La Gazette de GREENWOOD
n°57 (février 2004)

Tome 2:
 
Tome 1
  • E-interview: Roger Mason, le Retour: "ça c'est le Blues Français"
  • Franck Goldwasser : BluJu
  • Triple Trouble : Wanted $10,000.00
  • Dans la série "The Blues":
    • The Soul of a Man: Qu'est-ce qu'il lui arrive, à JB? Ah oui, je sais: maintenant, je le vois!
    • Blues Qui Roule accueille Wim Wenders à Nantes
    • Blues Qui Roule et le Katorza présentent The Soul of a Man: Film + Concert + Débat!
  • Humeur Bleue :Pub'n'Blues
  • Photo Bleue en Noirs & Blancs : Diane Reeves
  • la Rubriqu'à Blues: Mike Sanchez, New Chump Change, Rolf Lott, Kirk "Eli" Fletcher, James Harman, Modern Downhome Blues Sessions Vol 2
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Tome 3
  • Lucerne 2003 : the blues is back in the house !
  • L'AMERICAN FOLK BLUES FESTIVAL - Seconde Partie (1965-68) -
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e-interview:

Cisco Herzhaft
Le D'Artagnan du Blues!

date: 24 décembre 2003
de: Stagg'O'Lee <stagolee@club-internet.fr>

Cisco Herzhaft (photo Jocelyn Richez) LGDG : On sait que vous écoutez du blues, avec votre frère Gérard, depuis votre enfance, mais à quel âge avez-vous commencé à jouer de la guitare ?

Cisco Herzhaft : A 17 ans et demi, c'était sur un banjo 6 cordes.

LGDG : Quelles ont été vos premières influences ? Avez-vous un " maître " ? Quelle a été votre évolution musicale ?

CH : Mes toutes premières influences furent des folksingers, Woody Guthrie, Cisco Houston, Doc Watson ; je suis venu au blues grace à Lightnin' Hopkins. Mais mon jeu a été déterminé par ma rencontre avec John James, un guitar ragtimer gallois que j'ai rencontré dans un pub, à Lampeter, et qui m'a expliqué le fingerstyle.

LGDG : Avez-vous des styles de blues que vous appréciez plus particulièrement ?

CH : Oui, bien sûr : tout ce qui est folk blues ; et en particulier McDowell, Hooker, Son House, et les ragtimers qui ont véritablement créé le finger picking.

LGDG : Vous nous avez raconté (LGDG n°33) que vous avez eu la chance (et l'honneur !) d'accompagner John Lee Hooker lors d'une tournée en France, dans les années 70. Comment cela s'est?il passé ? Quelle expérience en avez?vous tiré ?

CH : J'avais enregistré un vinyle avec les Haricots Rouges et ils m'ont invité à venir au festival de jazz d'Andernos où ils jouaient. Leur première partie était assurée par…. John Lee Hooker, qui jouait en duo avec S.P. Leary à la batterie. Je l'avais déjà vu, mais là, j'ai pu le côtoyer… Il m'a invité à le suivre sur le reste de sa tournée et à jouer avec lui sur quelques morceaux pendant onze concerts. Pour moi qui étais tout jeune, c'était mon apogée, et je n'ai plus eu envie de jouer avec n'importe qui et n'importe quoi après ça. Donc, j'ai arrêté de me produire pendant 15 ans environ, et je n'ai rejoué du blues que 20 ans après, comme d'Artagnan.

Cisco Herzhaft et Hot Chickens (photo Jocelyn Richez) LGDG : Depuis combien de temps êtes-vous musicien professionnel ?

CH : Avant John Lee, j'avais fait ça pendant trois ans, et aujourd'hui, ça fait dix ans que je m'y suis remis, depuis la sortie de notre premier CD Herzhaft blues.

LGDG : Pourquoi ce choix de la guitare acoustique ? N'avez?vous jamais été tenté par un groupe " électrique " ?

