Marc Loison
Patrick Demathieu
Janvier 2007
LGDG n°64
J'ai assisté hier soir à un concert de Nina van Horn au Soubock. Eh bien, les amis ! Quelle claque ! Nina résume à elle seule tout ce qu'on attend d'un(e) musicien(ne) : le talent artistique brut, l'authenticité de la démarche, la voix maîtrisée et prenante à souhait, le sens de la scène et de la communication avec son public, le répertoire original sans omettre quelques classiques bien sentis, la gentillesse, l'entousiasme, la petite touche de folie qui fait les grand(e)s et... la grande classe. Epaulée par Patrick Baldran et Fred Chapellier aux guitares, Damien Cornélis aux claviers, Kim Yarbrough à la basse et le fidèle Pat Machenaud à la batterie, Nina a livré durant toute la soirée un répertoire tour à tour percutant et émouvant, très pêchu et aux contours parfois génialement ciselés. Certains arrangements, de haute volée, sortent largement des 12 mesures classiques, et les amateurs de vrai blues-rock puisé "à coeur" en ont eu largement leur part. Le public du Soubock a été conquis, moi aussi !
Nina sait s'entourer ! Patrick Baldran, guitariste incisif entre rock et blues, est un ex-Reverend et un ex-Badge. Fred Chapellier et Pat Machenaud jouent ensemble depuis des années, ils préparent pour fin 2007 une grande tournée avec un artiste de rhythm'n'blues américain, ex-chanteur pour Roy Buchanan : Billy Price. A ne pas manquer ! Damien Cornélis n'a que 23 ans mais joue avec Fred depuis quelque temps déjà, son clavier bien tempéré a su faire oublier que c'est Lucky Peterson qui ouvre l'album de Nina : ce Feelings for sale fut, comme le reste, joué avec tout le talent et toute la décontraction de la jeunesse. Kim Yarbrough, originaire de New-York, est un multi-instrumentiste d'exception, également compositeur et arrangeur, qui a joué notamment avec The Last Poets, Screamin' Jay Hawkins, Bernard Allison, Joceline Brown, Salif Keita, Miriam Makeba, Bobby Rush, The American Gospel Singers, Liz Mc Comb, Melvin Taylor, Eric Bibb, John Mooney, U.P Wilson ou James Peterson... Respect. Par deux fois, ses solos ont fait trembler d'émotion les murs du Soubock. Tiens, allez jeter un coup d'oeil ici pour voir.
Marc Loison
Les concerts au Soubock, se suivent mais ne se ressemblent pas... quoique !
Mais commençons par le début : Keem et Patrick à qui j'avais donné rendez vous dans
le douzième m'ont
suivi, car j'avais rendez vous à Houilles avec et chez Nina, et le GPS dont j'avais fait l'acquisition
quelque temps avant m'a beaucoup aidé.
De là, nous partons tous ensemble pour la Normandie. Voyage des plus plaisants, Nina est très
agréable et
assez volubile. Nous arrivons vers 16h30 au Soubock où nous avions rendez vous à 17h, et pour
une fois je
suis à l'heure (voir une chronique de René Malines dans un n° précédent et
concernant encore une fois un
voyage en Normandie)
Fabrice est là, nous accueillant avec un grand sourire qui réchauffe le cœur, dehors
il fait très froid.
A l'intérieur nous retrouvons Fred Chapellier que j'avais eu le plaisir de voir, ici même, en
décembre 2007. Nous déchargeons tout le matériel et, tranquillement, tout ce petit monde
se prépare à faire la balance nécessaire.
Quand je dis : "ce petit monde", je veux parler de Nina Van Horn au vocal, Keem Yarbrough à la basse,
Patrick Baldran ancien guitariste du Révérend Blues Gang qui est là pour un "essai" ou,
plus sérieusement, pour remplacer Fred Chapellier lorsque celui-ci ne sera pas disponible ; Fred
Chapellier, donc, son batteur Patrick Machenaud surnommé par Nina, "Le bûcheron des Carpates",
Damien Cornelis aux claviers et... qui voyons nous arriver ? Marc Loison, qui s'occupe entre autres choses de
la programmation avec Fabrice et de la présentation des groupes.
Après la balance, Fabrice, le maître des lieux, nous invite à sa table pour un bien bon
repas où l'on retrouve la chaleur de tous ces gens heureux de se retrouver.
Malgré le froid et les quelques traces de neige qui restent sur les routes, le Soubock se remplit et
quand Fred
et son band monte sur scène, la salle est presque comble.
Un premier morceau, You Changed écrit par Larry Crockett, instrumental et très chaud, appelle Nina. La grande dame du blues et de la country monte sur scène, avec un grand sourire surmonté par des lunettes foncées et son éternel chapeau genre cowboy.
Nina sur scène ne tient pas en place, elle saute, elle va d'un musicien à l'autre comme pour mieux
ressentir l'ambiance ; et de l'ambiance, elle en met, avec sa gestuelle en perpétuelle excitation et
sa voix, sa voix rocailleuse autant que tendre, chaleureuse et puissante. Dans le titre Say it to my
Face écrit par Nina et Neal Black, qui est un rock endiablé, elle nous montre toutes les facettes
de cette voix magique et de sa présence sur scène. Pour tout vous dire, j'en ai des frissons partout.
Plus tard, en grande professionnelle, elle laissera la place aux musiciens en commençant par Fred
Chapellier qui fait corps avec sa guitare, Damien qui tient une place importante dans le groupe avec ses
claviers et qui en joue merveilleusement bien, Patrick Machenaud qui, derrière ses fûts, semble transcendé
quand on voit ses baguette voler d'un fût à une cymbale à une vitesse folle, Patrick, le second guitariste
qui tire bien son épingle du jeu et mieux que cela, même. Et enfin Keem qui joue de la basse comme s'il
jouait de la guitare, avec un doigté puissant et très rapide - auxquels s'ajoutent quelques effets qui font
surgir les sons d' "ailleurs".
Le premier set se termine, ce qui permet aux musiciens de souffler un peu, au public se rafraîchir et de se... sustenter. C'est en effet une nouveauté au Soubock, il est dorénavant prévu un "en-cas", mais ce sera pour moi l'occasion de changer la batterie et la carte mémoire de mon appareil photo.
Dix minutes de pause et c'est reparti avec un titre signé Tony Joe White, Steamy Windows, un très bon
rock dans lequel Nina peut donner tout ce qu'elle a en elle.
Un peu plus tard, ce sera So What un bon blues-rock écrit par Nina. Ce deuxième set a fait monter un peu
plus la chaleur dans la salle, le public "suivant" bien.
Le dernier set est l'apothéose du spectacle, avec des musiciens au meilleur de leur forme et une Nina complètement transformée par le bonheur d'être sur scène avec ses amis, un public très chaud et qui met une excellente ambiance. Pour terminer, Nina nous interprète Some Girls de Neal Black suivi du fabuleux Muddy Waters Blues de Paul Rodgers, qui fait un peu penser à un Gospel.
Encore une belle soirée proposée par le Soubock : Fabrice, le directeur, Fred à l'accueil, Michael à la sono, Jessica et Carole au bar et dans la salle. Toute cette équipe a toujours le sourire aux lèvres, ce qui est bien sympathique. Et encore, je ne vous ai pas parlé de Marc Loison dit "Lefty Marco" qui, en plus d'être programmateur, est l'annonceur et le support de tous les artistes qui viennent sur cette scène.
Patrick Demathieu