiste récurrent du sympathique pub londonien Ain't Nothing But The Blues... Bar. En effet, le groupe anglais y joue plusieurs fois par mois, le week-end.

Je profitai donc d'un passage dans la City en août dernier pour aller écouter de nouveau le chanteur guitariste qui m'avait ravi en 2002.

Le pub londonien est toujours aussi attachant et aussi plein ! Avec deux amis, on se retrouve au final assis tout prêt, à droite de la scène, je dirai même presque sur les genoux du contrebassiste :) Ca ne va pas être simple pour les photos :)

Le temps d'avaler une Jambalaya locale, c'est à dire honnête mais loin de ce qu'on déguste en Louisiane, et le groupe s'installe tranquillement au fond du pub. Il me semble que c'est le même personnel qu'à Cognac, et c'est tant mieux. J'en avais gardé un bon souvenir, notamment de l'harmoniciste.

Big Joe Louis and His Blues Kings entament le concert tranquillement avec des morceaux un peu swing, un peu shuffle. La fougue est vite lâchée dés que le public, venu nombreux, embrasse la musique du groupe. L'ambiance est excellente, et le groupe explose dans un délire swing et jump à souhait, un peu rockabilly.

Big Joe Louis nous offre alors de grands moments musicaux, un jeu rythmique que je trouve décidément génial et inventif afin de laisser s'exprimer le jeu puissant de l'harmoniciste. Celui-là sait ce que ça veut dire "rentrer dedans". Il est de suite dans le vif du sujet. Il jouait peut-être un poil trop fort au dessus des autres.

Big Joe Louis était bien plus causant qu'en terre Française, n'hésitant à plaisanter entre les morceaux et à invectiver la foule à tout va. Cela rend le personnage encore plus attachant. Le groupe jouera 3 sets, alternant les compositions originales que l'on peut retrouver sur différents albums et les reprises. Il se risquera même à quelques instrumentaux recherchés et à s'approprier du Chicago Blues tel que ce Bluebird blues étonnant. Sa voix est percutante tout comme son jeu de guitare, notamment lorsqu'il s'adonne au bottleneck! Il possède une façon de jouer assez unique dans le monde bleu.

Si vous allez à Londres à l'occasion, passez-y un week-end pour écouter ce digne représentant du Blues en Angleterre, plusieurs fois récompensé d'ailleurs. Et puis, s'il ne joue pas, allez traîner dans ce bar atypique qui sent bon le blues et dont les concerts, hormis le week-end, sont gratuits.

Site du Ain't Nothing But The Blues... Bar : www.aintnothinbut.co.uk/

Autre concert chroniqué à ce bar : Marcus Malone au Ain't nothing but... blues bar ! ( LGDG n°46)

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Le Tremplin de La Traverse (Cléon)
et Sue Foley

date: 13 octobre 2003
de: Marc Loison <marc.loison@wanadoo.fr>
(photos de l'auteur)

Bon ben ça y est, on y était, on a vu, et Spoonful a vaincu! Le groupe d'Igor Pichon a donc passé haut la main (et selon le jury, y avait pas photo) l'épreuve des tirs au but à la Traverse, dimanche 12 octobre 2003... 5 groupes issus d'une sélection inter-régionale (Haute et Basse-Normandie, Picardie) au final, sur 20 candidats au départ... et 2 départements représentés seulement : le Calvados et l'Eure. Malgré un appel tardif aux groupes (fin août), la qualité fut au rendez-vous. Marc Bourreau et Michel Gaudray ont su, pour cette toute première édition du Tremplin de la salle La Traverse à Cléon (près de Rouen), faire preuve d'une organisation rôdée par les 10 ans de la salle, et donc aussi d'un professionnalisme de bon aloi. Ajoutez à cela bonne humeur et convivialité, que ce soit dans les rangs des groupes ou du jury, et vous obtenez un cocktail propre à en redemander l'an prochain! L'équipe de la Traverse propose depuis de nombreuses années un festival en novembre et quelques concerts en mars, du Blues d'excellente facture avec en 2003 par exemple Candye Kane, Lucky Peterson ou Doctor Feelgood. Blues de Traverse est l'une des deux manifestations-phares de novembre en France avec le Festival Blues sur Seine de Mantes la Jolie.

Caps & Hats (photo Marc Loison) Caps & Hat, trio Blues-rock de Caen, a eu la lourde tâche de démarrer les festivités. Malgré une sonorisation un peu approximative, la formation emmenée par Laurent a su captiver un public au départ clairsemé (nous sommes dimanche et il est 15h!), mais sensible à ces reprises sonnant très seventies. Une grosse présence de Thierry à la basse et de Patrick à la batterie surent porter le chant et le jeu de guitare incisif de Laurent, proposant 5 titres pour rentrer dans les 20 minutes imparties à chaque groupe.

