Jazz à Vienne 2006

date: 1/7/2006
de: Philippe Prétet

Commençons par le off. Traditionnelle soirée blues au sein du festival Jazz à Vienne hier soir devant une assistance moindre qu'à l'accoutumée certainement en raison d'un certain quart de finale de coupe du monde de foot ! La footamania ambiante avait d'ailleurs envahi le théâtre antique... Effectivement, à chaque changement de scène, entre deux sets, le public ravi avait droit sur grand écran aux extraits du match France-Brésil en cours de jeu et ne manquait pas de manifester bruyamment sa frustration lors des coupures de l'image et du retour des images du festival... Banalité affligeante d'un redoutable "phenomeno footballistico" tout en bleu...sur la scène du théâtre antique ! ;-) De quoi avoir le blues pour le coup...

Continuons par le in. Revenons à l'essentiel : Keith B Brown a délivré un set accrocheur qui puise aux sources du blues rural mixé avec des ballades folk blues du meilleur effet. Music Maker Foundation avait dépêché quelques pointures inconnues pour le grand public de Vienne et de la région lyonnaise : Adophus Bell (le vrai) homme orchestre rappelant Doctor Ross et véritable showman a soulevé l'hilarité avec des pas de dance (slam dunk) venus d'ailleurs... Le pianiste octogénaire Eddie Tigner tout en finesse et en toucher faisait saliver de bonheur. Albert White (qui remplaçait finalement George Higgs) a fait montre d'un talent intéressant à la guitare tout comme le jeune "Sol" bassiste métronomique et le grandiloquent batteur Ardie Dean.

Pura Fé
Jazz à Vienne juin 2006
© Philippe Prétet Cerise sur le gâteau avec la magistrale Pura Fe à la steel-guitar aérienne, elle, qui, en indienne de la nation Tuscarora, a interprété un époustoufflant extrait a capella au final !

Beverly Watkins
Jazz à Vienne juin 2006
© Philippe PrétetLa surprise de Tim Duffy -curieusement absent à Vienne- fut la guitariste Beverly "Guitar" Watkins -non annoncée dans le line-up officiel- qui a gardé toute la fraicheur de sa jeunesse sur scène dans un show démonstratif et convaincant qui aurait fait pâlir d'envie un certain Chuck Berry! ;-)

Puis, vint le tour de The Real Folk Blues Sessions : composition a priori hétéroclite mais qui a réussi sur scène une alchimie redoutable de feeling et d'efficacité. Lurrie Bell dans ses habits de lumière intérieure nous a asséné un set comme lui seul sait le faire : intimiste, profond et déchirant.

Zac Harmon venu tout droit de Jackson (MS) a montré toute l'étendue de son talent vocal et de sa technique acérée sur des reprises revisitées avec goût. Le bassiste (contre-bassiste) Russel Jackson a toujours un slappin' foudroyant qu'il puise chez son mythique mentor Stanley Clarke... L'éternel débonnaire Willie Hayes toujours aussi fin et précis (précieux) aux fûts et Kenny Blues Wayne, le roi du boogie ont fait vibrer une foule restée jusque tard dans la nuit.

Rendons hommage à l'organisation de Jazz à Vienne qui avait fait le pari osé et finalement réussi en effectuant un choix de programmation ambitieux et original un soir de foot! Blues-foot : 1 - 0 ... Blues will never die! ;-)

Phil "CatFish" pour LGDG -juin 2006