Numéro 61 - Été 2005
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M.N.O.P
M.N.O.P
(Musiques Nouvelle-Orléans à Périgueux)

De: Jocelyne Lagarde
Date: 20 août 2005

ABCD…HIJKL (MNOP), douce mélopée de notre enfance qui s'accorde si bien à ces lieux périgourdins, le parc Gamesson rempli de fleurs et de vestiges gallo-romains, lieux plus vieux encore que la musique qui va bientôt résonner dans cet espace; un temps doux à cette heure avancée de l'après-midi; des groupes d'enfants en pleins jeux...

19h15, le 13 août, nous accueillons le digne représentant du Zydeco de Louisiane, Jude Taylor. Avant cette entrée en scène, Jean Michel Colin, Président du festival salue Jacques Perin, Directeur de Soul Bag, un des instigateurs de ce festival parti de la Nouvelle-Orléans et dont la première édition remonte à 1989. Il salue également Mr Stone (? pas du tout sûre de son nom, je n'ai pas compris), un jeune présentateur radio de La Nouvelle-Orléans.

Les Alligators Bayou Stomp ouvrent le bal avec Hello Josephine, de Fats Domino. Il faut faire bouger le public sagement assis devant la scène. C'est difficile car le groupe a, au départ, du mal à faire sa propre symbiose entre le guitariste, le contrebassiste, le chanteur et planchiste,le saxophoniste, l'accordéoniste et ami de Jude Taylor qui lui laissera la place dans quelques morceaux, pour prendre la place derrière la guitare. Jude Taylor entre en scène tout de blanc vêtu. Le premier boogie-woogie  a des débuts difficiles mais l'osmose va venir en quelques tours de passe-passe musicaux. Au 4ème morceau avec Jude, cela décolle enfin, le "French Accordeon" s'épanche avec aise et ravit le public. L'Alligator Bayou Club Orchestra l'accompagne avec bonheur. Se joint à eux, pour deux morceaux, un violoniste du bayou qui nous dédie une valse lente pendant laquelle il s'accorde admirablement avec le guitariste. Vers la fin de son show, Jude Taylor pose son accordéon et nous fait le plaisir de chanter le blues.

À 21 heures, le 1er show s'achève. Quelques minutes dédiées aux sandwichs et à la petite mousse et Eddie Bo entre en scène. Ce petit homme souriant sous sa toque grise, chanteur pianiste au physique immédiatement sympathique, est issu d'une famille de jazzmen. On le sent à l'aise dans tous les styles. Il mène son monde à la baguette : notre animateur radio made in USA à la guitare rythmique, Louis Morgan au saxo, Dwayne Nelson à la batterie, Richard Dixon à la guitare basse et Charlie Miller à la trompette. Au bout de quelques morceaux, Eddie Bo jette au public des colliers de perles bariolées, tradition de la Nouvelle-Orléans nous explique-t-il. Son show, plus Jazz que blues, se déroule avec bonheur. Ray Charles est tendrement caché derrière beaucoup de morceaux égrenés Georgia on my Mind, etc., Fats Domino est aussi présent, bien sûr : Blueberry Hill. Chaque membre de la formation, sous l'ordre d'Eddie Bo, égrène son solo, arrêté par un « All right ! » du maître. Le solo de guitare est écourté et on semble remarquer la moue réprobatrice du guitariste.

Puis, après un deuxième arrêt dans la nuit périgourdine, apparaissent les Mighty Chariots of Fire habillés en vert grenouille mais leurs voix n’ont vraiment rien de comparable à celles des batraciens !!! Un gospel moderne, des chanteurs qui dansent et qui jouent, des musiques de toute beauté, des voix magnifiques, dans toutes les tessitures. Les Mighty Chariots sont l'un des meilleurs groupes de gospel de la Nouvelle-Orléans. C'est enchanteur, c'est beau … même si la religion n’est pas le lot de tous les festivaliers, tout le monde est emporté. Le leader va dans le public qui est maintenant debout......

Je suis partie peu de temps avant la fin, avec une enfant endormie dans les bras et longtemps, à travers les rues de Périgueux, leurs voix m'ont accompagnée dans la nuit fraîche. Merci MNOP pour ce beau rêve du 13 août ! (nb: Le 12 a dû être radieux mais je n'étais pas là...)

Jocelyne