La Belle Affaire (photo Marc Loison) Ce sont les 3 musiciens de la formation de l'Eure, La Belle Affaire qui leur succédèrent. Un guitariste quelque peu tétanisé par l'enjeu, Romuald, ne fut sans doute pas à la hauteur de ce qu'il doit pouvoir faire sur une six cordes; Nathalie, contrebassiste, sut porter les sons volontiers country-blues de ce sympathique combo dirigé de main de maître par un David, d'origine anglaise, adepte de l'harmo, du banjo ou du dobro. Une chanson en Français s'est intercalée au sein du répertoire anglo-saxon: un clin d'oeil aux autres groupes, s'exprimant tous en anglais...

Spoonful (photo Marc Loison) Les 4 Spoonful, de Caen, passèrent en troisième position. Un son très "américain", Igor sait chanter et possède un jeu de guitare fin et précis, une rythmique basse-batterie (Yan - Gilles) irréprochable et un Nicolas talentueux au clavier, qui n'eut guère de chance lui non plus avec la sono: on l'entendait à peine, et les 3 autres compères ont dû fortement baisser le volume pour l'entendre. Des influences manifestes du côté de Lucky Peterson ou de Carl Weathersby pour un son très moderne, lorgnant volontiers vers un blues-funk festif.

Blues Station Trio (photo Marc Loison) Venus d'Evreux, Blues Station Trio a été le plus jazzy des 5 groupes présents à la Traverse. Mêlant habilement les sonorités sautillantes de Cyrille (contrebasse), le timbre clair de la guitare électro-acoustique de Stéphane et l'harmo du leader Alain, ce sont trois musiciens ET choristes qui proposent un répertoire d'habiles reprises, dans une bonne humeur communicative. Un bon groupe de bar, un sympathique moment!

Long Distance (photo Marc Loison) Pour terminer, venus de Lisieux, les 5 de Long Distance durent affronter les affres d'une balance mal mémorisée... en grande partie au détriment du jeu de guitare, puis de la patience du leader Gino, ne s'entendant pas dans les retours dès qu'il s'agissant de passer du canal clair au canal saturé. Une gymnastique qui , outre un jeu de guitare parfois "énervé", fut en partie fatale à la qualité de leur prestation. Les deux choristes surent pourtant user de leur plastique pour séduire un public bon enfant. Le groupe ne sut pas convaincre et n'était visiblement pas dans un bon soir. A revoir dans de meilleures conditions, car Gino n'en est pas à son coup d'essai et on peut lui faire confiance!

L'exposition "les pochettes chantent le Blues" de Philippe Renault, qui garnissait le hall de la salle, légèrement remaniée depuis que je l'avais admirée à Bagneux l'an passé, permettait de s'en mettre plein les yeux... mais aussi les oreilles, grâce à ses "guitares-bidon" sur lesquelles nombre de guitaristes de tout poil purent s'exprimer en toute simplicité. La personnalité éminemment ouverte et sympathique de Philippe est l'une des clés de la réussite de son expo: sa présence apporte toujours un "plus" à un festival de Blues...

Pour une première fois, on peut dire que ce Tremplin tape dans le mille en consacrant logiquement un groupe réellement émergent. De jeunes musiciens, mais déjà une bonne connaissance de cette musique et une expérience de la scène, un talent indéniable, une cohésion surprenante pour une formation si récente (la groupe existe dans cette configuration depuis seulement deux ans), mais surtout un souci de tout donner sur scène... Les Spoonful ont su intégrer à leur répertoire toutes leurs influences pour créer des compositions réellement enthousiasmantes. Cette victoire leur permet d'assurer la première partie du Chicago Blues Festival à Cléon le 23 novembre. Longue vie à Spoonful, et rendez-vous en novembre 2004 pour un second Tremplin, avec, on l'espère, davantage de candidats... et toujours des découvertes! Après l'émergence des Hoodoomen et des Bluetones, on va pouvoir compter aussi sur Spoonful. Le Blues est bien vivant en Normandie. Qu'on se le dise!

Sue Foley (photo Marc Loison) Pour clôturer cet agréable après-midi, dès 19h, c'est le Sue Foley Quartet qui se fit entendre deux heures durant, devant un public grossi, profitant de l'aubaine: assister à la venue de cette jolie canadienne pour la modique somme de 2 euros! Tom Bona à la batterie, Mike Turenne à la basse et Graham Guest aux claviers servirent un tapis musical sur mesure à une Sue Foley fort avenante, au comportement scénique ouvert et souriant, cependant sans ostentation racoleuse. Elle est avant tout là pour servir son amour de la guitare, et même si elle n'est pas à considérer comme une guitar-hero, j'avoue avoir beaucoup apprécié son jeu délié, le couple Télécaster-Twin lui collant aussi bien qu'un t-shirt sous la douche...

