Numéro 60 - Hiver 2004
Numéro 60 - Hiver 2004

retour au sommaire du numéro | retour à l'accueil


la Rubriqu' à blues…

The Honeymen, Stringers in the night, Breakout Blues Band, Radiotones, Lorna Willhelm, Bulldog Gravy, Still at Large, Eric Bibb, Jimmie Lee Robinson, Mudcat, Mark Stafford, Jeff Toto Blues, Chief Schabuttie Gilliame

The Honeymen : Juke Joint Special

Sonnez guitares, résonnez harmos, les Honeymen sont de retour ! Alors que le tout dernier album de Doo the Doo est encore tout chaud, cette galette-ci nous présente un line up très peu différent, puisque outre les frères Jazz au chant, à la guitare et aux harmos et le percussionniste Jacques Moreau, on retrouve "Sad" Carnot invité aux fûts.
Alors pourquoi The Honeymen plutôt que Doo The Doo ? Et bien c'est simple, c'est une histoire de concept. Car si le blues des Doo est souvent empreint de swamp, le plus moite, le plus racinien des blues, tel est le concept originel des Honeymen. Et si leur 1er effort discographique était essentiellement axé vers ce blues des bayous, dans celui-ci, nos Bretons se sont donné pour mission d'explorer le blues des juke joints, ces clubs faits de bric et de broc qu'on trouve au plus profond des campagnes écrasées de chaleur humide dans les Etats du Sud.
Mais chassez le naturel, il revient au galop, et depuis toutes ces années à faire de la musique ensemble, nos gaillards ont développé trop de personnalité pour se contenter de nous offrir une simple photocopie de ce qui se fait encore dans ces lieux improbables du côté du Mississippi ou d'ailleurs. Et c'est en ça que ce disque est bel et bien un album des Honeymen. Le son, bien que différent du précédent, est résolument Honeymen.
Pareil pour l'ambiance. Cet esprit, on le retrouve sur la pochette, magnifique digipack qui sent bon ses fifties, avec peau de zèbre au recto, léopard au verso, et, cerise sur le gâteau, le nouveau logo de Hipshakin' Records : une superbe photo de Betty Page, la plus célèbre pin-up américaine de la même époque, en -toute- petite tenue léopard. Grrr ! Et on peut faire confiance aux garçons, le contenu est largement au niveau du contenant.
C'est étrangement à la fois poisseux et léger, poisseux parce que les gars sont réellement impliqués, léger parce qu'on sent bien qu'ils se régalent à jouer ces quelques originaux et ces reprises qui vont du Wolf à Kimbrough en passant par Dixon, Didley, Jimmie Vaughan et d'autres tout aussi bien choisis. En somme, voilà un excellent album de blues bien de là-bas par des gars bien de chez nous.
[The Honeymen, Juke Joint Special, Hipshakin' Records/Avel Ouest - HON 002 2004 , 48 : 21]

Renard Malin






Stringers In The Night

Personne, dans le landerneau du blues hexagonal, ne connaissait ce duo acoustique avant leur participation au tremplin du festival Blues sur Seine 2003. Mais là, il faut bien l'avouer, Gérard Chaumarel (guitare et chant) et Arnaud Vandevoorde (guitare) ont laissé tout le monde sur le popotin…. avant le tonnerre d'applaudissements. Comment, on avait ça sous la main (ils sont voisins du festival) et on ne le savait pas ? Pour un peu, on en aurait été vexé, ne serait-ce le plaisir que ces deux-là ont procuré à un auditoire conquis, ravi, séduit dès leur 1er titre.
Et cet album ne fait que confirmer tout le talent démontré alors. Car non seulement c'est à 2 guitaristes émérites que nous avons affaire, mais leurs textes en français sont excellents, les plaçant dès leur découverte dans le cercle très fermé des meilleurs auteurs de blues en français.
Alors qu'il n'est même pas distribué, et ne parlons même pas de passages en radio (à l'exception des allumés du CRBlues), Salut, J'm'appelle Gégé fait déjà figure de tube dans la communauté bleue…blanc rouge. Mais il serait terriblement réducteur de s'imaginer que nos gaillards sont les heureux papas d'un exceptionnel coup de chance. Non, tous les textes du CD sont de même niveau, bien écrits, pleins d'humour et de lucidité et, last but not least, coulant avec fluidité sur leur musique. Ces mots et ses sons, ils sont l'œuvre des deux bonshommes, à l'exception de la seule reprise, Hideway, et de l'apport d'Agnès Valette dans l'écriture de Toujours la même rengaine.
Bref, on pourrait dire que le duo se suffit à lui-même, mais ça ne l'a pas empêché d'inviter sur quelques titres leurs copains à la basse, à la batterie, à l'harmo et au percus. Alors si vous aimez votre blues - ou rag, ou boogie - acoustique, ou semi-acoustique, joué par d'excellents guitaristes avec de très bons textes en français, n'hésitez pas une seconde !

