réédition Blue Horizon Memphis 1968 + Bukka White

date: 6/9/2006
de: Patrice Champarou

Je viens d'acheter un double CD Blue Horizon qui n'est pas dénué d'intérêt.

La première galette est une superbe retrouvaille qui intéressera probablement Romain Pélofi, une réédition du Festival de Memphis 1968 (un LP que j'avais perdu de vue depuis plus de trente ans) avec Bukka White, Robert Wilkins, un morceau savoureux de Furry Lewis, Nathan Beauregard (qui revendiquait à l'époque un peu plus de cent ans d'âge) et les tout premiers morceaux de Joe Callicott que j'aie jamais entendus. Belle remastérisation, avec en prime les commentaires du présentateur qui ne figuraient pas sur le regretté 33 tours.

...heuurk...Le complément, ce sont les faces Blue Horizon de Bukka White, initialement publiées avec le sous-titre "Memphis Hot Shots"; les amateurs apprécieront la reproduction des deux pochettes, je reconnais bien celle sur laquelle un scaphandrier se campait fièrement derrière une guitare... cette jaquette sur fond bleu m'avait dissuadé d'acheter le disque (mais on a fait pire avec Bukka, en particulier avec un dentier noyé dans un verre d'eau qui illustrait subtilement l'adjectif "white")... Bon, disons que ce n'est ni totalement décevant ni totalement indispensable, on se passerait juste des quelques morceaux enrichis par la présence d'une washboard, d'un pianiste (!!!) et autres instruments qui n'apportent strictement rien. On ne peut que s'affliger en entendant un certain "Harmonica Boy" prouver par a+b que, blanc ou noir, on peut être complètement à côté de la plaque et détruire méthodiquement tout le subtil équilibre entre les cellules rythmiques inégales qui font le charme des morceaux de Bukka; sabotage involontaire, avec une telle conviction que finalement, ça peut plaire à tous ceux qui n'y verront que du feu - mais le coupable n'a jamais avoué son nom ! Reste un bon nombre de morceaux en solo dignes de figurer dans la discothèque de ceux qui n'auraient pas de Bukka White "post-war"... avec, pour deux morceaux en double, les versions "sans réverb", ce qu'on aurait aimé avoir pour tout l'album.

Patrice