Une voix haut perchée me rappelant parfois - les effets de volume en moins - la belle Lou Ann Barton. La beauté de Sue Foley est un atout, mais elle n'en joue pas outrageusement: simple et souriante, souvent concentrée sur son jeu de guitare, elle vint parfois au devant de la scène faire partager ses notes coupantes aux bends calculés à un public visiblement conquis. D'un coup de talon, elle imprime à la rythmique breaks ou moments de nuances, propices à de superbes envolées de guitare. L'ambiance de certains titres, sonnant volontiers Texan, était parfois palpable comme peut l'être une pâte faite pour les gâteaux les plus exquis: les ingrédients sont de choix - tous les musiciens connaissent bien sûr parfaitement leur affaire , et leur jeune leader sait homogénéiser une sauce qui prend sans effort.

Stupid girl des Stones, joué en rappel, fut dédié par Sue à Marc Bourreau. Un clin d'œil fort apprécié, qui précéda une séance de dédicaces d'albums, pour le plus grand plaisir des amateurs restés s'humecter le gosier dans le hall. Sue Foley produit un show de toute beauté, ne laissant nulle place à l'ennui. Allez la voir dès que vous le pouvez!

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Big George Jackson
sa discographie et ...
son concert au Spirit
un événement exceptionnel !!!

date: 31 octobre 2003
de: Didier Dirix <dirix.d@skynet.be>
(photos Maurice Wagener)

On attendait cela depuis un certain mercredi 28 mars 2001 date du premier passage à Verviers du grand George. Chose extraordinaire, Big George Jackson revient ce 9 octobre 2003, la même semaine que les Pretty Things, comme en 2001 (amusant, non ?).

Big George Jackson (photo Maurice Wagener) Ah ! ce Big George, quelle pièce d'homme. Pas loin des deux mètres quinze, chaussant du 49 et disposant d'une voix à nous faire tomber raide de bonheur. Les critiques musicaux de Chicago le classent dans la catégorie des barytons, c'est tout dire… (" a distinctive rich bass voice "). Il utilise l'harmonica dans la plus pure tradition de Sonny Boy Williamson, avec une attaque chromatique époustouflante, ce qu'on appelle en jargon de connaisseurs le no-nonsense harmonica.

Quel merveilleux petit engin dans les mains d'un géant qui souffle avec une vigueur étourdissante mais jamais lassante, il faut le souligner. Notre Big Man s'est fabriqué un système micro très perfectionné qui rend à cet instrument toute la noblesse et la chaleur qu'il mérite. Il utilise aussi bien l'octave, le marine-band ou le chromatique avec une certaine prédilection pour ce dernier...

Né natif (comme on dit) de la banlieue nord de Minneapolis, ville blanche par excellence, il sera plutôt tenté par l'aventure pourpre et la couleur du blues. Mais avant cela, il a fallu bosser et pendant vingt-six ans, au moins, notre brave George a servi les intérêts de Minnesgasco, la compagnie de gaz locale, ce qui ne l'empêchera pas, la nuit, de pratiquer le blues de Chicago que son père écoutait quand il était petit (lui, George, of course). Cela dit, je me demande s'il a vraiment jamais été petit... En tout cas, quand on l'a devant soi, on parle à son torse, hein... !

Bien qu'âgé aujourd'hui de cinquante-quatre ans (1949), il est venu assez tard à la réalisation de disques (faut dire qu'il a élevé six enfants, quand même). Tous ses albums connus sont de petites merveilles alternant tradition, noblesse et originalité avec, ce qui les rend attachants, cet accent de modernité acoustique irréprochable.

Il faut souligner que l'ami George reprend non seulement les standards boogie-blues en y mêlant ses propres compositions dont on pourrait croire qu'elles sont des covers, tant elles s'inscrivent dans la lignée des anciens. Voilà bien l'art de l'orfèvre que de sculpter avec ses propres mains, en recréant leur mystère, des joyaux intemporels.

En 1996, paraît Nothing like the rest qui passe pour être son premier album grand public.

C'est un peu le brouillon de ce que deviendront ses chansons dans Beggin' ain't for me (1998) qui contient, entre autre, le standard Shake your moneymaker (popularisé par Elmore James). Le titre maître Beggin' ain't for me et Rubbish Truck sont exceptionnels, dans la plus pure tradition d'un Big Bill Broonzy ou d'un autre Big... Joe Williams, ça sent le Chicago style " with a perfumed dash of west coast ". Ce merveilleux album distribué par Black and Tan pour l'Europe contient deux autres merveilles : I'm a big man autobiographique et généreux et l'immense reprise de Hound Dog Taylor Kitchen Sink Boogie magistralement reliftée par ce diable de Big George Jackson et ses deux guitaristes lumineux (on va en reparler de ces deux lascars ...). Un clin d'œil admirable au Be-Bop Ooh Wee Baby m'a fait définitivement craquer pour le so(u)rcier du polished-rocky-blues. J'oublie Fee Fo Fam hommage énorme à John Lee Hooker… On dit d'ailleurs de Big George qu'il pratique volontiers le " Hook's trademark one-chord melodic riff " et ça s'entend !