Web : http://stringersinthenight.free.fr/

[ Stringers in the night, enregistré en 2004, 41 : 59]

Renard Malin






Breakout Blues Band : Drunk'n Homeless

Drunk'n Homeless ne vient pas d'arriver dans les bacs puisque c'est une production de 2002, mais je ne peux m'empêcher d'évoquer cet album tant il est de bonne facture.
Les auteurs, le Breakout Blues Band, nous viennent de l'autre côté de la Manche et représentent un des meilleurs groupes britanniques de blues. Ils ne sont certes pas de jeunes débutants puisque Chad STRENTZ et Pete FARRUGIA ont été complices lors de leur aventure au sein de Shout Sister Shout. Ils se retrouvent ici aux côtés de Fox (basse) et Paul ATKINSON (batterie). Par ailleurs Chad fait état d'une certaine notoriété acquise auprès du grand Paul LAMB.
Sur cet album, Chad (chant, guitare) amène avec lui la plupart des compositions, parfois aidé de Pete FARRUGIA (guitare).
Globalement, l'ambiance west coast est au rendez-vous et laisse à Pete l'occasion de signer de belles parties de guitare. Il y a cependant quelques titres abordant d'autres styles comme Wonderful World qui est une ballade soul où Chad fait montre d'une très belle voix. Living To Work est un blues lent sur des rythmes un peu texans-chicanos. Parmi les titres que je souhaite mettre en exergue, Only Getting Second Best est un blues lent où la guitare, extrêmement tendue, se fait des plus expressives et la basse pesante. Ce titre se trouve alterné avec, comme souvent, un blues rapide, jump trépidant et instrumental, au simple nom de "Yeah !".
Dix compositions personnelles étoffent donc cette galette de quatorze titres qui sont à écouter absolument, par exemple sur leur site web.

( Congress Recordings [UNION 001] 2002 )

Phil Net

titre





Radiotones : Bound To Ride

titre

Prenez une bonne dose de Mississippi blues dans tout ce qu'il a de plus rudimentaire, poisseux, rythmique, et joué au slide sur une National steel. Ajoutez-y l'énergie du rock , la rébellion du punk, la fumée des pubs, et mélangez copieusement. C'est ce cocktail détonnant qu'incarnent les Radiotones dans leur musique. Après le british pub-rock, voici donc ce que j'appellerai le scottish pub-blues.
Pour ce troisième album, Bound To Ride, le groupe écossais se retrouve autour de Dave ARCARI, le guitariste.
Jim HARCUS est à l'harmonica avec son jeu économe et Adrian PATERSON qui tenait jusqu'alors seul la rythmique à la basse. Le petit nouveau est le batteur Don MACKINNON.
Puristes, circulez, il n'y a rien à écouter. Les autres, profitez de cette dynamique et véritable envie de jouer qui vous fera forcément, à un moment, secouer la tête ou battre la mesure des pieds.
Sur les treize pistes, je retiendrai personnellement les plus blues : "Another Chance", "Bound To Ride", "You Oughta Know", "Good Friend Blues" et plus particulièrement "She's Gone".