CH : Non, je n'aime pas la guitare électrique, je n'y sens aucune vibration, et… je ne sais pas en jouer.

LGDG : Pouvez-vous nous parler des musiciens qui vous entourent sur votre dernier CD ? Jouez-vous souvent ensemble ?

CH : Oui, une trentaine de dates par an en moyenne, plus les enregistrements, bien sûr. Bernard est un vieil ami, on se connaît depuis vingt ans, on avait joué et enregistré ensemble avec une chanteuse folk, Marie Courcelle, pour qui j'avais arrangé le vieux folklore français, et grâce à qui je me suis remis au travail musical. Patrick m'a rejoint sur une jam en 94, et depuis, c'est mon seul batteur. Et David est mon neveu, je le connais depuis plus longtemps !

LGDG : En concert, vous jouez soit en quartet, soit en duo, soit en solo. Avez-vous une formule préférée ? De quoi cela dépend-il ?

CH : Ça dépend des cachets…. Mais j'aime toutes les formules, ce n'est jamais le même feeling.

LGDG : Quels disques écoutez?vous ?

CH : Du blues, de la country old time, du folk de divers horizons… Là, je suis en train d'écouter le révérend Pearly Brown, un cd de chez Arhoolie, très folk et roots.

LGDG : Connaissez-vous des musiciens ou groupes de blues français ?

CH : Plein. A force de tourner partout, on se rencontre ; on s'échange nos cd ; je dois en avoir une trentaine, là dedans, j'ai quelques relations plus étroites, les frères Honeymen, Philippe Ménard, Dominique Floch et Paint It Blue et d'autres qui me pardonneront de ne pas les citer.

LGDG : Parlez-nous un peu de votre " Marseillaise " ragtime Vous m'avez dit un jour, qu'elle avait remporté un grand succès au Canada ! Est?ce aussi le casen France ?

CH : En fait, c'est de l'entraînement picking qui fait que je joue toutes sortes d'airs, n'importe quoi. C'est comme ça que j'ai travaillé la Marseillaise en do. Ce qui m'a sidéré, c'est que tous les Québécois connaissent la Marseillaise. Et si ça remporte toujours un succès là-bas (j'y joue très régulièrement, j'y ai passé trois années de manière espacée en 15 ans), c'est que c'est un clin d'œil, car ils n'aiment pas les Français pompeux et donneurs de leçons. C'est une forme de dérision.

LGDG : Merci d'avoir répondu à ces questions qui nous éclairent un peu plus sur vous-même et votre musique, à découvrir dans votre CD Ghost Cities (LGDG n°55)!

Propos recueillis par e-mail par Olivier de Lataillade, décembre 2003

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Zora Young
au James Café

date:
de:

Zora YOUNG
et Fred BROUSSE Régulièrement, le James Café, situé dans la banlieue sud de Lyon, organise des "soirées exceptionnelles". L'exception est due au fait que ces soirs-là offrent au programme des personnalités du blues ou du blues-rock de haute réputation et ont lieu en semaine.
 