Big George Jackson (photo Maurice Wagener) Album suivant… entreeez ! Big Shot (2001) quel beau nom pour un album ! Surtout qu'il contient St-Paul Woman qui vaut toutes les explications du monde sur le " real Jackson's style " caractérisé par une amplitude vocale majeure chaude et profonde, à la fois ronde dans les formes, carrée dans les rythmes et mise en évidence par un combo généreux. La paire des guitaristes Jeremy Johnson et Phil Schmid vaut de l'or. Au démarrage, ça paraît classique et normal, c'est joli, on aime bien et naninanère... mais après une heure de show, on a envie de se mettre à genoux pour saluer le talent des mecs. Immense respect, on est en présence de deux grands instrumentistes. Issu de R.J. Mischo, Jeremy Johnson nous a gratifiés de quelques pages d'anthologie fabuleuses, en prenant généralement appui sur un travail de fond solide réalisé par son compère Phil Schmid (ex-Lynwood Slim) qui ne sera pas non plus avare de sorties de leads du plus bel effet.

J'ai vu jaillir du manche de Jeremy Johnson une aurore boréale de riffs pure classe, travaillés comme des entrelacs de dorure en fine paillettes diamantées (mais où vais-je chercher tout cela !?) Bien sûr, il y eut des moments où ça crachait méchamment le feu mais toujours en crescendo délicieux et presque magique. En support, la saveur des inspirations raffinées de Phil Schmid, parsemées de-ci, de-là de nervures appuyées, me donnait l'impression que si le paradis existait, cela devait être entre deux solos de guitares et nulle part ailleurs…

Je dois, encore, à ce moment de l'exposé, faire une autre mise au point à propos de la SONO ! Quelle bonne et belle sono menée de main de maître par le Paganini du curseur, Francis Géron ! C'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes non ? Ho Francis, j'ai pas dit que ta sono étais vieille, (pas frapper, pas frapper !) j'ai dit qu'elle avait du goût, voilà !… Aujourd'hui, au moins, elle était en de bonnes mains... Ce n'est pas comme lundi pour Nazareth... Reprenez avec moi tous en chœur : la sono à Géron, c'est tout bon, bon bon !!! Surtout quand il est là, là là !

Retour à Big George Jackson !

Assistance très appréciable pour ce genre de concert... Peut-être un peu plus éclectique que de coutume mais manifestement, les gens sont là en connaissance de cause. La dernière apparition du Grand George en Belgique remonte, en fait, à juillet 2002 (Festival de Peer). Il y rencontra un certain succès d'estime. Aujourd'hui, un nouvel album Southern In My Soul (2003) est évidemment le prétexte idéal pour repasser par ici...

Il en donnera d'ailleurs quatre extraits adorables, dont le titre éponyme comme deuxième rappel.

Sous réserve de mémoire, les cinq premiers titres du concert appartiennent, eux, au grand répertoire du blues universel et permettent de mettre en évidence une voix sublime, proche de la perfection, dans ce registre-là. Tramp without a home , Baby Sister , Boogie Woogie Woman et Hush Hush et Healthy Woman installent avec intelligence et émotion, une atmosphère merveilleuse. T'es dans le cosmos, en état d'apesanteur, tout est doux, chaud et lent, les minutes ressemblent à des heures de bonheur qui n'en finissent pas, tu sais même plus si t'as des bras et des jambes mais tu sens le beat monter en toi, te traverser littéralement et se répandre dans l'air, t'es plus un corps, t'es plus un être, tu transcendes l'espace et le temps !!! Y'a plus de mesures, plus de distances, plus de misères, plus de lourdeurs, rien que le son et les vibrations de la musique qui te traversent et te transposent en t'exhalant comme une respiration géante vers l'infini … Pure extase, pure et formidable synthèse de l'âge d'or du blues. Merci, Monsieur Jackson !

Love so strong donne le ton du nouvel album en précédant une nouvelle série de pépites traditionnelles : Let's go to town , Sugar mama , I am ready et Back Scratcher .

J'ai mis un certain temps à reconnaître les visages des musiciens et noté instantanément le doigté des guitaristes. Je n'en dirai pas autant du batteur qui me semble un peu dans la lune ainsi que du bassiste plutôt "fonctionnaire". Heureusement pour nous, quand même, ce n'est qu'un air qu'ils se donnent...

