Numéro 61 - Été 2005
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Chicago Blues Festival 2005
Chicago Blues Festival 2005

De: Jocelyn_Richez
Date: 11 juin 2005

Cette année encore, magnifique affiche pour ce 22ème Chicago Blues fest. Bien sûr, on y retrouve toujours un peu les même, mais généralement avec beaucoup de plaisir, comme Johnnie Mae Dunson et Jimmy Smith, Bob Stroger, Willie 'big eyes' Smith, Hubert Sumlin, Honeyboy Edwards, Robert Jr Lockwood, Homesick James.

Cette année était celle des pianistes avec quelques habitués comme Detroit Jr, Erwin Elfer, Pinetop Perkins ou Barrelhouse Chuck mais aussi Henry Gray, Roosevelt Purifoy, Piano Willie et l'excellent Don Washington, une révélation.

Cette année était aussi marquée par un soleil de plomb, il valait mieux ne pas avoir oublié short, casquette, lunettes de soleil et crème solaire. On n'a peu vu les orages annoncés, un le dimanche en arrivant à l'aéroport, un gros le mardi, alors que je revenais de Milwaukee, et un dernier le vendredi soir pendant le concert de Margolin/Sumlin/Perkins; on voyait les éclairs au loin mais on n'a reçu que quelques gouttes; ouf !!!

Michael Ravassat,
Roland Tchakounté,
Chicago, juin 2005
© Jocelyn Richez L'un des événements pour nous français, fut la programmation du duo Roland Tchakounte / Michael Ravassat qui a remporté un franc succès (tout à fait mérité) auprès du public américain. Parmi les spectateurs attentifs, il y avait Bruce Iglauer, Jim O'Neal, Felix Ybarra et Barry Dollins ! D'ailleurs, contrairement à ce que les médias peuvent tenter de nous faire croire, beaucoup d'Américains aiment la France et les Français, je suis toujours très bien reçu partout.

Comme souvent, certains concerts de la grande scène ont été décevants, à commencer par celui de Koko Taylor, qui revient de loin mais est franchement diminuée, souffrant en plus de la maladie de Parkinson. Son groupe (dirigé par Vino Louden et par son propre fils) ne l'a pas non plus aidée. Jody Williams était quand à lui en bien meilleure forme qu'en fin d'année dernière lors de sa tournée en France.

Honeyboy Edwards a fêté ses 90 ans sur la grande scène (accompagné de Sam Lay à la batterie, Aaron Burton à la basse et Tom Shaka à la guitare).

C'est Sam Lay qui a joué l'hymne américain (à la guitare) pour l'ouverture du festival sur la Petrillo. Il est d'ailleurs étonnant pour nous français de voir ça, ainsi que le drapeau américain posé sur chaque scène alors que l'armée américaine a un stand sur le site et qu'elle fait visiblement partie des sponsors. Tout cela me parait inimaginable en France !

Mais revenons à la musique avec quelques concert très marquants comme celui de Tommy Mac Cracken, grosse révélation, celui de Scott Bradbury (qui a accompagné Jimmy Rogers pendant 25 ans - je les avais vu au New Morning) entouré d'un super groupe comprenant Tré à la guitare et 'Right hand' Franck à la basse.

J'ai beaucoup aimé le concert de Carey et Lurrie Bell, le plateau Homesick James / Aaron Moore / Aaron Burton / Steve Freund, Bob Margolin et Hubert Sumlin en duo (Sumlin a été moins bon sur la grande scène), Johnnie Mae Dunson et Jimmy Smith, Eddie Taylor Jr, Little Arthur Duncan et Larry Cox.

Mais Chicago, c'est aussi les clubs et là plus que jamais, le Lee's Unleaded reste mon préféré; j'y ai encore vu un super concert de Johnny Drummer avec plein d'invités dont l'unijambiste Yard Dog, le génial Little Scottie et quelques autres personnalités du quartier ainsi que Tom Shaka.