En ce mardi 18 novembre, le blues était à l'honneur avec la renommée Zora Young accompagnée d'un groupe français non moins renommé localement, Brown Sugar (mais sans Sandra MENDENGUE même si elle était dans la salle), dont le leader est Fred Brousse. Quatre jours après son arrivée de Chicago, Zora faisait salle comble au James Café.
Le premier set a débuté avec un instrumental puis un titre ("Tu m'as dit Non...") du dernier CD de Fred "Fred Blues". Plus tard, en début du second set, il jouera "Hip Zip Bip blues" tiré du même album.
Suivit l'annonce de Zora Young afin de lancer définitivement la soirée. Dès sa présence sur scène, on sentit qu'il se passait quelque chose: une des plus grandes voix vivantes de Chicago se produit devant nous, devant une petite centaine de personnes. Les titres s'enchaînent, mettant en valeur sa voix forte et puissante.
Elle nous renvoie vers un Chicago blues historique, authentique. On se sent projeté vers la Cité des vents, on croit un instant y être. Même sur des titres ressassés tels que "Rock Me Baby", elle apporte une vigueur rafraîchissante. Et ce n'est pas pour jouer ironiquement avec les mots car l'ambiance était chaude, moite, enfumée, sensations inconfortables nous plongeant un peu plus dans l'image du pub blues.
Autour de Zora, les musiciens de Brown Sugar veulent être à la hauteur et réalisent des prouesses. Tout d'abord la rythmique avec la batterie claquante de Cédric SAN JUAN, plus subtil sur les titres blues que sur les titres de Fred. Et puis la basse posée, imperturbable, de Luc Blackstone. Aux claviers, c'est Kouki Portellano; il a laissé une bonne dose de jazz au vestiaire et s'est mis au blues.
Mais surtout il y a Fred, Fred qui a été flamboyant. Cela faisait plaisir à voir un musicien autant talentueux et si plein d'enthousiasme. Ce soir-là, il s'est vraiment donné. Sans doute l'envie de faire ses preuves face à Zora y était pour quelque chose, et il a eu bien raison car Fred a la carrure pour seconder les plus grands, il nous l'a montré. Voilà trois années que j'assiste à des concerts de Fred ou où il participe. J'ai certes constaté une évolution dans son jeu et dans son assurance sur scène. Mais là, ce fut grandiose !
Parmi les petits plus de ce concert, Sandra Mendengue, la chanteuse de la formation Brown Sugar est intervenue en tant que choriste sur quelques titres.
Fatiguée par la route de ces derniers jours, Zora a laissé Fred faire le rappel à l'harmonica.
A voir les personnalités régionales du microcosme blues composant l'assistance, il était évident que l'évènement fut de taille. A voir l'engouement et le plaisir du public, il était évident que l'évènement fut particulièrement apprécié.
 
L'album "Fred Blues" est disponible sur AB-CDshop.

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AWEK
au Canotier Jazz Café (Nantes)

date: 15 janvier 2004
de: Aurélie Roquet <aurelie.roquet@tiscali.fr>

Depuis un an que je suis membre de Blues Qui Roule (déjà !!), je n'avais pas encore eu l'occasion de rencontrer et d'écouter le groupe Awek. C'est désormais chose faite, et croyez-moi, je ne le regrette vraiment pas !! Bon, j'avoue, a priori je ne suis pas fan des accents blues-rock. Je suis donc allée au Canotier, le 19 décembre dernier, plus pour faire connaissance avec d'autres membres de BQR que pour écouter et apprécier le concert (et puis, il fallait que je donne ma cotis' à notre Président vénéré !!). Comme je me trompais ! Dès les premières notes, le style de ces trois "cow-boys du blues", comme ils le disent eux-mêmes, m'a sacrément plu, sans compter le talent de chacun d'eux.

Et du talent, et du courage, il en a fallu particulièrement à Olivier Trebel, le batteur. Le café étant menacé de fermeture pour cause de décibels à la hausse pendant les concerts, le pauvre garçon a été obligé de jouer toute la soirée aux balais, ne ménageant pas ses forces pour rendre un son potable. Le talent, chez Awek, ça n'est pas seulement la maîtrise technique des instruments, de la voix, la capacité à faire réagir le public, c'est aussi des compositions de qualité et des interprétations très personnelles de standards. Mieux encore que de l'interprétation, leurs reprises sont des réappropriations, des versions que vous n'entendrez pas ailleurs. Ecoutez le Mojo Working d'Awek, et vous aurez l'impression d'entendre une version originale. Et le public ne s'y trompe pas. Inutile de le prier pour participer au morceau I play the blues for you, leur toute première composition. Ça rigole, ça se trémousse sur sa chaise ou sur les planches, ça chante à tue-tête : c'est la magie d'Awek, une passion, une pêche ultra-communicative. Bref, aller les voir en concert, ça met en forme, et ça laisse un espoir certain sur l'avenir du blues en France.