Quant au jeu des guitares, pour artisanal qu'il fut au départ, il s'est progressivement mué en performance académique. J'imagine qu'il faille un certain temps de " chauffe " pour maîtriser les effets mais à ce point-là, j'en suis encore impressionné et même un rien perplexe. On a eu droit, tout simplement, à deux concerts correspondant approximativement aux deux mi-temps. En fait, on est passé d'excellent à sublime. C'est cela que je veux dire.

Il y a sans doute un effet d'osmose qui naît progressivement et même magiquement de la mise en place et qui, selon le choix des morceaux, a tendance à amplifier par effet d'entraînement. Une bonne part des passages de leads sont probablement aussi le fruit d'une improvisation de bon aloi mais je pense vraiment qu'au fur et à mesure de l'avancement du show, la confiance s'est installée entre les musiciens et le public (le meilleur public du monde, je le répète) pour déboucher sur ce florilège de tout grands moments musicaux. C'est bien cela la magie du Spirit of 66 !!!

Big George Jackson (photo Maurice Wagener) Amtrak et Blue Sky , extraits de l'album 2003, ont agrémenté la deuxième partie de leur tempo très éloignés. Le beat saccadé de l'un ravissant autant les spectateurs que le magnifique son blues de l'autre. Un autre détail ne trompe pas à propos de la réussite de ce concert. Big George Jackson qui passe pour quelqu'un de réservé voire de timide, s'est répandu ce soir en commentaires, confidences et bons mots tout au long de ce second set. Le thème récurrent du bien et du mal évoqué de manière finement ironique lui servant de fil conducteur.

Looking to steal somebody, extrait de l'album 98, a mis le feu aux rideaux par son beat très marqué, précédant le bien nommé You got to move et le sublime Hard Hearted Woman, extrait de l'album 2001 que tout amateur de blues qui se respecte se doit de posséder. Je pense que ce titre a été composé par Big (encore un) Walter Horton. La version qu'en donne BGJ est proche de la perfection et la voix du gaillard est irrésistible dans ce registre totalement blues. Il se réapproprie ce chef-d'œuvre avec élégance, de manière presque " soul " pour en reconstruire un autre qui passera à la postérité, c'est sûr. On a vécu là assurément le sommet du concert !

Nous avons eu droit à trois rappels énormes : Good morning little schoolgirl (Sonny Boy Williamson), Southern in my soul (dernier CD) et Take care (of yourself everyday) dans l'ambiance survoltée que l'on devine pour achever un concert fantastique. Un vrai must dans la gamme des grands concerts du Spirit.

Pour ceux que cela intéresse, voici les références des trois derniers CDs de Big George Jackson, tous parus chez Black and Tan :
003 Beggin' Ain't For Me
009 Big Shot
016 Southern In My Soul

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Big George Jackson et Mick Taylor
- Chez Paulette - 11/10/03

date: 13 octobre 2003
de: Ed "metablues"Lombard <edouard.lombard@gazdefrance.com>

Le Nancy Jazz Pulsations continue sa politique de délocalisation et nous proposait en partenariat avec Prodige Music, chez La Paulette, une affiche mi-figue, mi-raisin. L'enthousiasme venait de la venue de Big George Jackson dans nos contrées ; quant à Mick Taylor, il laissait sceptique...

Dans une salle copieusement remplie (l'effet Stones), retrouvaille avec David, animateur de "Route 66", venu spécialement de Colmar pour Gros George. Où quand Radio Quiche (c'est nous) retrouve Radio Choucroute (c'est lui), ça parle de forcément de...? de... ? Fesses? Mais non ! De Blues, évidemment!

Big George Jackson arrive, massif, se plante devant le micro et balance immédiatement la sauce. Blues brut de décoffrage, forgé au cœur même du Chicago Sound. Avec lui, pas d'artifices, ni d'effets de manche racoleurs. Pas de concessions, pas de quartiers! Droit au but, tout dans l'efficacité au chant ou à l'harmonica.

Chant véhément et solos d'harmonica percutants. Big George Jackson en impose autant par sa prestation parfaite que par son physique. Que dire de son groupe? A l'unisson tout simplement, emmené par un Jeremy Johnson étincelant à la guitare. Le second guitariste (sorry, j'ai oublié le nom) est également merveilleux. La section rythmique est dynamique, juste, assurant un tempo d'enfer, sans jamais tomber dans le lourdingue; c'est dire l'exploit.

Bref , 1h15 d'un Blues du meilleur aloi et des plus solides entendus ces derniers temps. (Le lendemain, toujours dans le cadre du NJP, Big George se produisait sous le chapiteau de la Pépinière de Nancy. Concert gratuit, la foule venue en masse a pu apprécier son Blues sans fioritures. Décidément, Big George, c'est du costaud. Trés costaud!)

