Numéro 60 - Hiver 2004
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Les interviews du Blues Café
Les interviews du Blues Café
Blues Café

De l'ombre à la lumière ...
#1 : Mike Lécuyer

date: 16 octobre 2004
de: Cédric Vernet
(photo Patrick Demathieu)


Chaque mois dans le Blues Café sur Couleurs FM, Cédric VERNET et Francis RATEAU reçoivent ceux qui font l’actualité du blues en France.  Tous viennent derrière le comptoir du Blues Café pour parler de leur passion : le blues. Des artistes reconnus jusqu'aux "gens de l'ombre", le Blues Café est le rendez-vous de tous les blues lovers.

"De l'ombre à la lumière" est une série d'interviews qui vous permettra de découvrir chaque mois dans "La Gazette de Greenwood" celles et ceux qui, dans l'ombre, agissent par passion pour donner au milieu blues français tout son dynamisme.

Dans la lumière ce mois-ci : Mike LÉCUYER, créateur de la Chaîne du Blues et organisateur du tremplin Blues sur Seine.

Logo LCDBMike, tu as été l'initiateur, il y a quelques années, de la Chaîne du Blues. De quoi s'agit-il ?
C'est une chaîne virtuelle qui compte actuellement plus de 300 sites, mais ça augmente chaque semaine. Il s'agit de sites francophones qui parlent de blues. On a surtout des français mais aussi des belges, des suisses, des québécois, un réunionnais, un guadeloupéen etc. Si des artistes espagnols, anglais ou russes font l'effort de mettre des pages en Français, on les accueille bien volontiers dans la chaîne. 

Concrètement, comment fonctionne une chaîne ?
Une chaîne, en anglais une webring, c'est un petit logo qui se trouve sur la première page des sites. En cliquant sur ce logo, on peut aller de site en site ou butiner au hasard dans un domaine bien particulier. Certains vont donc faire une webring sur le blues, d'autres sur les papillons ou sur Laetitia Casta.

Lorsqu'on veut rentrer dans le monde secret du blues, où doit-on aller ?
En fait, lorsqu'on cherche un site dans un moteur de recherche et qu'on tombe sur un site qui est dans la chaîne, on voit en général le logo en bas de la homepage. Ce logo permet d'aller de site en site ou de retourner sur la liste complète. Sinon, il existe un portail de la chaîne sur http://www.bluesfr.net

Finalement la Chaîne permet aux internautes de trouver des sites de blues mais inversement aux artistes, émissions de radios ou autres de se faire mieux connaître, c'est exact ?
Oui bien sûr. Je reçois souvent des mails de gens qui me disent avoir eu des nouveaux contacts grâce à la Chaîne. De plus, on a une liste de diffusion entre les webmasters des sites membres de la Chaîne. Ça nous permet de nous demander des renseignements, de s'épauler, de s'aider pour découvrir des disques ou des concerts. Ça permet aussi de se rencontrer. Je suis allé au Québec cet été. J'ai pu rencontrer pleins de gens de la Chaîne du Blues en leur ayant envoyé un mail avant de partir. Une chaîne qui était complètement virtuelle au départ s'avère aujourd'hui une opportunité pour faire des rencontres.

C'est donc une véritable communauté blues qui se constitue grâce à la Chaîne du Blues ?
Tout à fait. Par exemple, la première chose que je fais aujourd'hui lorsque je vais dans une région que je ne connais pas, c'est de regarder dans la Chaîne si il y a des gens qui ont des sites dans le coin. J'essaye de prendre contact avec eux pour boire une bière ou discuter un moment.

Aujourd'hui, il est difficile de trouver un site de blues qui n'ait pas son petit logo de la Chaîne. Tu imaginais un tel succès quand tu as créé la Chaîne du Blues en 1999 ?
Non pas du tout.  J'ai créé mon premier site "Bleu, Blanc, Blues" en 1997. Quelques mois plus tard, j'ai découvert qu'il y avait deux autres gars qui avaient aussi un site de blues en France. Je me suis dit "Mince ! A trois faut qu'on fasse quelque chose !". J'ai cherché sur des sites américains comment on faisait une chaîne mais je n'ai pas vraiment compris. J'ai essayé de le faire moi-même mais je ne suis pas informaticien, ni développeur donc je n'ai pas réussi. J'ai passé toute mon année 1998 à chercher jusqu'à trouver un site qui avait une petite chaîne de 5 ou 6 sites de punk-rock. J'ai demandé aux webmasters de ce site s'ils ne pouvaient pas me faire une petite chaîne sur le blues. Ils ont accepté et m'ont fait ça gratuitement. Au fil des mois et des années, on a atteint les 300 sites, à peu près comme maintenant. Le problème est que le site s'est arrêté et n'existait plus ! C'était en 2003, la Chaîne allait disparaître si je ne retrouvais pas un autre hébergeur ! Il a donc fallu la refaire, recontacter tous les webmasters et leur demander de se réinscrire sur la nouvelle Chaîne. Ça a été dur car pendant quelques mois on n'était plus qu'une cinquantaine de sites puis, petit à petit, tout le monde est revenu, avec pleins de nouveaux, et nous sommes à nouveau près des 300. J'espère que ce ne sera pas un cycle diabolique et qu'à l'approche des 300 je sois obligé de créer une nouvelle Chaîne !

Existe-t-il des restrictions pour appartenir à la Chaîne ?
Non, il faut seulement avoir des pages en français. Ensuite, on prend l'acception du mot "blues" au sens large. Il y a des groupes qui sont plutôt blues-rock, d'autres blues plus "variétés", on les accepte aussi. Il faut qu'il y ait au moins un pied dans le blues.

Mike LECUYER et Jean GUILLERMO Peux-tu nous parler d'une autre de tes occupations, le tremplin Blues-sur-Seine dont tu es le grand ordonnateur ?
Le festival Blues-sur-Seine, porté à bouts de bras par toute son équipe d'organisation et en particulier son vice-président Jean Guillermo, organise le Tremplin depuis 2000. Quand je l'ai découvert je me suis dit que c'était tellement bien que je voulais m'investir dans l'organisation.
C'est ouvert à tous les groupes de blues français amateurs avec deux catégories : une électrique, l'autre électro acoustique. Nous venons de désigner les huit finalistes qui vont participer au tremplin à Mantes-La-Jolie le 14 novembre 2004. Tous les groupes qui veulent s'inscrire pour la prochaine édition peuvent le faire à partir de janvier 2005.

Il faut rappeler que c'est devenu aujourd'hui le plus gros tremplin blues français, n'est-ce pas ?
C'est vrai oui car il y a des prix assez fabuleux. Il y a les 2 prix Blues-sur-Seine où on invite le groupe Electrique et le groupe Electro acoustique à jouer l'année d'après au festival, un prix SACEM pour les meilleures compos, un prix du festival de Cahors et un prix du festival de Cognac, où les groupes iront jouer dans ces festivals l'année d'après et le prix Festiblues de Montréal. En aout, j'ai passé une dizaine de jours à Montréal avec le groupe vainqueur "Stringers in the night", c'était assez extraordinaire ....

Merci Mike et à bientôt sur le web !

 

propos recueillis au téléphone par Cédric Vernet et Francis Rateau, le 04 octobre 2004 dans l'émission Blues Café (COULEURS FM 97.1 FM, Nord-Isère)

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