Durant cette soirée, nous avons eu le privilège de découvrir les nouvelles compositions du groupe, qui figureront dans le 4ème album, dont la sortie est prévue courant janvier. Si vous cherchez un groupe qui renouvelle la musique blues par un vrai travail de recherche artistique, un conseil : procurez-vous cet opus. Je ne vous en dis pas plus, à vous de découvrir !!

Awek dans la Gazette de Greenwood:
Awek et Youssef Remadna en concert à Lyon (TSF) + le CD: Barber Shop + interview: ça joue à Donf! (LGDG n°37)
Tullins in Blue: Awek (LGDG n°45 )
Awek à l'Eden Rock (Lyon) (LGDG n°44)
Les Rencontre du Blues aux Sables d'Olonne (LGDG n°43)

Le site d'Awek : www.ifrance.com/awek/

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Spoonfull
au Studio 14 (Paris)

Date: 10 janvier 2004
De: Christophe Godel <christophe.godel@noos.fr
(photos de l'auteur)

Spoonful (photo Christophe Godel) Les concerts, gratuits, avaient lieu dans un endroit jusqu'à alors inconnu, le Studio 14, rue du Paradis (Paris 10ème).

J'arpente la dite rue et je me retrouve devant l'entrée d'un immeuble parisien des plus classiques. Sur la double porte de bois, une affiche indiquant le concert du groupe. J'entre dans le long hall tout en longueur de l'immeuble, des boites aux lettres à ma droite, diverses entrées d'immeubles, quelques bougies au sol, peu de lumière... rien qui ressemble à une salle de concert !

Au fond, une obscure porte vitrée... La porte est ouverte... j'ai l'impression d'entrer chez quelqu'un... Je croise une personne qui me salue... je suis dans ce qui semble être le hall d'entrée d'un appartement. Sur ma gauche, une vaste pièce... un radiateur... puis une batterie, une contrebasse couchée au sol, une guitare sur son pied, des éléments de sonorisation. En face, un ensemble de chaises... derrière un grand rideau, un sofa... une sorte de bar... C'était bien là que le concert allait à voir lieu, dans cet endroit complètement anticonformiste, chaud et convivial... génial !

Les membres du groupe étaient bien là, assis, entrain de finir de manger un bout avant le début du concert et l'arrivée des premiers spectateurs... Ces derniers ne furent pas nombreux, pour la plupart des connaissances locales du groupe plus quelques curieux et habitués de l'endroit. C'était comme si tout le monde s'était retrouvé dans la soirée d'un ami commun ! L'ambiance était donc excellente !

Mathis (photo Christophe Godel) C'est dans cette atmosphère légère et festive, avec seulement deux concerts à leur actif, que le nouveau trio commencera celui de ce lundi 12 janvier 2004. En effet, depuis leur précédent passage dans la capitale, Spoonfull a changé de batteur... et quel batteur : Jean-Brice Vietri, batteur, frotteur, percussionniste des Marvelous Pig Noise, groupe qu'il vient de quitter, a rejoint Mathis pour cette tournée de début d'année. Cette fois, il n'a pas de batterie minimaliste même s'il a agencé celle-ci avec quelques ustensiles qu'il affectionnait particulièrement avec les Marvelous..

L'alchimie est toujours aussi parfaite entre Julien Capus à la contrebasse et Mathis au chant et à la guitare. Jean-Brice trouve sa place sans aucun problème, imposant son impressionnante richesse de jeu... La musique de Spoonfull en sort grandie. C'est même étonnant de voir qu'avec si peu de concerts et de répétitions, ça puisse tourner aussi bien ! Jean-Brice fait partie de ces musiciens talentueux qui peuvent s'intégrer parfaitement dans l'univers musical d'un groupe au pied levé. Cela m'avait fait la même chose la veille avec Thibaut Chopin qui était venu prendre la contrebasse pour le concert de JB Boogie à l'Art Puces Café ! On aurait dit qu'il avait toujours fait partie du groupe !