Si notre pub-rock préféré, chez Paulette, était bondé, c'était uniquement du fait de la venue de Mick Taylor. Ce dernier renâcle à parler de son illustre passé stonien mais il n'hésite pas à baptiser sa tournée "A Stone Throw". Paradoxal, non? Les fans de la première heure sont là : je n'avais jamais vu un perfecto clouté "Mick Taylor". Maintenant, c'est fait! Parlons du show maintenant....

A la guitare, rien à dire : l'ex-Bluesbreaker maîtrise son sujet, c'est une évidence. A l'aise en slide et rompu avec toutes les techniques. Au chant, c'est déjà moins facile. Mick n'a pas un grand timbre de voix, ni un charisme scénique débordant. Mais il s'en tire avec la moyenne. Son groupe (clavier, basse, batterie) est correct et on sent l'aisance technique chez chacun.

Le répertoire est classique : du Mick Taylor (Leather Jacket...), du Stones (You Gotta Move...) et quelques reprises.

Mais c'est surtout au niveau du style et de l'interprétation que ça coince... Rien n'est désagréable à l'oreille mais tout sent le réchauffé et le groupe sonne malheureusement comme un orchestre de balloche du 14 juillet... Surtout après la prestation irréprochable de Big George Jackson. Sentiment partagé car une bonne partie du public se dirige vers le bar ou quitte carrément la salle après quelques morceaux. Dur pour notre bon gars Mick.

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Otis Taylor
au Spirit
(27 octobre 2003)

date: 31 octobre 2003
de: Didier Dirix <dirix.d@skynet.be>

Je connaissais tellement peu ce gaillard que je croyais même qu'il était blanc... C'est dire !

Apparemment, notre bonhomme dispose, dans un certain microcosme culturel, d'une aura incontestable et sa présence à Verviers n'est pas passée inaperçue. (Toute l'antenne liégeoise de la Médiathèque s'était donné rendez-vous pour ce concert, c'est un signe qui ne trompe pas).

Pour l'anecdote, Francis me confiait que le père d'Otis Taylor a toujours souhaité que son fils accomplisse des études mais en rejeton indigne, ce dernier préféra pratiquer l'école buissonnière et assouvir sa passion pour les brocantes et les antiquités. (Il a même acheté et vendu des Rolls Royce). Les chemins de traverse lui permirent, un jour, d'acquérir une superbe villa dans le Colorado où il s'empressa, bien entendu, d'inviter le paternel pour lui montrer sa réussite. Ce dernier ne trouva qu'une chose à dire : " Le jardin est beau " !!!

Plus sérieusement, l'ami Otis ajoute résolument son prénom à la déjà si longue lignée d'homonymes brillants comme Hound Dog, Koko, Jude, Johnnie, Ted, Eddie ou Arthur et même Little Johnny pour être complet...

Déjà présent sur le circuit au milieu des sixties (il fit quelques " bœufs " avec Jimi Hendrix à L.A.), après un séjour important en 1969 à Londres, il cessa toute activité à partir de 1977 et ce, durant de longues années, avant de réapparaître grâce à la complicité de Kenny Passarelli, bassiste visionnaire, qui l'incita à graver un album en 1995.

Ses énormes mérites et cinq opus consécutifs irréprochables lui firent obtenir un W.C. Handy Award du meilleur nouvel artiste, en 2002.

Voici ce qu'en pense Barry Cleveland : "Au-delà des thèmes habituels (meurtres, infidélité, dépression), Otis Taylor élargit le champ de ses lyrics à des sujets comme le racisme et la répression, chose plutôt rare dans le monde bleu. Sa sincérité et sa conviction en la matière ne peuvent être prises en défaut. La relation du lynchage de son grand-père permet d'en mesurer l'opportunité et la vraisemblance."

Cette approche franchement atypique se double d'une atmosphère plutôt inhabituelle (eu égard aux " canons " du blues). C'est en effet toute la profondeur de l'inconscient musical collectif américain qui y affleure : la plainte profonde des hommes au travail dans les plantations, les tonalités gutturales des Appalaches et les rythmes du Delta, la stridence de l'électrification urbaine du Chicago de l'après-guerre et les solides tonalités groove et rock de Detroit ou de Memphis... Ajoutées à cela, les bases d'un style très soixante-huitard à l'instar d'Hendrix ou de Clapton et certaines lignes psychédéliques san franciscaines mélangées à du hip hop ou à des inflexions électroniques voilà qui produit une puissance d'évocation assez impressionnante, à la fois novatrice et obsédante.

Accompagné depuis sept ans par le formidable guitariste Eddie Turner, il est également flanqué, pour le trip européen 2003, de Charles Mack à la basse Yamaha six cordes.

Son dernier album Truth Is Not Fiction (2003) s'est tellement bien vendu qu'il est déjà épuisé en Europe... On y retrouve la griffe originale de Passarelli et de superbes textures éthérées d'Eddie Turner.

