Bleu De Chauffe,
David Herzhaft,
Gas

à Saint-Chamond

de: Philippe Espeil
date: 26-2-2006

Bleu De Chauffe Bravant le froid de cette nuit du 13 janvier, c'est un public clairsemé qui s'est retrouvé dans la Salle Aristide BRIAND de Saint-Chamond pour assister à cette seconde (depuis sa renaissance) Nuit du blues annuelle.

Bleu De Chauffe est originaire de Clermont-Ferrand. En sommeil quelque temps, ce groupe revient actuellement à la scène avec une jeune formation emmenée par un vétéran qui cache fort bien son âge. Ce papi du blues a de l'énergie à revendre et, malgré un bon rhume ce soir-là, en a étonné plus d'un. Ça bouge, ça groove, la voix suit bien. Il est secondé par un guitariste véloce, dont les solos manquent peut-être de respiration, mais dont le jeune âge (on y revient) laisse promettre un avenir des plus intéressants. Il s'implique beaucoup dans son jeu ce qui laisse présager des moments superbes lorsqu'il y insufflera encore plus d'émotion.
Le répertoire est pour l'instant constitué uniquement de reprises, de standards du blues et du rythm'n blues, mais Bleu De Chauffe se lance à nouveau à l'assaut des spots bleus en France, et je vous engage d'ores et déjà à ne pas les rater; spectacle garanti.

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David HERZHAFT Après l'énergie des Bleu De Chauffe, le duo composé de David Herzhaft et de Marco Bonnefoy a calmé le jeu. David se montre un excellent technicien de l'harmonica. On sent, par son répertoire éclectique, une grande culture musicale dévouée aux petits trous. Beaucoup de blues, mais aussi des titres plus jazzy, et même un peu d'air irlandais pour voyager dans l'histoire du blues. David n'est certes pas ce qu'on pourrait appeler une bête de scène. Là, tout est plutôt basé sur l'ambiance sonore, sur la finesse musicale. En cela, Marco, à la guitare sèche, l'aide grandement. Son jeu est fin, très technique, et aborde avec une apparente facilité tous les styles.
Le résultat proposé par ses deux compères est sans doute sophistiqué, peut-être même un peu froid, mais reste un vrai plaisir pour les oreilles.

Gas En tête d'affiche, le leader de l'ex-Wanana Blues Blasters, Gaspard Ossikian, s'expose sous son propre nom, Gas. Fort de ces dernières années passées aux côtés de grands du blues (Maurice John Vaughn, Donald Ray Jhonson), Gas nous revient avec une formation béton et très connue des Rhodaniens : Luc Blackstone à la basse et Cédric San Juan à la batterie.
Avec ces compagnons, Gas aborde un blues puissant emporté par sa voix impressionnante (il faut absolument l'entendre en concert) et un gros son saturé, entre modernité et vintage. Le jeu est charpenté, issu de l'expérience blues-rock de Gaspard.
La track-list est construite autour de compositions de l'époque Wanana et de standards revus de façon intéressante. Ainsi Hoochie Coochie Men qui se mue en apothéose hendrixienne ou Le Sud (titre repère de "Bluesanthropie") qui retrouve un caractère dramatique dans les mains et la voix de Gaspard.
Desservi ce soir par des effets sonores approximatifs, ce Gas tout frais nous a cependant donné un excellent aperçu de ce qu'est sa nouvelle orientation et qui devrait, je pense, séduire le public.

Le public de cette soirée à Saint-Chamond a quant à lui montré son approbation, résistant même à l'heure tardive. Les absents, car ils ont toujours tort, pourront se mordre les doigts d'avoir manqué cette programmation de qualité proposée dans un esprit convivial.

Philippe