Les quelques soucis mineurs existants et plutôt imperceptibles, seront bien vite balayés. Et quand la musique est aussi géniale et inventive, ça n'est en soi plus un problème, l'important c'est l'émotion.

Jean Brice (photo Christophe Godel) Nous aurons eu droit à deux sets plein de vie, l'ambiance et le rythme augmentant d'intensité au fur et à mesure. Spoonfull a comme toujours alterné les reprises de standards complètement revisités et si bien sentis (Jumping Jack Flash, Fever, Red House, All Along The Watch Tower, Pick A Bale of Cotton, ...) et les compositions originales du groupe, en empruntant également au répertoire de Mathis and The Mathematiks... C'est ainsi qu'on a pu entendre par exemple une version de Voodoo Bitch inédite ! Ce que je peux vous dire c'est que ça jouait !! Et ça improvisait beaucoup, c'est dire l'entente rapide qui s'est créée entre Julien et Jean-Brice. C'est assez saisissant de voir l'osmose d'un groupe se former devant soi, de voir les musiciens se trouver, se surprendre, s'entendre, s'amuser ! J'ai gardé en mémoire quelques discussions géniales entre la guitare de Mathis et la batterie de Jean-Brice.

Le peu de spectateur présent (à peine une vingtaine) était aux anges, ça criait, ça dansait, on aurait presque pu croire que l'on était le double :) Beaucoup ont découvert la magie du washboard de Jean-Brice (gros succès !). L'implication totale du groupe était totale, leur musique toujours autant immersive... C'était un véritable régal que ce concert et la fraîcheur de leur représentation un réel délice. Spoonfull reste un groupe à part dans la galaxie bleue française. Je n'ai qu'un seul petit regret. J'aurai aimé entendre plus de titres de l'album de Spoonfull For A Few Sugar More. Quoi qu'il en soit j'ai passé une soirée géniale et encore une fois, je n'ai pas été déçu par ce groupe !

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Soirée parisienne :


Tino Gonzales à l'Art-Puces Café,
Midwest à l'Espace Blues
...le même jour, excusez du peu !

Date: 18 janvier 2004
de: Jocelyn Richez <jocelyn.richez@wanadoo.fr>

Malgré la fatigue et quelques séquelles du match du matin, je suis allé hier à l'Art Puces Café pour le concert de Tino Gonzales puis à l'Espace Blues pour le concert de Midwest.

Tino Gonzales
Art-Puces Café, Paris (Saint-Ouen)
17-1-2004
© Jocelyn Richez
Tino Gonzales,
Amar Sundy
Art-Puces Café, Paris (Saint-Ouen)
17-1-2004
© Jocelyn Richez
Tino Gonzales
Amar Sundy
Art-Puces Café, Paris (Saint-Ouen)
17-1-2004
© Jocelyn Richez

Midwest
Marc Loison et Jean-François Tailpied
Espace Blues, Paris
17-1-2004
© Jocelyn Richez
Marc Loison (Midwest),
Lionel Raynal (Le Révérend)
Espace Blues, Paris
17-1-2004
© Jocelyn Richez
Gérard Tartarini,
Pascal Mullois,
Mike Lecuyer,
Marc Mitou,
Lionel Raynal
Bœuf à l'Espace Blues, Paris
17-1-2004
© Jocelyn Richez
Patrice Briand (sonorisateur de l'Espace Blues),
Marc Loison,
Jean-François Tailpied,
Jérôme Travers (Docteur Blues),
Lionel Raynal,
Bœuf à l'Espace Blues, Paris
17-1-2004
© Jocelyn Richez

Concernant Tino Gonzales, je l'avais déjà vu au New-Morning en novembre 2001 et j'en avais gardé un souvenir assez mitigé. Bref, j'y allais un peu sur la pointe des pieds, un peu sceptique mais en me disant que dans le contexte vivant et convivial de l'Art Puces, avec la proximité d'un public assez chaud, ça pouvait être sympa.