Tré,
Chicago, juin 2005
© Jocelyn Richez J'ai passé 2 autres soirées dans le South Side au Artis, le club de Billy Branch, d'abord pour voir Billy et ses invités (Bob Stroger, Billy Boy Arnold, Phil Guy, Tré, Dolores Scott et le Latvian blues band) puis pour applaudir une fois de plus Tré, avec quelques invités locaux. Ce Tré (fils de LV Banks), il faudrait vraiment le faire revenir en France - il garde un mauvais souvenir de son passage au quai du blues.

J'ai aussi passé une soirée dans le West Side au Bosman Blues Center (ex Mr Tee's) pour voir Scott Bradbury, avec, là encore, une pléiade d'invités tous aussi excellents qu'inconnus !!! Ce soir-là, sur les TV du club, après le match de basket, il y avait une video exceptionnelle d'Harmonica Khan !!! J'aimerais bien la récupérer....

Jocelyn Richez avec Little Al Thomas,
Chicago, juin 2005
collection Jocelyn Richez Et puis, le dimanche matin, a eu lieu le traditionnel Delmark brunch, avec tous les artistes du label Delmark dont un génial Michael Coleman, un Willie Kent souriant (il était apparu très diminué quelques jours auparavant), Lurrie Bell, Tail Dragger, Little Arthur Duncan, Bonnie Lee, Zora Young, Shirley Johnson, Steve Freund et quelques autres; un boeuf de très haut niveau (et encore Aaron Moore, James Wheeler notamment n'ont pas eu le temps de jouer). Little Al Thomas était lui aussi présent, mais n'ayant pas enregistré sur le label Delmark, il n'a logiquement pas chanté, dommage !

Deitra Farr,
Roland Tchakounté,
Chicago, juin 2005
© Jocelyn Richez Honeyboy Edwards,
Chicago, juin 2005
© Jocelyn Richez Enfin, l'un des grands évenements fut la soirée anniversaire d'Honeyboy Edwards dans un Hot House bondé pour l'occasion. Il y avait des légendes à toutes les tables, c'était impressionnant, malheureusement, certains n'ont pas pu jouer comme Homesick James ou Billy Boy Arnold. Un groupe avec Rob Stone, Chris James, Patrick Rynn et Sam Lay a ouvert le concert. Pinetop Perkins (qu'on a amené dans un fauteuil roulant) a joué jusqu'à minuit pile avant de se retirer, il n'est pas question qu'il joue un dimanche, sa religion le lui interdit ! Mais c'est pas grave car c'est la légende de Maxwell street, Piano C Red qui l'a remplacé. Bien sûr, Honeyboy Edwards a joué (même assez longtemps) accompagné, comme sur la grande scène du festival, par Sam Lay, Tom Shaka et Aaron Burton et un moment par le jeune guitariste d'un groupe local Devil in Woodpile. On a ensuite eu une magnifique prestation de Robert Lockwood, ne jouant que du Robert Johnson. Autre magnifique prestation, celle de Johnny "yarddog" Jones (harmo puis guitare) un artiste Earwig injustement méconnu. C'est Liz Mandvile Greeson qui a chanté le Happy Birthday, et au final d'autres chanteuses se sont succédées sur scène comme Deitra Farr (omni-présente sur le festival) et la révélation : Diunna Greenleaf, accompagnée notamment par Michael Ravassat. J'ajouterais que le gâteau d'anniversaire, malgré une guitare de couleur bleue dessinée dessus, était bon ! Dommage, l'ambiance était un peu coincée; on était loin des clubs du south side.

Le gâteau d'anniversaire d'Honeyboy Edwards
pour ses 90 ans au Hot House, Chicago, juin 2005
© Jocelyn Richez

C'est dur de reprendre le boulot après avoir été pendant 8 jours la tête dans les étoiles...

Jocelyn