( Buzz Records [BRS012003] 2003 )

Phil Net






Lorna Willhelm : I Feel Good With The Blues

Enregistré à Waco, Texas, cet album de Lorna WILLHELM est sorti en mai 2000. Lorna est surtout reconnue au Texas pour sa voix et c'est sans doute ce qui explique sa récompense en tant que meilleure chanteuse de l 'année aux M.A.C.T. 2004 Groovy Awards. Lorna ne cache pas ses influences issues de grandes voix telles que Ella FITZGERALD, Lou Ann BARTON, Mel TORME, Willie Mae THORNTON, et Sugar Ray NORCIA.
L'album I Feel Good With The Blues qu'elle nous présente est donc à l'image de son talent, surtout axé sur le chant. Le mélange de blues et de jazz fait la part belle à quelques compositions de Rex WILLHELM (son mari ?) qui signe trois titres dont "Good Girl Feelin' Blue", "Fat Cat's Tattoos", et l'éponyme "I Feel Good With The Blues". Les reprises étant entre autres "Fool In Love" de Ike TUNER, entraînant, et "Cry Me A River" de Arthur HAMILTON.
Outre le guitariste Ken FRAZIER (lui aussi primé, en tant que meilleur instrumentiste de l'année), les musiciens qui entourent Lorna sont nombreux. On retrouve la traditionnelle rythmique basse-guitare (respectivement Dick GIMBLE et Larry ROCHELLE), mais également un clavier (Bill HOWARD), un saxophoniste (Rob PAGE), des chœurs (Carrie MALONE, Amy WILLIAMS, James Mark GULLEY).
Même si Lorna déclare se sentir à l'aise avec le blues, je trouve qu'elle manque de ferveur pour nous en convaincre et que l'ensemble de l'album mériterait sans doute moins de ballades remplacées par quelques titres un peu plus envolés qui ajouteraient ainsi quelques bulles pétillantes dans cette production trop sirupeuse. La remarque n'enlève cependant rien à ses compétences de vocaliste, je conseillerai ce breuvage aux amateurs avertis.
Album sorti sur le label texan Poundcat Music. Visitez aussi www.mactwaco.com.

( Poundcat Music [990001/LW] 2000 )

Phil Net

titre





Bulldog Gravy : Big Bad Blues

Big Bad Blues

La méridionale ville d'Avignon abrite actuellement un groupe de haute volée, dont le dernier album Big Bad Blues est remarquable.
De haute volée d'abord car les musiciens qui le composent ne sont pas des débutants. Le leader chanteur et guitariste Mike GREENE a déjà plusieurs années d'expérience derrière lui et pratique le blues avec maîtrise.
Philippe SANGARA ensuite, guitariste électrique et slide est carrément bon.
Puis Jean-Louis BRAZZI qui est aux percussions, et donne en quelque sorte la couleur de Bulldog Gravy, a longtemps traîné les scènes avec Mike GREENE.
Enfin la rythmique (Jérôme LAVAIL à la batterie et Farid KHENFOUF à la contrebasse) n'est pas de reste car c'est un des aspects musicaux des Bulldog le plus mis en avant.
Remarquable donc car, comme je vous le disais, leur musique a la particularité d'être très rythmique, la présence de percussions, peu habituelles dans le blues surtout lorsqu'elles sont confectionnées "maison" avec une valise ou des douilles d'obus ( ! ) ou encore tout autres objets hétéroclites tintinnabulant, donnant une sonorité très personnelle à l'album.
Sur les quatorze titres proposés, cinq sont des compositions de Mike GREENE dont l'éponyme Big Bad Blues, downhome à souhait, n'est pas prêt de vous abandonner. Si le début de l'album est fortement teinté de blues voire de country-blues, on glisse au fil des morceaux vers des moments de plus rocks (Maggie's Farm de DYLAN, On The Road Again" des Canned Heat, Back Door Man de Willie DIXON) avec quelques emprunts à la modernité par l'utilisation de l'électronique (Skeletons In My Closet).
Mike attrape sa mandoline lors de Down The Road. Le lancinant Love Sick Blues est puisé à la même source que Big Bad Blues, Going To Brownsville de Sleepy John ESTES devient entraînant, comme Tight Like That.
Encore un peu de blues avec Fishing Blues de Henry THOMAS, I Wish I Was In Heaven Sitting Down,et le Rolling And Tumbling de Muddy WATERS.
Les Bulldog Gravy ne s'embarrassent donc pas de l'Histoire pour réinterpréter des titres connus, ce qui leur permet d'expérimenter et d'inventer leur propre son. Le résultat est un blues revisité, contemporain, réalisé très sérieusement et dont la qualité devrait porter ses fruits en séduisant, qui sait, un public peut-être plus large que le blues traditionnel.

