retour au sommaire du numéro | retour à l'accueil
Dans la lumière ce mois-ci : Mike LÉCUYER, créateur de la Chaîne du Blues et organisateur du tremplin Blues sur Seine.
Mike,
tu as été l'initiateur, il y a quelques années, de la Chaîne du Blues. De quoi
s'agit-il ?
C'est une chaîne virtuelle qui compte actuellement plus de 300 sites, mais ça augmente
chaque semaine. Il s'agit de sites francophones qui parlent de blues. On a surtout
des français mais aussi des belges, des suisses, des québécois, un réunionnais,
un guadeloupéen etc. Si des artistes espagnols, anglais ou russes font l'effort
de mettre des pages en Français, on les accueille bien volontiers dans la chaîne.
Concrètement, comment fonctionne une chaîne ?
Une chaîne, en anglais une webring, c'est un petit logo qui se trouve
sur la première page des sites. En cliquant sur ce logo, on peut aller de
site en site ou butiner au hasard dans un domaine bien particulier. Certains
vont donc faire une webring sur le blues, d'autres sur les papillons ou
sur Laetitia Casta.
Lorsqu'on veut rentrer dans le monde secret du blues, où doit-on aller ?
En fait, lorsqu'on cherche un site dans un moteur de recherche et qu'on
tombe sur un site qui est dans la chaîne, on voit en général le
logo en bas de la homepage. Ce logo permet d'aller de site en site ou de retourner
sur la liste complète. Sinon, il existe un portail de la chaîne sur
http://www.bluesfr.net
Finalement la Chaîne permet aux internautes de trouver des sites de blues
mais inversement aux artistes, émissions de radios ou autres de se faire mieux
connaître, c'est exact ?
Oui bien sûr. Je reçois souvent des mails de gens qui me disent avoir eu
des nouveaux contacts grâce à la Chaîne. De plus, on a une liste de diffusion
entre les webmasters des sites membres de la Chaîne. Ça nous permet de nous
demander des renseignements, de s'épauler, de s'aider pour découvrir des disques
ou des concerts. Ça permet aussi de se rencontrer. Je suis allé au Québec cet
été. J'ai pu rencontrer pleins de gens de la Chaîne du Blues en leur ayant envoyé
un mail avant de partir. Une chaîne qui était complètement virtuelle au départ
s'avère aujourd'hui une opportunité pour faire des rencontres.
C'est donc une véritable communauté blues qui se constitue grâce à la
Chaîne du Blues ?
Tout à fait. Par exemple, la première chose que je fais aujourd'hui lorsque
je vais dans une région que je ne connais pas, c'est de regarder dans
la Chaîne si il y a des gens qui ont des sites dans le coin. J'essaye de prendre
contact avec eux pour boire une bière ou discuter un moment.
Aujourd'hui, il est difficile de trouver un site de blues qui n'ait pas
son petit logo de la Chaîne. Tu imaginais un tel succès quand tu as créé la Chaîne du Blues
en 1999 ?
Non pas du tout. J'ai créé mon premier site "Bleu, Blanc, Blues"
en 1997. Quelques mois plus tard, j'ai découvert qu'il y avait deux autres gars
qui avaient aussi un site de blues en France. Je me suis dit "Mince ! A
trois faut qu'on fasse quelque chose !". J'ai cherché sur des sites américains
comment on faisait une chaîne mais je n'ai pas vraiment compris. J'ai essayé
de le faire moi-même mais je ne suis pas informaticien, ni développeur donc
je n'ai pas réussi. J'ai passé toute mon année 1998 à chercher jusqu'à trouver
un site qui avait une petite chaîne de 5 ou 6 sites de punk-rock. J'ai demandé
aux webmasters de ce site s'ils ne pouvaient pas me faire une petite chaîne
sur le blues. Ils ont accepté et m'ont fait ça gratuitement. Au fil des mois
et des années, on a atteint les 300 sites, à peu près comme maintenant. Le problème
est que le site s'est arrêté et n'existait plus ! C'était en 2003, la Chaîne
allait disparaître si je ne retrouvais pas un autre hébergeur ! Il a
donc fallu la refaire, recontacter tous les webmasters et leur demander de se
réinscrire sur la nouvelle Chaîne. Ça a été dur car pendant quelques mois on
n'était plus qu'une cinquantaine de sites puis, petit à petit, tout le monde
est revenu, avec pleins de nouveaux, et nous sommes à nouveau près des 300.
J'espère que ce ne sera pas un cycle diabolique et qu'à l'approche des 300 je
sois obligé de créer une nouvelle Chaîne !
Existe-t-il des restrictions pour appartenir à la Chaîne ?
Non, il faut seulement avoir des pages en français. Ensuite, on prend
l'acception du mot "blues" au sens large. Il y a des groupes qui sont plutôt
blues-rock, d'autres blues plus "variétés", on les accepte aussi. Il faut qu'il
y ait au moins un pied dans le blues.
Peux-tu
nous parler d'une autre de tes occupations, le tremplin Blues-sur-Seine dont tu
es le grand ordonnateur ?
Le festival Blues-sur-Seine, porté à bouts de bras par toute son équipe
d'organisation et en particulier son vice-président Jean Guillermo, organise
le Tremplin depuis 2000. Quand je l'ai découvert je me suis dit que c'était
tellement bien que je voulais m'investir dans l'organisation.
C'est ouvert à tous les groupes de blues français amateurs avec deux catégories
: une électrique, l'autre électro acoustique. Nous venons de désigner
les huit finalistes qui vont participer au tremplin à Mantes-La-Jolie le 14
novembre 2004. Tous les groupes qui veulent s'inscrire pour la prochaine édition
peuvent le faire à partir de janvier 2005.
Il faut rappeler que c'est devenu aujourd'hui le plus gros tremplin blues
français, n'est-ce pas ?
C'est vrai oui car il y a des prix assez fabuleux. Il y a les 2 prix Blues-sur-Seine
où on invite le groupe Electrique et le groupe Electro acoustique à jouer l'année
d'après au festival, un prix SACEM pour les meilleures compos, un prix du festival
de Cahors et un prix du festival de Cognac, où les groupes iront jouer dans
ces festivals l'année d'après et le prix Festiblues de Montréal. En aout, j'ai
passé une dizaine de jours à Montréal avec le groupe vainqueur "Stringers
in the night", c'était assez extraordinaire ....
Merci Mike et à bientôt sur le web !
propos recueillis au téléphone par Cédric Vernet et Francis Rateau, le 04 octobre 2004 dans l'émission Blues Café (COULEURS FM 97.1 FM, Nord-Isère)