Effectivement, Tino Gonzales a donné hier un très bon concert et j'ai révisé mon jugement à son égard. Son groupe comprenait un deuxième guitariste que l'on connaît bien à Saint-Ouen, c'est Amar Sundy ! Apparemment, les deux guitaristes se connaissent bien et depuis longtemps et ils s'entendent parfaitement. Il est évident qu'ils ont pris beaucoup de plaisir durant ce concert, ils se sont bien partagé les solos, Amar a aussi chanté. Comme en plus il y avait beaucoup d'amis dans la salle (dont Philippe Renault et Guy Benech : l'exposition Crossroad Blues Balade approche !), quelques Greenwoodiens (Frédéric Adrian, Jean Bakrim), quelques musiciens (Damien Lopez en famille, Karim Albert Kook, Joel Daydé, Lise Hanick), c'était indiscutablement une bonne soirée. Pour René, je précise que Papy blues était là aussi !-)

Et puis, ce Tino Gonzales, il est infatigable, il a terminé le 2ème set à 21h45 quand je partais à l'Espace Blues si bien que j'ai raté le 3ème set qui a dû se terminer tard. J'ai néanmoins pu assister au bœuf avec la canadienne Lise Hanick (T Bone Shuffle !!)

Autre petit regret, l'Art Puces n'était hier pas plein à craquer pour ce beau concert, dommage ! Le premier set a été filmé, peut être qu'on verra un jour les images ? Et puis hier, il y avait aussi de la tartiflette et rien que pour ça, les absents ont eu tort !

Me voilà ensuite parti à l'espace blues...

J'ai réussi à me garer pas trop loin et sans trop tourner. A peine arrivé, je tombe sur Patrick Demathieu et le Révérend en train de manger une pizza (fais gaffe Patrick, tu vas finir par grossir : ) Le temps de les saluer, je pars rapidement vers la salle où le concert est déjà commencé. J'avoue qu'à ce moment là, je ne sais pas trop à quoi m'attendre, n'ayant jamais entendu le groupe Midwest. Mais, sur ce coup là , j'ai fait confiance à l'ami Marc alias Lefty Marco.

Mauvaise surprise en entrant dans la salle, il n'y a qu'une dizaine de spectateurs dont Mike Lecuyer, Gérard Tartarini et sa femme, Jocelyne et le Doc.

Malgré quelques problèmes physiques, Lefty Marco a bien assuré et c'était une bonne soirée malgré l'ambiance calme et feutrée (surtout quand on arrive de l'Art Puces) pas forcément motivante, j'ai apprécié son jeu tout aux doigts et son influence Albert King jusqu'à jouer en gaucher sur une guitare de droitier (c'est-à-dire avec les cordes aiguës en haut) .

Le bœuf final était bien sympa avec le Révérend et Mike. On a même pu découvrir Gégé et le Doc à la guitare électrique, ah vraiment, ça valait le coup de venir !

Jocelyn

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Chicago Blues Festival 2003
Le Méridien (19/12/2003)

date: 31 décembre 2003
de: Ed <edouard.lombard@gazdefrance.com>
photos de Jocelyn Richez

Cette année, la tournée du Chicago Blues Festival ne dérogeait pas à la tradition en proposant trois artistes sous la même bannière : le multi- instrumentiste Maurice John Vaughn, la chanteuse Teeny Tucker et le guitariste Michael Burks.