Sa fille, Cassie, lui donne également la réplique dans les chœurs de ce dernier disque particulièrement prenant et hypnotique.

J'avoue qu'avant de rédiger ce papier, j'ai beaucoup hésité, partagé entre l'admiration instinctive d'un personnage vraiment original et une certaine perplexité.

En effet, je me demande toujours pourquoi Otis Taylor se produit sans batterie. Certes, il s'en est expliqué artistiquement et je considère ce choix comme éminemment respectable mais j'ai quand même du mal à comprendre...

Qu'on ne se méprenne pas sur mes propos, le one man show dépouillé me fait toujours intensément craquer (je pense, entre autres à Terry Garland ou à l'impayable Mike Estes), ce n'est donc pas le minimalisme en soi qui me dérange. Mais tant qu'à faire, puisqu'on est dans l'habillage tout électrique, pourquoi snober les drums ?

J'imagine qu'il s'agit de créer des atmosphères illimitées au niveau de l'affect primal et d'accroître l'intensité de certains reliefs sonores .... ce que je peux admettre. D'autant que les sublimes sorties de lead d'Eddie Turner et les percussions de basse terriblement colorées et irréprochables de l'ami Mack sont un véritable show dans le show, dérivatif idéal à l'absence de drums...

Cela étant, l'entame du concert permit de mesurer instantanément la force artistique d'Otis Taylor. Sa voix haut-perchée et ses inflexions vocales profondes rappellent inévitablement le chant grave des âmes perdues dans la souffrance et les transes tribales des êtres meurtris par l'injustice et les humiliations... Il y a de la noblesse dans l'air et les silences impressionnants qu'il ménage si bien sont les supports bienvenus d'une expression étonnante et belle...

Les deux premiers titres, tout empreints de lignes mélodiques obsédantes, font passer le spectateur du timbre le plus académique aux sonorités magistrales des guitares enflammées. Je note pourtant le dépouillement des accords d'Otis Taylor qui contraste évidemment avec le toucher plus ferme des deux autres musiciens. A ce sujet, Charles Mack m'a beaucoup plu. Il a progressivement adapté son style aux états d'âme d'Otis Taylor, de manière subtile et très feutrée en caressant génialement les cordes.

Une cover de Hey Joe s'apprécie forcément toujours d'autant que la version proposée par O.T. s'éloigne résolument des clichés qu'une chanson pareille peut générer. Il y a de la pureté dans cette reprise aussi dépouillée que le Baby please don't go qui suivit. On retrouve d'ailleurs cette dernière dans la même structure exactement sur l'album Truth is not fiction.

Vint alors l'entrée en scène d'un instrument étonnant. En fait, une mini guitare, sorte de mandoline électrique à quatre cordes dont Otis Taylor se sert régulièrement. Ce curieux appareil apporte évidemment à l'ensemble une certaine coloration et une fraîcheur de ton intéressante, assez proche du banjo, somme toute.

Le son très hawaïen de l'engin sert d'assise dans les deux chansons qui suivent à une rythmique reggae chaloupée du plus bel effet. Comme me le fait remarquer André Sironval, c'est très Taj Mahal tout cela. Le thème du retour et la vie de ghetto sont abondamment soulignés par O.T.

Une incantation a capella suit ce passage admirable. C'est un véritable cri à la mémoire de tous ceux qui ont ployé sous l'oppression et c'est aussi un formidable signe d'espoir...

L'univers d'Otis Taylor est vraiment très particulier et ses incursions répétées dans le champ mystique, sans être bondieusardes, ont une puissance évocatrice inhabituelle. On est dans l'âme du blues et aussi dans la révolte païenne. Les guitares tracent des lignes de feu immenses. La musique est grande et belle !

Je note le gimmick de Greensleaves en passant, clin d'œil ou signature amusée qui rassure... et le superbe solo de basse qui conclut le premier set.

A la pause, j'ai eu l'occasion de deviser gentiment avec Charles Mack, personnage d'une simplicité, d'une gentillesse et d'une disponibilité touchantes. Ce garçon, multi-instrumentiste autodidacte (piano, tuba, trombone), qui accompagne régulièrement Lucky Peterson, a rallié la tournée pratiquement au pied levé. Il fournit un travail énorme dans ce trio, quasiment en impro permanente et se débrouille finalement très bien quand on sait qu'aucune répétition n'a pu précéder son arrivée.

La reprise nous transporte à nouveau dans un univers de guitares hypnotiques et de riffs de banjo rugueux. Eddie Turner accomplit un travail impressionnant. Il calibre admirablement ses interventions dans un environnement à la fois dépouillé et compliqué. Ses sorties lumineuses laissent percevoir une dextérité sans faille et les intrusions opportunes de ses soli me ravissent. Il faut pouvoir entrer dans ce trip plutôt oppressant pour y mettre de la clarté. J'aime assez...

