Tremplin Jazz à Vannes 2006

date: 26/7/2006
de: Pierrot Mercier

La 7e édition du tremplin Blues de Jazz à Vannes a vu la victoire de Jean-Pierre Vimont. La cohésion de son groupe et la cohérence de sa prestation ont emporté l'adhésion du jury.

Gageons que le président, Sébastien "Zeb" Heintz (entre autres naguère flamboyant soliste de Doo the Doo) a été particulièrement sensible à la qualité du jeu du leader sur sa Telecaster. Un répertoire moins convenu que (trop) souvent, débutant par un instrumental de Danny Gatton et glissant, entre plusieurs reprises de T Bone Walker (excusez du peu), une excellente composition personnelle "If you quit me", a bien mis en valeur les deux facettes du talent de ce musicien déjà chevronné (il vient d'Aulnay sous bois et nous l'avions déjà remarqué lors des présélections de Blues sur Seine). Je donnerai au passage une mention particulière à son clavier - (qui découvrit en arrivant sur scène pour la balance ... un magnifique piano (on fait bien les choses à Vannes) mais sut modérer sa gourmandise et se concentra sur son Korg personnel et en tira d'ailleurs un jeu "Hammond" fort réjouissant (ce qui ne l'empêcha pas de retourner tapoter le bel instrument dés son set fini :-))

Le travail du sonorisateur (Hervé Martin) a été, comme toujours, excellent. J'en veux pour preuve la mise en valeur de la voix du tout jeune leader de "Mister RaDiKal" (22 ans à peine) [NB : que l'appellation pour le moins incongrue de cette formation locale ne nous induise pas en erreur avec sa consonance quelque peu hip-hop (pour être poli)) : "c'en était", je vous rassure]. Lequel jeune groupe (encore que complété par quelques vieux routards, tel son harmoniciste Christian Tézenas déjà entendu aux cotés de Slawek), remporta un prometteur deuxième prix.

L'autre formation parisienne, emmenée par Dominique Wenta, promettait beaucoup et aurait pu gagner cet accessit sans un Wild Thing totalement hors-sujet en fin de set qui lui aliéna la plupart des suffrages. Sa présence scénique et sa voix, comme la qualité de ses musiciens méritaient mieux.

Quant à Olivier Leray et son Grigri Blue dont en attendions beaucoup, ainsi que je l'indiquai précédemment dans ses colonnes, il était écrit quelque part que ce ne serait pas *son* jour : Rudy Roberts, son excellent guitariste, dut le quitter avant même le début de l'épreuve pour courir, in extremis, au chevet de son père. Olivier défendit ses chances, plus en hommage à son ami qu'avec tout espoir de réussite. L'absence du guitariste fut pudiquement excusée, la magie fut bien présente (car elle n'est jamais loin), l'émotion surtout fut poignante (plus encore pour nous qui connaissions la vraie raison de cette défection).

Ce fut un mauvais jour aussi pour le Festival qui dut abandonner temporairement le cadre magnifique du jardin de Limur pour se replier au Palais [sic] des Expositions. Ayant déjà goutté les charmes inconfortables de l'endroit (encore que Kenny Neal y fut bien inspiré en 2003) je pris congé dés la proclamation des résultats et ne vous dirait donc rien de la prestation de notre lauréat en première partie de Keith Brown et Lisa Wright.

Ce jour restera cependant comme celui de la renaissance du Tremplin Blues de Vannes. Nous y reviendrons donc !

Pierrot

[dans la rubrique "Oldies" je reviens sur l'édition précédente (2004) de ce tremplin pour expliquer le travail des jurés - cliquez ici]