( Autoproduction [BDG 001/1] 2003 )

Phil Net

album déjà chroniqué dans LGDG n°58






Still At Large : Still At Large

Tout droit venus du Canada, les membres de Still At Large proposent un album éponyme qui est plus ancré dans la veine rock que dans celle du blues. Cependant, ils s'en réclament, ce qui justifie au moins leur présence dans cette rubrique.
Tout d'abord, la conception de la pochette est des plus sommaires et ne nous apprendra rien de particulier sur le groupe; mais ça, c'est pour la forme.
Le contenu, exclusivement constitué de compositions, est lui mâtiné de blues-rock assez nerveux avec un son de guitare saturé et trop froid à mon goût. La sonorité rock nous fait oublier quelques moments plus blues ("Aardvark Blues Cafe", "Loved You Like A Fool"). "Whoa Is Me" est une balade rock banale. "Question Of The Blues" est une autre balade, plus blues cette fois, comme le titre peut le laisser présager. "Black Jack Ruby Jones" est dans le style ZZ Top, avec grosse guitare, un grain de bitume au service de soli saignants. Le "Slide On In" qui suit est alors tout en contraste, moins agressif, avec une couleur seventies appuyée par l'orgue. On signalera d'ailleurs les invités aux ivoires en la personne de Debbie POWERS, piano et wurlitzer, et Larry THOMPSON, orgue hammond.
Les deux frères BRUCE qui, à tour de rôle tiennent la guitare et le micro au chant, sont dotés d'une voix tout à fait agréable. Le chant, bon au demeurant donc, est bien en place et est sans doute la qualité la plus prometteuse de cet album.
Je ne pourrai terminer sans signaler la présence à la basse de Tom McGUIGAN qui est sans doute celui dont le passé blues est le plus impressionnant puisqu'il fait état de service auprès de Dr John, Lazy LESTER, ou encore Wild Child BUTLER. Jack LEHOUX est aux fûts.
Vous l'aurez compris, cet album ne me semble pas indispensable, mais il faut garder un œil du côté de ces musiciens, et notamment les frères BRUCE, qui pourraient bien nous sortir un jour une belle galette.
Ce CD est disponible sur www.iridescentmusic.ca.

( Autoproduction 2003 )