Tout cela est très chaud et très dense. Parfois les accélérations rythmiques laissent pantois. La basse est forte et devient progressivement omniprésente. Au milieu de ce cortège d'inflexions très impressionnistes finalement, Otis Taylor ménage un moment de grandeur, seul à l'harmonica, assis au bord de la scène, en prélude à une chanson martelée énorme que j'appellerais Mockinbird (avec prudence). Il donne alors le signal d'une folle cavalcade de rythmes et d'appels au public qui vont déboucher sur un Be my Frankestein (dernier CD) fantastique. Il a beau dire qu'il chante calmement tout en bouillant de l'intérieur, ici les rythmes syncopés et les transes qui en émanent donnent dans le solide, le brutal et le carré. Mais cela n'est pas pour me déplaire.

Les rappels seront à la mesure du show, impressionnants, démesurés ! Ce type de percussions appartient immanquablement à l'Afrique, ces rythmes traversés par le riff " one chord " lancinant, omniprésent, caractéristique majeure d'un blues primal, résonnent encore en vous quelques jours plus tard...

Etonnant concert, en vérité, qui élargit manifestement la vision qu'on peut avoir d'un genre musical pourtant déjà tellement revisité. Il faut bien reconnaître, encore une fois, que Francis Géron a fait fort (et surtout fort bien fait) de nous proposer un set de ce calibre : INOUBLIABLE !!!

Otis Taylor dans la Gazette de Greenwood:
interview: Otis Taylor, Acoustic Nu Bluz ? (LGDG n°49)
festival Boose Brothers de Wuustwezel: Otis Taylor blues experience it's very great !!! (LGDG n°43)
CD: Respect The Dead - Otis Taylor (LGDG n°43)

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Rubrique What that Smells Like Fish ?
(ou: "Vol de Poisson Pourri le Soir à Greenwood")

ce mois-ci:
Big Joe Williams : Techno Blues

Cette rubrique est sponsorisée par Document Records:


Document Records a diffusé cette photo avec le commentaire suivant:
what that smells like fish
Document Staff listening to play back of re-mastered Blind Boy Fuller recording What's That Smells Like Fish?


Nos plus érudits bluesicologues pensent plutôt qu'il s'agit de la préparation à une bataille de poissons pourris dans la grande rue de Greenwood!
(on reconnaît la Schroumpfette à droite, Lotte bien équipé au centre, et G toujours impeccable à gauche)

Un des fameux débats spontanés et incontrôlables qui animent la mailing list LGDG avait ce mois-ci pour sujet " Blues et Techno "… Inutile de vous dire que ça a chauffé et que les poissons pourris ont volé bas !

Mais quand un Greenwoodien (ma foi pondéré et poli) a écrit :

[…]
Je ne dis pas que tout est bien et valable, mais la démarche qui consiste à dire "après Big Joe Williams il n'y a plus rien" me paraît dangereuse pour la vie d'un genre...
[…]

Il eut droit à cette volée de bois vert (normal à Greenwood) de la part d'un amateur de blues dont nous tairons le nom par mesure évidente de sécurité :

[…]
Tu rigoles ou tu provoques?
Big Joe c'est déjà la décadence intégrale, un fumiste de St Louis qui se faisait passer pour un musicien du Delta, un type qui jouait amplifié pour la plus grande douleur de nos oreilles et se traînait de festival en festival, incapable de dépasser la durée d'une face de 45 tours simple! Tout juste bon à alimenter les juke-boxes pour les yéyés qui ne savent pas écouter la musique sans taper du bout du pied!
De plus, le guitariste le plus bordélique que je connaisse, jamais réussi à cadrer le moindre morceau en dehors de quelques sessions stéréotypées pour Bluebird en 1941 et de ses lamentables prestations d'après-guerre soutenues par les efforts désespérés du batteur Judge Riley...
Non, vraiment, un type qui a commencé à enregistrer en 1935 a intérêt à être un peu plus rigoureux et inspiré pour trouver grâce à mes yeux, dès le début de sa pauvre carrière "Poor" Joe Williams n'a jamais rien su faire d'autre que noyer son incompétence sous des flots de notes brouillonnes, tentant de mettre en valeur son filet de voix acide par des aboiements grossiers, sans commune mesure avec la subtilité, la richesse du timbre et la puissance inégalable des authentiques chanteurs de Blues, qui ont malheureusement été contraints de capituler devant les assauts sournois du "blues" moderne et commercial à partir de 1932! ;)

Ça aurait dû provoquer le vol plané de tout un banc de harengs blets, le tir groupé de sardines de seconde main, ou une volée de maquereaux marinés au soleil… mais il n'en fut rien !!! Car c'est une blague, it's a joke !!! La preuve : observez le smiley en fin de texte ;)

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