Numéro 60 - Hiver 2004
Numéro 60 - Hiver 2004

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Mardi Brass Band
Mardi Brass Band
Brass Pride…Live

date: 2 octobre 2004
de: René Malines

Mardi Brass Band Dans chaque recoin de la planète où l'homme a posé le pied, pour peu qu'il s'y soit attardé, il a commencé, à un moment ou à un autre, à y faire de la musique. Celle-ci s'y est développée, enrichie sous l'influence de tel ou tel musicien, de tel ou tel compositeur, et avec le temps, la distance, le manque de communications, divers styles ont vu le jour, chacun évoluant dans sa propre sphère, si ce n'est l'apport de quelque voyageur ramenant ses trouvailles d'un ou divers ailleurs.

La Nouvelle Orléans, c'est tout le contraire. Carrefour migratoire de tous les types d'humains possibles et imaginables, centre économique déjà important d'une Amérique alors encore toute jeune, toutes les musiques s'y sont croisées, y ont crû (du verbe croître, tas d'ignorants !) et tout en se nourissant mutuellement, chaque style s'y est installé en poursuivant son évolution dans une ambiance de bon voisinage souvent festif.

Aujourd'hui encore, il n'est sans doute pas un lieu sur terre qui peut se prévaloir d'une telle richesse musicale, un véritable arc-en-ciel sonore illuminant les nuits de la ville du croissant. La technologie et les communications ayant énormément évolué aussi, tous ces styles se sont répandus à la surface du globe, par les enregistrements et les tournées des orchestres, touchant de leur grâce un nombre certain de musiciens au passage.

Didier Marty est de ceux-là. Nourri au blues, au rock & roll, au rhythm & blues, il semble que les fanfares neo-orleanaises l'aient touché de leur doigt divin, tel l'Esprit saint descendant sur les Apôtres… ou un truc dans le genre. Lui-même saxophoniste ténor émérite, bien connu du public français depuis ses participations aux groupes de Franck Ash, avant que celui-ce ne nous quitte pour la perfide Albion, et de Screamin' Jay Hawkins avant que lui aussi ne nous abandonne pour un monde qu'on dit meilleur, où l'on ne connaît pas la constipation (du moins les Ecritures n'en font-elles pas mention), Didier Marty, donc, a réuni autour de lui pas moins de 35 musiciens dans un collectif à géométrie variable où s'illustrent les Zuzus (prononcer Zouzou), une formation funk (depuis le 24 septembre 2004, à l'occasion de la soirée d'ouverture du One Way à St Ouen. Avant cette date fatidique, c'était un groupe de mambo rock), Triominaux, un orchestre dixieland, Xtra Mobil, un groupe de reprises, tous styles confondus, The Love Bandits, duo hillbilly, le Fanfare à Marmaille et son répertoire à l'intention des enfants, Ma Star Le Baobab qui mêle jazz et influences Sud-Africaines, Jazz Up La Fonk, jazz funky ou funk jazzy, c'est selon, Lunes Cobres, une fanfare Caraïbes (mambo, cha-cha des années 40-50), et le centre, le ventre même de ce cirque musical, la fondation de cette véritable New Orleans en miniature : le Mardi Brass Band. Son leader se produit aussi au sein des Chaussettes Blanches, un groupe de rock & twist, ainsi que du Didier Marty Gang, mais ces 2 formations tout aussi remarquables que les autres ne font pas partie du collectif où œuvre notre stakhanoviste.

Les 16 musiciens présents sur le disque (4 percussionistes et 12 cuivres aussi divers que variés dont Marty au ténor et au chant) augmentés de 13 autres (2 percus et 11 cuivres) sur Cissy Strut et It's All Over Now ont enregistré cette pièce d'orfèvrerie au Triton en janvier 2003. Car oui, c'est bien un véritable joyau que la formation nous propose ici : rythme endiablés, arrangements au cordeau, soli de feu, on a déjà employé l'expression "machine à groove" pour d'autres groupes, comme le Bone's Project qui le mérite bien d'ailleurs, mais rarement orchestre aura mieux mérité ce qualificatif.

Le Mardi Brass Band, c'est un rouleau compresseur avec un moteur de F1, c'est une charge d'éléphants avec un sourire jusqu'à leurs grandes oreilles, c'est la Louisiane qui débarque avec tout son carnaval dans votre club, votre bar ou, grâce à ce disque, dans votre salon, votre voiture ou votre discman dans le métro aux heures de pointe. C'est une thérapie, un cocktail de vitamines indétectable aux tests anti-dopage, un viagra sans contre-indication, ça vous booste quand la douche et le café ne suffisent plus à vous motiver pour partir au boulot dans le matin gris et froid, c'est la Nouvelle Orléans à Paris, c'est un panard monumental ! Bref, c'est un formidable album de fanfare funky à souhait.

