Numéro 60 - Hiver 2004
Numéro 60 - Hiver 2004

retour au sommaire du numéro | retour à l'accueil

Bobby "Blue" Bland
Bobby "Blue" Bland

Blues at Midnight

Date: 14-01-2005
de: Rolf Lott

Une très très bonne affaire : ce matin, au marché, j'ai vu chez mon disquaire, pour 10 euros seulement, le dernier CD de Bobby "Blue" Bland -Blues At Midnight (de 2003). Toujours sous le charme immense de son Live From Beale Street, que j'ai acquis l'année dernière, d'abord en CD puis en DVD (à ne pas rater!!) et qui prouve qu'il est toujours au top, je n'ai pas hésité une seconde et je suis en train de l'écouter pour la troisième fois: pas le moindre regret!!

Ce grand homme fait sans aucun doute partie de cette poignée d'artistes qui incarnent le summum de tout ce que la musique noire américaine a créé de super bon ! (comme Ray Charles, Esther Phillips....)

Au programme : du Soul Blues de la meilleure facture bien sûr, des ballades, des blues plus ras-de-terre, des shuffles grande classe, des arrangements de cuivres top du top, des harmonies et des chœurs gospelisants de toute beauté...et...et...et... surtout son chant sensuel, qui fait toujours autant frissonner jusqu'au bout des ongles.

Deux morceaux qui sortent un peu de l'ambiance de l'ensemble : le navet What a Wonderful World. Bobby Bland ne serait pas Bobby Bland sans une petite excursion dans le pop (même s'il le fait formidablement bien), et le titre I'm a Blues Man, qui commence en acoustique comme du country-blues, dobro, battement du pied et harmonica, du " down-home " carrément, mais qui est un peu gâché à partir du troisième couplet par une guitare slide au son et au jeu rock greffée dessus qui dénature ce qui avait si bien commencé. C'est d'autant plus dommage que son guitariste actuel brille tout au long de l'enregistrement par des interventions pleines de goût et toutes en finesse, qualitativement et stylistiquement, entièrement dans la ligne du grand Wayne Bennett.

Spécialement impressionnant : le dernier titre, Ghetto Nights, où il décrit la détresse de la population dans le ghetto, entre pauvreté et terreur policière. Seul l'amour de sa chérie lui donne la force pour y résister ! Du vrai, du beau, de l'intense... du blues quoi!!!

Reste à constater la surprenante forme de ce "vieil" homme de 73 ans (au moment de cet enregistrement) qui, même en chantant assis sur un tabouret, est mille fois plus sensuel, sexy et excitant que toutes ces minettes qu'on peut voir dans les clips actuels (Britney Spears incluse :-)) avec leur nombril (voire plus) à l'air et des chorégraphies faussement érotiques...

;-)

Rolf

retour
sommaire