Phil Net

Still At Large





Eric Bibb : Friends

Particulièrement prolifique en ce moment, Eric Bibb revient avec un nouvel album fait avec les amis, un sujet qui semble lui tenir à cœur ces temps-ci. Si c'est un vrai plaisir pour l'auditeur que de retrouver Guy Davis, Charlie Musselwhite, Taj Mahal, Odetta, Michael Jerome Browne, Mamadou Diabate et tous les autres, il n'en reste pas moins que l'attrait principal, ici comme sur la plupart de ces disques précédents, c'est avant tout la musique. Fidèle au blues et aux ballades, Bibb semble de plus en plus enclin aux incursions dans le gospel. On ne s'en plaindra pas, il le chante si bien. C'est l'occasion de (re)découvrir certains titres de l'éternel jeune homme, de tel ou tel artiste présent sur le CD ou de grands classiques mettant en valeur ici la belle voix de Ruthie Foster, là le jeu subtil du multi-instrumentiste Michael J. Browne (découvert à Cognac cet été), ailleurs la spiritualité au bout des doigts de Harry Manx (autre Cognaçais le temps d'un festival Blues Passions), la liste est longue, trop sans doute pour être énumérée ici, mais sachez que chaque titre est traité avec beaucoup de sentiment, d'attention, et, comme toujours avec Bibb, de délicatesse, comme s'il s'agissait d'un objet à la fois fragile et précieux. Car précieuse, elle l'est, la musique d'Eric Bibb. Comme le fraîcheur d'une brise un soir d'été. Comme le spectacle d'un soleil couchant dans un ciel où se mêlent toutes les couleurs de la palette divine. Comme les vagues sur l'océan. Oui, beauté, spiritualité, délicatesse, autant de mots pour définir ces moments d'éternité suspendus au-dessus de la course effrenée de nos quotidiens de pauvres malades de la modernité. C'est ça la musique de Bibb : une fenêtre ouverte sur l'éternité.
Plus prosaïquement, excellent chanteur, Eric est un formidable musicien acoustique qui a su s'entourer d'amis tout aussi talentueux pour nous amener ce mélange de blues profonds et de poésie sur une galette de plastique de 12 cm de diamètre. Chapeau l'artiste.
[Eric Bibb, Friends, Dixiefrog DFGCD 8578, 2004, 57:52 ]
Renard Malin






Jimmie Lee Robinson : Chicago Jump

Jimmie Lee ROBINSON est surtout connu pour avoir accompagné Little WALTER à la fin des années 50.
Après une longue traversée du désert, l'harmoniciste Scott DIRKS proposa à Jimmie d'enregistrer un album retraçant sa carrière depuis l'après-guerre jusqu'à la fin du XX ème siècle, et évoquant sa promiscuité avec Freddie KING, Eddie TAYLOR, Jimmy REED, Willie MABON et ses influences parmi lesquelles B.B. KING et Charles BROWN.
Les enregistrements ont été faits mais les projets s'enchaînant, l'album n'est jamais sorti et c'est seulement après le déclin rapide et le décès de Jimmie en 2002, que ces bandes furent envisagées pour un album posthume, dernier hommage à la carrière de ce grand bluesman.
Le label Random Chance ressort donc des tiroirs ces bandes de sessions studio datant de novembre 1995 et février 1996.
Pour cela, le répertoire choisi tourne majoritairement autour de reprises jouées maintes fois en concert mais non enregistrées. Ainsi, le premier titre "Angry Lover" est dépouillé, l'harmonica de Scott DIRKS n'apparaissant qu'à partir du second titre "Poison Ivy".
Le "Drifting Blues" transcrit bien l'ambiance des interprétations de Charles BROWN avec ce côté laid-back et jazzy qui lui est propre.
Little WALTER est représenté avec "Tell Me Mama", "Ah'w Baby", "See See Baby". Jimmy REED, lui, est présent par "Ain't That Lovin' You Baby".
Après "Poison Ivy", Willie MABON est repris au travers de "Got To Have Some" pour clore cet album.
Jimmie Lee est lui-même abordé avec "Jimmie's Jam" et "Chicago Jump" qui donnera son nom à ce recueil audio-autobiographique. Avec sa voix si particulière, Jimmie Lee nous rappelle quelques grands morceaux et quelques pans de l'histoire du Chicago blues.
Pour terminer, signalons qu'outre l'harmoniciste Scott DIRKS, producteur de ce projet, l'accompagnement est constitué de Rockin' Johnny BURGIN à la guitare, Sho Komiya à la basse, et Twist TURNER à la batterie.