Bien sûr, le disque n'est pas très long, mais que sont 12 euros face à 39 minutes et demie de pur bonheur ? Alors s'il passe près de chez vous, précipitez-vous pour voir et entendre le Mardi Brass Band, et en attendant, vous pouvez toujours vous procurer cette immense bouffée d'oxygène sur le site du groupe : www.mardibrassband.com

ref CD: Mardi Brass Band, Brass Pride…Live, Autoproduit, 2004, 39'34''

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Mardi Brass Band
au One Way

date: 25 septembre 2004
de: René Malines

Aujourd'hui, pendant que Luc préparait le jambalaya qu'il allait offrir gratuitement à sa clientèle (oui, je sais, "offrir gratuitement" = pléonasme. Mais en cette ère de publicité où le marketing est roi, je préfère mettre les points sur les "i" : tant de produits nous sont offerts "moyennant finances" !), Christine, sa compagne, signait enfin. L'ex-Fifty, anciennement le Baryton, devenait officiellement le One Way, dont Luc et Christine sont les nouveaux patrons.

Bien sûr, nombreux sont ceux qui n'apprenaient qu'aujourd'hui la disparition de U.P. Wilson. Aussi, y eut-il un instant de flottement dans la soirée qu'ils nous avaient organisée.
Mais ce ne fut que de courte durée, l'animateur/leader du jour, Didier Marty (ex-Franck Ash, ex-Screaming Jay Hawkins) nous ayant concocté un accompagnement musical loin, très loin même, d'engendrer la morosité, comme on dit dans les journaux.

En effet, le père Marty est aujourd'hui à la tête d'un collectif musical à géométrie variable dont le principal élément n'est autre que le Mardi Brass Band (jeu de mot entre Marty et Mardi gras), une usine à groove comptant pas moins de 35 musiciens. Deux percussionnistes, et tout le reste de cuivres, du saxophone basse en passant par le baryton, le ténor, plusieurs altos et un soprano, avec 2 trompettes et un trombone, histoire de compléter au mieux la "section de cuivres".

Bref, "LE" Brass Band parisien. Didier, excellent saxophoniste ténor au demeurant, se contentant de chanter, au mégaphone plutôt qu'au micro, et de diriger l'orchestre d'une canne au pommeau à tête de serpent autoritaire et péremptoire.

Extension du collectif version rock & twist, les Zouzous étaient Présents et ils nous ont réservé ce soir une surprise, avec non pas du rock & roll, pas plus que du twist, mais un funk trash de folie auquel je suppose que peu de membres du public ont prêté grande attention. Il faut dire que ces "diables" d'hommes (comment appeler autrement un groupe dont chacun des membres arbore une paire de cornes rouges en parfaite adéquation avec leurs vestes flamboyantes ?) nous réservaient une autre surprise, de taille celle-ci : l'un des membres du groupe ne pouvant être présent pour cause de contrat concurrent, ils l'ont remplacé par Nicky.

Une strip-teaseuse au corps de rêve qui, après avoir entraîné un membre (;) ) de l'assistance pour se livrer à un fac-similé très bien imité du processus de reproduction chez l'être humain (elle ne lui a laissé que son slip !), a terminé en nu quasi-intégral, ne revêtant plus qu'une ceinture de perles et le CD du groupe en guise de cache-sexe ! Une surprise de taille, en vérité, comme bon nombre de membres virils de l'assistance ! (je parle toujours de la taille, bien sûr) ;)

Une partie du public ayant choisi de se retirer dans ses pénates à cette occasion, il nous fut donné d'apprécier la version Dixieland de la formation, histoire de calmer les esprits tout en maintenant l'esprit festif. Tout le monde ayant besoin d'une pause après ça (avec mes camarades, nous sommes passés de la bière au whisky, nous en avions bien besoin !) Luc, le tout nouveau maître des lieux, en a profité pour se livrer à une distribution de cadeaux à l'assistance, chacun recevant soit un T-shirt, une casquette, un baladeur FM, une paire de lunettes de soleil, une boîte de bonbons, des fleurs, un porte-clefs, que sais-je encore ? Le tout, jeté de la scène vers le public. J'ai personnellement donné à de malheureux participants bredouilles mon baladeur et mon porte-clefs, ne conservant que le T-shirt à ma taille et portant l'inscription "Attention, pluie de cadeaux" !

Après ce sympathique intermède, le Brass Band était de retour pour nous régaler de standards de la Nouvelle Orléans (Professor Longhair, Neville Brothers, Dr John) et de quelques originaux avant de nous laisser retrouver la nuit parisienne.

Une belle crémaillère que Christine et Luc nous ont offerte ! Voilà un couple qui s'y entend à fidéliser le client !
Générosité, bonne humeur, ambiance de fête, un bon début pour cette nouvelle aventure pour la musique du Sud des Etats-Unis à Paris. Et demain, c'est Fred Chapelier qui ouvre le bal.

Quant au Mardi Brass Band, il revient une fois par mois pour une soirée jambalaya, et c'est toujours offert !
Comme l'a fait remarquer Didier Marty lui-même, difficile d'offrir le repas et de passer le chapeau ensuite. Les quelques euros prévus à cet effet m'auront permis de repartir avec le CD du groupe.
A très bientôt donc pour une nouvelle chronique.

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