I'm laid back

l'album d'O.C. Blues, enfin !

date: 26/9/2006
de: Rolf Lott

Depuis la sortie de Tonight, le CD démo de O.C.Blues - épatant et prometteur, leur premier CD officiel était attendu avec impatience ! Non seulement toutes les promesses sont tenues, mais ils ont réussi à en remettre une couche : onze titres sur douze sont des compositions formidables épaulées par une étonnante section de cuivres, un orgue Hammond et des arrangements de grande qualité.

Beaucoup plus homogène que leur premier enregistrement dans lequel ils présentaient leurs influences de façon originale, ce nouveau CD réunit toutes ces influences dans un style que l’on pourrait qualifier de "Soul-Blues", de "Pop-Blues" ou de "Mainstream" et qui peut rappeler celui de Robert Cray ou de Joe Louis Walker. Ceci étant probablement dû aux influences communes datant des sixties : Soul et Blues du West Side.

Ce chef-d'œuvre est tellement impressionnant, qu'on ne sait pas où commencer pour mentionner ses qualités. Bon, débutons alors avec ce qui saute certainement le plus aux oreilles : la voix puissante de José Cosoleto rend ces enregistrements bouleversants. Elle semble encore plus maîtrisée et plus détendue que sur Tonight. Sans hésitation, un des plus grands chanteurs du genre en Europe qui peut rivaliser avec les James Hunter, Sven Zetterberg ou Philipp Fankhauser. José est non seulement un chanteur hors normes mais aussi un excellent guitariste au jeu nerveux, surprenant et inventif qui dédaigne les démonstrations superflues au profit de l'ambiance à faire passer dans le morceau.

Dominique Cosoleto, son frère, excelle à la basse, tout en discrétion mais toujours plein de feeling. Plus solide, tu meurs !

Le plus jeune des trois frères Cosoleto, le "petit" Tony, est un géant de la batterie. Son jeu est hyper dynamique et innovant. Il maîtrise tous les rythmes et fait monter ou descendre la tension du morceau à bon escient, sachant toujours sortir de sa boite magique juste ce qu'il faut au bon moment. Un des meilleurs représentants de son art (en voie de disparition ?) de ce coté-ci de l'Atlantique.

Cette famille de surdoués a pris soin de bien s’entourer. Renaud Cugny excelle au piano et surtout à l'orgue Hammond B 3. Un jeu quatre étoiles !

Le quartet de base est ici pour la première fois accompagné par une fabuleuse section de cuivres : deux trompettes (Georges De Martino et Joan-Vincenç Lanzillotti) et un saxophone (Fabrice Vaure). Le son est percutant et les arrangements, d'une exceptionnelle qualité, sont signés Georges De Martino et Laurent Cugny (le frère de Renaud).

Les titres du CD couvrent une très large palette stylistique : le jazzy-uptown dans I'm laid back qui constitue une très belle apologie de la détente ; le funky-rock énergique de I got nothing ; les superbes ballades soul Love is over et My Woman in Blues ; le shuffle chicagoien de Four minutes to tell; le fabuleux slow blues Coffee shop ; les très soul Mother's day et Black night, l'hommage au blues dans la même veine ; le swinging-rocking Boogie Road Song ; un mélange de rythmes caribéens et d’Amérique Latine à la sauce Nouvelle Orléans It doesn't matter. De vraies merveilles !

Alors qu'ils nous ont surpris sur Tonight avec la reprise d’Otis Redding I've been lovin' you too long, ils osent ici s'attaquer avec bravoure à A change is gonna come de Sam Cooke, la seule reprise de l'opus, tout à fait à la hauteur du grand maître. Epatant !

L'album se termine par I need more Time, un titre acoustique interprété à la guitare slide avec un arrière-goût de Blind Willie Johnson.

Tous les titres d'OC et de José Cosoleto sont co-signés par Philip Le Roy, un ami romancier du groupe qui a travaillé plusieurs années aux Etats-Unis et qui a écrit récemment "Le dernier Testament", un thriller pour lequel il a reçu le Grand prix de la littérature policière en décembre 2005.

Aux amateurs de Blues, de Soul, de belles voix, de rythmiques bien placées, d’arrangements originaux, bref, aux amateurs de bonne musique, il ne reste plus qu’à se procurer ce CD de toute urgence. O.C. Blues vient seulement de démontrer son gigantesque potentiel. Je crois qu'on est seulement au début d'une très belle et grande histoire ! Il ne s’agirait pas d'en rater le premier épisode !

Rolf, septembre 2006