( Random Chance Records [RCD-14] 2004 )

Phil Net

Chicago Jump





Mudcat : Kickin' Chicken

Kickin' Chicken

Ce groupe originaire de Géorgie a sorti en 2003 cet album, Kickin' Chicken, soutenu par la fondation Music Maker.
La particularité de ce groupe réside dans l'esprit roots qui est entretenu, sans pour autant dédaigner ajouter des instruments et tenter des expériences afin de renouveler le genre. Cette musique donc très roots et festive, est devenue au fil des albums un carrefour où se retrouvent le blues, le ragtime, le boogie, la country. A force de pousser le style vers des sonorités de plus en plus personnelles, les Mudcat ont imposé leur marque de fabrique faite de dynamisme, d'éclectisme, et d'une qualité d'interprétation certaine.
Ainsi à côté des traditionnelles guitares (Danny "Mudcat" DUDECK), basse (Glenn "Snave" EVANS), batterie (Eskil "Eskimo" WETTERQVIST), il faudra compter avec quelques inserts de flûte traversière, de banjo, de tuba. Il ne sera pas possible de passer sous silence une des caractéristiques de Mudcat qui comprend parmi ses membres une saxophoniste, Julie GOLDSTEIN.
A constater l'énergie dégagée par cet album, on devine l'état dans lequel ce groupe, une fois libéré, doit pouvoir mettre une salle. Un album chaudement recommandé pour éviter la morosité des prochaines soirées hivernales.

( Music Maker Foundation [MMCD40] 2003 )

Phil Net






Mark Stafford : Harpspace

Harpspace

L'année passée, en 2003, Mark STAFFORD a signé son quatrième album à la gloire de l'harmonica, Harpspace.
S'il débute par un instrumental, les onze titres suivants sont des chansons pour la plupart écrites par Mark. Parmi les quatre reprises, il y a "Gangster Of Love" de Junior Guitar WATSON et "Shame Shame Shame" de Jimmy REED.
Même si Mark "Bird" STAFFORD déclare être influencé par, entre autre, Little WALTER, Sonny Boy WILLIAMSON II, ou encore Kim WILSON, le Chicago blues étant ici bien représenté, c'est surtout le west-coast qui domine et donne sa couleur à l'album.
Parmi les musiciens entourant Mark avec brio, Bob VESPAZIANI à la batterie, Tyler YAREMA au piano, Alec FRASER à la basse ou Ka Cheong LIU à la contrebasse, j'ai particulièrement apprécié Peter SCHMIDT qui, sans être exceptionnel, mène de très bons solos dans le style west-coast et une rythmique agréable et discrète. En un mot, il est efficace.
Tyler YAREMA joue aussi quelques notes de trompette Dixie sur "Bury".
Sur "I'll Be Back", on découvre également Mel BROWN derrière un instrument qui lui est peu habituel, le piano.
Cet album plein d'entrain est donc à écouter absolument et ne saurait déplaire aux amateurs de son 50s, de Chicago blues et de jump.

( Autoproduit [BM002] 2003 )