Le concert débute avec Maurice John Vaughn au saxophone soutenu par un orchestre composé d'un orgue (qui prendra régulièrement de beaux solos tout au long de la soirée) et d'un classique duo basse/batterie bien en phase.. Le temps de quelques morceaux, on peut apprécier cette formation atypique; puis Maurice John Vaughn empoigne sa guitare et nous délivre quelques blues contemporains bien sentis. Les thèmes abordés sont suffisamment originaux pour être mentionnés ici : le chômage ou les ordinateurs qui prennent la place et le travail des hommes (Computers take my job) ... Blues, non?

Teeny Tucker
Le Méridien, Paris
19 12 2003
© Jocelyn Richez Il invite ensuite Teeny Tucker (fille du bluesman Tommy Tucker) à partager la scène : Teeny est au chant, Maurice jouant l'accompagnateur à la guitare.
Le registre se fait tout de suite plus traditionnel mélangeant Blues, Gospel et morceaux plus Rock'n'Roll. Et lorsque l'on entend une jeune chanteuse de Chicago Blues, on ne peut s'empêcher de penser à la grande Koko Taylor. Sans atteindre la puissance de cette dernière ou d'une Shemekia Copeland (pour comparer avec quelqu'un de sa génération), elle ne démérite absolument pas et tire largement son épingle du jeu. J'apprécie également le jeu discret et efficace de Maurice John Vaughn.

Michael Burks
Le Méridien, Paris
19 12 2003
© Jocelyn Richez Teeny et Maurice laissent la scène et le changement de style est radical avec la montée sur scène de l'incendiaire guitariste Michael Burks. Si son dernier album pour Alligator I Smell Smoke ne m'avait pas laissé une grande impression, son style très marqué par Albert King et sa réputation scénique laissaient présager du meilleur.
Et dès le premier morceau, Thrill is gone (d'un autre King célèbre), le son de guitare de sa Flying V et son style rappellent effectivement le colossal gaucher de chez Stax. Au fur et à mesure des morceaux, le style se fait plus agressif et plus électrique. Les réminiscences du style Albert King se font plus discrètes.
Michael fait monter la sauce : plusieurs reprises d'Hendrix et des titres rapides et rentre-dedans.
Les amateurs de guitare explosive à gogo sont comblés mais, en fait, je n'accroche pas des masses au set de Michael Burks.
J'ai nettement préféré les prestations solo et communes de Teeny Tucker et de Maurice John Vaughn.

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Humeur Bleue

Ou : Comment réagir avec humour à une petite taquinerie bien amicale...
Mais qu'a donc bien pu dire Lionel "Le Révérend" Raynal pour que l'Oreille Bleue sursaute ???

De: Pascal Hernandez <loreillebleue@free.fr>
Date: 23-12-2003

Alors là, mon Révérend, avec tous le respect que je vous dois, vous venez de dire une grosse connerie !-0)

Je viens donc ici et devant témoins prendre la présidence de l'Association des Instrumentistes Sans Talent.

Je revendique ici même en leur nom et au mien le droit de pratiquer d'un instrument dans le seul but de se faire plaisir et d'essayer de le partager occasionnellement.

J'interdit a quiconque, tout révérend qu'il soit, de saborder l'enthousiasme de tout amateur incompétent sous prétexte qu'il l'est (à vous de choisir qui est quoi).

Par contre j'attire l'attention de tout musicien compétent sur les rapports privilégiés qu'il peut avoir avec les membres "de fait" de mon association. Votre statut de musicien compétant vous donnant une position granfrérorale (parfois même paternalienne), sachez user de vos compétences linguistiques, sachez agencer quelques mots choisis pour leur faire comprendre qu'ils n'ont pas de talent, ou plutôt, qu'ils ont beaucoup de talent - mais que l'instrument qu'ils ont choisi ne leur permet pas de l'exprimer...