Phil Net






Jeff Toto Blues : Cocktail Blues

Cocktail Blues

Cela fait maintenant quelques années que l'on attendait une suite discographique au Enfile Ton Blues de Jeff Toto Blues. Ca y est, il est enfin disponible et s'appelle Cocktail Blues.
Le titre est particulièrement bien trouvé pour mettre dans une seule mouture les différentes origines musicales qui constituent cet album.
Tantôt rock ("Blues'on Noir", "N'y Va Pas Frankie",), surtout blues ("Le Blues dans l'Escalier", "Lundi Matin", "Passe-Moi Du Sel",), un peu funk ("Toujours Les Mêmes Histoires", "Bluesiana"), voire gospel ("Des Gosses A La Pelle"), c'est en fait un savoureux mélange qui nous est proposé là.
Sur des textes tous écrits et des musiques composées par Jean-François THOMAS, le leader chanteur-guitariste du groupe, c'est avant tout une joie de jouer que l'on ressent. La musique de Jeff toto Blues est accessible, festive, et faite pour le plaisir simple de son auditoire. Les textes en Français sont autant de messages facilement compréhensibles.
Aux instruments on retrouve, outre Jean-François aux guitares, les fidèles Didier HANOT à la batterie et Stéphane ESPINASSE à l'harmonica. La basse est tenue par un Patrice GONCALVES nouvellement recruté et d'expérience blues.
Il faut également signaler la présence d'une section de cuivre, Philippe SANCHO au trombone et Damien MARION à la trompette, qui apparaissent sur "Blues'on Noir", "La Route Est Longue", "Passe-Moi Du Sel", insufflant une énergie supplémentaire à ces titres.
"Des Gosses A La Pelle" est le titre Gospel faisant intervenir un ch&oelig ;ur d'enfant du collège La Fayette de Brioude relatant la dure vie des enfants au temps de l'esclavagisme dans le Mississippi.
Ceux qui ont déjà vu Jeff en concert savent qu'un fois lancé, on ne peut plus débrancher le shaker. Sur cet album, c'est pareil. Après les titres officiels annoncés, laissez la galette dans le lecteur et vous aurez droit à deux morceaux supplémentaires "Le Blues Jamais Blasé" et "Désaccord Majeur". Mais je vous ai dit qu'on ne pouvait pas le débrancher, donc après un long silence, on a encore une version live en trio des "Gosses A La Pelle".
Indiquons enfin que le packaging est bien fait et que le livret comporte les paroles de tous les morceaux ce qui est toujours agréable et malheureusement trop peu courant.
Alors au final quelle est la recette du "Cocktail Blues" à la Jeff Toto Blues ? Après ces quelques indices, je vous laisse la découvrir en avant-dernière page du livret ;-)

( Poivre Et Sel 2004 )

"Enfile Ton Blues" album disponible sur
"Cocktail Blues" album disponible sur






Chief Schabuttie Gilliame : Snakes Crawls At Night

Snakes Crawls At NightSous la houlette de l'harmoniciste Bob CORRITORE, producteur pour l'occasion, Chief Schabuttie GILLIAME a signé cette année ce Snakes Crawls At Night chez Random Chance.
La surprenante pochette présente divers objets que l'on devine servant au culte voodoo (os et crânes humains, serpents, coq) et qui n'est pas s'en rappeler Screamin' Jay HAWKINS. La ressemblance s'arrête là.
Si le presque octogénaire Schabuttie semble s'y connaître en serpents (on le voit sur la jaquettes étreignant d'imposant reptiles), le blues est loin de lui être inconnu. Il le chante d'une voix grave et éraillée, souvent comparée à Howlin' Wolf, mais à laquelle je ne trouve tout de même pas autant d'ampleur.
Ces enregistrements, construits sur des compositions personnelles du Chief, sont issus de 4 sessions différentes. Etonnamment, les titres des quatre sessions sont répartis inégalement sur la totalité de l'album, ce que je trouve dommage dans la mesure où l'on aurait pu mieux saisir l'ambiance créée par les différents accompagnements. Car si ces titres sont de beaux morceaux de blues, il faut bien dire que Schabuttie GILLIAME a su admirablement s'entourer et que ces musiciens ne sont sûrement pas étrangers à la qualité du résultat. Outre Bob CORRITORE sur des titres des 24 novembre 2001 et 28 octobre 2000, on ne retrouve pas moins que Rusty ZINN, Kirk "Eli" FLETCHER, Johnny RAPP aux guitares pour la première séance. Sur la seconde, les deux premiers guitaristes sont remplacés par Kid RAMOS. Le seul "Lie To Me" date du 08 avril 2002 et reçoit la présence de Louisiana RED. Enfin, sur les titres du 29 septembre 2001, c'est Junior WATSON qui est invité à tenir la guitare avec Teddy MORGAN. Petite particularité de ces derniers enregistrements ; ils sont aussi affublés d'un sax (Baron SHUL).
Cet album est donc un recueil de blues bien sentis, investis de la personnalité de GILLIAME, et ornés d'un bel environnement instrumental.

( Random Chance Records [RCD-17] 2004 )

Phil Net





















retour
sommaire