L'instrumentiste sans talent est un prince charmant, il a acheter un super cheval blanc, parfois d'occase, parfois gris qu'il a repeint lui même, mais il est absolument incapable de le monter. Alors, tous les jours, il vient lui parler, le caresser s'occuper de lui parfois même il invite quelques amis à s'extasier devant la beauté de sa robe (au destrier pas au mec, suivez un peu). Alors il est heureux, mais, au fond de lui, il sait qu'il ne pourra jamais chevaucher dans la plaine pour rejoindre le donjon où est enfermée la belle (Mais non Harmo on parle pas de toi ! Qu'est ce qu'il est susceptible, une 'écurie' qu'il a dit - pas en BQRie !) Quoique... ?? Il doit même y avoir des membres de mon asso sur les terres de BQRie).

Je disait donc, avant qu'Harmo ne m'interrompe, que l'instrumentiste sans talent sait déjà qu'il ne pourra pas galoper sur la plage avec une fille nue sous la pluie. (C'est pas vraiment que l'image le fait rêver mais c'est l'image qui fait rêver la princesse ou Cendrillon mais c'est une autre histoire).

Je disait donc, avant que je ne m'auto-interrompe, que l'instrumentiste sans talent a bien compris qu'il ne pourra pas pourfendre les dragons sur son destrier (non Marc pas 'destroyer' c'est moins romantique). Mais enfin c'est pas fini de m'interrompre ?!

Je disait donc que l'instrumentiste sans talent a bien compris qu'il ne se roulerait plus de clopes pendant que Joly Jumper poursuit les Daltons qui poursuivent la diligence dans laquelle est venue se coller cette conne de princesse à la place de prendre l'avion comme tout le monde.

Donc il le sait, il n'est pas idiot, il a des oreilles, il est capable d'entendre la différence d'intention dans l'attaque du médiator entre Chris Duarte et Stevie Ray. En général il est bien conscient de ce qu'il fait et il a probablement le cœur lourd de ne pas pouvoir faire ce qu'il entend dans sa tête. Alors vous n'avez pas le droit de lui demander de revendre son destrier à un abattoir ! Laissez-lui de droit de le caresser encore un peu, et, même si vos oreilles doivent en souffrir, laissez-le se produire dans quelques bars ou caf'cons'. Peut être qu'au hasard d'une fête de la Musique il rencontrera une chanteuse membre de cette même association et qu'il réussira à voir en elle la princesse qu'elle rêve d'être.

Je dis non, Monsieur le Révérend, vous n'avez pas le droit de dire aux membres, de fait ou de droit, de mon association, qu'il faut "qu'ils raccrochent leur guitare".

Dans notre grande compréhension, nous tiendrons compte de votre situation de Révérend pour supposer que ces mots ont été proférés sans volonté de nuire et sans réflexions sur les conséquences qu'ils pouvaient induire.

Sachez cependant que, si vous étiez amené à répéter ce genre de propos, nous serions contraints de vous attaquer en justesse pour mise en danger de l'avis d'autrui.

Pascal ;-))))
http://loreillebleue.free.fr

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Couleurs Blues:

Mance Lipscomb

Mance Lipscomb

Mance Lipscomb
par Alan Kinsey

(cliquez sur la photo pour l'agrandir)

Je suis peintre anglais et j'habite en France depuis vingt-deux ans. Je suis passionné de blues depuis que j'ai vu les Rolling Stones en tournée avec Little Richard et Bo Didley (si c'est vrai!).
Evidement, le blues est une influence majeure sur mon travail. J'essaie de peindre l'émotion que je ressens quand j'écoute un certain chanteur ou style. Quand un acheteur a un coup de foudre pour un de mes tableaux, c'est presque comme un remerciement de sa part pour les trente ans de plaisir que ces chanteurs du delta ou de Chicago m'ont donné.
Alan Kinsey  

visitez la galerie www.galerie-carincotte.com

écrire à Alan Kinsey: Al55kinsey@aol.com

à lire dans la Gazette de Greenwood: Mance Lipscomb, songster Texan (LGDG n°25)

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